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09/04/2013 - 19h23

Notre-Dame-des-Landes: des aménagements recommandés mais pas de remise en cause

La commission chargée de calmer le jeu dans l'épineux dossier de l'aéroport de Notre-Dame des Landes, près de Nantes, a justifié mardi l'utilité du projet controversé, tout en préconisant des aménagements afin d'en limiter l'impact environnemental.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes et fervent partisan du futur aéroport, a immédiatement réagit en réaffirmant "son attachement à poursuivre la conduite de ce projet", en promettant "dialogue" et "échange constructif", selon un communiqué de Matignon.

Mais pour Europe Ecologie-Les Verts (EELV), partenaire du Parti socialiste au sein du gouvernement, les conclusions de la commission au contraire "reportent sine die le projet".

"Si la commission du dialogue estime, sortant ainsi de sa feuille de route initiale, que le projet est +justifié+, ses observations, recommandations et conclusions démontrent surtout que le projet est aussi fragile que mal formaté", écrit le parti écologiste dans un communiqué.

Dans ses conclusions, la commission du dialogue estime que "le réaménagement de [l'actuelle aérogare de] Nantes-Atlantique n'apparaît pas (...) comme une solution viable à long terme".

Elle recommande en revanche d'améliorer le projet de Notre-Dame-des-Landes en réduisant notamment "autant que possible" la surface totale de la future infrastructure.

Cette commission n'avait pas pour mandat de remettre en cause le futur aéroport, mais de tenter d'apaiser les esprits après de violents affrontements entre opposants et forces de l'ordre qui les expulsaient à l'automne.

Dans son rapport, remis au ministre délégué chargé des Transports Frédéric Cuvillier, elle récuse l'idée d'un simple "réaménagement de Nantes-Atlantique" en soulignant notamment que "les perspectives de trafic prévoient d'atteindre 4,2 millions de passagers autour de 2018-2020".

-- Une réduction de l'emprise sur les terres agricoles recommandée--

Ce chiffre "correspond au niveau de saturation estimé lors du débat public pour l'aérogare actuelle et qui est corroboré par le constat effectué pendant les 36 jours de pointe de l'année 2012", relève le document.

"Actuellement, l'aéroport de Nantes n'est pas saturé, mais le développement du trafic qui est prévisible fait penser qu'il le sera à terme de quelques années", a résumé le président de la commission, Claude Chéreau.

La Commission préconise une évaluation des coûts d'un éventuel "réaménagement de l'aéroport actuel" afin de "mettre un terme à une polémique inutile" concernant la possibilité, soutenue par les opposants à Notre-Dame-des-Landes, d'adapter Nantes-Atlantique plutôt que de construire un nouvel aéroport.

Ses autres recommandations portent sur la réduction de la surface totale du futur aéroport. Elle souligne l'importance de réduire "autant que possible" l'emprise du projet sur les terres agricoles, notamment en réduisant la surface des parcs de stationnement et celles des activités économiques autour de l'aéroport.

Elle ajoute que les perspectives de desserte du nouvel aéroport mériteraient d'être clarifiées, notamment pour ce qui concerne les transports collectifs.

La commission suggère en outre d'"actualiser" les plans d'exposition au bruit pour l'actuel et le futur aéroport afin d'avoir une idée plus précise de leur impact.

Deux autres rapports ont également été remis au gouvernement ce mardi, celui de la mission chargée d'évaluer les pertes et compensations aux terres agricoles, et celui de la commission scientifique d'évaluation du système de compensation environnementale proposé par le maître d'ouvrage, le groupe de travaux publics Vinci.

Ce dernier émet douze réserves sur les méthodes prévues dans le cadre de la compensation environnementale, qui "devraient être levées pour que le projet puisse être poursuivi".

La mission d'expertise de l'impact du projet sur l'agriculture recommande quant à elle la reconstitution des exploitations agricoles.

Sur la zone du futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), les réactions étaient mitigées parmi les opposants, déçus du maintien du projet mais satisfaits de certains éléments des rapports, qui donnent raison selon eux à certains de leurs arguments.

09/04/2013 - 19h19

Jérôme Cahuzac exclu du PS

L'ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a été exclu mardi du Parti socialiste par une décision à l'unanimité de son Bureau national (direction), a-t-on annoncé au siège du parti.

"Le Bureau national réuni aujourd'hui (mardi) prononce son exclusion du Parti socialiste", a annoncé le PS dans un communiqué. "Au regard de ses actes inacceptables pour un élu de la République et un membre du gouvernement, la détention de compte dissimulé à l'étranger pour frauder le fisc, et de ses mensonges au président de la République, à la représentation nationale et aux Français, Jérôme Cahuzac a porté gravement préjudice au Parti socialiste, et à ses principes", selon ce texte.

Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, avait estimé dès la semaine dernière, juste après les aveux de l'ancien ministre du Budget sur la possession d'un compte bancaire non déclaré à l'étranger, que Jérôme Cahuzac s'était "exclu de fait du Parti socialiste" et qu'il n'en était plus membre.

