La Saga de ZZ Top


ZZ Top, le trio le plus populaire du Texas, a bâti son succès sur un blues rock simple et efficace, interprété de façon magistrale et avec une bonne dose d'humour et de dérision. A l'occasion de la sortie du mini album "Texicali" et de leur passage en France – à Paris, à l'Olympia, le 27 juillet et au Festival "Guitare en Scène" de Saint-Julien-en-Genevois le 29 -, le guitariste-chanteur Billy Gibbons, le bassiste Dusty Hill et le batteur Frank Beard commentent au micro de Saga quatre décennies d'une carrière qui est un exemple de longévité et de stabilité dans le rock américain.

zz top
zz top
>
Saga du 24 juin 2012 - ZZ Top - Partie 1 Crédits Média : | Durée : | Date :
1/


LA SAGA DE ZZ TOP DANS SON INTEGRALITE

"Got me under pressure" (CD "Eliminator")

"That little ol' band from Texas", ce bon vieux petit groupe texan, c'est ainsi que se présente ZZ Top. Et comme le confirme le bassiste Dusty Hill, ZZ Top n'a pas changé depuis sa formation en 1969. Enfin presque : "Nous sommes toujours ce même garage band du Texas, dit-il, mais nous avons maintenant l'occasion de jouer dans de très, très grands garages". Leur dernier album studio, "Mescalero", est paru en avril 2003. Le nouveau  devrait arriver très prochainement. Pour faire patienter son public, ZZ Top vient de publier sur iTunes un mini album de quatre titres intitulé "TEXICALI". Il a été produit par Rick Rubin.

"Chartreuse" (CD "Texicali")
 
C’est le chanteur-guitariste Billy Gibbons qui est à l’origine de la formation de ZZ Top. Né le 16 décembre 1949 à Houston, au Texas, Billy est le fils d’un chef d’orchestre qui travaillait pour les studios de cinéma MGM. Après diverses expériences, Billy forme The Moving Sidewalks, un groupe psychédélique qui obtient un succès local en 1967 avec “Ninety-ninth floor", un titre qui reste cinq semaines N°1 dans les charts du Texas.
En 1968, The Moving Sidewalks enregistrent l'album “FLASH”. Ils tournent en première partie des Doors et de Jimi Hendrix lors de sa première tournée américaine. Invité de Johnny Carson dans le "Tonight Show", Hendrix déclare que Billy Gibbons est un des jeunes guitaristes américains les plus prometteurs, et il lui offre une Stratocaster rose. Ecoutons Billy Gibbons.

"C’est une anecdote qui revient souvent et qu’on me demande de commenter régulièrement. Cette rencontre avec Jimi Hendrix, je la résumerai simplement d’un mot : intense. A l’époque, j’étais très jeune et je  croyais tout savoir.  Et puis je tombe sur ce mec et il me demande : 'Tu sais faire ça ? Et ça, tu connais ?' Alors j’ai vite compris qu’il valait mieux la fermer."

"Beer drinkers & Hell raisers" (CD "Tres hombres")

Lorsque les Moving Sidewalks se séparent, Billy Gibbons décide de monter un trio sur le modèle de l'Experience de Jimi Hendrix. Il se met donc à la recherche d’une section rythmique. C'est le batteur Frank Beard qui nous raconte la suite.

"Dusty et moi, on avait joué ensemble dans plusieurs groupes de Dallas, d’abord les Warlocks, puis American Blues. A l’époque où on était dans American Blues, on connaissait bien le groupe de Billy, les Moving Sidewalks de Houston. Eux, ils étaient très populaires à Houston. Nous, on était très populaires à Dallas et on rivalisait pour être le meilleur groupe du Texas. Quand notre groupe s’est séparé, je suis parti pour Houston et je me suis associé à Billy qui venait justement de quitter le sien. Un peu plus tard, je lui ai dit que je connaissais un type incroyable à la basse, qu’on ferait bien de l’auditionner. Dusty est arrivé et on s’est lancés dans un shuffle effréné. Au bout de deux heures, on s’est tous regardés, on s’est marrés et on s’est serrés la main : ZZ Top était né."

