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Créé le 12/09/2011 à 10h31
Les bourses dévissent, les valeurs bancaires plongent. Cette actualité vous déstabilise, surtout parce que vous avez du mal à la comprendre. Vous voudriez savoir ce qui se passe, et aussi quelles solutions nous pourrions mettre en œuvre, tous ensemble, pour sortir enfin de la spirale infernale. Vous avez de la chance. Vous êtes exactement à l’endroit où l’on va tout vous expliquer, tout vous raconter, avec même en prime les remèdes et les recettes pour sortir du bourbier. Prêts ? Respirez, c’est parti.
Première hypothèse : tout va bien dans le monde, et c’est rien que la spéculation internationale, la finance mondiale, les agences de notation, qui spéculent sauvagement et sèment la pagaille. Ceci est, un peu résumé j’en conviens, l’essence de la pensée Schneidermann-Cohen, deux phares de la pensée trop peu écoutés dans la période récente, mais dont les historiens du 24° siècle réhabiliteront les travaux, adages, maximes et autres aperçus visionnaires.
Cette école de pensée propose quelques solutions simples pour sortir des désordres. D’abord et prioritairement, supprimer les agences de notation qui ne font rien que des « prophéties auto réalisatrices », concept fort et accessible uniquement à des esprits qui le sont aussi. Ensuite, supprimer les bourses, pour la bonne raison que ça ne sert à rien. Enfin, supprimer les riches, parce que comme l’a suggéré François Hollande qui a dit ne pas aimer els riches, les riches ne sont pas aimables, sinon François Hollande les aimerait.
Une fois que tout cela sera fait, la situation devrait s’améliorer. Et si elle ne s’améliore pas, alors achetez d’urgence le livre « Sarko m’a tuer », ce qui n’a rien à voir avec le sujet de ce billet, mais au moins vous pourrez vous marrer un bon coup.
Deuxième hypothèse : ce bazar a un début de fondement et de logique. Lequel ? Pour faire simple et direct, sans remonter aux origines de la vie sur terre, ceci : personne ne croit plus que la Grèce puisse être sauvée. Les derniers qui s’accrochent à cette chimère sont les gouvernements de la zone euro. Or chacun voit bien que ce n’est pas vrai. La montage que représente la dette grecque aujourd’hui supposerait une croissance de 6 à 8% pour envisager un remboursement dans de bonnes conditions. Cette croissance étant évidemment hors d’atteinte, le gouvernement grec n’a d’autre possibilité que de couper dans les dépenses, ce qui déprime l’activité et accroit le problème. Le gouvernement grec tente aussi de faire croire qu’il va instaurer de nouvelles taxes pour gonfler ses recettes, mais comme les Grecs trichent et truquent avec les impôts depuis des décennies, ces engagements-là ne convainquent pas grand monde.
C’est à partir de cette situation que tout se dérègle. Les observateurs financiers anticipent la faillite de la Grèce. Et parmi les effets anticipateurs, ils vendent à tour de bras les actions des banques européennes engagées dans la dette grecque. D’où la chute des valeurs bancaires, qui n’a pas grand rapport avec leur profitabilité, ni avec leurs fonds propres. De ce fait, les banquiers s’égosillent à dire que ces mouvements sont irrationnels, mais ils le sont beaucoup moins qu’ils ne le disent.
La chute des valeurs bancaires produit quelques autres effets qu’il faut rapidement mentionner. La confiance se réduisant, les échanges financiers entre banques tendent à diminuer, et dans quelques jours ils pourraient carrément se raréfier. Nous pourrions ainsi nous trouver très rapidement dans une situation similaire à celle de l’automne 2008, peut-être même y sommes-nous déjà, où une crise des liquidités avait conduit à un ralentissement rapide et spectaculaire de l’activité économique.
Cette crise précise avait été surmontée par un endettement massif des Etats européens. Cette solution n’est plus praticable aujourd’hui, les Etats n’en pouvant plus d’être endettés. Alors que faire ? Voici venir le moment de la solution tant attendue.
Comme toutes les solutions miracles, celle-ci est affreusement banale. Mais comme c’est la bonne solution, peu importe sa banalité. Il faut, c’est tout simple à écrire, organiser la faillite de la Grèce. Il faut le faire vite, et précisément. La Grèce ne pourra rembourser tout, ni tout le monde. Donc, il faut dire qui elle rembourse, et qui elle ne rembourse pas. Il faut nommer les perdants et les gagnants de cette loterie de dupe. Il faut aussi répartir les dommages auprès des prêteurs. Bref, il faut faire rapidement un travail de vérité, car c’est là le fond de l’affaire.
Tout l’occident vit sur le mensonge de la dette depuis les années soixante-dix. Tous les pays de l’occident ont édifié leurs société du bien-être et du progrès sur du sable. Nous avons financé nos avancées avec le crédit des pétro dollars d’abord, puis de la Chine que nous avons aidé à décoller. Au fur et à mesure du temps, nous nous sommes enfoncés dans le mensonge comme l’on s’enfonce dans le brouillard. Manquant d’argent pour financer nos systèmes de santé, d’éducation, de transports, nos moyens militaires, nous l’avons emprunté à tire larigot et sans limites, avec une voracité qui a obscurci tous les esprits.
Maintenant, les prêteurs demandent leur dû. L’école Schneidermann-Cohen trouve cela scandaleux. Pourquoi pas. Mais à bien y réfléchir, quelqu’un qui réclame l’argent qu’on lui doit n’est pas forcément un salopard.
Bonne journée
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