L'affaire a ébranlé en profondeur les militants socialistes ainsi que la direction du PS. Elle devrait être largement abordée lors du prochain Conseil national (parlement) du PS, samedi prochain à Paris.

Harlem Désir a également estimé lundi qu'il serait "totalement insensé" que Jérôme Cahuzac puisse revenir à l'Assemblée nationale. "Il ne peut pas revenir dans cette Assemblée devant laquelle il a menti de façon aussi effrontée, aussi cynique", a encore déclaré Harlem Désir sur i-Télé.

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, avait expliqué vendredi dernier qu'il "essay(ait) de convaincre" Jérôme Cahuzac de renoncer à son siège de député.

Les textes prévoient que si Jérôme Cahuzac ne démissionne pas d'ici le 19 avril (un mois après sa démission du gouvernement, ndlr), il redevient automatiquement député. "C'est la loi, c'est la dernière réforme constitutionnelle", avait précisé Claude Bartolone.

Dans un communiqué, le Bureau national (BN) du PS a lancé mardi un appel "au consensus de toutes les forces républicaines pour qu'entrent en vigueur les réformes de moralisation de la vie politique le plus rapidement possible".

Saluant les déclarations de François Hollande voulant mettre fin "aux pratiques inacceptables, aux collusions d'intérêts et à la confusion des pouvoirs", le BN a dénoncé le "silence assourdissant" de la droite.

"L'opposition du président de l'UMP (Jean-François Copé) à la publication du patrimoine des parlementaires montre qu'il préfère la polémique contre le chef de l'Etat plutôt que le consensus républicain pour la moralisation de la vie publique", ajoute le communiqué du Bureau national.

"Déjà en 2010, Jean-François Copé et Christian Jacob ont proposé de supprimer l'incrimination pénale des coupables de déclarations de patrimoine mensongères", poursuit le texte.

Jean-François Copé a déclaré mardi sur France 2 qu'il rendrait "naturellement" public son patrimoine "le jour où la loi le prescrira".

09/04/2013 - 18h45

Maître de l'abstraction lyrique, le peintre franco-chinois Zao Wou-Ki meurt à 93 ans

Le peintre franco-chinois Zao Wou-Ki, l'un des maîtres de l'abstraction lyrique, dont la notoriété internationale a été couronnée de nombreuses décorations, est mort mardi en Suisse à l'âge de 93 ans.

Atteint de la maladie d'Alzheimer, le peintre, qui était au centre d'un âpre différend judiciaire familial, avait été hospitalisé à deux reprises depuis la fin mars et présentait ce mardi des difficultés respiratoires, a précisé à l'AFP l'avocat de son fils Jia-Ling Zhao, Me Jean-Philippe Hugot.

Né le 1er février 1920 à Pékin dans une famille de lettrés, Zao Wou-Ki étudie et enseigne à l'Ecole des Beaux-Arts de Hanghzou de 1941 à 1947, découvrant la peinture occidentale dans des revues.

Il s'installe en 1948 à Paris et devient l'un des maîtres de l'abstraction lyrique, aux côtés de Pierre Soulages ou Hans Hartung.

Membre de l'Ecole de Paris dans les années cinquante, il se lie d'amitié avec Henri Michaux, René Char et André Malraux, dont il illustre de nombreux ouvrages. Il obtient la nationalité française en 1964.

Membre de l'Académie des Beaux-Arts (section peinture) depuis 2002, Zao Wou-Ki était internationalement reconnu et cumulait les décorations.

Le peintre était atteint de la maladie d'Alzheimer depuis au moins 2005 et devait être assisté en permanence.

Déchirements familiaux

Ses toiles atteignent régulièrement de un à 2,5 millions de dollars aux enchères. L'une d'elles, "Hommage à Tou-Fou" (1956), avait été adjugée à 5,8 millions de dollars en 2008 chez Christie's à Hong Kong.

Alors que ses oeuvres s'arrachent, le sort de Zao Wou-Ki, installé en Suisse à Dully au bord du lac Léman depuis l'automne 2011 à l'initiative de sa femme, déchirait sa famille.

Son fils, né d'un premier mariage, accuse sa belle-mère, Françoise Marquet, d'avoir fait déménager l'artiste en Suisse pour mettre la main sur son oeuvre.

Jia-Ling Zhao expliquait que son père était attaché à la France et qu'il n'avait jamais exprimé le désir de quitter son pays. Il avait été élevé en 2006 grand officier de la Légion d'honneur par Jacques Chirac.

L'épouse du peintre assurait au contraire qu'il se trouvait en Suisse dans des conditions idéales pour sa santé, que ce déménagement permettait de gérer au mieux la fortune et l'oeuvre du peintre.

Françoise Marquet a en particulier créé une fondation en Suisse pour promouvoir l'oeuvre de son mari mais Jia-Ling Zhao estime qu'il se trouvait de fait exclu de la gestion de ces oeuvres.