Ce que Frank Beard n’a pas dit, c’est que les musiciens de son groupe précédent, American Blues, avaient tous de longs cheveux teints en bleu, ce qui était plutôt provocateur dans un état aussi traditionnel que le Texas.

"A l’époque, c’était plutôt dangereux d’avoir les cheveux longs au Texas. Mais si tu avais les cheveux bleus, ils pensaient que tu étais cinglé et ils te fichaient la paix."

"Just got paid" (CD "Rio Grande mud")

Basé à El Paso, ZZ Top naît officiellement en 1969 avec Billy Gibbons à la guitare et au chant, Dusty Hill à la basse et Frank Beard à la batterie. Depuis, rien n’a changé. “La seule différence”, plaisante Billy, “c’est qu’à l’époque, on avait des amplis plus petits”.
ZZ Top publient un premier single, “Salt lick”, et ils tournent intensivement dans leur Texas natal, où leur blues-rock progressif est modestement apprécié d’un public plutôt  traditionnel. En janvier 71, ils publient leur premier album, intitulé fort judicieusement  “THE FIRST ALBUM”. Il reçoit un bon accueil au Texas, mais son succès ne parvient pas à dépasser les frontières de l’état.

"Backdoor love affair" (CD "ZZ Top's First album")

C’est avec l'album “RIO GRANDE MUD”, en mars 1972, que ZZ Top parvient à exporter son succès. “Rio Grande mud” est certifié disque d’or et on y trouve leur premier titre d’envergure nationale : “Francine”. Le jeu très personnel de Billy Gibbons s'est affiné et il s'impose comme un guitariste hors pair. Il joue essentiellement sur une Gibson "Les Paul" 59 qu'il a surnommée “Pearly Gates”.

"Francine" (CD "Rio Grande mud")

En juillet 1973, ZZ Top gravit encore un échelon avec l’album “TRES HOMBRES”, qui atteint la huitième place du hit-parade américain. Le trio commence alors à tourner avec les plus grands comme Alice Cooper, Ten Years After et les Rolling Stones. Le groupe se forge une solide réputation de première partie qui défie toujours les têtes d’affiche, égale souvent leur performance et leur vole parfois la vedette.

"Jesus just left Chicago" (CD "Tres hombres")

En Europe, on découvre ZZ Top grâce au titre “La Grange”, un boogie effréné qui fait penser à Canned Heat. “La Grange”, c’est le nom d’une petite ville du Texas où se trouve une maison de passe réputée, le "Chicken Ranch". Quelque temps plus tard, le thème de la chanson sera repris à Broadway dans un spectacle intitulé “The best little whorehouse in Texas” (le meilleur petit bordel du Texas).

"La Grange" (CD "Tres hombres")

ZZ Top passe la majeure partie de l’année 1974 sur la route. Durant l’été, ils obtiennent la consécration dans leur propre fief du Texas lorsqu’ils jouent devant 80 mille personnes dans le stade de football de l’Université d’Austin. C’est un concert du même genre, enregistré à La Nouvelle-Orléans, qui constitue une face de l’album mi-public mi-studio, “FANDANGO”. L’autre face, la face studio, propose l’un des grands classiques de leur répertoire : “Tush”.

"Tush" (CD "Fandango")

Paru en mai 1975, l'album “Fandango” va rester plus d’un an et demi dans les charts américains, établissant ainsi un premier record de longévité pour un groupe rock. Fin 76, le trio embarque pour le “World Wide Texas Tour” qui coïncide avec la sortie de l’album “TEJAS”. Cette tournée fait alors de ZZ Top l’attraction scénique N°1 aux Etats-Unis. Le groupe propose un spectacle délirant, grand-guignolesque, qui ne traversera pas l’Atlantique, mais uniquement pour des raisons financières. A écouter Frank Beard, on ne peut que le regretter.

