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07/04/2013 - 17h09

Ligue 1: les Verts provisoirement sur le podium

Saint-Étienne a pris provisoirement la 3e place de la Ligue 1 après sa victoire dimanche après-midi sur Evian/Thonon (1-0), dans son stade Geoffroy-Guichard, au terme d'un match de la 31e journée animé et dominé par les Verts.

L'ASSE, toujours invaincue en 2013, qui met fin à une série de trois résultats nuls consécutifs, est sur le podium à la différence de buts aux dépens de Lyon (+26 contre +17). L'OL doit toutefois jouer dimanche en fin d'après-midi à Reims.

L'ETG FC, qui restait sur une série de cinq matches sans défaite, Coupe de France comprise, est de son côté 17e avec un point d'avance sur le premier relégable, Nancy (18e).

Les Stéphanois ont pris l'avantage sur un but inscrit contre son camp par le gardien Bertrand Laquait qui avait jusqu'alors été un dernier rempart intraitable.

Celui-ci poussait malheureusement le ballon derrière la ligne, après qu'il a heurté le dessous de la barre transversale à la suite d'une reprise de la tête de Romain Hamouma sur un centre délivré de l'aile droite par le défenseur François Clerc (78e).

"Le but est valable et il faut en féliciter l'arbitre-assistant", a admis l'entraîneur haut-savoyard, Pascal Dupraz.

Les Verts longtemps inefficaces

La victoire de Saint-Étienne est néanmoins méritée après que les Foréziens ont dominé toute la rencontre face à un adversaire très bien organisé défensivement mais limité offensivement.

Les Verts, privés du Brésilien Brandao en attaque, ont néanmoins longtemps manqué de percussion et d'adresse devant le but.

Ainsi, Pierre-Emerick Aubameyang, meilleur buteur du club (17 buts), titularisé en pointe, a échoué devant Laquait (16e, 50e) mais aussi manqué le cadre (40e) alors qu'un tir de Yohan Mollo a heurté le poteau (45e).

Une double reprise de la tête de Kurt Zouma et Aubameyang à la réception d'un corner est passée de peu à côté (21e) et une tentative de Romain Hamouma était détournée par Laquait.

"Le score nous a finalement été favorable car nous avons persévéré. Les joueurs ont été sérieux, appliqués et intelligents dans le jeu. Il a fallu insister et nous marquons sur une action au cours de laquelle nous avons forcé la réussite", s'est réjouit l'entraîneur des Verts, Christophe Galtier louant "la performance du gardien de l'ETG".

A l'opposé, le gardien stéphanois Stéphane Ruffier s'est interposé deux fois sur un tir et un coup franc de Cédric Barbosa (18e, 35e).

Juste avant de concéder le but, Evian/Thonon a manqué l'opportunité de prendre l'avantage, Yannick Sagbo, seul devant Ruffier perdant l'équilibre au dernier moment (77e).

Sagbo a ensuite raté l'occasion d'égaliser en fin de partie sur une reprise de la tête passant au dessus (88e).

07/04/2013 - 17h08

Le meurtre d'Alexandre Junca en partie résolu, mais des zones d'ombre demeurent

Les mises en examen de quatre personnes, dont Mickaël Baehrel, le meurtrier présumé, sont une grande avancée dans la résolution de la mort du jeune Alexandre Junca, en juin 2011 à Pau, mais les enquêteurs insistent sur les "zones d'ombre" restant à éclaircir.

Mickaël Baehrel, 27 ans, "a reconnu avoir frappé Alexandre à la tête, de façon violente", "parce qu'il avait la rage, était énervé, alcoolisé", a expliqué lors d'une conférence de presse à Pau le procureur Jean-Christophe Muller.

Ce marginal originaire de Normandie, qui s'était fixé à Pau en mai 2008, a été mis examen pour assassinat avec actes de torture et de barbarie et séquestration de plus d'une semaine, en bande organisée, d'un mineur de moins de quinze ans.

Avant son interpellation mercredi, il avait fait l'objet de dix condamnations. Neuf fois pour des vols, condamnations toutes antérieures à l'agression d'Alexandre, et une fois pour l'agression d'un autre marginal avec un marteau, à Pau, un mois après la disparition d'Alexandre. Il était incarcéré ces derniers mois.

Deux hommes de 25 et 74 ans, Mike et Claude, et une femme de 47 ans, Fatima, soupçonnés d'avoir participé aux faits, ont fait l'objet des mêmes chefs de mise en examen samedi.

