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Créé le 16/01/2012 à 12h06
Nous n’avons plus de triple AAA. Est-ce grave, docteur ?
Il est curieux, tout de même, de noter qu’un évènement attendu, annoncé, produise un choc aussi puissant lorsqu’il survient.
Nous savions tous, le président de la république le premier, que la dégradation de la note française par une agence représentait une probabilité forte. Et pourtant, quand elle survient, tout le monde semble démuni, et en premier lieu le pouvoir.
Que retenir des éléments de langage délivrés à cette occasion ? Pas grand-chose. Ou peut-être une contradiction. Nicolas Sarkozy promet d’annoncer des mesures fortes, impopulaires même d’après son entourage, quand son premier ministre, samedi, lors d’un point de presse, assure que toutes les mesures ont déjà été prises et que d’autres le seront, des « ajustements », si nécessaires.
Par ailleurs, quelles mesures prendre dans ce contexte qui pourraient avoir des effets rapides et décisifs ? La réponse est simple : aucunes. Le mal vient de loin. Il est logé dans les structures de l’économie française, qui produit trop cher pour au moins deux raisons : elle supporte le financement d’une couverture sociale qui aujourd’hui l’écrase ; elle doit financer un secteur public trop lourd, trop gros, Etat, collectivités locales, multiples acteurs disséminés dans d’innombrables comités, agences, etc…
Nous dépensons trop, depuis trop longtemps, et tout cela ne peut pas être modifié en un clin d’œil. Une économie aussi complexe que la nôtre possède une force d’inertie considérable. Modifier le cap demandera du temps, de la détermination. Rien qui cadre avec le calendrier auquel sont soumis les acteurs de la campagne terrible qui va s’ouvrir.
Evidemment, la perte du triple AAA et ses conséquences au moins psychologiques pèsent sur l’élection présidentielle. Un seul exemple. Nicolas Sarkozy annoncera des mesures « impopulaires ». Comment se faire élire dans l’impopularité ? Il y a là un tour de force sémantique qui défie toutes les lois de la politique.
Les courants les plus contestataires peuvent-ils profiter de la situation, comme l’assure la thèse en vogue depuis ce matin ? Ce serait trop facile de l’imaginer comme une certitude. L’opinion publique n’a jamais été aussi méfiante à l’égard des responsables politiques. Le discours suscite davantage de scepticisme que d’adhésion. C’est la confiance qui manque, ce qui n’étonnera personne après trois décennies de propos mensongers sur le volontarisme politique.
Raconter les coulisses d'une interview politique quotidienne sur la première radio de France et entretenir un dialogue avec ceux que cela intéresse.
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