"L’idée de base, c’est qu’on voulait faire découvrir aux spectateurs américains et aux autres un peu de l’endroit où on avait grandi. On a donc commencé avec une scène qui avait la forme du Texas. Et alors on s’est dit : 'Est-ce que ça ne serait pas mieux avec un bison ? Et puis maintenant qu’on a ce bison, est-ce qu’il ne faudrait pas un buffle?' Et on s’est mis à en rajouter : on a rajouté six busards, deux serpents à sonnette, un sanglier et un loup. Le plus marrant, c’est que pendant les chansons lentes, quand tu restais trop longtemps immobile, les busards se mettaient à te regarder d’un drôle d’air, ils te lorgnaient comme si tu avais été leur prochain casse-croûte. Il fallait donc s’arranger pour bouger sans arrêt."

"Arrested for driving while blind" (CD "Tejas")

Après le “World Wide Texas Tour”, ZZ Top s’accorde deux années de repos. Frank Beard se consacre à sa famille et au golf. Dusty Hill disparaît au Mexique et Billy Gibbons se partage entre la Côte d’Azur et Paris, le Maroc et le Tibet où il rejoint un groupe de prière bouddhiste.
Un “BEST OF ZZ TOP” paraît en 1977. Cette compilation de dix titres est leur dernier disque pour London Records. Le groupe signe alors chez Warner et il faut attendre novembre 79 pour découvrir l'album “DEGÜELLO”. Son titre fait référence à la chanson entonnée par les Mexicains pendant le siège de Fort Alamo. Sur scène, ZZ Top n’hésite pas à piocher dans le répertoire des grands bluesmen ou même d’Elvis Presley, mais sur disque, ils n’ont interprété jusqu'ici que des compositions personnelles. Avec “Degüello”, ils font une première entorse à cette règle en reprenant “Dust my broom” d’Elmore James et "I thank you” de Sam & Dave. Quand on sait que l’album a été enregistré à Memphis, le choix de ce classique du label Stax se comprend facilement.

"C’était en partie dû à l’influence de Memphis, la grande cité du blues. Il y avait tant de techniciens, d’assistants, de nos amis, qui baignaient dans cette musique que le choix s’est imposé de lui-même. De plus, c’était la manière idéale de dire merci à tous nos fans, de les remercier de leur loyauté. Encore aujourd’hui, je leur dis : 'I thank you.'"

"I thank you" (CD "Degüello")

Physiquement, les trois musiciens de ZZ Top ont changé. Ils ont  abandonné le chapeau texan pour le béret à la française et les barbes de Billy Gibbons et Dusty Hill ont poussé. Même Frank Beard, jusqu’alors plutôt réservé, a adopté le look  de ses deux camarades. D’après Dusty Hill, il ne s’agit pas d’un coup de marketing, car rien de cela n’était prémédité.

"Pendant nos longues vacances, Billy était en France, Frank jouait au golf et moi, je jouais... les touristes. On se parlait souvent au téléphone, mais on ne se voyait pas. Comme je traînais à Mexico, je n’avais pas de raison de couper ou de tailler ma barbe. A Paris, Billy tenait le même raisonnement, mais on n’en savait rien. Quand on s’est retrouvés, Frank venait de tailler sa barbe très court et les nôtres étaient longues. Il s’est rasé immédiatement et nous, on a laissé pousser... Quant aux bérets, j’aime bien ça et c’est tout."

En juillet 81, ZZ Top propose un nouvel album au titre espagnol, “EL LOCO” (le fou). Pour la tournée qui suit, les chapeaux melons et les hauts de forme ont remplacé les bérets. ZZ Top, qui est une attraction majeure aux Etats-Unis, n’a pas encore vraiment conquis l’Europe, où ils se contentent d’assurer les premières parties d’AC/DC ou de Ian Hunter.

"Tube snake boogie" (CD "El Loco")

De retour en studio, Billy Gibbons, qui est très ouvert à la musique européenne et qui écoute volontiers Kraftwerk, essaye d’apporter une nouvelle couleur sonore aux compositions de ZZ Top en y intégrant une boîte à rythmes. L'album “ELIMINATOR” paraît en mars 83. Au départ, la critique n’est pas tendre. On peut lire dans le New Musical Express que “ZZ Top devrait être récompensé pour avoir réussi à enregistrer une collection de chansons totalement anodines et oubliables”. Il est vrai que le succès de l’album va être long à se dessiner. Frank Beard nous en retrace l’historique.

