Raconter les coulisses d'une interview politique quotidienne sur la première radio de France et entretenir un dialogue avec ceux que cela intéresse.
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Créé le 23/04/2012 à 09h50
L’avez-vous su ? Le premier tour de l’élection présidentielle s’est déroulé hier en France, ce pays lointain et complexe. Et alors ? Alors…
Le sortant n’a pas flambé, deuxième position du scrutin, 27% des suffrages. Le premier n’a pas flambé non plus, 28,6% des suffrages. Ce qui laisse un deuxième tour assez ouvert.
L’arbitre du deuxième tour sera la candidate arrivée en troisième position. Dimanche, elle a crevé le plafond de verre qu’avait consciencieusement installé son père à coup de blagues nauséabondes. En 2002, il avait culminé à 4,8 millions de suffrages. Hier, sa fille a atteint les 6,4 millions. Enfoncé papa. Ce qui rend intéressante la suite de l’aventure. Va-t-elle geler le capital électoral comme cela fut fait naguère ? Ou bien va-t-elle chercher à participer vraiment à la vie politique du pays ? Et si oui, au prix de quels changements, voire de reniements ? Les échecs sont toujours douloureux. Parfois, les succès peuvent l’être.
Pour l’immédiat, la question posée est celle de l’attitude de ces électeurs à qui, probablement, la candidate expliquera que le premier et le second, c’est blanc benêt et benêt blanc. Rendus à un même, choisiront-ils le numéro un, le numéro deux, ou l’abstention ? Pour une très large part, c’est là que se jouera le scrutin.
Numéro quatre, qu’en dire ? Qu’il a mis ses gants blancs, hier soir, pour ne pas se salir en appelant ses électeurs à voter pour le premier. Il n’a même pas prononcé son nom. C’est dire sa réticence profonde.
Le péché de numéro quatre est simple : l’orgueil. Dans la dernière ligne droite, il s’est vécu comme la réincarnation de Jaurès et du Che. Son score, honorable au demeurant, 11%, l’a ramené sur terre. Il découvrira maintenant que ses frères d’armes communistes, fraternels comme l’ont tout le temps été les communistes, pourront nourrir d’autres projets que lui, auront envie de suivre d’autres chemins que lui, penseront à vivre d’autres vies que lui. Les voies du peuple, comme celles du destin, sont multiples.
Et puis il y a numéro cinq. Fin de partie. Moins de 10% neuf exactement. Exsangue sur le sable. Le suffrage universel est porteur de ces violences. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est le juge indépassable.
Numéro six, sept, huit, neuf, dix : rien de particulier à signaler.
Une dernière chose. Ce qui frappe et dit le mauvais état de la démocratie française, c’est l’étanchéité des électorats telle que la projette divers candidats. Comme parfois, mais rarement autant, la communauté française est divisée en chapelles qui se vivent chacune détentrices d’une vérité irréductible aux autres. Dans la « Guerre des Gaules », il y a déjà quelque temps, César qui en connaissait un rayon, trouvait déjà cela singulier chez nos ancêtres.
Nous avons peu changé.
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