09/04/2013 - 14h35
Le ministre délégué au Budget Bernard Cazeneuve a affirmé mardi devant l'Assemblée nationale que le gouvernement ne mettrait pas en place de "cellule de régularisation" ni de plan d'"amnistie" pour ceux qui ont fraudé le fisc en ouvrant un compte à l'étranger.
Alors que le gouvernement a été interrogé près d'une dizaine de fois sur les conséquences de l'affaire Cahuzac lors de la séance des questions au gouvernement, M. Cazeneuve a également "demandé à la presse" de transmettre à la justice les fichiers "OffshoreLeaks" qu'elle a en sa possession avec les noms des contribuables français ayant un compte à l'étranger.
"Je demande à la presse qui dit détenir des éléments et des fichiers de bien vouloir les communiquer à la justice de manière à ce que celle-ci puisse faire son travail", a-t-il déclaré en réponse à une question du député communiste Alain Bocquet.
Il a également prévenu: "il n'y aura pas de cellules de régularisation qui appliqueront un droit fiscal dérogatoire à l'égard de ceux qui ont accompli des fraudes fiscales et qui souhaitent rentrer en France, cela n'existera plus".
Le nouveau ministre du Budget, qui a remplacé Jérôme Cahuzac, lequel a démissionné quelques semaines avant de reconnaître avoir possédé un compte en banque en Suisse puis à Singapour, a en outre certifié qu'"il n'y aura pas non plus d'amnistie fiscale".
Il n'y aura pas d'amnistie "pour ceux qui ont mis leur compte à l'étranger et qui pourraient être tentés de revenir dès lors qu'ils seraient garantis de la clémence et de la mansuétude de l'Etat", a expliqué M. Cazeneuve.
"Le droit fiscal s'appliquera pour tous les contribuables quels qu'ils soient", a-t-il insisté.
09/04/2013 - 14h26
Le projet de moralisation de la vie politique, dont les grandes lignes seront présentées mercredi, suscite déjà des critiques à droite comme à gauche où l'on redoute que cette opération transparence ne vire au grand déballage sans être vraiment efficace.
L'Elysée lui-même craint les conséquences de cette opération mains propres. "Psychologiquement, ça va être dur, et, politiquement, ça peut être ravageur", admet un proche du chef de l'Etat qui concède lui aussi un "risque de déballage".
"La marge est très étroite entre la dissimulation, d'un côté, et le déballage, de l'autre", observe-t-il. "La solution intermédiaire, c'est la transparence", plaide ce proche, mais avec un souci supplémentaire pour la gauche attendue au tournant par une opinion publique toujours "plus dure" avec elle sur ces questions d'argent.
Le texte en préparation devrait prévoir la publication du patrimoine des parlementaires et des ministres mais viserait aussi à mettre fin aux conflits d'intérêts, autrement dit au cumul de certaines activités professionnelles, comme celle d'avocat d'affaires, avec l'exercice d'un mandat de parlementaire.
"Il ne s'agit pas d'empêcher les gens de travailler, sinon on va avoir une Assemblée de fonctionnaires, mais d'interdire les professions présentant un risque pour l'impartialité de l'élu vis-à-vis de ses fonctions", fait valoir l'entourage du président.
Avant même sa présentation, le projet cristallise les critiques de ceux qui redoutent une inquisition fiscale et médiatique. Gare au "voyeurisme" et à l'"hypocrisie", a averti le patron de l'UMP, Jean-François Copé, qui n'entend pas publier son patrimoine avant que la loi ne l'y oblige.
M. Copé s'interroge sur la représentativité d'un Parlement dont seraient exclus "les entrepreneurs, les commerçants, les artisans, les avocats...", profession qu'il exerce lui-même comme 34 autres députés dont certains d'entre eux ont suspendu leur activité.
Quitte à conduire une "opération de transparence absolue", il faudrait l'étendre, selon lui, "aux collaborateurs de cabinets ministériels ou de cabinet du président de la République, peut-être aussi aux directeurs administration centrale, d'autres corps de l'Etat, aux journalistes, syndicalistes"...