Le fils avait obtenu récemment en France et en Suisse la nomination de tuteurs indépendants de l'épouse du peintre, la justice française ayant en particulier ordonné que les oeuvres soient précisément recensées.

Selon Me Hugot, une décision a été prise mardi, contre l'avis de son fils mais avec l'accord de son épouse, d'interrompre les soins et de "laisser mourir" Zao Wou-Ki. Sur ce point, aucune réaction n'a pu être obtenue dans l'immédiat auprès des proches de Mme Marquet.

Le fils avait également déposé une plainte à Paris pour abus de faiblesse qui a été classée. Après le dépôt d'une deuxième plainte, il venait d'obtenir l'ouverture d'une information judiciaire pour abus de confiance, abus de faiblesse, faux et usage de faux, selon son avocat.

09/04/2013 - 17h15

La France n'est plus un grand pays d'immigration, selon le gouvernement

La France "n'est plus un très grand pays d'immigration", estime le gouvernement dans un rapport publié mardi, en amont d'un débat au Parlement qui vise à "sortir des fantasmes" sur les flux migratoires.

Les députés discuteront le 16 avril d'immigration professionnelle et étudiante, avant les sénateurs le 24. Leurs débats ne seront pas suivis d'un vote mais nourriront un projet de loi, attendu à l'été, sur l'immigration.

Le gouvernement souhaite profiter de l'occasion pour "apaiser" un sujet particulièrement inflammable en France. "Il s'agit de dépasser les idées reçues, de sortir des fantasmes avec des données chiffrées", souligne-t-on au ministère de l'Intérieur.

Pour ce faire, le Secrétariat général à l'immigration et à l'intégration (SGII) a rendu public mardi un "document préparatoire au débat" dans lequel il regrette que "la réalité des flux migratoires soit trop souvent méconnue ou présentée à des fins polémiques".

Contrairement à l'entre-deux guerres et à la période des 30 glorieuses, "la France n'est plus un très grand pays d'immigration", souligne notamment le SGII, qui s'intéresse aux étrangers extra communautaires.

"Le solde migratoire global apparaît, du fait de la relative faiblesse des flux entrants, comme modéré en France : 110 000 "entrées - sorties", alors qu'il atteint 200.000 au Royaume-Uni et 400.000 en Espagne et en Italie" ajoute-t-il.

Ce ton tranche avec celui de l'ancien gouvernement: le président Nicolas Sarkozy estimait encore en mai que la France "avait accueilli trop de monde" et qu'il y avait "trop d'étrangers sur notre territoire".

La France n'est surtout pas un grand pays d'immigration économique: sur les 193.000 premiers titres délivrés en 2012, seuls 9% répondaient à un motif professionnel, alors que l'immigration économique représente plus de 20% des flux en Grande-Bretagne, Espagne, Italie ou Canada, note le SGII.

"La politique migratoire française a tenté de favoriser le recrutement de travailleurs qualifiés, sans toutefois connaître d'inflexion majeure", constate le SGII, dressant en filigrane un constat d'échec de la politique "d'immigration choisie" souhaitée par Nicolas Sarkozy, à cause de "la crise" mais aussi d'un cadre trop "complexe et dissuasif".

En revanche, "le nombre d'étudiants admis au séjour en France n'a cessé de croître d'année en année depuis la fin des années 1990", avec une progression des étudiants chinois et des plus diplômés.

En 2011, on comptait 288.500 étudiants étrangers, dont 80% non communautaires, ce qui représente un coût annuel estimé à environ 2 milliards d'euros annuels. Seul un tiers s'installera de manière permanente en France, estime le SGII.

Or, le pacte pour la compétitivité du 6 novembre prévoit de renforcer l'attractivité de la France en accueillant davantage de talents étrangers - professionnels et étudiants.

Sans préjuger "des conclusions que le gouvernement sera amené à tirer du débat parlementaire", le SGII énumère douze leviers d'action pour rationaliser la politique du gouvernement.

Parmi les pistes évoquées: regrouper les titres de séjour pour motif économique (il y en a onze aujourd'hui), alléger la procédure d'autorisation de travail, moduler les taxes versées pour l'embauche d'un étranger à son niveau de qualification...

Pour assurer que l'investissement dans la formation d'étudiants étrangers rapporte à la France sans trop nuire aux pays d'origine, le SGII suggère de s'interroger sur le niveau des frais d'inscription ou encore sur le nombre de redoublement autorisés.

A une semaine du débat, le gouvernement n'avait pas encore fait connaître ses arbitrages sur ces questions mais Manuel Valls pourrait préciser sa position en ouverture des discussions.

