Raconter les coulisses d'une interview politique quotidienne sur la première radio de France et entretenir un dialogue avec ceux que cela intéresse.
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Créé le 08/02/2012 à 11h32
Et si on criait tous ensemble : vive l’euro !
De quoi, de quoi ? La pensée unique vivrait-elle donc toujours ? Vive l’euro ? Et puis quoi encore ?
Je ne sais pas si vous avez été faire un tour du côté de la pompe à essence durant ces derniers jours, mais le litre d’essence a sacrément augmenté. La faute à beaucoup de monde, mais c’est nous qui trinquons.
Vous pouvez demander à Mme Soleil, le mouvement ascensionnel des prix devrait être ascendant dans les prochaines semaines, les prochains mois et sans doute les prochaines années. Vous ne trouverez personne en France, ni même en Suisse ou en Finlande, qui vous dira que durant la période de temps mentionnée, l’essence va baisser. Faites le tour, vous verrez.
C’est ici qu’intervient l’euro. La monnaie européenne, vous le savez, est forte. Trop forte, se lamentent souvent des gens qui réfléchissent. D’où, notamment et par exemple, le déficit de nos échanges avec le monde extérieur qui a frôlé la somme astronomique et record de 70 milliards d’euros. Si l’euro était faible, disent les mêmes qui n’arrêtent pas de réfléchir, nous exporterions davantage et nous délocaliserions moins.
Si l’on réfléchit encore, mais voyez combien il faut pousser la réflexion pour parvenir au constat que je vais vous livrer gratuitement parce que j’ai réfléchi longtemps avant de comprendre que de toutes façons vous ne l’achèteriez pas, le raisonnement précédent peut-être largement discuté. Discutons.
Euro faible égale dollar cher. Comme nous payons nos importations de pétrole avec des dollars, autant vous dire que dans l’hypothèse d’un euro faible, le prix de l’essence à la pompe grimperait vertigineusement vite. Ponction immédiate sur le pouvoir d’achat. En outre, le pétrole étant une composante essentielle de la mécanique de production industrielle, les prix à la consommation qui se trouvent au bout du processus grimperaient aussi. Donc, inflation.
Finalement, un euro faible aurait davantage de désagrément que n’en a un euro fort. D’ailleurs, dans tous les cas de figure, mieux vaut une monnaie forte plutôt qu’une monnaie faible. Parce que la faiblesse en toute chose est un problème alors que la force n’est que rarement un handicap.
Le vœu de l’euro faible croise un sillon culturel français très profondément labouré dans nos consciences et notre inconscience. Ce que nous voulons éviter depuis à peu près François 1° qui comptait comme une patate et vivait à crédit, rien de nouveau depuis, c’est la discipline budgétaire, l’expertise de l’efficacité de la dépense publique, la frugalité de l’Etat. Ce que nous aimons, c’est la magnificence de l’Etat, ce que nous réclamons, c’est son interventionnisme, fut-ce au prix de la gabegie de la dépense publique et de la pression fiscale.
Terminons par ce constat. Vu le capharnaüm de la zone euro, dix-sept budgets pour autant de politiques économiques divergentes, il est miraculeux que l’euro soit encore fort. De vous à moi, il y a peu de chances que cela dure. Alors, nous le regretterons. C’est cela aussi être Français.
Raconter les coulisses d'une interview politique quotidienne sur la première radio de France et entretenir un dialogue avec ceux que cela intéresse.
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