Des ministres ont pris les devants (ils ont jusqu'au 15 avril pour publier leur patrimoine), tels Marie-Arlette Carlotti (Personnes handicapées et Exclusion), Pascal Canfin (Développement), Cécile Duflot (Logement) tout comme plusieurs députés de tous bords parmi lesquels l'ex Premier ministre François Fillon.
Ce dernier doute toutefois de l'efficacité du dispositif, en l'absence d'enquête et de contrôles. Dans le cas Cahuzac, "ça n'aurait rien changé du tout. Quand vous êtes malhonnête, aucune règlementation ne règle la question".
Indigné, le député Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, envisage de quitter la vie politique si la loi était adoptée, jugeant n'être "pas là pour se déshabiller" en public.
A gauche aussi, des voix s'élèvent pour critiquer le projet, y compris au sein du gouvernement. "L'épluchage des patrimoines m'a toujours gênée et me gênera toujours par rapport à mes enfants, mon mari" qui "après tout, n'a pas épousé la classe politique tout entière", a concédé Marylise Lebranchu (Fonction publique).
Pour André Chassaigne, président des députés FG, la publication des déclarations de patrimoine aurait "un côté un peu malsain" risquant de "livrer à la vindicte populaire des élus qui sans être fortunés ont parfois des biens de famille". Il faut des "règles très strictes" contre les conflits d'intérêts mais il est aussi "ultra-prioritaire de s'attaquer avec courage et fermeté à la fraude et à l'évasion fiscale", a-t-il dit.
L'Elysée reconnaît la difficulté de la tâche: "En matière de fraude fiscale, beaucoup de dispositions ont été prises mais on peut toujours passer entre les mailles du filet qu'il faut donc resserrer".
A la veille de la présentation du texte, de nombreuses pistes étaient explorées comme "un renforcement de la législation en matière de contrôle fiscal et des sanctions" ou la création d'unités spécialisées.
Toutes choses destinées à lutter "contre la grande délinquance financière, la fraude fiscale organisée et les paradis fiscaux", comme l'a dit M. Ayrault.
Le président (PS) de la commission des Lois de l'Assemblée, Jean-Jacques Urvoas, a suggéré la création d'une Haute autorité de la déontologie de la vie publique.
En dépit des critiques, l'Elysée n'en démord pas: le président veut montrer qu'"il a pris une décision, tire les leçons de la situation et est cohérent avec ce qu'il a toujours dit en matière d'exemplarité de la vie publique, de sobriété de l'Etat. On va jusqu'au bout de cette logique".
09/04/2013 - 14h14
Facile vainqueur de Galatasaray 3-0 au match aller à Bernabeu, le Real Madrid a déjà fait un grand pas vers les demi-finales de la Ligue des Champions et n'a plus qu'à conclure mardi au retour à Istanbul, tandis que le duel entre Dortmund et Malaga est lui plus indécis après le 0-0 de l'aller.
Toujours en quête de sa 10e Ligue des Champions, le Real de José Mourinho n'aura pas grand-chose à craindre de ce match retour et même la très chaude ambiance du stade Ali Sami Yen ne devrait pas impressionner Cristiano Ronaldo et les siens.
Les Merengue se sont tranquillement échauffés ce week-end en écrasant Levante 5-1. Ramos et Xabi Alonso sont suspendus.
En face, le buteur Burak Yilmaz est lui aussi suspendu, alors que l'entraîneur Fatih Terim est dans la tourmente après avoir insulté l'arbitre lors de la rencontre de championnat qui a opposé samedi son équipe à Mersin (3-1). Il risque 10 matches de suspension.
L'autre demi-finale retour est beaucoup plus incertaine, Malaga et Dortmund n'étant pas parvenus à se départager lors d'un très spectaculaire 0-0 au match aller.
Les Allemands avaient toutefois nettement dominé cette première manche et ils seront favoris mardi devant les 80.000 spectateurs du Signal Iduna Park, ex-Westfalenstadion.