“'Eliminator' est de loin notre meilleure vente. Ce qui est drôle, c’est que lorsqu’on est parti en tournée avec les nouvelles chansons, l’album se vendait honorablement, mais sans plus. On était sur la route depuis un an et, durant cette période, ils avaient sorti trois 45-tours : 'Gimme all your loving', 'Sharp dressed man' et 'TV dinners'. Et comme on finissait la tournée en Europe, ils ont publié 'Legs'. On rentrait à la maison quand c’est devenu un tube et que les ventes de l’album se sont mises à décoller. Et pendant nos vacances, alors qu’on s’apprêtait déjà à enregistrer le disque suivant, 'Afterburner', les exemplaires d’'Eliminator' partaient comme des petits pains, bien plus que pendant la première année où nous étions sur la route."

"Gimme all your loving" (CD "Eliminator")

Quatre singles seront tirés de l'album "Eliminator" : “Gimme all your loving”, “Sharp dressed man”, “TV dinners” et “Legs”. Tous ces titres se feront une place de choix dans les hit-parades grâce à une série de vidéo-clips qui restent parmi les meilleurs et les plus inventifs du genre. Frank Beard en souligne l’originalité.

"Ce que les gens ont vraiment aimé, ce qui rendait 'Eliminator' si spécial, c’est que les vidéos se suivaient. Elles se présentaient comme de petites histoires, comme les chapitres d’un même livre, parce qu’il y avait un lien entre elles. Ce lien, c’était la voiture, les filles et ZZ Top qui apparaissaient en simples spectateurs, comme des visiteurs d’une autre planète qui regardent, mais sans intervenir. En Europe, ils ont fait un show spécial où l’on montrait toutes les vidéos mises bout à bout et qui démontrait bien cela, qui donnait vie à ce concept d’histoire unique centrée sur ZZ Top."

"Sharp dressed man" (CD "Eliminator")

DEUXIÈME PARTIE

"TV dinners" (CD "Eliminator")

Nous sommes en 1983 et grâce aux ventes massives de l'album "Eliminator", ZZ Top voit sa popularité s'étendre à l'ensemble de la planète. Ce succès, ils le doivent d'abord à leur musique, mais le rôle joué par les clips qui l'illustrent n'est pas négligeable.
La voiture qui apparaît à l'époque dans les vidéos de ZZ Top, une Ford customisée 1932 de couleur rouge, est la pièce la plus précieuse de la collection personnelle de Billy Gibbons. Quant au fameux mouvement du bras qui ponctue ses passages, il a été inventé à chaud, au bord d’une route poussiéreuse du Texas, comme l'explique Billy Gibbons.

"On était en train de tourner le premier clip, 'Gimme all your loving'. On était là, au bord de la route, et le réalisateur nous avait demandé de regarder la voiture passer, simplement. On a donc regardé la voiture passer, cinq-six fois, et ça devenait franchement barbant. Alors Frank a suggéré qu’on fasse un geste, quelque chose qu’on remarquerait à l’écran. Il a montré le fameux mouvement et on a dit : 'OK, on fait ça.' Aujourd’hui encore, dans les aéroports, partout, les gens nous font ce geste. On a inventé un tas de trucs comme ça. C’est quand on s’ennuie qu’on est les plus dangereux."

"Legs" (CD "Eliminator")

Si Billy Gibbons est un amateur de belles voitures, Dusty Hill est plus attiré par les armes à feu et cette passion a bien failli lui être fatale. Début 1985, il est grièvement blessé au ventre par une balle partie accidentellement d’un revolver qu’il avait glissé dans une de ses bottes. L'accident interrompt momentanément les séances d’enregistrement du nouvel album, “AFTERBURNER”, dont la sortie est retardée jusqu’en novembre 85. “Afterburner” se classe N°2 aux Etats-unis et en Angleterre, grâce au succès des singles “Sleeping bag” et "Rough boy". Sur la pochette de l’album, la Ford Eliminator s’est transformée en vaisseau spatial. Sous ce nouvel aspect, elle est la vedette des clips de plus en plus sophistiqués qui accompagnent les succès de ZZ Top.