M. Muller a reconnu qu'"il y a encore des zones d'ombres" dans l'enquête.

"Pourquoi ce jeune garçon de 13 ans et demi a été frappé à coups de marteau par une personne qu'il n'avait jamais croisée auparavant, dans cette rue du centre ville de Pau, et quelles sont les raisons de ce passage à l'acte d'une violence majeure?", s'est demandé le magistrat.

"Les expertises", a ajouté le procureur, "font état sur le crâne de la victime d'éléments parfaitement compatibles avec des coups portés à l'aide du marteau" en possession des enquêteurs. Mais "il est difficile de déterminer si ces coups ont été immédiatement mortels", a remarqué M. Muller.

Outre "la question centrale du moment de la mort", l'enquête devra aussi éclaircir ce qui s'est passé entre l'agression, le 4 juin, et le 17 juin, jour où il semble établi que le corps en morceaux de la victime a été immergé dans le Gave de Pau, la rivière qui traverse la ville.

Elle permettra également de déterminer le rôle des trois autres mis en examen.

Claude, un chasseur âgé de 74 ans, entretenait selon le magistrat "des relations de nature homosexuelle" avec l'agresseur présumé. Selon une source proche du dossier, il aurait notamment pu prendre part au démembrement d'Alexandre.

De leur côté, Fatima, compagne de Mickaël Baerhel, et Mike, un ami du meurtrier présumé, "reviennent de façon insistante" dans l'enquête, leur rôle faisant encore "l'objet d'importantes contradictions", selon le magistrat.

Les chefs de mise en examen identiques et gravissimes décrivent le pire scenario, celui d'une bande s'acharnant pendant des jours sur un blessé grave avant de le tuer. A l'autre bout de l'échelle, si l'enfant est mort sur le coup, et si les complices n'ont fait qu'aider Mickaël Baerhel à se débarrasser du corps, les chefs seront adaptés en cours d'instruction, selon un proche du dossier. En tout cas, l'enquête "est loin d'être terminée", selon M. Muller.

La mère d'Alexandre, Valérie Lance, a déclaré dimanche que, "tant qu'elle ne verrait pas le visage" des auteurs, elle "ne serait pas en paix". Son mari Daniel a évoqué "un mélange entre soulagement, colère et incompréhension". Philippe Junca, le père, a déclaré s'attendre à apprendre des détails "qui font mal". Mais "il faut que la vérité soit faite", a-t-il dit.

Alexandre avait disparu le 4 juin 2011 alors qu'il se rendait chez son père, dans le centre de Pau. Après son fémur, retrouvé le 26 juin, les autres morceaux de son corps avaient été trouvés les 19 et 20 octobre, alors qu'ils gisaient sous des gravats, également dans le Gave.

Son corps avait été découpé par plusieurs outils différents, et sans doute par des personnes différentes, selon une source proche de l'enquête

07/04/2013 - 16h45

Alsace: faible participation au référendum régional

Les Alsaciens, appelés aux urnes dimanche pour dire "oui" ou "non" à la fusion de leur conseil régional avec leurs deux conseils généraux, semblaient peu mobilisés par ce scrutin régional inédit, la participation à 16h se situant à seulement 29,34% dans le Bas-Rhin et 28,51% dans le Haut-Rhin.

A titre de comparaison, pour le premier tour des législatives de juin dernier ce taux à la même heure tournait autour de 42 à 45%.

Ouverts à 8H00, les bureaux de vote devaient fermer leurs portes à 18h00, sauf à Strasbourg (20H00). Près de 1,3 million d'électeurs (750.000 dans le Bas-Rhin et 520.000 dans le Haut-Rhin) étaient appelés aux urnes.

A Asswiller, comme dans de nombreux bureaux de vote du Bas-Rhin, les électeurs venus voter dimanche matin se comptaient sur les doigts de la main. "Avec l'affaire Cahuzac les gens n'iront pas voter aujourd'hui", estime Claude, 74 ans, un enseignant a la retraite, l'un des rares habitants à avoir fait le déplacement.

Censé, selon ses partisans, renforcer le poids de l'Alsace, le "oui" partait favori. Un sondage publié début mars donnait près de trois-quarts de "oui" pour un quart de "non". Mais l'issue de ce référendum est rendue incertaine par le taux d'abstention attendu, surtout dans le plus petit des deux départements concernés, le Haut-Rhin.

Car, pour être validé, le projet de collectivité unique d'Alsace (CTA) doit recueillir 50% des suffrages exprimés, mais surtout au moins 25% des inscrits, et ce dans chacun des deux départements.