Le programme (tous les matches à 18h45 GMT):
Mardi: Aller
Borussia Dortmund (GER) - Malaga (ESP) 0-0
Galatasaray (TUR) - Real Madrid (ESP) 0-3
Mercredi:
FC Barcelone (ESP) - PSG (FRA) 2-2
Juventus Turin (ITA) - Bayern Munich (GER) 0-2
09/04/2013 - 14h13
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a écarté mardi une reprise rapide des négociations de paix, au terme d'une visite de trois jours en Israël et dans les Territoires palestiniens, insistant sur la nécessité d'un travail de fond pour qu'elles aient une chance d'aboutir.
"Le président (américain Barack Obama) ne m'a pas envoyé ici pour imposer ou dicter un plan", a rappelé M. Kerry, annonçant à court terme une entente avec les responsables israéliens et palestiniens pour "promouvoir le développement économique en Cisjordanie" occupée.
"Nous avons du travail à faire, nous rentrons faire notre travail", a-t-il ajouté juste avant son départ de l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv.
Le chef de la diplomatie américaine a qualifié de "très constructives" ses discussions avec le chef du gouvernement israélien Benjamin Netanyahu, qu'il a de nouveau rencontré mardi à Jérusalem, le président palestinien Mahmoud Abbas, à qui il a téléphoné avant de partir, et son Premier ministre Salam Fayyad.
M. Netanyahu s'est dit "déterminé non seulement à reprendre le processus de paix avec les Palestiniens mais aussi à faire un effort sérieux pour mettre fin à ce conflit une bonne fois pour toutes".
Son interlocuteur américain juge "plus important de faire bien que vite" pour relancer les négociations, bloquées depuis près de trois ans.
"Cet effort ne vise pas seulement à ramener les parties aux négociations, il s'agit de conduire tout le monde à la meilleure position pour réussir", a plaidé John Kerry. "Nous souhaitons essayer de créer les conditions de la paix afin de pouvoir reprendre les négociations de manière claire et précise".
Le responsable américain a promis de "lancer de nouveaux efforts très ciblés pour promouvoir le développement économique et lever certains des obstacles et des barrières au commerce en Cisjordanie, pour y avancer très rapidement vers une expansion de l'activité et de l'investissement dans le secteur privé".
Il a par ailleurs pris acte du "plaidoyer passionné" prononcé par M. Abbas pour la libération des prisonniers palestiniens détenus depuis le plus longtemps par Israël, assurant que M. Netanyahu était conscient du "potentiel explosif" de leur situation, après une série de heurts ces derniers mois en Cisjordanie à la suite de la mort de deux détenus palestiniens.
- Initiative arabe -
M. Kerry a salué l'initiative de paix de 2002 de la Ligue arabe offrant à Israël une normalisation avec tous les pays arabes en échange d'un retrait total des territoires occupés, dont le Comité de suivi doit se rendre à la fin du mois à Washington, la qualifiant "d'importante contribution au dialogue".
"Il se peut qu'elle ne soit pas sous sa forme actuelle une base de négociations", a-t-il néanmoins nuancé, alors que les Etats-Unis feraient pression sur la Ligue arabe pour une nouvelle formulation de ce plan afin d'augmenter les chances qu'Israël finisse par l'accepter.
Toutefois, les commentateurs israéliens se montraient pessimistes sur les chances de succès de M. Kerry, la radio militaire indiquant que le gouvernement israélien refusait de présenter une carte d'un futur Etat palestinien, demandée par Mahmoud Abbas, ou des "gestes de bonne volonté significatifs" pour le convaincre de revenir à la table des négociations.
Le ministre du Logement, Uri Ariel, un colon du parti nationaliste religieux du Foyer Juif, a exclu tout gel de la colonisation. "Nous construisons et nous continuerons à construire partout", a prévenu le ministre.
M. Ariel a annoncé mardi la construction de 50 logements situés à Jérusalem-Est annexée destinés à des rescapés de la Shoah.
Le président palestinien, qui a reçu dimanche M. Kerry à Ramallah (Cisjordanie), a réitéré ses exigences pour reprendre les négociations, à savoir un gel de la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, et une reprise des pourparlers sur la base des lignes de juin 1967, c'est-à-dire avant le début de l'occupation israélienne.
