Pourquoi le FBI pense pouvoir débloquer les iPhone sans Apple

ÉCLAIRAGE - Le FBI a annoncé lundi 21 mars qu'il n'aurait finalement peut-être pas besoin de l'aide de la marque à la pomme pour déverrouiller l'iPhone de l'un des auteurs de la fusillade de San Bernardino.

Des produits de la marque Apple (illustration)
Crédit : AFP
Des produits de la marque Apple (illustration)

Le bras de fer entre Apple et le FBI prend un nouveau tournant. Une confrontation très attendue entre le service fédéral de police judiciaire et le groupe informatique américains devait avoir lieu mardi 22 mars au tribunal fédéral de Riverside, en Californie. L'audience n'a jamais eu lieu. Elle pourrait même ne jamais se tenir. L'audition a été annulée dans la soirée après le dépôt par le département américain de la Justice d'une requête demandant un délai afin que le FBI puisse tester "la viabilité" d'une méthode suggérée par "une tierce partie" qui pourrait permettre d'accéder aux données de l'iPhone 5C qui a appartenu à Syed Farook, l'un des auteurs de la tuerie de San Bernardino, qui a fait 14 victimes et 21 blessés le 2 décembre dernier en Californie. 

Depuis plusieurs semaines, le FBI cherche à obtenir la collaboration d'Apple pour débloquer le téléphone du terroriste, convaincu que son contenu pourrait les aider à déterminer comment a été planifié l'attentat du 2 décembre et si les assaillants ont bénéficié d'une aide extérieure. Mi-février, une ordonnance judiciaire a mis en demeure la marque à la pomme de créer un logiciel pour déverrouiller l'appareil, protégé par un système de chiffrement qui efface les données après dix tentatives d'introduction infructueuses.

Apple a toujours refusé d'apporter son aide, faisant valoir sa "grande responsabilité" dans la protection du droit à la vie privée de ses clients. La firme américaine estime que créer un tel logiciel s'apparenterait à créer "une porte dérobée" et qu'une intrusion fédérale dans ses smartphones constituerait un dangereux précédent juridique qui saperait la confiance des utilisateurs, déjà mise à mal par les révélations d'Edward Snowden sur la surveillance massive pratiquée par la NSA. Si l'opinion publique américaine est divisée sur la question, la marque à la pomme a reçu de nombreux soutiens des entreprises du web et des défenseurs des libertés civiles dans son combat face au FBI.

John McAfee ou la NSA au secours du FBI ?

Le mystère demeure autour de l'identité de "l'intervenant tiers" qui a montré au FBI la méthode qui permettra peut-être de débloquer l'iPhone de Syed Farook. Comme l'écrit le département de la Justice dans la motion déposée lundi, cette tierce partie inattendue s'est manifestée dimanche 20 mars, soit l'avant-veille de l'audience devant le tribunal de Riverside. Pour l'expert en technologies Robert Enderle, interrogé par l'AFP, il pourrait s'agir de John McAfee, créateur de l'antivirus éponyme, qui s'était vanté de pouvoir apporter son aide au FBI il y a quelques semaines, ou d'un ex-employé d'Apple. Des experts évoquent aussi la NSA ou la CIA, qu'ils estiment en capacité de contourner la sécurité des appareils Apple.

Comme le rapporte Le Monde, il pourrait aussi s'agir d'une société spécialisée "dans la découverte et la vente de "zero days", des vulnérabilités originales encore inconnues, qui permettent de pirater un logiciel à coup sûr, faute de parade". L'ultra médiatisation du conflit entre Apple et le FBI pourrait avoir convaincu un pirate à proposer sa méthode au FBI en échange de rémunération, avant qu'elle perde toute valeur marchande si Apple se retrouve contraint par la justice de créer un logiciel brisant ses propres sécurité. Des hackers ont aussi pu créer un logiciel en urgence en apprenant qu'Apple refusait d'aider la police fédérale.

Quoi qu'il en soit, cette motion marque une pause dans le bras de fer public entre les deux parties. La procédure est suspendue jusqu'au 5 avril, où un rapport d'évaluation doit être remis à la juge Sheri Pym, le temps que "des vérifications soient menées pour savoir si ce procédé risque ou non d'altérer le contenu du téléphone". "Mais s'il est fiable, il devrait permettre d'éviter l'intervention d'Apple", conclut la motion. Lundi, le directeur général d'Apple Tim Cook a évoqué l'affaire en ouverture de la keynote organisée à Cupertino, réaffirmant son refus catégorique de céder à la demande du FBI.

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BenjaminHuepro
par Journaliste RTL
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ÉCLAIRAGE - Le FBI a annoncé lundi 21 mars qu'il n'aurait finalement peut-être pas besoin de l'aide de la marque à la pomme pour déverrouiller l'iPhone de l'un des auteurs de la fusillade de San Bernardino.
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2016-03-24 12:42:15
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