Le Blog de Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie

Animé par :

Jean-Michel Aphatie

L'UMP en péril 25/04

Créé le 25/04/2012 à 13h02

Au cœur du second tour de l’élection présidentielle, les électeurs de Marine Le Pen. Et ce n’est sans doute que le début.



François Hollande et Nicolas Sarkozy ont une obligation commune : ramener à eux un maximum d’électeurs frontistes. Mais le péril n’est pas le même pour l’un et pour l’autre.

François Hollande, au fond, ne peut pas grand-chose. Il dit, bien sûr, entendre la colère, la souffrance, la désespérance. Il assure, bien sûr, qu’il en tiendra compte s’il est élu à l’Elysée. Mais d’une certaine façon, le candidat socialiste est passif face à la masse frontiste. Viendront à lui ceux des électeurs qui le voudront bien. Inutile, pour cela, de modifier substantiellement son discours.

Le défi est autrement plus complexe pour Nicolas Sarkozy. Il sait que parmi les 6,4 millions d’électeurs de Marine Le Pen, beaucoup ont déjà voté pour lui en 2007, et beaucoup pourraient voter pour lui le 6 mai prochain.

Sa feuille de route, dès lors, est limpide, mais pas simple. Il doit montrer à cet électorat potentiel, qui détient la clé de sa réélection, qu’entre eux et lui, il serait impossible de glisser une feuille de papier à cigarettes sur la question identitaire commune à la droite républicaine et à l’extrême droite française, à savoir l’immigration. D’où le discours très offensif, si l’on peut dire, du président sortant sur ce thème.

En même temps, là est la difficulté, Nicolas Sarkozy ne peut pas sortir du cadre républicain tracé par vingt ans de confrontation avec le Front national. Pour cette raison, il lui est interdit de prendre directement contact avec les dirigeants du Front national, de parler directement avec eux, et aussi d’envisager publiquement toute alliance et tout accord.

C’est ainsi que Nicolas Sarkozy qui n’aime pas faire les choses à moitié se retrouve assis entre deux chaises. Suffisamment proche des thèmes identitaires du Front national pour tendre franchement la main à ses électeurs, et encore éloigné des dirigeants pour repousser toute entente.

Cette stratégie peut-elle être efficace ? Difficile à imaginer pour cette seule raison qu’elle choque ceux qui à droite s’effraient de l’affichage de cette proximité et qu’elle déçoit ceux qui acceptent l’idée d’une union des droites.

Ceci renforce l’idée que la réélection de Nicolas Sarkozy sera difficile le 6 mai. S’il y parvient, cela tiendra pratiquement du miracle, explicable par son talent et aussi par des faiblesses propre à la gauche. Mais s’il échoue, ce qui apparait aujourd’hui possible, alors l’UMP sera en grand danger.

En effet, une défaite de Nicolas Sarkozy placerait son parti en situation très difficile lors des élections législatives. Dans chacune des circonscriptions, le candidat du Front national pourrait s’appuyer sur la proximité intellectuelle ou idéologique affichée lors des dernières semaines pour inciter l’électeur de droite à préférer « l’original à la copie ». Le scénario le plus noir pour l’UMP pourrait être celui d’une multiplication des triangulaires, ce qui ferait le bonheur législatif de la gauche.

Cette projection vers le futur proche, dont nul n’est certain de la réalisation, amène à s’interroger sur la pertinence de la stratégie suivie par Nicolas Sarkozy dans la quête de son second mandant.    

Traditionnellement, un sortant s’appuie sur le bilan de l’action qu’il a mené et il cherche, à partir de ce socle, à rassembler. Ceci donne souvent un côté ennuyeux, ou immobile, à la campagne du sortant, symbolisé au sommet de son art par François Mitterrand qui déploya tous ses charmes en 1988 au service d’un programme qui ne contenait rien.

Par tempérament et par calcul, éminemment conseillé par qui l’on sait, Nicolas Sarkozy a choisi une autre voie. Il a largement escamoté son bilan et a plutôt mis en avant, avec une fierté visible, une ligne « régalienne », assise sur les notions d’autorité et d’ordre.

Le résultat, au premier tour, est plus que mitigé. Partant de bas, le président se dit aujourd’hui très heureux d’être arrivé haut. Soit. Mais son premier tour n’en demeure pas moins insatisfaisant selon un double critère : inférieur au niveau atteint en 2007, inférieur aussi au niveau atteint par son concurrent du second tour.

Le changement de ligne étant interdit au milieu du gué, il persiste. Logique. Mais les conséquences, au soir du 6 mai, risquent fort d’être les mêmes qu’au soir du 22 avril.

à propos du blog

Raconter les coulisses d'une interview politique quotidienne sur la première radio de France et entretenir un dialogue avec ceux que cela intéresse.

La charte d'utilisation du blog
Les émissions de Jean-Michel Aphatie La page émission L'Invité de RTL
Retrouvez nos maisons d’exception en ile-de-france Retrouvez nos appartements d’exception en ile-de-france Offres Immobilières

Publicité

Publicité

Publicité