09/04/2013 - 17h08

La Corée du Nord appelle les étrangers à quitter le Sud avant une guerre

La Corée du Nord a de nouveau agité mardi le spectre d'une guerre "thermo-nucléaire" et appelé les étrangers en Corée du Sud à envisager leur départ du pays, une "rhétorique inutile qui ne sert qu'à faire monter les tensions" a regretté la Maison Blanche.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a de son côté lancé un appel à l'apaisement mardi depuis Rome, en jugeant le niveau des tensions "très dangereux".

"Un petit incident pourrait déclencher une situation incontrôlable", a averti M. Ban devant la presse, après avoir rencontré les autorités politiques italiennes et le nouveau pape François.

Il réagissait aux dernières menaces de la Corée du Nord selon laquelle "la péninsule coréenne se dirige vers une guerre thermo-nucléaire".

Le Comité nord-coréen pour la paix en Asie-Pacifique, un organe de propagande, a exhorté "toutes les organisations étrangères, les entreprises et les touristes à préparer des mesures d'évacuation".

Pyongyang, qui a récemment installé deux missiles de moyenne portée sur sa côte Est, avait annoncé vendredi qu'il ne pourrait plus garantir la sécurité des missions diplomatiques à compter du 10 avril, suggérant l'imminence d'un tir de missile ou d'un essai nucléaire.

Aucun des pays possédant une mission à Pyongyang n'a cependant estimé nécessaire d'évacuer son personnel, rejetant ces menaces comme des gesticulations.

"Il n'y a pas de risque immédiat pour les ressortissants britanniques en Corée du Sud", a indiqué mardi un porte-parole de l'ambassade du Royaume-Uni à Séoul. Paris a également rejeté l'idée d'une évacuation des quelque 2.000 ressortissants français de Corée du Sud.

La péninsule coréenne connaît un regain de tension depuis le lancement réussi d'une fusée nord-coréenne en décembre, considéré comme un test de missile balistique.

La situation s'est encore aggravée après un troisième essai nucléaire en février et des manoeuvres militaires conjointes en cours entre les Etats-Unis et la Corée du Sud.

La Corée du Nord a transporté en train, en début de semaine dernière, deux missiles Musudan et les a installés sur des véhicules équipés d'un dispositif de tir, selon Séoul.

Avec une portée estimée de 3.000 à 4.000 km, le Musudan aurait la capacité d'atteindre la Corée du Sud et le Japon, voire Guam, île américaine du Pacifique.

Le Japon a dit mardi avoir déployé des missiles Patriot dans le centre de Tokyo pour faire face à tout tir qui menacerait l'archipel, et des batteries d'intercepteurs seront installées sur l'île d'Okinawa (sud). L'armée a reçu l'ordre formel d'intercepter d'éventuels missiles.

53.000 employés retirés de Kaesong

Les Etats-Unis n'abattront de missile tiré depuis le Nord que s'il menace leurs alliés ou le territoire américain, a pour sa part affirmé le chef des forces américaines en Asie-Pacifique, l'amiral Sam Locklear. "Cela ne nous prend pas longtemps pour déterminer où il se dirige et où il va tomber", a-t-il expliqué lors d'une audition au Sénat à Washington.

Selon l'agence de presse sud-coréenne, le Nord est désormais prêt à envoyer un missile. "Techniquement, il peut tirer (le projectile) demain", a confié à Yonhap un haut responsable militaire ayant requis l'anonymat.

Le puissant allié chinois de la Corée du Nord, qui, agacé de n'être pas entendu, avait voté les dernières sanctions à l'ONU, l'a encore enjointe mardi d'apaiser les tensions, expliquant ne pas vouloir "de chaos à sa porte".

La Maison Blanche avait auparavant salué les efforts de Pékin et Moscou pour aider à "obtenir de la Corée du Nord qu'elle respecte ses obligations internationales".

Le numéro deux du Pentagone, Ash Carter, pense toutefois que la Chine "pourrait jouer un rôle plus important pour influer sur la Corée du Nord".

En fin de semaine dernière, Washington a joué l'apaisement en annonçant le report d'un essai de missile en Californie (ouest).

Engagée depuis le début de l'année dans une surenchère verbale et militaire dont nul ne semble savoir où elle s'arrêtera, la Corée du Nord a par ailleurs mis à exécution mardi sa menace de retirer ses 53.000 employés du site industriel intercoréen de Kaesong, situé sur son sol.

Souvent présentée comme une expérience modèle de rapprochement intercoréen, la "région administrative spéciale de Corée du Nord", créée en 2004 à Kaesong, est devenue une pièce stratégique sur l'échiquier coréen.

Depuis mercredi, le Nord y interdit l'accès au personnel sud-coréen et aux camions de livraison.

Pour l'heure, 13 des 123 entreprises sud-coréennes présentes sur le site ont interrompu leur production faute de matières premières, mais le retrait des ouvriers nord-coréens devrait paralyser très vite l'ensemble du site.

La présidente sud-coréenne Park Geun-hye s'est déclarée mardi "très déçue", prédisant que "plus aucun pays, ni aucune entreprise n'investirait en Corée du Nord".