"Sleeping bag" (CD "Afterburner")

Le succès de ZZ Top est désormais mondial et le Texas décide d’honorer ceux qu’il considère comme ses meilleurs ambassadeurs. En 1986, Billy Gibbons, Dusty Hill et Frank Beard accèdent au statut de héros nationaux, rejoignant ainsi Davy Crockett et le fondateur du pays, Stephen Austin. Le 27 août 86 est déclaré “ZZ Top Day”. En 1988, ZZ Top finance la rénovation du musée du blues à Clarksdale, dans le Mississippi. On peut y voir exposée la "Muddywood", une guitare dont l’histoire peu banale nous est racontée par Billy Gibbons.

"Elle a été créée suite à notre visite au Musée du Blues de Clarksdale. Voilà l’histoire : on est arrivés le jour où son directeur avait organisé une visite spéciale de la cabane (on ne peut pas l’appeler autrement) où Muddy Waters avait été élevé. Il nous a donné en souvenir une planche de cette cabane, dans laquelle on a fait fabriquer une guitare. Et plus tard, on en a fait cadeau au musée, en manière de remerciement et pour en quelque sorte payer notre dette envers le blues. Le malheur, c’est qu’il s’agissait d’un des meilleurs instruments sur lesquels j’ai eu le plaisir de jouer et ça a été dur de s’en séparer... Mais on l’a fait."

"Blue jean blues" (CD "Fandango")

Un nouvel album de ZZ Top, "RECYCLER", paraît en mars 1990. On y retrouve "Doubleback", un titre qu'ils avaient composé pour "Retour vers le futur 3" et qu'ils interprètent d'ailleurs dans le film lors d'une apparition aussi brève que remarquée.

"On était en train de visiter le plateau, de se plonger dans l’atmosphère du film, à l’invitation du réalisateur. Il nous a vus de très, très loin et il a demandé à ses assistants qui on était. Alors ils lui ont rafraîchi la mémoire : 'C’est ZZ Top. C’est vous-même qui les avez invités ici'. Et il a dit : 'Oh, avec ce look, on pourrait faire pas mal d’économies de maquillage. Je les veux dans le  film !'”

"Doubleback" (CD "Recycler")

En avril 1992, la reprise du classique d'Elvis Presley, “Viva Las Vegas”, annonce la compilation “ZZ TOP GREATEST HITS”. Cet album met un terme au contrat qui liait le groupe au label Warner. Après d’âpres discussions, c’est RCA qui signe le trio texan pour la coquette somme de trente millions de dollars, en échange de six nouveaux albums. Après ce coup d’éclat, ZZ Top se fait plus discret. Mais comme l’explique Dusty Hill, discret ne signifie pas inactif :

"On ne s’est pas tourné les pouces autant qu’on pourrait le penser. On a participé au quatre-vingt-dizième anniversaire de Harley Davidson dans le Milwaukee ; un truc dément ! On a fait deux randonnées en moto. On a donné trois concerts de charité en Angleterre avec Eric Clapton où on s’est bien éclatés. Et puis bien sûr, on a écrit et enregistré 'Antenna', ce qui ne s’est pas fait en un jour. Et on aime aussi prendre notre temps."

L’album “ANTENNA” paraît en janvier 94. Son titre est un hommage aux radios “rock & roll” et plus particulièrement aux stations mexicaines situées sur la frontière du Texas. “Antenna” perpétue la tradition des enregistrements “live” réalisés au studio Ardent de Memphis. Cette fois, ZZ Top a mis de côté une bonne part de la machinerie électronique apparue à l’époque d’“Eliminator”. Le son est plus traditionnel et il rappelle celui des premiers albums du groupe. Ce que confirme Frank Beard.

"Lorsqu’on a commencé à travailler sur l’album, qu’on s’est mis à en écrire les chansons, on s’est trouvés tous les trois d’accord pour le faire dans l’esprit qui nous habitait dans les années 70, celui dans lequel on jouait et on composait à l’époque. Et on voulait s’éloigner des synthétiseurs qu’on avait utilisés dans les années 80. On avait conscience qu’il était temps pour ZZ Top de se remettre à penser comme un groupe de rock."