09/04/2013 - 13h08
Trois mois après le début de la guerre au Mali, le 11 janvier, la France vient d'effectuer un premier retrait symbolique de troupes de ce pays à l'avenir politique toujours confus, mais son engagement militaire risque de s'y prolonger pour encore longtemps.
Mardi, l'état-major des Armées a annoncé à Paris le retrait d'une centaine d'hommes sur les plus de 4.000 déployés au Mali. Ils sont arrivés lundi à Paphos, à Chypre, pour trois jours d'hôtel comme le font habituellement les militaires de retour d'opérations avant de regagner la France.
En trois mois d'intervention, les Français ont infligé de lourdes pertes aux groupes islamistes et démantelé leurs réseaux dans le nord. Premier visé, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), considéré comme la principale menace pour la France et l'Europe, a été défait dans son sanctuaire du nord-est.
"Plus de 600 terroristes, sur les 1.500 à 2.000 combattants radicaux identifiés, ont probablement été éliminés, des stocks d'armes, de munitions et d'essence ont été détruits en grand nombre. Des chefs, comme Abou Zeïd, ont été éliminés", détaille Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement.
En substance, souligne-il, "on a renvoyé les terroristes cinq ou dix ans en arrière. Ca ne veut pas dire que la menace a totalement disparu, mais on l'a fait reculer de manière significative".
Si les opérations de ratissage se poursuivent dans le massif des Ifoghas et le long de la frontière algérienne, l'armée française a commencé à alléger son dispositif. Elle concentre désormais ses efforts autour de Tombouctou et Gao, où elle traque les combattants du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), désormais le plus actif sur le terrain.
Dans cette zone où il bénéficie de soutiens au sein de la population et peut se dissimuler dans les villages, le Mujao harcèle les habitants et les forces maliennes. Mais selon les spécialistes, la capacité de nuisance des islamistes reste limitée. "En trois mois, le niveau de réaction des terroristes a été très faible, si ce n'est quasiment nul", relève Eric Denécé.
Force d'appui française "permanente"
Le début de retrait militaire engagé par la France est surtout politique pour montrer que la France entend passer au plus vite le relais aux forces africaines pour assurer la sécurité du Mali. L'Union européenne vient d'y engager une mission de formation de l'armée malienne aux capacités très limitées.
Selon le président François Hollande, il ne devrait plus rester en juillet qu'environ 2.000 militaires français dans le pays, contre 4.000 actuellement. Juillet, c'est la date à laquelle Paris exige la tenue d'élections présidentielle et législatives au Mali.
"Il paraît assez urgent de mettre en place quelque chose qui ressemble à un pouvoir légitime", juge François Heisbourg, président de l'Institut international des études stratégiques.
Après avoir martelé que ses soldats n'avaient pas vocation "à rester durablement au Mali", Paris a proposé à l'ONU et à Bamako de maintenir une "force d'appui" d'un millier d'hommes dans le pays. Une force "permanente", selon Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, "pour lutter contre le terrorisme". Cette force serait "parallèle" à celle de quelque 11.000 hommes que les Nations unies projettent de déployer à l'été.
Equipée d'hélicoptères, la force d'appui française pourrait venir en aide rapidement aux Casques bleus en cas d'attaques d'islamistes. Ce dispositif rappelle le précédent de la force française Licorne déployée depuis 2002 en Côte d'Ivoire en soutien de Casques bleus. Onze ans après, elle compte encore 450 hommes.
Sur le plan politique, la prolongation de l'opération militaire française au Mali sera soumise le 22 avril à l'autorisation de l'Assemblée nationale, puis du Sénat, qui devront se prononcer par un vote, comme le prévoit la Constitution quatre mois après le début d'une opération extérieure.
Le Parlement français avait déjà débattu du sujet fin février, mais le débat n'avait pas été suivi d'un vote. Un large consensus politique s'était alors dégagé pour soutenir l'opération décidée par le président François Hollande.