Le ministère de l'Unification s'est engagé à "garantir la sécurité de ses citoyens et la protection de sa propriété".

Washington a de son côté jugé la mesure "regrettable".

Un haut responsable européen a confié mardi à Bruxelles que l'Union européenne envisageait la possibilité de durcir les sanctions contre la Corée du Nord si Pyongyang continuait à faire monter la tension et effectuait un nouveau tir de missile ou essai nucléaire.

09/04/2013 - 16h53

Natation: Bousquet champion de France du 50 m papillon devant Manaudou

La première journée des championnats de France de natation, mardi à Rennes, a été marquée par le duel sur 50 m papillon entre Frédérick Bousquet et Florent Manaudou et par la victoire de Camille Muffat sur 400 m nage libre, toutefois "déçue" par sa course.

Bousquet, double champion d'Europe en titre du 50 m nage libre, l'a emporté en 23 sec 00 devant Manaudou (23.14), champion olympique du 50 m nage libre.

Les deux nageurs de Marseille, très proches, ont décroché leur billet pour les Mondiaux de Barcelone (28 juillet-4 août) et se retrouveront sur le 50 m nage libre, mercredi.

"C'est une grande histoire d'amour avec Fred, on nage les mêmes courses. On va chercher les mêmes +qualifs+. Quand l'un échoue, on est toujours triste pour lui (...) Je voudrais vraiment finir champion du monde ex æquo avec Fred", a déclaré Manaudou, arrivé seulement lundi soir tard dans la soirée à Rennes après avoir assisté aux obsèques de son meilleur ami d'enfance.

Camille Muffat, autre championne olympique du 400 m, a elle remporté comme prévu la finale de la distance en 4:04.16, son meilleur temps de l'année, mais s'est montrée "déçue" de sa performance.

La Niçoise de 23 ans s'alignera également sur le 100 m nage libre (mercredi) et le 200 m nage libre (samedi).

Coralie Balmy, deuxième, a pris le deuxième billet pour Barcelone en 4:07.99.

Enfin, sur 100 m dos, Jérémy Stravius a réalisé le meilleur temps des demi-finales en 54.37, devant Camille Lacourt (54.48).

Les deux nageurs, qui s'étaient partagé le titre de champion du monde de la distance aux Mondiaux 2011, à Shanghai, devraient encore se livrer une belle bataille mercredi en finale.

"Pour moi, je suis un peu au-dessus sur cette course, sur ces championnats. Maintenant, il (Lacourt) a prouvé ce qu'il pouvait faire cet après-midi (mardi) (...) Je pense gagner demain, avec la manière", a déclaré Stravius.

"On sait que Jérémy est en forme. Ce sera une belle bagarre, mais l'objectif ce sont les championnats du monde", a dit de son côté Lacourt.

09/04/2013 - 16h12

A Abidjan, l'art reprend des couleurs après une décennie de crise

Des espaces d'exposition qui se multiplient, de jeunes artistes qui éclosent ou s'imposent, y compris à l'international: l'art contemporain renaît à Abidjan après une décennie de crise et de violences en Côte d'Ivoire.

Installée dans un élégant et moderne bâtiment du quartier chic de Cocody, la Fondation Donwahi a rouvert récemment ses portes. Ce haut lieu de la culture en Côte d'Ivoire avait fermé avec la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui avait fait 3.000 morts et marqué l'aboutissement de plus de dix ans de tourmente.

"Tout repart au niveau artistique, culturel, parce que la Côte d'Ivoire repart. Il y a un intérêt accru du public qui a besoin de se ressourcer", explique à l'AFP Illa Donwahi, responsable de la fondation qui a relancé ses activités avec une grande exposition sur l'histoire de la photographie africaine.

L'heure est à la "renaissance", se réjouit Mme Donwahi, qui entend aider les jeunes talents à se faire connaître, sur place mais aussi à l'étranger.

Non loin de là, Cécile Fakhoury a ouvert en 2012 une galerie, nichée dans un jardin verdoyant. "C'est un peu un pari fou", souligne cette jeune Franco-Ivoirienne.

Les longues années de crise ont sérieusement abîmé et appauvri la première puissance économique d'Afrique de l'Ouest francophone, même si depuis deux ans de nombreux chantiers ont été lancés et que les autorités veulent croire à une Côte d'Ivoire "émergente" d'ici 2020.

Dans le domaine de l'art, il faut "créer un marché. On repart de zéro. Même s'il y a eu des choses créées, c'est un peu en friche ou complètement à développer", avance la galeriste, qui rêve d'installer Abidjan sur la carte de l'art contemporain international.

Le marché intérieur ivoirien est "caractérisé par un art de salon destiné à l'ornementation des bureaux et des intérieurs cossus", indique Franck Hermann Ekra, critique d'art. Monné Bou, James Houra et Kablan sont ici les artistes "les plus cotés" de ce marché.