L'Alsace, plus petite région de France, est la première à utiliser une possibilité ouverte par la loi de réforme des collectivités territoriales de décembre 2010, une initiative qui a suscité l'intérêt de plusieurs responsables nationaux et d'autres régions.

A la fin de la campagne électorale, le président du Conseil régional, Philippe Richert (UMP), principal promoteur du projet, se disait toujours "raisonnablement optimiste" quant à l'issue de la consultation. Mais en votant dimanche matin dans son fief de Wimmenau (Bas-Rhin), il n'a pas caché son inquiétude à l'égard de la faible participation.

Jusqu'au dernier jour, cet ex-ministre des collectivités territoriales de Nicolas Sarkozy a sillonné les deux départements alsaciens pour prêcher en faveur de la "CTA", exhortant les électeurs à se mobiliser, car "chaque voix compte, et il n'y aura pas de deuxième tour".

Il cite comme exemples la possibilité future de mieux coordonner la gestion des transports publics régionaux, celle des collèges et lycées, ou de prestations sociales.

Devant les bureaux de vote, les affiches électorales de l'UMP - majoritaire dans les trois collectivités concernées - proclament: "Efficacité, je dis oui. Une collectivité au lieu de trois, ça fonctionne mieux". Les écologistes sont sur la même ligne. Les régionalistes d'extrême droite d'Alsace d'abord s'y sont également ralliés sous le slogan "Unis face à Paris".

Dans le camp adverse, une coalition hétéroclite réunit les deux extrêmes de l'échiquier politique (Front de gauche et Front national), mais aussi une bonne partie des socialistes, et les "souverainistes" de tous bords. "Notre République une et indivisible, non à la collectivité d'Alsace", proclame ainsi le Front de Gauche, tandis que le Front national dit: "Je veux l'Alsace française, je vote non".

Le camp du "non" rassemble aussi quelques élus UMP sceptiques ainsi que des syndicats comme FO et la CGT, qui redoutent une possible remise en cause du droit du travail national.

Les socialistes, de leur côté, sont divisés. Ceux de de Strasbourg, îlot de gauche dans une région très majoritairement de droite, regrettent notamment qu'au terme de tractations visant à ménager les susceptibilités du Haut-Rhin le siège du futur exécutif régional soit projeté dans le chef-lieu de ce département, Colmar, au lieu de la capitale régionale historique.

C'est une des raisons qui a poussé le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), à déposer dimanche un bulletin blanc dans l'urne, a-t-il expliqué sur Facebook. Tout en se disant favorable au principe, le maire de Strasbourg a regretté que "les intentions initiales de simplification se sont perdues".

Marc, un commerçant de 55 ans venus voter à Strasbourg, a choisi de son côté le "Non" parce qu'il se sent "très peu informé sur ce vote" et dit ne pas voir "l'intérêt que l'Alsace serve de cobaye. Alors autant garder le statu quo".

07/04/2013 - 16h30

Cyclisme: "Spartacus", alias Cancellara, vainqueur dans l'arène de Paris-Roubaix

"Spartacus", alias Fabian Cancellara, a dû attendre le sprint pour venir à bout du Belge Sep Vanmarcke et s'adjuger une troisième fois Paris-Roubaix, conclue dimanche à une allure-record.

"Je ne m'attendais pas à une bataille aussi incroyable, un combat", a reconnu après coup le Suisse de 32 ans qui a parlé d'une guerre: "Dans ces cas-là, il faut aller au-delà de ses limites."

Sur la piste de l'anneau nordiste, transformée en arène, le Bernois s'est imposé d'une longueur face à Vanmarcke, un jeune Belge de 24 ans révélation de la course. "Cela s'est joué à la roulette !", a répété le vainqueur, qui a réussi pour la deuxième fois, après 2010, le "doublé" des deux grandes classiques de pavés, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix.

Cancellara a ainsi justifié son rang de grand favori de cette 111e édition de la "reine des classiques". Mais il a dû puiser dans ses dernières ressources au bout des 254 kilomètres.

Allongé sur la pelouse du vélodrome, il a récupéré durant de longues minutes après cette victoire, de son propre aveu la plus difficile des trois obtenues à Roubaix (2006, 2010, 2013). La seule aussi, à l'issue d'un sprint.

Coup de butoir

"C'est le plus long combat que j'ai mené depuis que je fais du vélo", a raconté Cancellara qui s'est retrouvé esseulé dans le final: "Tout était contre nous, tous étaient contre notre équipe."