09/04/2013 - 10h56
"Là ça chauffe, j'ai les deux équipes en même temps!": longue chevelure noire et fine silhouette de danseuse, Blanca Li fonce d'un studio à l'autre dans un grand rire. A 49 ans, dont 20 ans de création, la chorégraphe dégage une énergie communicative dans ses studios logés au-dessus du New Morning à Paris.
Dans un des studios, 8 jeunes danseurs répètent "Elektro Kif", un show de danse urbaine qui électrise la Cigale à Paris jusqu'au 25 avril. Dans l'autre, la création de son nouveau spectacle, "Robot !", démarre à peine.
En 20 ans, la belle Andalouse (elle est née à Grenade) a gagné un public fidèle, toujours prêt à s'embarquer pour des spectacles dont le point commun est l'énergie positive. "Moi je pense qu'il faut garder la fête comme une chose importante dans la vie", lance-t-elle.
La "Movida", dont elle fut une des figures avec son ami Pedro Almodovar, a beau avoir sombré depuis longtemps dans une Espagne en crise, Blanca Li garde son "peps".
"Ça suffit d'entendre toute la journée que ça ne va pas! On a besoin de lâcher, de se dire +OK ça ne va pas+, mais le fait d'être ensemble, ça permet de rigoler, de partager aussi".
De toute façon "la danse c'est difficile, je l'ai toujours su", assume-t-elle. De son apprentissage à New York auprès de Martha Graham, elle garde le souvenir de ces "danseurs sublimes qui bossaient le soir dans les restaurants entre deux contrats".
Très vite, elle comprend qu'en Espagne, elle n'a "pas d'avenir": "Il n'y a pas de structure pour la danse, pas de vraie politique culturelle comme en France".
Et puis il y a... "el amor ! La personne avec laquelle je partage ma vie depuis 27 ans est mathématicien et il a eu un poste à Paris", raconte-t-elle.
Les débuts sont "très difficiles": elle envoie des dossiers auxquels personne ne répond. "La première chose que j'ai faite pour rentrer dans le circuit, c'était de louer un petit théâtre au festival d'Avignon dans le Off pour montrer ma première pièce". "Nana et Lila" est remarqué par des programmateurs et petit à petit, Blanca Li se fait un nom.
Ce "travail de fourmi" porte aujourd'hui ses fruits: en ce début d'année, la compagnie a trois spectacles en tournée, "Macadam Macadam" (1999) qui a marqué l'histoire du hip hop, "Le Jardin des Délices" (2009), à partir d'un tableau de Jérôme Bosch, et "Elektro Kif", né de sa rencontre avec la danse électro.
Inclassable, Blanca Li a aussi signé quatre créations pour l'Opéra de Paris, travaille pour le cinéma (elle a signé la chorégraphie dans l'avion des "Amants passagers" d'Almodovar), la publicité, la haute couture (Gaultier, Stella McCartney ...)
Dans "Robot !", qui sera créé à Montpellier Danse en juillet, elle invitera sur scène des robots musiciens et un petit humanoïde, Nao.
"J'étais de plus en plus souvent face à une machine, à l'aéroport, à la maison, partout", raconte-t-elle. "Je suis allée au Japon rencontrer des concepteurs de robots, des artistes, et je me suis réconciliée avec les machines".
Plus de 100 performances sont prévues dans le monde pour les 20 ans de la compagnie. A Paris, la fête battra son plein du 20 au 22 septembre: Blanca Li investit le Grand Palais avec la "Fête de la danse".
"Le Grand Palais devient un immense studio de danse, où on peut apprendre la salsa, la danse turque, le flamenco... On a même fait de la danse bretonne l'an dernier, on a bien rigolé !"
09/04/2013 - 10h12
L'Irak commémore discrètement mardi le dixième anniversaire de la chute de Bagdad, qui a scellé la fin du régime de Saddam Hussein, dans une atmosphère morne où les violences et l'instabilité politique dominent le quotidien.
Le 9 avril 2003, les troupes de la coalition menée par les Etats-Unis fondaient sur Bagdad, ne rencontrant que peu de résistance de la part de l'armée de Saddam Hussein, démoralisée et désorganisée.