"génération Drogba"

Mais sur un front plus international, l'artiste ivoirien majeur de ces dernières années est sans conteste le patriarche Frédéric Bruly Bouabré. Il est connu pour avoir mis au point une écriture restituant la langue des Bété, son ethnie de l'Ouest, et pour ses dessins agrémentés de traits d'humour ou de sagesse.

La galerie Fakhoury avait d'ailleurs inauguré ses expositions en associant le vieux peintre, authentique trésor national, au jeune espoir Aboudia, révélé par ses toiles sur les violences interivoiriennes de 2011, et dont le succès foudroyant l'a mené notamment en Europe et aux Etats-Unis.

Jeune entrepreneur dans le secteur de la communication, Frédéric Tapé montre avec fierté un tableau d'Aboudia accroché à un mur dans ses bureaux. Habitué des expositions, il a commencé à se constituer une collection.

"C'est un plaisir et en même temps une mission. Je pense qu'il est important que toute personne qui est à même de le faire, qui est financièrement stable, puisse faire ce genre d'investissement", dit-il.

Une nouvelle génération d'artistes émerge. Récemment exposé par Cécile Fakhoury et proche de Frédéric Tapé, Paul Sika en est une figure de proue.

Dans ses images aux couleurs saturées, ce jeune photographe rompu aux nouvelles technologies met en scène une mythologie toute personnelle qui emprunte aussi bien au cinéma qu'aux traditions locales ivoiriennes.

Sous ses petites lunettes et son air songeur, Paul Sika cache une détermination farouche. Il prépare un livre à partir de sa dernière exposition et rêve de cinéma. Pour traduire sa foi en l'avenir des jeunes artistes ivoiriens, il se réfère au football, sport-roi dans le pays, et à ses joueurs qui se sont imposés à l'étranger, à commencer par la star Didier Drogba.

Il en est convaincu: "nous allons avoir dans le domaine de l'art le type d'évolution que nous avons eue dans le football avec la génération Drogba".

09/04/2013 - 15h43

La Corée du Nord agite à nouveau le spectre d'une guerre "thermo-nucléaire"

La Corée du Nord a de nouveau agité mardi le spectre d'une guerre "thermo-nucléaire" et appelé les étrangers en Corée du Sud à envisager leur départ du pays, après avoir mis à exécution sa menace de retirer ses 53.000 employés du site intercoréen de Kaesong.

"La péninsule coréenne se dirige vers une guerre thermo-nucléaire", a estimé le Comité nord-coréen pour la paix en Asie-Pacifique dans un communiqué diffusé par l'agence officielle KCNA.

"En cas de guerre, nous ne voulons pas que les étrangers vivant en Corée du Sud soient exposés", ajoute ce comité, rouage de la propagande du régime communiste, en exhortant "toutes les organisations étrangères, les entreprises et les touristes à préparer des mesures d'évacuation".

Pyongyang, qui a récemment installé deux missiles de moyenne portée sur sa côte est, avait annoncé vendredi qu'il ne pourrait plus garantir la sécurité des missions diplomatiques à compter du 10 avril, suggérant l'imminence d'un tir de missile ou d'un essai nucléaire.

Aucun des pays possédant une mission à Pyongyang n'a cependant estimé nécessaire d'évacuer son personnel, rejetant ces menaces comme des gesticulations.

"Il n'y a pas de risque immédiat pour les ressortissants britanniques en Corée du Sud", a indiqué mardi un porte-parole de l'ambassade du Royaume-Uni à Séoul.

La péninsule coréenne connaît un regain de tension depuis le lancement réussi d'une fusée nord-coréenne en décembre dernier, considéré comme un test de missile balistique.

La situation s'est encore aggravée après un troisième essai nucléaire en février et des manoeuvres militaires conjointes en cours entre les Etats-Unis et la Corée du Sud.

La Corée du Nord a transporté en train, en début de semaine dernière, deux missiles Musudan et les a installés sur des véhicules équipés d'un dispositif de tir, selon Séoul.

Avec une portée estimée de 3.000 à 4.000 km, le Musudan aurait la capacité d'atteindre la Corée du Sud et le Japon, voire Guam, île américaine du Pacifique.

Missiles Patriot à Tokyo

Le Japon a indiqué mardi avoir déployé des missiles Patriot dans le centre de Tokyo pour faire face à tout tir qui menacerait l'archipel, et des batteries d'intercepteurs seront installées sur l'île d'Okinawa (sud). L'armée a reçu l'ordre formel d'intercepter d'éventuels missiles.

Selon l'agence de presse sud-coréenne, le Nord est désormais prêt à envoyer un missile. "Techniquement, il peut tirer (le projectile) demain", a confié à Yonhap un haut responsable militaire ayant requis l'anonymat.

Le puissant allié chinois de la Corée du Nord, qui, agacé de n'être pas entendu, avait voté les dernières sanctions à l'ONU, l'a encore enjointe mardi d'apaiser les tensions, expliquant ne pas vouloir "voir de chaos à sa porte".