"Pincushion" (CD "Antenna")

"ONE FOOT IN THE BLUES" paraît en novembre 1994. Comme son titre l'indique, c'est une compilation de classiques du blues, puisés dans le catalogue Warner, l'ancien label de ZZ Top. Il faut attendre septembre 1996 pour découvrir un nouvel album original. Il s'appelle "RHYTHMEEN", et comme "Antenna", il propose une musique moins sophistiquée, plus brute, plus proche des racines. Tout doucement, le trio s'éloigne du boogie hautement technologique qui avait fait sa réputation dans les années 80. Mais le public n'apprécie que moyennement ce retour aux sources et "Rhythmeen" se vend assez mal.

"What's up with that" (CD "Rhythmeen")

Après le semi-échec de "Rhythmeen", c'est un ZZ Top revanchard qui revient en 1999 avec "THIRTY", l'album de leur trentième anniversaire dont le titre s'écrit en chiffres romains. Revanchard et malin, le groupe a choisi de jouer la double carte de l'électronique et du traditionnel, mais en prenant bien soin de les séparer, histoire de contenter l'ensemble de son public.
On trouve sur l'album "Thirty" huit titres studio qui font la part belle aux batteries synthétiques, aux voix et aux guitares surchargées d'écho, mais aussi quatre titres "live" qui renvoient aux origines du groupe et qui offrent ce mélange intemporel de blues, de boogie et de rock & roll. Deux ZZ Top pour le prix d'un, voilà en résumé ce que propose "Thirty".

"Sinpusher" (CD "XXX")

En janvier 2001, à Washington, ZZ Top est choisi pour animer le "Best Little Ball in D.C.". C'est une soirée qui est donnée par le nouveau président américain George W. Bush - ancien gouverneur du Texas - pour remercier tous ceux qui ont participé à sa campagne électorale.
Deux albums "TRIBUTE TO ZZ TOP" paraissent à ce moment : le premier, sous-titré "GIMME ALL YOUR LOVING" est un hommage de la scène rock ; le second, "SHARP DRESSED MEN", vient du monde country avec la participation de Willie Nelson, Dwight Yoakam et Alan Jackson notamment.
Le groupe commence alors l'enregistrement de son quatorzième album studio. Il s'appelle "MESCALERO" et il paraît en avril 2003. On y trouve quinze titres originaux et la reprise de "Tramp", qui fut un succès en 1967 pour le duo Otis Redding / Carla Thomas.

"Tramp" (CD "Mescalero")

Le succès de ZZ Top s’appuie sur une musique simple et efficace, interprétée de manière magistrale et accompagnée d’une bonne dose d’humour et de dérision. Ils restent toujours, selon leurs propres termes, "les trois mêmes musiciens qui jouent les trois mêmes accords." ZZ Top, c’est aussi un look d’enfer plusieurs fois renouvelé : il y a eu les smokings et les bérets de “Deguello”, les sombreros et les combinaisons de mécanos sur “El Loco”, ainsi que les guitares en peluches, découpées en forme de “Z” ou selon les contours de l’état du Texas. Sans parler des barbes dont on peut se demander qui a la plus longue. Ecoutons Dusty Hill.
 
"La longueur de nos barbes correspond à celle de nos courroies de guitare, car si la barbe est plus longue, elle se prend dans les cordes. Alors c’est à celui qui aura la plus grande courroie."

Un célèbre fabricant de lames de rasoir avait offert un million de dollars à Billy Gibbons et à Dusty Hill pour qu’ils se rasent devant l'objectif d'une caméra. Ils avaient refusé, en déclarant que la barbe était le meilleur  moyen de cacher leur laideur ! On notera enfin que le seul qui n'est pas barbu s’appelle Beard, ce qui signifie justement “barbe” en anglais.
Reste une question toujours sans réponse : que signifie ZZ Top ? En exclusivité pour “Saga”, Billy Gibbons et Frank Beard lèvent une partie du voile sur un mystère vieux de plus de quatre décennies.

"- C’est resté un secret bien gardé jusqu’à notre première visite en France. Et là, quelqu’un a mis le doigt sur ce sens bien particulier du mot, mais il y en a sûrement d’autres...
- Je suis d’accord avec Billy. On s’est peut-être trompés sur l’ordre des mots ; on aurait dû s’appeler Top ZZ au lieu de ZZ Top."