L'image qui synthétise cette journée, et plus largement la fin du régime du raïs, est celle de soldats américains détruisant sa statue à l'aide d'un char muni d'un treuil sur la place Ferdaous, en plein centre-ville.
Mais la joie éprouvée par nombre d'Irakiens à ce moment-là a été de courte durée.
Selon un rapport de l'ONG Iraq Body Count, 112.000 civils ont péri entre mars 2003 et mars 2013 dans les violences qui continuent, dix ans après, à endeuiller l'Irak.
Prises en tenaille entre les milices chiites et les insurgés sunnites, les troupes américaines ont, elles aussi, payé un lourd tribut aux violences qui ont pris un tour résolument confessionnel à partir de 2006. Selon le site spécialisé icasualties.org, 4.486 soldats américains sont morts en Irak pendant les huit années d'occupation, qui s'est achevée en décembre 2011.
Dans ce contexte, le gouvernement irakien n'a prévu aucune cérémonie mardi pour marquer la chute de Bagdad. Seul le Kurdistan, la région autonome du nord de l'Irak qui a énormément souffert sous le joug de Saddam Hussein, a décrété un jour férié.
Sur la place Tahrir au centre de Bagdad, une banderole représentant une photo du déboulonnage de la statue a été installée. "Le sang des martyrs est monté au ciel. Le trône des tyrans est détruit", est-il écrit.
Dans un éditorial publié mardi par le Washington Post, le Premier ministre Nouri al-Maliki a jugé qu'"en dépit de tous les problèmes de la décennie écoulée, l'écrasante majorité des Irakiens est d'accord pour dire que nous sommes bien mieux lotis aujourd'hui que sous la dictature brutale de Saddam Hussein".
Cet anniversaire tombe en pleine campagne électorale. Dans 12 des 18 provinces du pays, les électeurs sont appelés à renouveler leurs assemblées provinciales le 20 avril. Mais ce scrutin, le premier depuis le départ des derniers soldats américains, se prépare dans le sang.
Douze candidats ont été tués depuis le début de l'année, selon des données officielles. Samedi, un attentat a fait 25 morts et 60 blessés lors d'un meeting électoral à Baqouba, au nord de Bagdad.
Avec 271 personnes tuées et 906 blessées dans des attentats, le mois de mars a été le plus meurtrier depuis août 2012.
Les groupes et groupuscules armés affiliés à l'Etat islamique d'Irak (ISI), la branche locale d'Al-Qaïda, ont certes vu leur élan freiné à partir de 2008, mais ils continuent de viser les forces de sécurité et les chiites, communauté majoritaire qui domine le gouvernement.
A ces violences s'ajoute une lutte politique houleuse entre Nouri al-Maliki et la minorité sunnite. Plusieurs dizaines de milliers de personnes défilent chaque vendredi dans les régions à majorité sunnite pour dénoncer leur "marginalisation" et réclamer la démission du Premier ministre.
Evoquant des impératifs de sécurité, M. Maliki a décidé de reporter sine die les élections provinciales à Ninive (nord) et Al-Anbar (ouest), deux provinces où vivent d'importantes communautés sunnites.
Mais aux yeux des observateurs et des diplomates étrangers, la menace la plus sérieuse vient du conflit larvé que se livrent la région autonome du Kurdistan, dans le nord du pays, et le pouvoir central à Bagdad.
Les deux entités revendiquent une bande de territoire riche en hydrocarbures. Et Bagdad enrage de voir Erbil faire de plus en plus cavalier seul, signant des contrats avec des compagnies pétrolières étrangères en se passant de l'approbation du ministère du Pétrole.
09/04/2013 - 09h50
Un forcené a tué par balles 13 membres de sa famille et des voisins, dont un enfant de deux ans, avant de se blesser grièvement en tentant de se suicider, dans un village près de Belgrade, a annoncé mardi la police.
"Douze personnes ont été tuées sur place et une treizième est décédée des suites de ses blessures à l'hôpital", a déclaré aux journalistes le directeur de la police serbe, Milorad Veljovic.
"Les médecins tentent de sauver la vie de trois blessés, dont l'auteur de ces meurtres monstrueux", a précisé M. Veljovic.
