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La vie rêvée des anges 22/02

Créé le 22/02/2012 à 11h42

L’Europe, si on en parlait ?




La Grèce est sauvée. Au moins pour six mois. Au-delà, pas sûr. Certains propos étonnent à propos de la Grèce. On l’étranglerait, méchante Europe, méchants européens, méchant FMI.

La Grèce, en deux ans, aura perçu 240 milliards d’euros. En outre, le secteur privé, les banques, les fonds d’investissements, auront abandonné 100 milliards d’euros de créances. Total : 340 milliards d’euros apportés à la Grèce. Pour les salauds égoïstes que nous sommes, c’est pas mal.

Bien sûr, on peut rêver la vie des anges. Ayant apporté tout cet argent, nous pourrions aussi en laisser l’usage aux Grecs souverains. Dans la vraie vie, hélas, les choses se passent différemment. Celui qui paye veut avoir son mot à dire sur la manière dont sera dépensé l’argent. Ceci s’appelle, en politique, une perte de souveraineté.

Qui est responsable de cette perte de souveraineté, sinon les grecs eux-mêmes ? L’ultime démagogie consiste à dire que le peuple grec n’est pas responsable et c’est pourtant lui qui paye. La distinction, hélas, n’est pas opérante. Les autres pays européens ne peuvent pas distinguer le gouvernement et les citoyens. Il s’agit là d’un dialogue de pays à pays. Et donc, assez légitimement, ceux qui payent pour la Grèce demandent d’abord aux dirigeants grecs de moins dépenser, et aussi de garantir les remboursements à venir.

Du coup, tout s’enchaîne. Les plus fragiles et les plus pauvres dans la société grecques prennent les coups les plus rudes. Du coup, l’activité économique ralentit. Bien sûr. Mais ceux qui assurent qu’il existe une alternative savent bien qu’il n’en existe qu’une : abandonner la Grèce à son sort et la prier poliment de quitter l’euro et l’Europe.

En écrivant ceci, je m’attends à la bordée en retour. De grâce, évitez les injures, c’est inutile. Concentre-vous sur le fond du propos. Ce sera plus utile.

Dans ce contexte, l’Assemblée nationale a voté hier majoritairement le MES, mécanisme européen de stabilité. La gauche a adopté à ce propos un curieux comportement. Communistes et Verts ont voté contre, les députés socialistes se sont abstenus. Tout est faux dans ces attitudes.

Les Verts et les communistes veulent officiellement que la France poursuive l’aventure de l’euro. Mais ils contestent l’indépendance de la banque centrale, l’attitude et les raisonnements de l’Allemagne et même, avec le MES, les mécanismes de solidarité qui sont l’embryon de l’organisation de la zone euro qui fait actuellement cruellement défaut.

Quand on repousse tout ce qui fait l’euro, qu’est-ce qui vous rattache encore à l’euro ? Ce qui serait cohérent, ce serait, dans la logique de tous les refus mentionnés, de convenir que l’euro est une impasse et la sortie une solution. Refuser tous les outils d’une réalisation condamne la réalisation elle-même. Sinon, on se vautre dans l’incohérence.

Pour le PS, c’est pire. S’abstenir de dire oui ou non à un mécanisme dans la période actuelle revient à tutoyer les sommets de l’hypocrisie. Etre incapable, à ce point, de prendre position quand on postule, par ailleurs, pour la gouvernance d’un pays, c’est proprement incroyable.

Je formulerai bien une hypothèse, nourrie par l’histoire de la construction européenne. Les socialistes, finalement, acceptent au pouvoir ce qu’ils ne parviennent pas à accepter dans l’opposition. Ce fut toujours le cas pour la construction européenne. Leur abstention est une manœuvre pour ne pas se couper, sur un sujet central, du front de gauche et des Verts.

Qui est dupe ? Vous ?

 

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Raconter les coulisses d'une interview politique quotidienne sur la première radio de France et entretenir un dialogue avec ceux que cela intéresse.

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