"My head's in Mississippi" (CD "Recycler")

Après la sortie de "Mescalero", ZZ Top quittent RCA et ils signent avec American Recordings. En 2006, ils se séparent de Bill Ham, qui avait été leur producteur et manager depuis le début de leur carrière. En 2008, ils publient "LIVE FROM TEXAS". C'est leur premier DVD. Il a été enregistré en public à Grand Prairie, au Texas. Il en existe également une version CD parue chez Eagle Records. Deux autres DVDs sont parus depuis : "DOUBLE DOWN LIVE" en octobre 2009, puis "LIVE IN GERMANY, 1980" en juin 2010.
Quant au nouvel album studio de ZZ Top, on l'attend toujours. On sait qu'il est quasiment terminé et qu'il a été produit par l'incontournable Rick Rubin.
On en connaît déjà cinq titres : "Flying high", qui avait été dévoilé il y a déjà un an, et quatre autres qui sont parus le 5 juin dernier sur le mini album "TEXICALI". Pour l'instant, la nouvelle tournée de ZZ Top, le "Gang of Outlaws Tour", vient d'arriver en Europe. Le 26 juillet, ils seront à Tirlemont en Belgique pour le "Suikker Rock Festival". Le 27, ils se produiront à Paris à l'Olympia et le 29 juillet, ils participeront au Festival "Guitare en Scène" à Saint-Julien-en-Genevois, en Haute-Savoie.

"I gotsta get paid" (CD "Texicali")


DISCOGRAPHIE :

-    "Salt lick / Miller's farm" (single – 1970)
-    "FIRST ALBUM" (album – 1971)
-    "RIO GRANDE MUD" (album – 1972)
-    "TRES HOMBRES" (album – 1973)
-    "FANDANGO" (live & studio album – 1975)
-    "TEJAS" (album – 1977)
-    "THE BEST OF ZZ TOP" (compilation – 1977)
-    "DEGÜELLO" (album – 1979)
-    "EL LOCO" (album – 1981)
-    "ELIMINATOR" (album – 1983)
-    "AFTERBURNER" (album – 1985)
-    "RECYCLER" (album – 1990)
-    "GREATEST HITS" (compilation – 1992)
-    "ANTENNA" (album – 1994)
-    "ONE FOOT IN THE BLUES" (compilation – 1994)
-    "RHYTHMEEN" (album – 1996)
-    "XXX" (live & studio album – 1999)
-    "MESCALERO" (album – 2003)
-    "CHROME, SMOKE & BBQ" (coffret – 2003)
-    "RANCHO TEXICANO : THE VERY BEST OF ZZ TOP" (compilation – 2004)
-    "LIVE FROM TEXAS" (DVD – 2008)
-    "DOUBLE DOWN LIVE" (DVD – 2009)
-    "LIVE IN GERMANY, 1980" (DVD – 2010)
-    "TEXICALI" (download mini album – 2012)
















VOUS AIMEREZ AUSSI
PLUS DE VIDÉOS
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

article
7771238327
La Saga de ZZ Top
La Saga de ZZ Top
ZZ Top, le trio le plus populaire du Texas, a bâti son succès sur un blues rock simple et efficace, interprété de façon magistrale et avec une bonne dose d'humour et de dérision. A l'occasion de la sortie du mini album "Texicali" et de leur passage en France – à Paris, à l'Olympia, le 27 juillet et au Festival "Guitare en Scène" de Saint-Julien-en-Genevois le 29 -, le guitariste-chanteur Billy Gibbons, le bassiste Dusty Hill et le batteur Frank Beard commentent au micro de Saga quatre décennies d'une carrière qui est un exemple de longévité et de stabilité dans le rock américain.
http://www.rtl.fr/culture/musique/saga-la-saga-de-zz-top-7771238327
2012-06-22 08:01:00
http://media.rtl.fr/cache/5HlMNlk00MbuzupCBw7WXw/330v220-2/online/image/2012/0618/7749675628_zz-top.jpg