Une source policière a confirmé à l'AFP qu'il s'agissait du crime le plus meurtrier des 20 dernières années en Serbie.
Le meurtrier était un sexagénaire, Ljubisa Bogdanovic, qui a tué six hommes, six femmes et un bébé, a rapporté le télévision d'Etat serbe (RTS).
Selon M. Veljovic, la tuerie a eu lieu vers 03h00 GMT dans cinq maisons différentes à Velika Ivanca (50 km au sud de Belgrade) où habitait la plupart des membres de la famille du meurtrier.
Toutes les victimes dormaient au moment de l'attaque et elles ont pratiquement toutes reçu des balles à la tête, selon la même source.
"Il s'agit de cinq maisons au total, de sa famille et ses voisins. On ignore toujours le motif", a affirmé M. Veljovic.
L'assassin, qui a tiré avec un pistolet, aurait d'abord tué son fils (42 ans), puis sa mère, blessé sa femme, pour continuer à semer la mort dans les maisons voisines, a précisé M. Veljovic.
En arrivant, la police l'a retrouvé dans la cour de la maison où il a tenté de se suicider. Il a été hospitalisé avec des blessures à la tête et les médecins luttaient pour le sauver, selon le directeur de la police serbe.
Le chef de la police a précisé que le meurtrier détenait légalement son arme.
Une source policière a indiqué à l'AFP que les enquêteurs tentaient de vérifier le passé de l'assassin car rien dans sa vie quotidienne ne laissait présager une telle tuerie.
09/04/2013 - 09h36
"Vous ne réussirez jamais dans ce métier avec votre physique !" Ce jugement définitif du doyen de la Comédie-Française, Jean-Paul Belmondo en sourit encore, plus d'un demi-siècle et 75 rôles plus tard.
Star de la Nouvelle vague puis flic ou truand de films grand public, l'acteur qui fête ses 80 ans mardi a eu l'itinéraire d'un enfant gâté du cinéma.
Le visage buriné et éternellement bronzé, "Bébel" est désormais quasi absent des plateaux, la faute à un accident vasculaire cérébral, en 2001, qui l'a fortement handicapé. Mais il reste l'un des comédiens chouchous des Français, figurant chaque année en bonne place du Top 50 de leurs personnalités préférées.
Né le 9 avril 1933 à Neuilly-sur-Seine, le jeune Belmondo grandit dans une famille d'artistes. Le père, d'origine italienne, est un sculpteur reconnu. Lui rêve de faire du théâtre.
"C'est Godard qui m'a fait aimer le cinéma (...) Avant +A bout de souffle+, on m'avait tellement dit que je n'étais pas bon que je doutais", confiait en 2001 Jean-Paul Belmondo.
Ce premier grand rôle, en 1960, aux côtés de Jean Seberg, le propulse sur le devant de la scène. Lui au départ si réticent vis-à-vis du septième art devient vite une vedette. Et même, avec Alain Delon, l'un des deux monstres sacrés du cinéma français, côté masculin.
Mélange de titi gouailleur à la Gabin -le héros de "Quai des Brumes" l'adoube sur le tournage d'"Un singe en hiver": "Môme, t'es mes 20 ans !"- de pitre à la Fernandel et de jeune premier à la Gérard Philipe... il enchaîne les succès.
"le polar de trop"
Acteur emblématique de la Nouvelle vague ("Moderato Cantabile", "Pierrot le fou"), il se tourne vite vers les comédies et les aventures rocambolesques où il enlace les plus belles actrices, de Catherine Deneuve à Sophia Loren en passant par Claudia Cardinale et Françoise Dorléac. Certaines deviennent ses compagnes à la ville, comme Ursula Andress et Laura Antonelli.
Passionné de boxe -gamin, il rêvait d'égaler Marcel Cerdan- il privilégie ensuite les rôles très "physiques" où il peut manier la cascade -sans doublure- et le coup de poing. C'est la période des superflics, des macho bagarreurs et des truands: "Borsalino", "Le Magnifique", "Flic ou voyou", "Le Professionnel" ou encore "L'As des as".
