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On désespère, parce que ce n'est pas terrible 20/01

Créé le 20/01/2012 à 10h14

Troisième semaine de campagne. Coup d'oeil dans le rétro


Que comprend-on de la stratégie électorale de Nicolas Sarkozy ? Qu’elle est brouillonne, c’est-à-dire construite sous la pression des évènements plutôt qu’élaborée pour y faire face.

Début décembre, à Toulon, le président de la République annonce un sommet social pour faire face à la montée du chômage. Les rumeurs distillées à la suite de l’annonce évoquent un recours facilité au chômage partiel et à un effort, vieille ficelle, en matière de formation.

Puis, à la surprise générale lors de ses vœux du 31 décembre, Nicolas Sarkozy met sur la table le projet de TVA sociale, dont il cherche aussitôt à compenser l’effet négatif par la création d’une taxe sur les transactions financières.

L’annonce de la TVA sociale braque les organisations syndicales. Remarquez, ce n’était pas difficile à anticiper. Ce qui risque de faire capoter le sommet. Evidemment. Du coup, mercredi, Nicolas Sarkozy joue l’évitement, ne se dévoile pas sur sa réforme phare et décide d’en reporter le détail à une intervention publique qu’il fera le 29 janvier prochain, sur TF1 et France 2 au moins.

Résultat, le sommet social accouche d’une souris sociale, 430 millions d’euros pris on ne sait où pour des mesurettes qui ne feront pas un bilan. Pour de la godille, c’est de la godille.

Au-delà des atermoiements, que semble vouloir faire Nicolas Sarkozy ? Bouger jusqu’au dernier jour pour gagner la sympathie des électeurs sur quoi exactement : la reconnaissance de l’activité, fut-ce sans les résultats ? C’est maigre. La rumeur colporte la présentation d’un livre sur le thème : je n’ai pas tout fais bien mais je ferai mieux. Plus une ou deux idées ébouriffantes, en matière d’éducation par exemple, pour tenter de créer un clivage et surtout nourrir l’image du type qui fonce.

Au total, cela parait maigre. Si en plus de tout, le président entre tard en campagne, ce qui est très probable, sa capacité à renverser sur ces bases une opinion publique qui lui est très hostile parait limitée. Dans la logique de ce constat, la défaite, à défaut de paraitre assurée, est une probabilité sérieuse. Ceci ne parait affecter aucun membre de l’état-major UMP puisque chacun va répétant que cette élection se présente bien.

S’il y a un perdant possible, il existe donc un vainqueur potentiel. Mais où est-il ? Certains avancent le nom de François Hollande. Ils sont téméraires. Le candidat socialiste, à cette heure, n’a installé aucun débat autour de l’une de ses propositions. La fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG ? Ce n’est pas une conversation de machine à café vu que si tu n’as pas ENA plus 2, tu n’y piges rien. L’embauche de 60.000 personnes dans l’éducation nationale ? A la limite, c’est drôle. Pourquoi 60.0000 ? Pourquoi seulement 60.000 ? Ceci résume-t-il le, projet éducatif du candidat ? On pourrait ajouter le quotient familial, le nucléaire, d’autres sujets, à propos desquels les allers-et-retours sémantiques et conceptuels ont brouillé toute perspective et toute compréhension.

Gagner dans la brume, ce n’est pas facile.

Les deux piliers de la démocratie française paraissant également fragiles, les deuxièmes couteaux se prennent à rêver de la timbale. Pour la décrocher, ils rivalisent de rodomontades, expliquant chacun à leur façon que si on veut on peut, vielle chanson de la politique française qui nous a mené là où nous en sommes, c’est-à-dire au bord du gouffre.

Si l’on osait, on donnerait aux candidats quelques conseils. Dans la hiérarchie des urgences, le désordre financier dans lequel vivent l’Etat et ses satellites menace jusqu’à la substance de la Nation. Ne croyez pas que j’exagère. L’industrie s’expatrie parce que les charges diverses plombent les fins de mois. Le chômage qui en résulte appauvrit la société et plombe les mécanismes de solidarité face à la maladie et à la vieillesse. Nous ne finançons plus ce qui nous permet de vivre ensemble et c’est par là que menace la désagrégation.

Si l’on accepte ce constat modestement fourni à la réflexion de chacun, on comprend que le péril est immense et qu’il faudra plus d’intelligence que de volontarisme pour l’éviter. Bien sûr, cela ne permet pas de bâtir une campagne flamboyante, style Je vais changer la vie, ou bien je vais résoudre la fracture sociale, ou bien ensemble tout est possible, mais voyez-vous, des promesses à trois sous et du rêve à deux balles, nous avons déjà donné. Les moyens financiers de la politique sont nuls, même si on prend aux riches, ce qui limite évidemment les possibilités d’action, et rend donc vaines et creuses les promesses.

Il faudrait dans cette campagne du robuste et du sérieux, du sévère et de l’ennuyeux pour qu’enfin nous prenions conscience de la réalité qui nous menace.

Intuitivement sans doute, le corps électoral sent bien que cette pré campagne s’inscrit dans le registre du très grand n’importe quoi. Comment donc ce vieux et grand pays, tellement frotté à l’Histoire et aux épreuves, peut-il produire un débat et des attitudes d’une si intense médiocrité ? A cette question, en troisième semaine, il n’existe pas de réponse.

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Raconter les coulisses d'une interview politique quotidienne sur la première radio de France et entretenir un dialogue avec ceux que cela intéresse.

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