De fait, dans ce Paris-Roubaix sec et froid, tendu comme un arc dans sa première partie, aucune échappée n'a pu se développer pleinement. C'est un peloton massif qui s'est présenté lancé à plus de 50 km/h dans la trouée d'Arenberg à une minute et demie d'un quatuor (O'Grady, Hayman, Steegmans, Koretzky). A la sortie, le numéro de force de l'espoir américain Taylor Phinney avait réduit l'écart à 40 secondes.

Le premier coup de butoir de Cancellara, du côté de Bersée, a eu pour conséquences de l'isoler. Exposé aux attaques d'adversaires en nombre, notamment de l'équipe Omega Pharma (Terpstra, Chavanel, Stybar, Vandenbergh), le Suisse de RadioShack a engagé le combat.

Du côté de Louvil, à l'approche des 30 derniers kilomètres, il a bouché un premier "trou" pour revenir sur la tête de la course. Mais, déjà, deux coureurs (Vanmarcke, Vandenbergh) étaient repartis. A l'approche de Camphin, Cancellara a refait l'effort pour se présenter à l'avant au seuil des 20 derniers kilomètres.

Le public de l'Arbre

Le carrefour de l'Arbre, le dernier secteur difficile, a condamné le Belge Stijn Vandenbergh puis le Tchèque Zdenek Stybar, l'ancien champion du monde de cyclo-cross collé à la roue arrière de Cancellara jusque-là. Tous deux ont été gênés par le public très proche des pavés, quitte à toucher les coureurs enclins à utiliser les bas-côtés après plus de cinq heures de course.

Seul, Vanmarcke a tenu le rythme du récent vainqueur du Tour des Flandres. Il l'a même relayé de temps à autre sur la route menant à Roubaix, convaincu de ses chances dans le sprint à deux qui s'annonçait. Car, derrière, le groupe de poursuite pointé à plus d'une minute était résigné à lutter pour la troisième place.

Cancellara, entré en tête, a contraint son compagnon à passer en tête. Puis, il a attendu la dernière ligne droite pour le déborder au final d'une longueur bien que Vanmarcke l'ait obligé à remonter vers le milieu de la piste.

Il restait encore un tour au premier groupe de poursuite réglé par le champion des Pays-Bas Niki Terpstra devant le Belge Greg Van Avermaet et le Français Damien Gaudin, appelé sans doute à faire encore mieux à l'avenir.

07/04/2013 - 16h07

Egypte: violences après les funérailles de coptes tués

La police égyptienne a tiré des grenades lacrymogènes dimanche à l'extérieur de la cathédrale Saint-Marc au Caire après des incidents lors les funérailles de quatre coptes (chrétiens d'Egypte) tués vendredi dans des violences confessionnelles.

La police anti-émeutes a pris position au portail principal de la cathédrale et à tiré des grenades, a-t-on pu voir en direct à la télévision, et les fidèles coptes se sont réfugiés dans l'édifice religieux.

Des témoins ont indiqué auparavant à l'AFP que les fidèles, qui sortaient de l'église en scandant des slogans contre le pouvoir islamiste, avaient été attaqués à coups de pierres par des inconnus.

Des images de la télévision montraient des scènes de chaos devant la cathédrale, dans le quartier central d'Abbassiya, où les évêques coptes avaient lancé des appels au calme et à la paix après le décès des quatre coptes.

De fortes détonations étaient entendues, des nuages de fumée blanche s'échappaient et les gens couraient dans tous les sens.

Le ministère de l'Intérieur a affirmé de son côté dans un communiqué que des participants aux funérailles avaient endommagé des voitures à leur sortie, "ce qui a provoqué des heurts avec les résidents du quartier".

Des milliers de personnes s'étaient pressées plus tôt dans la cathédrale Saint-Marc pour les funérailles des quatre coptes.

"Dégage! Dégage!", ont crié les fidèles à l'attention du président islamiste Mohamed Morsi.

"A bas le pouvoir du Guide" des Frères musulmans, dont le chef de l'Etat est issu, ont-ils aussi scandé en brandissant des croix en bois, selon des images retransmises en direct à la télévision.

Un musulman a également été tué dans ces violences qui ont éclaté vendredi soir à Al-Khoussous, une région déshéritée du gouvernorat de Qalioubiya, après qu'un quinquagénaire musulman se fût opposé à des enfants qui dessinaient une croix gammée sur un institut religieux.

L'homme a ensuite insulté les chrétiens et la croix, puis s'est disputé avec un jeune passant chrétien avant que l'affaire ne dégénère en échange de tirs d'armes automatiques entre musulmans et chrétiens, selon les services de sécurité.

