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Les valeurs de Nicolas Sarkzoy, celles du Canard enchaîné 10/02

Créé le 10/02/2012 à 10h04

Sixième semaine de campagne. L’heure approche.



Le non-candidat Nicolas Sarkozy ne devrait plus l’être trop longtemps. Lui qui rêvait d’une déclaration tardive, pour mener la campagne éclair qui aurait souligné son génie, a été obligé de convenir que tarder encore devenait dangereux. L’écart avec son concurrent est trop grand, vingt points parfois dans les sondages, pour espérer le combler en quelques jours. C’est maintenant que les blocs commencent à s’agréger dans l’opinion publique. Au mois de mars, ils seront trop compacts pour les modeler et les fissurer. Le top départ est donc imminent, la semaine prochaine dit-on partout. Le calendrier est premier revers pour Nicolas Sarkozy.

Son interview au Figaro-Magazine fait office de décompte dans les starting blocks. Son contenu, lui, laisse dubitatif.

Le président évoque les valeurs : travail, responsabilité, autorité. Pourquoi pas. Le signal est clair. Il annonce une campagne de droite, ce qui n’est pas bête quand le principal adversaire incarne la gauche, une campagne de premier tour, éloignée des thèmes rodées naguère, un président protecteur et rassembleur, mais probablement pugnace et offensive.

A ceci, le président accole une forme d’action singulière. Le voici devenu, lui dont le parti est dominant à l’Assemblée nationale, adepte du référendum. Jamais en cinq ans il n’en a proposé. La conversion étonne. Et les thèmes avancés dans l’interview pour en réaliser étonnent encore davantage. Il faudrait, dit-il, régler par le vote populaire, le sort des chômeurs en formation qui refusent u emploi qui leur serait proposé. C’est régler avec un épais marteau un problème certes délicat mais pas fondamental. Ou encore, dit-il, pour départager la justice judiciaire et la justice administrative à propos du contentieux en matière d’immigration. On a du mal, en l’espèce, à imaginer la question. Convoquer des millions d’électeurs pour leur faire désigner la nature du juge chargé du contentieux ne se verrait même pas en Suisse ou pourtant l’éventail des votations est large.

Si l’on saisit l’axe que veut donner Nicolas Sarkozy à sa campagne, on en saisit moins bien les applications. Problème de rodage ? Problème d’entourage ? A voir.

Dans le flot des évènements, beaucoup de faits échappent à notre vigilance. Celui que je vais citer n’est pas primordial. Il est cependant important.

La semaine dernière, la cour de cassation a validé comme preuve recevable l’enregistrement sauvage du majordome de Liliane Bettencourt. Le contenu de cet enregistrement a justifié l’ouverture de plusieurs enquêtes et conduit, entre autres bouleversements, Eric Woerth à quitter le gouvernement.

Le contenu de ces enregistrements était instructif à bien des égards. Il montrait l’absence de scrupules et le cynisme de ceux qui vivaient quotidiennement auprès de la vieille dame. Une tranche de vie saisissante et repoussante, instructive et passionnante.

Malgré tout, cet enregistrement n’est rien d’autre qu’un acte d’espionnage. Si le contenu intéresse, la manière dérange. On ne peut évacuer la seconde au motif de la première. Vieille leçon de civilisation supérieure : la fin ne justifie pas le moyen.

En validant l’enregistrement comme moyen de preuve, la cour de cassation pourtant encourage l’espionnage domestique. C’est sa jurisprudence constante, expliquent les spécialistes. Ceci ne justifie rien. La persévérance dans l’erreur morale n’est pas exemplaire. Et il y a quelque drôlerie à constater que ceux qui fustigent à raison la pratique des écoutes téléphoniques se satisfont sans interrogation de ce qui est aussi une écoute illégale.

Tout cela, un éditorialiste l’a exprimé, avec ses arguments et sa sensibilité que je ne veux pas récupérer ici, juste l’évoquer. Il s’agit de Louis-Marie Horeau, dont je ne peux citer exactement le titre au Canard enchaîné où il est un des piliers.

Puisque les temps sont à l’évocation des valeurs, convenons que celle-là n’est pas mince : écouter aux portes pour renseigner la justice est un bien vilain défaut, même si ‘lon y apprend des choses intéressantes.

Bon week-end. A lundi.

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Raconter les coulisses d'une interview politique quotidienne sur la première radio de France et entretenir un dialogue avec ceux que cela intéresse.

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