Raconter les coulisses d'une interview politique quotidienne sur la première radio de France et entretenir un dialogue avec ceux que cela intéresse.
La charte d'utilisation du blog
Animé par :
Créé le 03/11/2011 à 10h15
Ce qui est sidérant, c’est l’accélération. Ce qui est inquiétant, c’est que l’on ne connait pas le point de chute.
Un tabou est en train de tomber avec un fracas du diable. Oui, un pays peut quitter la zone monétaire unifiée de l’Europe. Ce qui était impensable avant l’été devient possible à l’approche de l’hiver.
Alors, comme le disait récemment je ne sais plus qui « tout est possible », y a-t-il des droits d’auteur sur la formule ? « Tout est possible », c’est-à-dire d’autres éventualités naguère impensables.
Celle-ci par exemple : l’euro peut-il mourir ? Réponse : oui. Comment ? Personne ne sait car l’histoire ne dévoile jamais les ruses qu’elle utilise. Malgré tout, deux scénarios se dessinent, qui ne peuvent d’ailleurs ne faire qu’un.
Prenons la Grèce comme point de départ. D’une manière ou d’une autre, soit Papandréou est viré demain soir, soit la semaine prochaine, soit dans un mois, d’une manière ou d’une autre donc, la Grèce déclare forfait. Stop. On ne joue plus. La dette, les bons du trésor que vous détenez, encadrez-les, nous ne les rembourserons pas. On appelle cela « défaut de paiement ». « Faillite » en français courant.
Tiens, au passage, où sont donc passés les économistes qui raillaient ceux qui suggéraient qu’un Etat pouvait défaillir sous la dette ? Mais un Etat môôssieur, vous répondait-il d’un ton qui ne pouvait que vous faire blêmir tellement il était charpenté par la certitude que la terre était ronde, un Etat ce n’est pas un ménage. Donc, ne parlez pas comme un épicier, ou mieux, laissez parler les économistes… Je ne sais pas où sont passés ces gens-là, et leurs prophéties auto-réalisatrices, m’a bien fait rire tout ça...
Bon, faillite de la Grèce. Combien de banques en Europe tombent-elles avec elle ? Ce n’est pas que cela me fendrait le cœur, suis pas l’ami des banquiers, disons que cela ajouterait au désordre. Une banque qui ferme, brutalement, ce sont des épargnants qui trinquent, brutalement aussi. Et puis pour le moral, ou la confiance comme on dit à 17 heures juste avant de croquer une pâtisserie, c’est pas terrible.
Et puis la Grèce, pour l’instant, c’est l’arbre qui cache l’Italie. En termes de poids, la dette italienne, c’est six fois la Grèce. L’Italie n’est plus gouvernée depuis belle lurette. A horizon prévisible, pas plus de réformes que de mammouths dans les Abruzes. Le coup de tabac n’est pas loin.
Aider l’Italie ? Mais avec quoi ? Faudrait que M. Hu, le bon chinois que nous aimons, casse sa tirelire. En même temps, on ne peut pas tout le temps compter sur les Chinois, tout de même. Faut qu’on se débrouille un peu nous-même, l’Europe.
Et la France ? Oh c’est drôle. Actuellement, députés et sénateurs sont en train de discuter sérieusement d’un budget loufoque. Le gouvernement a calculé les recettes comme s’il aurait 1,75% de croissance et donc des recettes fiscales correspondantes. Le même gouvernement qui a fini par convenir que c’était n’importe quoi comme prévision budgétaire, ce que les « commentateurs » comme disait je ne sais pas qui, mettent en doute depuis un moment déjà. Si vous lisez Moody’s, ou Standard and Poors, des copains à moi, sympas, vous comprenez que la croissance en France, c’est bernique. Même le 1% en 2012 retenu par le gouvernement pour la rectification est optimiste. L’an prochain, nous serons plus près de 0% de croissance que de 1%.
L’an prochain, et ce n’est pas drôle, le chômage va flamber en France. Ceux qui disent, j’ai les noms, il faut relancer, ce qu’il nous faudrait, c’est de la croissance, sont d’aimables plaisantins. Car pour relancer la machine et trouver de la croissance quand la machine patine, il faut jouer sur la dépense publique, donc sur les déficits. Et c’est là que c’est drôle : du déficit, nous en avons fait tout le temps et n’importe quand. Quand il serait utile d’en faire, nous ne pouvons plus en faire car plus personne ne va nous prêter de l’argent pour en faire.
C’est ici qu’il faut s’arrêter. La tempête progresse, elle approche des côtes. A part un parapluie aux baleines déjà fourchu, le gouvernement ne peut rien vous fournir comme protection. Affronter une tempête en slip de bain est certes un peu téméraire. Mais que faire ? Si vous avez la réponse, l’espace des commentaires sera heureux de l’accueillir.
Raconter les coulisses d'une interview politique quotidienne sur la première radio de France et entretenir un dialogue avec ceux que cela intéresse.
La charte d'utilisation du blogPublicité
Publicité