Selon Suryal Younane, un prêtre à Al-Khoussous cité par l'agence officielle Mena, des assaillants ont incendié "une partie" d'une église anglicane. Des musulmans ont aussi incendié le logement d'une famille copte et pillé une pharmacie appartenant à un Copte, selon une source policière.

Des musulmans en colère ont ensuite tenté d'encercler l'église Mar Girgis (Saint-Georges) de la ville, mais la présence des forces de l'ordre les en a empêchés.

Les coptes, qui représentent de 6 à 10% des 84 millions d'Egyptiens, sont la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient.

Des affrontements surviennent régulièrement entre coptes et musulmans en Egypte. Depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en février 2011, ces heurts ont tué une cinquantaine de chrétiens et plusieurs musulmans.

07/04/2013 - 15h53

Ukraine: un ex-ministre de Timochenko gracié et libéré

Iouri Loutsenko, ancien ministre ukrainien et proche allié de l'ex-Premier ministre emprisonné Ioulia Timochenko a été remis en liberté dimanche dans un geste destiné à désamorcer la crise avec l'UE et les tensions avec l'opposition.

Gracié dimanche par le président Viktor Ianoukovitch, l'ex-ministre de l'Intérieur portant une chemise traditionnelle ukrainienne brodée est sorti de la colonie pénitentiaire près du village de Makochino (nord), a constaté un photographe de l'AFP.

A peine libéré, M. Loutsenko a parlé par téléphone à plusieurs milliers de manifestants réunis à Kiev à l'appel de l'opposition pour réclamer la démission du président Viktor Ianoukovitch.

"Je suis très content d'être finalement parmi ceux qui rêvent comme moi d'une Ukraine libre, démocratique et européenne", a-t-il déclaré.

"La politique ne se fait pas dans l'administration présidentielle, ni au Parlement. Elle se fait dans la rue. Nous avons déjà gagné ainsi et nous gagnerons de nouveau", a-t-il poursuivi en référence à la Révolution orange, soulèvement populaire en 2004 qui avait porté au pouvoir les pro-occidentaux.

Quelque 7.000 personnes se sont rassemblées dimanche dans le centre de Kiev à l'appel de l'opposition brandissant des slogans "Liberté à Ioulia" (Timochenko) ou "A bas la bande", selon une journaliste de l'AFP.

"Nous allons nous battre pour la libération de Ioulia Timochenko", a déclaré l'un des leaders de l'opposition Arseni Iatseniouk.

Le célèbre boxeur Vitali Klitschko dont le parti Oudar (Coup) siège au Parlement a pour sa part exigé que soient fixées des élections anticipées.

"Je suis sûr que nous serons capables de nous unir dans un poing qui portera un coup fatal" au pouvoir en place, a-t-il lancé.

Iouri Loutsenko, arrêté en décembre 2010 et condamné en 2012 à quatre ans de prison pour abus de pouvoir et détournement de fonds, a été l'une des figures de proue de la Révolution orange qui avait mené à l'invalidation en justice de la victoire frauduleuse à la présidentielle de 2004 de Viktor Ianoukovitch.

Ce dernier avait pris sa revanche en 2010, ayant battu à la présidentielle l'égérie de la Révolution orange Ioulia Timochenko qui purge actuellement une peine de prison de sept ans pour abus de pouvoir, une condamnation dénoncée par l'opposition comme ayant des motivations politiques.

Le décret présidentiel accorde également la grâce à cinq autres condamnés dont l'ancien ministre de l'Environnement Gueorgy Filiptchouk.

Bruxelles a salué dimanche la décision de M. Ianoukovitch.

"Je salue vivement la décision du président Ianoukovitch (...) C'est un premier pas mais un pas important pour s'attaquer à la justice sélective", a réagi sur son compte Twitter le commissaire européen en charge de l'Elargissement Stefan Füle.

Cela prouve que Kiev "pense sérieusement" à signer un accord d'association avec l'UE, a réagi dimanche l'ancien président polonais Alexandre Kwasniewski, envoyé spécial du Parlement européen pour l'Ukraine.

Cette décision "est dans l'esprit des jugements de la Cour européenne des droit de l'homme", a observé le secrétaire général du Conseil de l'Europe Thorbjorn Jagland.

Les condamnations de Ioulia Timochenko et de Iouri Loutsenko, vertement critiquées par l'Occident, sont à l'origine d'une crise des relations entre Kiev et l'Union européenne.

