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Créé le 18/11/2011 à 09h27
Eva Joly a disparu. Patrick Buisson a parlé. Revue de détails.
Même en cas de victoire de la gauche, le MOX va poursuivre sa carrière. C'est vous dire s'il est résistant. Le MOX? Vous connaissez, bien sûr. On ne vous parle plus que de lui depuis trois jours. MOX ici, MOX là. Regardez sur Internet, vous trouverez.
Les effets du MOX sont, c'est vrai, ravageurs. Il anéantit tous les systèmes de défense des écologistes désireux de devenir députés. Il dissout les convictions en un tour de main, les certitudes les mieux trempées, et les positions de principe les plus ancrées. Le pouvoir du MOX est proprement phénoménal.
Si l'on comprend bien quelque chose au psychodrame qui se déroule à la fois sous nos yeux et loin de nos yeux, Eva Joly figure la dernière résistante au MOX. Lâchée en pleine nature par Jean-Vincent Placé et Cécile Duflot, elle se retroue désormais seule avec ses affirmations genre, Flamanville vivant, je ne m'allierai jamais avec les socialistes. Que dire après la Bérézina? C'est pour réfléchir à cette épineuse question qu'Eva Joly s'est retirée, probablement à Baderne-Baderne, à la recherche sans doute de Massu-Massu qui lui montrera la voix et lui dira: "Général, remontez sur votre cheval, tel est votre destin auquel nul n'échappe."
La politique est ainsi faite d'une suite de drames silencieux et solitaires qui se juxtaposent pour écrire, finalement, l'histoire de la France et des Français.
Patrick Buisson, qui conseille secrètement Nicolas Sarkozy, a parlé. Ses propos figurent à la page 9 du journal Le Monde. Je les reproduis dans leur agilité de mes doigts gourds: "Les gestions de crise doivent être validées par les peuples, pas par les "sachants" et les experts.Cette crise pose le problème profond d'une crise des démocraties et les candidats à la présidentielle vont devoir apporter des réponses." Sous-entendu, le candidat Sarkozy les aura, lui, les réponses. Mais sera-t-il d'accord, alors, le candidat Sarkozy avec le président Sarkozy?
Car enfin, confronté à la volonté grecque de consulter le peuple, qu'a fait le président Sarkozy? Il a dit, sans ménagement mais pas sans argument, au premier ministre grec de remballer presto dans la poche trouée son projet de référendum. Serait cocasse, quand même, que le candidat Sarkozy déplore l'absence de référendum en Europe. On peut tout nous dire et tout nous faire, mais quand même pas n'importe quoi...
Les "sachants", personnellement, j'adore. C'est typique le mot clé d'une campagne du peuple contre les élites. C'est qui les "sachants"? C'est quoi? En fait, personne ne sait, donc, c'est personne. Juste une formule qui permet à celui qui les dénonce, les "sachants", de suggérer qu'en fait ils ne savent rien, les "sachants", et le seul qui sait, c'est justement celui qui dénonce ceux dont il dit qu'ils prétendent savoir, donc des prétentieux, donc lui est modeste.
Dans ce registre, tout est subliminal. Obligé. C'est pareil dans toutes les entourloupes, sinon ça ne marche pas. Donc, le candidat du peuple contre les élites. Parce que voyez-vous, la crise, c'est justement al faute des "sachants" et des experts, et pas du tout de la faute des responsables politiques, sages et réservés, qui eux protègent et rassurent.
Je ne sais pas pourquoi, mais je sens qu'on va l'aimer cette campagne
Bon week-end
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