Le Blog de Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie

Animé par :

Jean-Michel Aphatie

La Grèce? On s'en fout 18/04

Créé le 18/04/2011 à 09h55

De quoi parle-t-on, ce matin, sur les radios, dans les journaux, autour des machines à café, si du moins vous possédez une machine à café, chez vous, ou bien si votre méchant patronat a investi dans une machine à café?

Donc, on parle, dans l'ordre ou le désordre, du chauffard récidiviste dont un conseiller de l'Elysée se demande s'il ne mérite pas la prison à la vie. D'une prime à verser aux salariés dans les entreprises qui font des bénéfices, au point que l'on se demande si Jean-Luc Mélenchon n'aurait pas été élu à l'Elysée et si on ne nous l'avait pas dit. De la suite des opérations militaires en Libye, dont personne ne voit, justement, ce qu'elle pourrait être, la suite.



Mais qui donc vous parle, vous entretient et vous bassine de ce sujet sérieux entre tous et dangereux entre mille, je veux parler de la crise grecque? A vrai dire, pas grand monde. Ce n'est pas que tout le monde s'en fout, mais presque. Les Grecs? Qu'ils se débrouillent, non? Et puis c'est le printemps, on ne va pas encore se prendre le chou avec la dette, ras-le-bol de la dette...

Comme toujours, c'est vous qui décidez. Si vous ne voulez pas parler de la Grèce, n'en parlons pas. Le problème est simplissime. Nous avons prêté de l'argent aux Grecs. Selon toutes les projections, le tour de vis qu'ils ont consenti pour honorer leurs remboursements compriment à ce point leurs recettes qu'ils doivent couper comme des dingues dans leurs dépenses, ce qui fait chuter encore leurs recettes, et l'un dans l'autre, ils approchent du jour où ils devront dire stop, on ne peut plus rembourser.

En jargon technique, on appelle cela un « rééchelonnement » de la dette. La particularité des mots techniques, c'est qu'à peine on les entend, et tout de suite ils vous rasent. On ne sait pas ce qu'ils veulent dire, et surtout, on s'en moque. Quand même, je vous explique.

Rééchelonner la dette grecque, c'est-à-dire constater que le gouvernement ne peut plus honorer sa signature, c'est d'abord et surtout dire aux créanciers qu'ils peuvent mettre le mouchoir sur une partie de leurs créances. Parmi ces créanciers, des banques et des institutions financières, c'est-à-dire les acteurs principaux de ce que l'on nomme les marchés financiers, ces trucs horribles animés par des gens horribles, des gens d'argent, des capitalistes.

Les banques et institutions concernées se trouveront immédiatement fragilisées dans l'immense casino que représentent les marchés financiers. Des prêteurs leur prêteront moins facilement de l'argent, ou elles le prêteront plus cher. Et elles mêmes, ensuite, en prêteront moins, ou plus cher. Et de vague en vague, c'est toute l'activité économique de la zone euro qui s'en trouvera gravement, voire très gravement perturbée.

Vous n'allez pas me croire, mais il existe un intérêt majeur général, vital, à éviter le désastre grec. S'il se produit, la prime de mille euros, vous pouvez l'oublier pour au moins dix ans. Bon, une fois que c'est dit on peut passer à autre chose. Alors, de quoi voulez vous qu'on cause?

à propos du blog

Raconter les coulisses d'une interview politique quotidienne sur la première radio de France et entretenir un dialogue avec ceux que cela intéresse.

La charte d'utilisation du blog
Les émissions de Jean-Michel Aphatie La page émission L'Invité de RTL
La page émission du Grand Jury

Publicité

Publicité