Selon la famille et les avocats de M. Loutsenko, la santé de cet homme de 48 ans s'est gravement détériorée en détention.

"C'est un geste de clémence" et "jusqu'à un certain point, il s'agit d'une excuse envers cet homme de la part du président", a estimé l'avocat de M. Loutsenko Olexi Baganets.

Selon Volodymyr Fessenko, politologue indépendant, Ioulia Timochenko a elle peu de chances de bénéficier de la grâce présidentielle.

"Il y a très peu de chances que Ianoukovitch libère Timochenko compte tenu de la lourdeur de la peine qu'elle purge et l'attitude du président à son égard", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'analyste pense cependant que la libération de Loutsenko "sera un signal de poids pour l'Europe qui comprend que la situation avec Timochenko est très compliquée".

Ioulia Timochenko a été Premier ministre en 2005, puis de fin 2007 à début 2010, année où elle a été vaincue à la présidentielle par Viktor Ianoukovitch. L'opposante a été incarcérée puis condamnée en 2011.

07/04/2013 - 14h32

Corée du Nord: Washington reporte un essai de missile pour calmer le jeu

Les Etats-Unis ont joué l'apaisement face à la Corée du Nord en reportant un essai de missile en Californie, avant une semaine à haut risque sur la péninsule coréenne où Pyongyang a déployé deux missiles susceptibles d'atteindre un territoire américain dans le Pacifique.

Washington a annoncé avoir reporté un essai de Minuteman 3, missile balistique intercontinental à ogive nucléaire, qui devait être tiré la semaine prochaine depuis la base aérienne de Vandenberg en Californie.

Selon un responsable américain de la Défense, le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, a décidé ce report afin d'éviter que l'essai "puisse être considéré comme exacerbant la crise en cours avec la Corée du Nord".

"Nous voulons éviter une mauvaise perception ou une manipulation", a ajouté ce responsable, précisant toutefois que les Etats-Unis restaient "engagés à tester (leurs) missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) pour garantir un arsenal sûr, fiable et efficace".

Séoul et Washington ont par ailleurs annulé une réunion prévue le 16 avril dans la capitale américaine entre le général Martin Dempsey, chef de l'état-major interarmées américain, et son homologue sud-coréen, le général Jung Seung-Jo.

L'agence de presse sud-coréenne Yonhap affirme que le Sud s'inquiétait d'une possible provocation nord-coréenne en l'absence du chef de ses armées.

La Corée du Nord, qui a installé un deuxième missile de moyenne portée Musudan sur sa côte est et menace d'effectuer des frappes, y compris nucléaires, sur des objectifs américains, a pour sa part averti vendredi qu'elle ne pouvait plus garantir la sécurité des missions diplomatiques dans la capitale Pyongyang à compter du 10 avril.

La plupart des gouvernements étrangers concernés ont laissé entendre qu'ils n'avaient pas l'intention de retirer leur personnel dans l'immédiat, y compris les sept pays de l'Union européenne présents en Corée du Nord (Allemagne, Royaume-Uni, Suède, Pologne, Roumanie, République tchèque, Bulgarie).

L'Allemagne a jugé dimanche "inacceptable" toute "date butoir après laquelle la Corée du Nord ne serait plus en mesure d'assurer la sécurité des ambassades".

"Il y a des règles claires en vertu du droit international qui lient également la Corée du Nord. Que la Corée du Nord attise les tensions est irresponsable et constitue une menace réelle pour la paix et la sécurité dans la région", a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle.

Une réunion sur la Corée du Nord des ambassadeurs des 27 pays de l'UE doit se tenir lundi à Bruxelles, selon une source européenne.

Pékin a demandé à Pyongyang d'assurer "instamment" la sécurité de ses diplomates, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hong Lei.

Les Nations unies n'envisagent pas non plus d'évacuation. Les personnels de l'ONU en Corée du Nord "restent engagés dans leur travail humanitaire et de développement dans tout le pays", a déclaré Martin Nesirky, porte-parole de l'ONU à New York.

Le chef de la diplomatie britannique William Hague a estimé dimanche qu'il n'y avait pas de "nécessité immédiate" de rapatrier les diplomates britanniques, fustigeant la "rhétorique" nord-coréenne.

"Nous n'avons pas vu les troupes (nord-coréennes) se repositionner ou les forces terrestres se redéployer, ce qu'on s'attend à constater dans la période précédent une attaque" militaire, a déclaré M. Hague sur la BBC. "C'est la raison pour laquelle il est important de rester calmes, mais aussi fermes et unis", a-t-il ajouté à l'adresse de la communauté internationale.

