Le Blog de Jean-Michel Aphatie

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Pisser dans un violon 02/03

Créé le 02/03/2012 à 10h34

Neuvième semaine de campagne. Il s’en est passé des choses.




Soyons factuels. Dans un élan créatif, Nicolas Sarkozy a proposé aux professeurs du secondaire de travailler plus pour gagner plus. Original, non ?

Et dans un élan super créatif, François Hollande a écrasé la proposition de son concurrent en proposant quelque chose de plus ébouriffant : taxer à 75% tout revenu annuel supérieur à un million d’euros.

Résultat de la semaine en terme de bruit médiatique : Hollande : 3, Sarkozy : 0

Mais ce n’est que le début. Les semaines qui nous séparent du premier tour seront autant, sinon plus créatives. Et nous frémissions tous d’impatience à la perspective de découvrir ce que nous réservent les protagonistes que le monde entier nous envie de cette élection que tout l’univers regarde avec passion.

Pendant ce temps, la France vit sa vie. Son chômage augmente, sa balance du commerce extérieur continue de se dégrader, ses finances publiques ne s’améliorent pas, son euro flageole toujours, son industrie est malmenée, son secteur hospitalier approche du point de rupture et l’une de ses banques, Dexia, qui finançait les collectivités locales du coup privées d’une précieuse source de financement, menace de s’écrouler dans un fracs comparable à celui qu’avait provoqué, en son temps, la chute de Lehman Brothers.

C’est vous dire si la campagne électorale est branchée sur la réalité. Juste deux précisions. Les sous-sous que promet Nicolas Sarkozy aux enseignants seront des sous-sous empruntés sur les marchés, pas des sous-sous à nous. Autrement dit, promettre encore et encore des dépenses tient davantage désormais de la prestidigitation que d’une attitude sérieuse.

Quant à vouloir taxer les « hyper riches », on ne dit plus les riches, c’est à la fois dérisoire, 250 millions de recettes à comparer aux 90 milliards de déficit budgétaire, et inutile car le vrai problème, celui qu’aucun des deux candidats, ni les autres n’abordent, c’est la diminution inévitable, nécessaire et vitale de la dépense publique française.

Baisser la dépense, c’est difficile. En plus, c’est inhumain parce que la baisse des dépenses affectera surtout des populations qui souffrent déjà. En outre, c’est anti politique parce que cela ne rend pas populaire. Mais c’est inévitable parce que nous dépensons depuis maintenant bientôt quarante ans beaucoup plus que nous ne produisons de richesses. C’est vital parce qu’à force d’accumuler de la dette, ceux qui nous prêtent depuis ces quarante années vont cesser de le faire.

Ce qui est en cause ici, ce n’est pas de l’idéologie, c’est tout simplement la survie de la monnaie qui est la nôtre, qui finira par disparaitre si d’une part les économies européennes ne se régulent pas, et si d’autres part les deux grandes économies de la zone euro, la française et l’allemande, continuent de diverger à la folle vitesse à laquelle nous divergeons aujourd’hui.

Prenez le critère que vous voulez, excepté le football, l’Allemagne fait plus, mieux et plus rapidement que nous. Le potentiel d’écartèlement est tel que la rupture guette, et avec elle le chaos, la misère. Ne croyez pas à ce propos ceux qui vous disent que nous renégocierons quelque chose avec les Allemands. Nous ne le pourrons pas parce que nous avons perdu trop de temps, gâché trop de cartes, pour que celui qui est encore notre partenaire nous supporte longtemps.

En écrivant cela, je sais que je pisse dans un violon. Mais s’il me plait de la faire, est ce M. Todd, du haut de toute son intelligence formidable, qui m’en empêchera ?

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Raconter les coulisses d'une interview politique quotidienne sur la première radio de France et entretenir un dialogue avec ceux que cela intéresse.

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