Raconter les coulisses d'une interview politique quotidienne sur la première radio de France et entretenir un dialogue avec ceux que cela intéresse.
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Créé le 04/07/2012 à 10h38
Nous commençons à peine à découvrir l’ampleur des dégâts. Le discours de politique générale du premier ministre, hier, à l’Assemblée nationale, aura au moins eu le mérite de cette clarté : l’Etat n’a plus rien à distribuer, la remise en ordre des finances publiques prime tout le reste.
Pourquoi cette priorité ? Parce que sans cela, tout s’écroulera: la monnaie par manque de confiance, l’économie par manque de compétitivité, la société par destruction des mécanismes de solidarité. Si la colère avait un sens, il faudrait la diriger contre tous ceux qui ont si longtemps nié la réalité, et assuré que la détermination, la volonté, ces substituts à la simple vérité, pouvaient comme par magie nous sortir des difficultés. Mais ce sentiment est inutile. Il faut maintenant revoir les fondations de l’Etat qui commandent celles de l’économie, assainir ce qui doit l’être, partager l’effort, évidemment, mais le penser et le programmer sur une durée longue, car il faudra du temps pour corriger vingt ans d’inepties.
L’horizon, en France, parait bouché. Les éclaircies sont pourtant possibles. Deux pays nous en fournissent l’exemple. En Grande Bretagne, d’abord. Ce pays a connu récemment un déclin spectaculaire de son industrie automobile. En modifiant sa fiscalité, et aussi, en accord avec les syndicats de salariés, les relations entre salariés et employeurs, il a réussi à intéresser les investisseurs. Résultat : dans les 18 derniers mois, rapporte un supplément du Monde publié cette semaine, « 7 milliards d’euros ont été investis dans ce pays par les principaux constructeurs mondiaux. » Dans trois ans, selon des prévisions peut-être optimistes, il pourrait se construire davantage de voitures dans trois ans qu’il ne s’en fabriquait au temps de la prospérité des années soixante-dix. Saurons-nous regarder et méditer cet exemple d’Outre-Manche ?
Autre pays qui surprend : l’Espagne. Ses problèmes demeurent colossaux et dévoilent la part incroyablement mensongère de l’économie de ce pays. Une purge brutale a détruit chaque mois en Espagne des centaines de milliers d’emplois, portant le nombre de chômeurs à plus de 24% de la population active, record absolu de l’Europe occidentale.
En juin pourtant, l’économie espagnole a connu une petite embellie. Le nombre de chômeurs a diminué de 100.000 en un mois, signe d’une reprise d’activité, peut-être temporaire, mais réelle.
Il est bien sûr possible d’observer ces réalités avec un peu de distance et de chercher à n’être dupe de rien. Les miracles n’existent nulle part. Cependant, une leçon peut s’imposer. Les politiques qui nient la réalité ne sont, au fond, que d’épouvantables fuites en avant. En revanche, celles qui se dépouillent d’une supériorité factice et acceptent enfin de traiter les problèmes avec humilité peuvent, à terme, apporter des résultats tangibles à leurs concitoyens et recréer ainsi ces sentiments précieux de la vie collective : la confiance et l’espoir.
Raconter les coulisses d'une interview politique quotidienne sur la première radio de France et entretenir un dialogue avec ceux que cela intéresse.
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