Le Blog de Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie

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Crise financière aujourd'hui, crise démocratique demain 14/11

Créé le 14/11/2011 à 10h46

Vous n’y voyez pas clair ? Aucun problème. Voilà la lumière.



Nouveau gouvernement en Grèce. Nouveau chef du gouvernement en Italie. Ouf ! On a eu chaud. C’est que les marchés commençaient à s’énerver. Ils nous embêtent vraiment, les marchés.

Accessoirement, quatre ministres d’extrême droite sont entrés dans le nouveau gouvernement grec. Cherchez pas, tout le monde s’en fout.

Accessoirement encore, la légitimité des deux chefs de gouvernements, le Grec et l’Italien, est quasi nulle. Ni l’un ni l’autre, M. Papadémos et M. Monti, n’ont vu un électeur de leur vie. Pour faire voter ce qui devra l’être, coupes claires et augmentation d’impôts, ce n’est pas gagné.

Accessoirement toujours, personne n’est capable de dire si des élections anticipées auront lieu dans ces deux pays. On comprend bien la tétanie électorale dans ces deux pays. Une campagne électorale, c’est minimum deux mois. Deux mois d’incertitudes et de doutes sur les politiques qui seront suivies dans ces pays. Et cela, les marchés n’aiment pas. Donc, ils vont vendre. Donc, les taux d’intérêts vont grimper. Donc, le mieux, pour ces pays, c’est de ne pas faire d’élections.

Voilà exactement où en est rendue l’Europe, terre estimable et exemplaire qui inventa jadis la démocratie et qui ne peut plus aujourd’huio la pratiquer sans dommages.

Les esprits simples, ils sont nombreux, en concluront que les marchés représentent des entités aussi immondes qu’abstraites. Les esprits simples se trompent. Je n’espère convaincre personne de ceci car la pensée unique dans ce domaine figure un irrépressible rouleau compresseur, mais les marchés agissent en fonction de leurs intérêts, ce qui ne peut être blâmé.

Pendant des années, des décennies pour mieux dire, ils ont acheté de la dette souveraine, le meilleur placement possible non pas pour sa rentabilité mais pour sa solidité. Désormais, ce placement n’est plus sûr, la preuve par la Grèce où le pouvoir politique impérial a fait croquer aux marchés 100 milliards d’un coup. Du coup, les marchés vendent, ils se délestent, ils se défont. Logique, imparable et, j’ose le mot, imparable.

Nous devons progresser dans notre compréhension de l’épreuve dans laquelle nous nous engageons, car elle ne fait que commencer. Et ceci pour éviter de nous embarquer dans les fausses pistes qui pullulent, la dénonciation croissante, cocasse et fumeuse de la prétendue loi Rotschild de 1973, au hasard Balthazar, où encore les discours qui vous assurent qu’il suffit que la banque centrale remue le gros orteil du pied de gauche pour que les « spéculateurs » rentrent piteusement chez eux. Fadaises.

La faute originelle et immense est politique. Nul gouvernement en Occident depuis la fin des années soixante-dix n’a sérieusement cherché à proportionner ses dépenses à ses recettes. L’impasse budgétaire structurelle qui a résulté de cette politique n’a été rendu possible que par le monde de la finance qui a prêté, prêté, prêté. Certes, au passage, il s’est gavé, mais fondamentalement, il a permis à toute une génération de vivre sans avoir le souci de financer vraiment la protection sociale dont elle a bénéficié, ni les services publics qui ont rehaussé sa qualité de vie.

Aujourd’hui que le système craque, parce que la charge accumulée est physiquement insupportable, on crie salauds les marchés. L’erreur d’analyse est flagrante mais pire, elle est volontaire. Elle permet ainsi aux responsables politiques et aussi aux citoyens d’éluder leur propre responsabilité. En quoi ceci est-il grave, voire périlleux ? La question vaut d’être abordée.

Une analyse de départ fausse biaise inévitablement la réponse que les peuples européens apporteront à la crise dans laquelle ils s’engagent, j’insiste sur le fait que cela ne fait que commencer. L’immense risque est qu’une crise financière mal comprise, mal expliquée, ne débouche sur le plébiscite d’une réponse politique artificielle et fausse. Le risque immense est que de glissements intellectuels en glissements politiques, l’Europe, berceau de la démocratie, n’en quittent les rivages pour des aventures politiques qui, in fine, nous rendraient très malheureux.

Voilà ma contribution du jour. Je la juge suffisamment grave pour ne rien vous dire de substantiel à propos de la formule dévastatrice que Jean-Luc Mélenchon a appliqué hier à François Hollande, « capitaine de pédalo ». Et pour ne rien vous dire non plus du galimatias de la pensée dans lequel se débattent les dénonciateurs du « cumul » à la française des journalistes qui «sont partout ». Je mets juste en lien ce nébuleux papier parfaitement représentatif de la pensée nébuleuse, manière de dire que la vie continue, même sous ses aspects les plus amusants.
 

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Raconter les coulisses d'une interview politique quotidienne sur la première radio de France et entretenir un dialogue avec ceux que cela intéresse.

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