La Maison Blanche avait auparavant salué les efforts de la Chine et de la Russie.

"Nous continuerons d'oeuvrer avec nos partenaires chinois, russes et d'autres (pays) pour obtenir de la Corée du Nord qu'elle respecte ses obligations internationales", a déclaré le porte-parole de la présidence américaine lundi.

Le numéro deux du Pentagone Ash Carter pense toutefois que la Chine "pourrait jouer un rôle plus important pour influer sur la Corée du Nord".

En fin de semaine dernière, Washington a joué l'apaisement en annonçant le report d'un essai de missile en Californie (ouest).

Engagée depuis le début de l'année dans une surenchère verbale et militaire dont nul ne semble savoir où elle s'arrêtera, la Corée du Nord a par ailleurs mis à exécution mardi sa menace de retirer ses 53.000 employés du site industriel intercoréen de Kaesong, situé sur son sol.

Souvent présentée comme une expérience modèle de rapprochement intercoréen, la "région administrative spéciale de Corée du Nord" créée en 2004 à Kaesong est devenue une pièce stratégique sur l'échiquier coréen.

Depuis mercredi dernier, le Nord y interdit l'accès au personnel sud-coréen et aux camions de livraison.

Pour l'heure, 13 des 123 entreprises sud-coréennes présentes sur le site ont interrompu leur production faute de matières premières mais le retrait des ouvriers nord-coréens devrait paralyser très vite l'ensemble du site.

"Nous risquons tous la faillite", a averti Yu Chang-Geun, vice-président de l'association des entreprises sud-coréennes de Kaesong, un complexe qui est une précieuse source de devises étrangères pour l'économie exsangue de la Corée du Nord.

La présidente sud-coréenne Park Geun-Hye s'est déclarée mardi "très déçue", prédisant que "plus aucun pays, ni aucune entreprise n'investirait en Corée du Nord".

Le ministère de l'Unification s'est engagé à "garantir la sécurité de ses citoyens et la protection de sa propriété".

Washington a de son côté jugé la mesure "regrettable".

"Cela ne va pas aider (la Corée du Nord) à atteindre son objectif affiché d'améliorer l'économie et la vie de sa population", a déclaré le département d'Etat.

Pour Daniel Pinkston, chercheur au centre d'études International Crisis Group, les dernières menaces d'enfer nucléaire de Pyongyang "sont presque comiques".

"Ils veulent ébranler les marchés, mettre la pression et rendre les gens nerveux mais ça ne fonctionne pas. Ils n'ont pas obtenu l'effet attendu avec l'histoire des ambassades, alors ils trouvent une autre cible", explique-t-il.

09/04/2013 - 15h33

Le projet de loi sur l'emploi voté à l'Assemblée nationale

L'Assemblée nationale a voté mardi, par 250 voix contre 26, le projet de loi sur l'emploi, alors que des manifestants étaient dans la rue à l'appel des syndicats opposés à l'accord "scélérat" à l'origine de ce texte.

Le projet de loi transpose l'accord du 11 janvier signé entre le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC), mais refusé par FO et la CGT.

Il accorde plus de flexibilité aux entreprises (accords de maintien dans l'emploi, mobilité interne, refonte des procédures de licenciements...) tout en créant de nouveaux droits pour les salariés (accès élargi aux mutuelles, droits rechargeables au chômage, formation...).

Si le PS a très majoritairement voté pour ce texte, 6 députés socialistes ont toutefois voté contre, comme René Dosière, et 35 se sont abstenus, dont Jérôme Guedj, membre de l'aile gauche du parti.

Les radicaux de gauche ont voté pour "dans leur majorité", 3 étant contre, tandis que les 16 écologistes ont préféré s'abstenir.

Abstention aussi de l'UMP, à l'exception de trois députés qui ont voté contre, dont Henri Guaino, comme il l'avait annoncé. Les 30 élus de l'UDI se sont abstenus.

Le Front de Gauche a voté contre ce "texte de casse sociale", après avoir ferraillé une semaine entière dans l'hémicycle.

Les deux députés du Front national ont voté contre.

C'est "la loi la mieux votée depuis le début du quinquennat", a affirmé sur son compte Twitter le rapporteur du projet de loi, Jean-Marc Germain (PS).

09/04/2013 - 14h55

Kenya: Uhuru Kenyatta, inculpé par la CPI, investi président

Uhuru Kenyatta a été investi mardi à Nairobi quatrième président du Kenya, près de 50 ans après son père et en dépit de son inculpation par la justice internationale, son homologue ougandais Yoweri Museveni félicitant à cet égard le Kenya pour avoir "rejeté le chantage" de la cour pénale internationale.

La cérémonie d'investiture s'est déroulée en grande pompe en présence de plusieurs chefs d'Etat africains, mais en l'absence de dirigeants de pays occidentaux, embarrassés par l'inculpation de M. Kenyatta pour crimes contre l'humanité, pour sa participation présumée aux violences ayant suivi le précédent scrutin présidentiel de fin 2007 au Kenya.

