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Créé le 27/01/2012 à 10h00
Quatrième semaine de campagne. On y va.
Premier temps fort : dimanche. François Hollande a désigné son seul adversaire, la finance. Pensée habile. Exécution parfaite.
Sur le fond ? La politique ne peut mener aucune action publique sans la finance, c’est-à-dire sans le savoir-faire et l’expertise de spécialistes qui parviennent à mobiliser des capitaux importants et à les mettre à la disposition des Etats et des collectivités territoriales. On pourrait écrire des pages et des pages sur cette collaboration. Mais on s’en dispensera tant cette vérité parait évidente.
La finance, pour utiliser ce terme générique qui désigne tout le monde donc personne, a-t-elle pris le pouvoir ? Vivons-nous, aujourd’hui, sous la dictature des marchés ? Si l’on répond oui à cette question, alors l’attaque de François Hollande peut avoir un sens. Mais on ne peut répondre ainsi aux questions posées.
La finance n’a pas pris le pouvoir, absolument pas. Les Etats demeurent souverains, aujourd’hui. Tout ce que leur demande la finance, c’est qu’ils remboursent les dettes qu’ils accumulent depuis trente ans. Autrement dit, la finance ne définit pas les politiques mais désormais elle les influence. Et ceci pour l’unique raison que les élus s’en sont remis à elle durant des décennies pour financer des projets et des actions que la seule richesse des pays concernés ne pouvait financer.
Ce chemin-là se termine. En soi, l’évènement est douloureux. Il nous laisse tous démunis et anxieux, obligés désormais de faire un travail sur nous-même qui s’apparente à un sevrage. Voilà ce qu’exprime vraiment la formule de François Hollande, mais que bien sûr beaucoup de gens veulent entendre différemment.
La campagne électorale est un temps complexe durant lequel peut se construire une appréciation très fausse de la réalité et des enjeux auxquels une population se trouve confrontée. Nous avons déjà connu, en France, des moments de ce type, qui se sont révélés cruels ensuite.
Pour en finir avec la finance, et afin qu’il n’y ait pas d’équivoque, des comportements condamnables et des pratiques coupables méritent d’être stigmatisés. Il convient donc de réguler et d’encadrer plus strictement une activité évidemment nécessaire à l’action publique, et donc utile à la démocratie.
Mardi : les confidences du président. Il pourrait, en cas de défaite, se retirer de la vie publique. L’information à retenir : Nicolas Sarkozy le battant envisage la défaite. Un aveu. Une première.
De vous à moi, il a raison de l’envisager. Impopulaire dans la crise, davantage qu’impopulaire à cause de la crise, il a visiblement du mal à définir la ligne de sa prochaine campagne. Dimanche soir, à la télévision, il devrait exposer le détail des ultimes réformes qu’il envisage de réaliser avant la fin de son mandat. Joueur de poker qui mise tout son pactole, le président sortant parait réduit aux coups d’éclat pour tenter de renverser une tendance qui lui est fondamentalement défavorable.
Il faut regarder les sondages qui nous sont offerts, non pas pour la lecture qu’ils offrent au premier degré, mais pour les pistes de réflexion qu’ils proposent sur l’état de l’opinion publique.
Dans tous les tests de premier tour, Nicolas Sarkozy se situe derrière François Hollande. La distance n’est pas très importante : entre trois et cinq points généralement. Mais au second tour, l’écart entre les deux hommes est important : souvent dix points, parfois vingt. Ceci indique la réticence profonde d’un nombre important de sondés à l’idée de voter pour Nicolas Sarkozy. Ce blocage-là, majeur, massif, comment le lever ? Comment redonner le désir aux citoyens de glisser un bulletin de vote à votre nom dans l’urne ?
Pas de désir de Sarkozy, et pourtant pas de désir de gauche non plus. Dans les intentions de premier tour, la gauche plafonne, tous ses candidats confondus, plafonne à 40%. Après cinq années de gouvernance Sarkozy, et après dix années de pouvoir à droite, ce résultat n’est pas flambart.
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