Un missile capable d'atteindre le Japon

Pyongyang a multiplié ces dernières semaines les déclarations belliqueuses, furieux du nouveau train de sanctions adopté par l'ONU après son nouvel essai nucléaire début février et des manoeuvres militaires conjointes en cours entre les Etats-Unis et la Corée du Sud.

Son allié chinois, qui a voté les dernières sanctions à son encontre, s'est inquiété dimanche de la poussée de fièvre sur la péninsule coréenne.

"Personne ne devrait être autorisé à précipiter dans le chaos une région, et à plus forte raison le monde entier, par égoïsme", a déclaré le président chinois Xi Jinping, sans toutefois nommer ni la Corée du Nord, ni les Etats-Unis.

La veille, au cours d'un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wan Yi, a fait part de "sa grande inquiétude" concernant les tensions dans la péninsule coréenne.

"Nous nous opposons à tout acte et toute déclaration provocants de quelque partie dans cette région, et nous ne permettrons pas de perturbations aux portes de la Chine", a-t-il dit selon un communiqué.

M. Ban s'est déclaré "confiant que la direction chinoise fera de son mieux pour contribuer à calmer la situation et pour aider Pyongyang à modifier son attitude", a indiqué l'ONU.

L'Iran a aussi appelé les deux Corées et les Etats-Unis à la modération. "Nous conseillons à toutes les parties d'éviter tout comportement provocateur et d'éviter de jeter de l'huile sur le feu", a déclaré dimanche le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast.

Le missile Musudan aurait une portée de 3.000 kilomètres, soit la capacité d'atteindre la Corée du Sud ou le Japon. Avec une charge légère, il pourrait toucher des cibles à 4.000 kilomètres, et donc, en théorie, frapper Guam, île du Pacifique située à 3.380 km de la Corée du Nord et où sont stationnés 6.000 soldats américains.

Les médias japonais ont rapporté dimanche que le ministre de la Défense Itsunori Onodera donnerait l'ordre, "dans un jour ou deux", d'abattre tout missile nord-coréen qui se dirigerait vers l'archipel nippon.

07/04/2013 - 14h24

Grippe aviaire: 2 nouveaux cas à Shanghaï, 20 infectés et six morts au total

La ville chinoise de Shanghaï a annoncé dimanche deux nouveaux cas de la grippe aviaire H7N9, portant le bilan de l'épisode épidémique à six morts sur 20 personnes infectées, et interdit les courses de pigeons voyageurs et la vente d'oiseaux d'agrément.

Le ministère chinois de l'Education a par ailleurs appelé les établissements scolaires à "protéger la santé" des élèves en leur apprenant l'importance de se laver les mains et en assurant l'hygiène dans les cantines.

Dix des 18 personnes infectées ont été déclarées à Shanghaï, dont quatre sont décédées. Deux nouveaux cas avaient été annoncés samedi, puis deux à nouveau ce dimanche.

Après avoir fermé les marchés aux volailles et ordonné l'abattage de dizaines de milliers de volatils alors que le virus H7N9 a été retrouvé dans des pigeons, les autorités ont annoncé sur le site internet de la ville l'interdiction des courses de pigeons voyageurs et le confinement de deux millions d'entre eux.

La vente d'oiseaux sauvages comme animaux d'agrément a également été interdite, et les volières du zoo de la ville ont été fermées, selon le quotidien Shanghai Daily.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a écarté mercredi le risque d'une pandémie en l'absence de transmission d'homme à homme, contrairement au précédent virus H5N1.

Dans un éditorial publié dimanche, le Global Times, qui reflète généralement les vues de Pékin, a fustigé l'agriculture "intensive" qui selon lui accroît le risque de pandémies et la transmission de virus de l'animal à l'homme.

"Dans les régions côtières du sud et de l'est de la Chine, l'agriculture, et en particulier l'élevage, est devenue plus intensive et les populations sont également plus nombreuses", selon l'édition anglophone du journal.

Nankin, la capitale de la province du Jiangsu, a annoncé samedi la fermeture de tous ses marchés aux volailles et la suspension provisoire du commerce des oiseaux vivants dans toute la municipalité, qui compte plus de 8 millions d'habitants.

Cinq personnes ayant contracté le virus H7N9, qui jusque là n'avait pas infecté l'être humain, sont actuellement hospitalisées à Nankin.