"Moi, Uhuru Kenyatta, conscient du poids des responsabilités qui m'incombent en tant que président de la République du Kenya, je jure fidélité et allégeance à la République du Kenya", a déclaré M. Kenyatta à la mi-journée sous les acclamations de quelque 60.000 de ses partisans ayant pris place dans le stade de Kasarani, à une quinzaine de kilomètres de Nairobi.

Portée par son épouse Margaret, la bible sur laquelle il a posé la main était la même que celle sur laquelle son père, Jomo Kenyatta, avait prêté serment en 1964 en tant que premier président du Kenya. Jomo Kenyatta avait conduit son pays à l'indépendance l'année précédente, s'affranchissant de la domination britannique .

Le nouveau président a également promis "de protéger et de faire respecter la souveraineté, l'intégrité et la dignité du peuple kényan", lors d'une cérémonie sous haute sécurité.

A 51 ans, Uhuru Kenyatta devient le plus jeune chef de l'Etat kényan et le premier inculpé par la CPI à être élu chef d'Etat.

Lui aussi inculpé par la CPI, son colistier William Ruto, chef de file de la communauté kalenjin essentiellement présente dans la Vallée du Rift, a ensuite prêté serment.

Hôte d'honneur de la cérémonie, le chef d'Etat ougandais Museveni a évoqué ces inculpations en estimant que des entités et personnalités qu'il n'a pas nommées avaient "détourné" la CPI de sa mission originelle.

"Ils utilisent maintenant (la CPI) pour mettre en place les dirigeants de leur choix en Afrique et éliminer ceux qu'ils n'aiment pas", a estimé Museveni sous les applaudissements de la foule.

Les prestations de serment des nouveaux dirigeants kényans ont été régulièrement interrompues par les vivats de la foule.

Kenyatta a reçu des mains du président sortant Mwai Kibaki, les attributs du pouvoir, la Constitution et le sabre de commandant en chef des forces kényanes. Kibaki, 81 ans, quitte la vie politique kényane dont il était une figure centrale depuis l'indépendance du pays en 1963, année où il fut élu pour la première fois député.

"Sio nusu, ni mzima" ("pas la moitié, mais la totalité" en swahili), scandait notamment la foule, se moquant de Raila Odinga, adversaire malheureux de Kenyatta, qui avait décrit ses pouvoirs en tant que Premier ministre de Kibaki entre 2008 et 2013 comme une "moitié de pain".

Odinga avait pris début 2008 la tête d'un gouvernement de coalition aux termes d'un accord de partage de pouvoir passé avec Kibaki pour mettre fin aux terribles violences déclenchées par la victoire contestée du second face au premier lors de la présidentielle de fin 2007.

Parmi les 15 chefs d'Etat et de gouvernement présents figuraient notamment les présidents sud-africain Jacob Zuma, zimbabwéen Robert Mugabe, rwandais Paul Kagame, congolais Joseph Kabila, sud-soudanais Salva Kiir, tanzanien Jakaya Kikwete, nigérian Jonathan Goodluck et gabonais Ali Bongo Ondimba.

Alger, Rabat et Le Caire ont eux envoyé leur Premier ministre. Les pays de l'Union européenne et les Etats-Unis étaient représentés au niveau de leurs ambassadeurs et ont déjà prévenu qu'ils limiteraient aux "contacts essentiels" leurs relations avec les deux nouvelles têtes de l'exécutif kényan, en raison de leur inculpation.

Les deux plus hauts dirigeants kényans sont accusés de crimes contre l'humanité pour leur rôle dans les violences post-électorales de fin 2007 - début 2008, les pires de l'histoire du pays, qui avaient fait plus d'un millier de morts.

Ils ont promis de coopérer avec la Cour et donc d'assister à La Haye à leurs procès respectifs, prévus pour s'ouvrir début juillet et fin mai et durer au moins deux ans, faute de quoi un mandat d'arrêt international pourrait être émis contre eux.

Des milliers de partisans de Kenyatta et Ruto, vêtus de rouge, couleur de la coalition de leurs champions, avaient été amenés dès l'aube en bus au stade, notamment depuis leurs fiefs du centre du Kenya et de la Vallée du Rift.

"Nous sommes venus accueillir les fils du pays au Palais présidentiel", a expliqué à l'AFP Jairus Koech, instituteur de 35 ans, ajoutant être "arrivé à 04H00 en bus d'Eldoret", environ 300 km au nord-ouest de Nairobi.

L'investiture du nouveau chef de l'Etat clôt un processus électoral qui s'est déroulé dans la crainte d'un renouvellement des précédentes violences qui ont durablement traumatisé le pays, mais qui n'a finalement débouché sur aucun incident grave.

Odinga, qui avait contesté la victoire de M. Kenyatta devant la Cour suprême, a reconnu sa défaite quand les juges ont rejeté son recours.

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