4 min de lecture Cinéma

"Ocean's 8" : des actrices sous-exploitées pour un casse un peu trop parfait

NOUS L'AVONS VU - Le 4ème volet de la saga des "Ocean's" offre un spectacle divertissant mais sans surprise qui ne profite pas assez de son incroyable casting.

Anne Hathaway et Helena Bonham Carter dans "Ocean's 8"
Anne Hathaway et Helena Bonham Carter dans "Ocean's 8" Crédit : WB Entertainment
AymericParthonnaud1
Aymeric Parthonnaud

Le casting d'un film Ocean's est toujours l'élément le plus important. Ce quatrième volet, entièrement féminin, ne trahit pas l'ADN de la franchise. Seules les plus grandes actrices ont été conviées : Sandra Bullock, Cate Blanchett, Anne Hathaway, Sarah Paulson, Helena Bonham Carter, Rihanna... À ces noms mondialement connus s'ajoutent des actrices dont les carrières grandissent aux États-Unis : la rappeuse Awkwafina et Mindy Kaling (que le public français a découvert dans la série The Office).

L'intrigue tourne autour d'un duo : Debbie Ocean (Sandra Bullock qui joue la sœur de George Clooney alias Danny Ocean) et son binôme Lou Miller (Cate Blanchett). Debbie sort tout juste de prison pour un comportement exemplaire, c'est normal elle sait mentir mieux que personne pour s'attirer des faveurs.

Un séjour derrière les barreaux qui a été particulièrement fertile puisqu'il lui a permis d'imaginer un plan incroyable pour son prochain grand coup. Pour mettre à exécution celui-ci, Lou rassemble autour d'elle un gang de femmes avec, chacune leur spécialité

À lire aussi
Pamela Anderson est désormais installée à Marseille Cinéma
Pamela Anderson : l'actrice sera à l'affiche du film "Nicky Larson"

L'objectif du casse est simple et glorieux : dérober une parure de diamants gigantesques du cou d'une célébrité, Daphne Kluger (Anne Hathaway), pendant le prestigieux gala du Met à New York. Couturière, génie de l'informatique et organisatrice hors pair vont alors répéter et réaliser un plan des plus complexe.

Girl power

On pouvait avoir une inquiétude devant le postulat résolument féministe et bienvenu de ce Ocean's 8 : que le film ne traite que de sujet étiquetés "féminins". Le début du film nous offre une razzia magique dans un grand magasin de luxe et le casse prend lieu dans un univers guindé et people. Un film de casse avec des femmes aux manettes serait-il impossible sans parler de mode, de cosmétiques et de bijoux ? Le réalisateur, Gary Ross, aurait-il une vision quelque peu clichée des aspirations des femmes ? 

Rapidement, le long-métrage nous démontre que nous n'avons pas de raisons d'avoir peur. Les personnalités des personnages sont suffisamment ancrées dans le réel et variées pour échapper aux idées reçues. Elles sont excitées à l'idée de dîner à côté de Taylor Swift, de porter des belles robes et de rêver de pierres précieuses. Elles sont aussi et surtout : résolues, mère de famille, célibataire, polyglotte, diplômées, fortes, intelligentes, efficaces et solidaires. Là est peut-être le problème d'ailleurs. Tout se passe beaucoup trop bien... 

Un plan trop parfait

La force d'un film de braquage consiste dans la capacité des voleurs et des voleuses à réagir face à l'imprévu. Le plan doit être réalisé à la perfection mais une rivalité dans le groupe, un grand méchant, une trahison, un événement inattendu, une panne fait capoter la stratégie initiale. 

Ocean's 8 n'a pas ce sens du rebondissement. L'allemand impeccable de Sandra Bullock la sort d'un mauvais pas alors qu'elle allait rencontrer la seule personne capable de la reconnaître. Le sens de l'organisation de Sarah Paulson ne connaît pas de faille. Rihanna, en hackeuse, est capable de tout réussir depuis son clavier d'ordinateur. La seule personne qui joue les novices dans le gang est Helena Bonham Carter transformée pour l'occasion en designer. Mais malgré sa maladresse (qui permet quelques sourires), elle finit toujours par se sortir de toutes les situations.

On s'angoisse quelques secondes à peine avant d'être toujours rassuré par la scène suivante. Le film ne compte pas vraiment d'ennemi pour contrer les voleuses non plus. Où est le nouveau Vincent Cassel et son numéro de capoeira avec des lasers comme dans Ocean's 12 ?

La quasi-conclusion sur la question de l'assurance du Met semble un artifice destiné à donner un rôle pseudo-comique à l'animateur James Corden. Même le lien toxique qui unit Richard Armitage à Sandra Bullock, et qui aurait pu faire un joli twist finit par être balayer rapidement. Le casse reste une perfection à la chorégraphie satisfaisante mais elle n'arrive jamais à être jouissive.

Anne Hathaway au dessus du lot

Reste alors le caractère exceptionnel du casting. Outre le groupe de voleuses, Ocean's 8 arrive à recréer un vrai Gala du Met. Anna Wintour, la rédactrice en chef du magazine Vogue, et organisatrice suprême de cette soirée, joue son propre rôle. Un tour de force quand on connaît l'agenda de cette femme ultra-influente.

De vraies stars se joignent à elle comme Serena Williams, Katie Holmes et Heidi Klum qui ajoutent un côté "cinq étoiles" des plus réussis. Les décors, les costumes et la visite des coulisses de cette soirée si privée sont aussi un vrai plaisir pour les sens (pour qui n'est pas allergique au papier glacé des magazines de mode).

Le vrai point fort en terme de performance d'actrice est le rôle joué par Anne Hathaway. Dans son rôle de star-proie insupportable, la comédienne démontre qu'elle peut encore nous surprendre. On est en effet à des années-lumière de la jeune femme du Diable s'habille en Prada, film dans lequel elle évoluait dans un univers "fashion" très similaire.

Elle est la seule actrice à disposer de plusieurs grands moments et scènes-clef alors qu'elle ne fait pas partie du clan des voleuses. Les autres se contenteront d'une ou deux phrases mémorables. Utiliser aussi peu les talents indéniables de Cate Blanchett, Sarah Paulson ou Helena Bonham Carter ne peut être qu'un regret.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Cinéma People Cate Blanchett
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7793724239
"Ocean's 8" : des actrices sous-exploitées pour un casse un peu trop parfait
"Ocean's 8" : des actrices sous-exploitées pour un casse un peu trop parfait
NOUS L'AVONS VU - Le 4ème volet de la saga des "Ocean's" offre un spectacle divertissant mais sans surprise qui ne profite pas assez de son incroyable casting.
http://www.rtl.fr/culture/cine-series/ocean-s-8-des-actrices-sous-exploitees-pour-un-casse-un-peu-trop-parfait-7793724239
2018-06-13 08:30:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/RHca_kCM1HKI1ntcdQ2k5Q/330v220-2/online/image/2018/0612/7793724266_anne-hathaway-et-helena-bonham-carter-dans-ocean-s-8.jpg