"On a fini par me coller une étiquette" de cascadeur alors que "moi, ce que j'ai eu envie de faire, dans ma carrière, c'est de naviguer entre Malle, Godard, Melville et des gens comme Verneuil, Deray, Lautner", confie-t-il en 2001.
Avec ses films "commerciaux", il déçoit les critiques de cinéma qui voyaient poindre un Michel Simon bis. Mais lui assume: "Je suis fier d'être une vedette populaire (...) Je ne crache pas sur l'approbation du grand public".
Pendant plus de vingt ans, 48 de ses films dépassent chacun le million d'entrées... Jusqu'au "Solitaire" en 1987, son premier gros échec commercial. "Le polar de trop. J'en avais marre et le public aussi", confessera Belmondo.
Il rebondit avec le personnage truculent de Sam Lion dans "Itinéraire d'un enfant gâté" (1988). L'un de ses plus grands rôles, avec à la clef le César du meilleur acteur. Trophée qu'il refuse d'aller recevoir. Il revient alors aussi à ses premières amours: il remonte sur les planches avec "Kean" et "Cyrano" et devient le propriétaire du Théâtre des Variétés.
Mais depuis 2001, ses ennuis de santé l'ont écarté des studios. Hormis un bref -et plutôt raté- retour dans "Un homme et son chien" (2008) de Francis Huster. L'histoire d'un vieillard que la société rejette.
Bébel alimente alors davantage la rubrique people des magazines. Après son divorce d'avec une ancienne coco-girl, Natty -la mère de Stella (2003), dernier de ses quatre enfants- il défraie la chronique avec sa nouvelle conquête, Barbara, une ex-mannequin belge, dont il se sépare finalement en 2012.
09/04/2013 - 09h15
Le déficit du régime général (salariés du privé) de la Sécurité sociale s'est amélioré en 2012, à 13,3 milliards d'euros contre 17,4 milliards d'euros en 2011, ont indiqué mardi les ministères du Budget et des Affaires sociales.
Dans le détail, le solde de la branche maladie reste le plus déficitaire à -5,9 milliards d'euros (-8,6 mds en 2011), celui de la branche retraite s'établit à -4,8 mds (-6 mds en 2011).
Les déficits des branches famille (2,5 milliards contre 2,6 en 2011) et accidents du travail (0,2 milliard comme en 2011) se stabilisent.
En revanche, le déficit du Fonds de solidarité vieillesse (FSV), qui finance le minimum vieillesse et les cotisations retraite des chômeurs, se creuse en 2012, à -4,1 milliards d'euros contre -3,4 milliards en 2011.
"Malgré la dégradation du contexte économique, le déficit du régime général pour 2012 se réduit ainsi de 4,1 milliards d'euros par rapport à 2011 et s'établit au niveau prévu dans la dernière loi de financement de la Sécurité sociale", font valoir les ministères.
L'amélioration de la situation de la branche maladie "traduit notamment une meilleure maîtrise des dépenses d'assurance maladie", soulignent-ils.
Les dépenses maladie prévues par l'Ondam (Objectif national des dépenses d'assurance maladie, fixé à +2,5% en 2012) ont été "inférieures de 0,9 milliard d'euros".
Toutefois, le déficit de la branche maladie est supérieur à ce qui avait été prévu à l'automne en raison d'une masse salariale moins importante due au chômage, ce qui entraîne une baisse des recettes (cotisations), a indiqué le ministère du Budget.
Par ailleurs, la branche retraite "bénéficie d'une moindre progression des dépenses" et aussi "des transferts du FSV au titre de la prise en charge des cotisations retraite des chômeurs par le FSV".
Logiquement, dans le même temps, la situation du FSV "se dégrade de 0,7 mds d'euros entre 2011 et 2012".
Ces chiffres reprennent les comptes arrêtés par les caisses au 31 mars, mais la version définitive doit être approuvée par le Parlement après d'éventuels ajustements demandés par la Cour des comptes.
Lors de la présentation du Budget de la Sécurité sociale 2013, le gouvernement avait déjà évalué le déficit du régime général à 13,3 milliards d'euros pour 2012.
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