A Hangzhou, capitale de la province du Zhejiang où ont eu lieu les deux autres des six décès, les autorités ont ordonné des mesures similaires.

Taïwan a déclaré deux cas suspects de H7N9 après le retour de voyageurs malades de Chine populaire. Les autorités attendent les conclusions définitives des examens, a précisé le Centre taïwanais pour le contrôle épidémiologique.

La grippe aviaire la plus commune, appelée H5N1, avait fait plus de 360 morts dans le monde entre 2003 et le 12 mars 2013, d'après l'OMS.

La grippe H1N1, aussi appelée grippe porcine, s'était propagée de façon pandémique en 2009 et 2010, faisant au début plusieurs dizaines de morts au Mexique. Mais cette souche s'était finalement révélée moins mortelle à l'échelle de la planète que la plupart des grippes saisonnières.

07/04/2013 - 12h28

Meurtre d'Alexandre: le principal suspect entendu par la juge à Pau

L'homme de 27 ans, qui a avoué samedi en garde à vue avoir tué le jeune Alexandre Junca en juin 2011, était dimanche dans le bureau de la juge d'instruction de Pau qui a déjà mis en examen pour assassinat trois de ses proches samedi.

C'est sous haute escorte policière et la tête recouverte d'une bâche que cet homme, Michael, est entré rapidement par une porte latérale du tribunal de grande instance vers 08H30 afin de comparaître devant la juge Lucile Pichenot.

Il s'y trouvait toujours peu avant midi.

Cette comparution intervient au lendemain de la mise en examen de trois personnes, deux hommes de 25 et 74 ans, Mike et Joseph, et une femme de 47 ans, Fatima, pour assassinat avec actes de torture et de barbarie et séquestration en bande organisée de plus d'une semaine sur mineur de moins de quinze ans.

Le principal suspect, interpellé mercredi, a avoué au cours de sa garde à vue avoir tué Alexandre Junca, 13 ans, le 4 juin 2011, et s'être trouvé là lorsque le corps démembré du jeune homme a été jeté dans le Gave de Pau, la rivière qui traverse la ville, des jours plus tard.

Il a présenté la thèse, dont il faudra déterminer si elle est a minima, d'une rencontre fortuite avec le jeune homme, qui aurait dégénéré en coups portés avec un objet contondant.

Le même marteau

Un mois après la disparition d'Alexandre, le 12 juillet 2011, le principal suspect avait agressé, visiblement avec le même marteau, un SDF à Pau, agression pour laquelle il était incarcéré en Dordogne jusqu'à ces derniers jours.

La similitude de ces faits a mis les enquêteurs sur sa piste.

L'instruction va permettre de déterminer le rôle exact des protagonistes, alors que, dans l'ignorance pour l'instant de ce rôle, la juge a semble-t-il choisi les chefs d'information correspondant au pire scénario possible, quitte à les alléger au fil de l'enquête.

Joseph, un retraité, semble à ce stade, selon des sources proches du dossier, être le plus impliqué dans l'affaire après l'auteur principal. S'y connaissant, selon une de ces sources en découpage de gibier, il aurait pris une part active au démembrement de la jeune victime.

L'implication de Fatima, compagne du principal suspect au moment des faits, aurait notamment été suspectée à partir de relevés téléphoniques au moment de la disparition de l'adolescent. La téléphonie a d'ailleurs joué un grand rôle dans l'enquête de la police judiciaire.

Pour sa part, Mike, qui porte le même prénom que la personne ayant signé le registre de condoléances d'Alexandre en indiquant "celui qui t'a fait ça gît sous terre", mention qui a intrigué les enquêteurs, était l'ami du principal suspect. "Ils étaient toujours ensemble", selon une source proche du dossier, tandis que Joseph, selon cette source, était un peu "leur mentor", "avait de la sympathie pour eux, leur payait un verre de temps en temps".

Alexandre, 13 ans, avait disparu le 4 juin 2011 alors qu'il se rendait chez son père, dans le centre de Pau. Après son fémur, retrouvé le 26 juins, les autres morceaux de son corps avaient été trouvés les 19 et 20 octobre, alors qu'ils gisaient sous des gravats, également dans le Gave.

Son corps avait été découpé par plusieurs outils différents, et sans doute par des personnes différentes, selon une source proche de l'enquête

07/04/2013 - 12h19

John Kerry presse la Turquie de normaliser ses relations avec Israël

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a pressé dimanche à Istanbul Israël et la Turquie d'accélérer la normalisation de leur relations en insistant sur le rôle "clé" qu'Ankara pouvait jouer dans la relance du processus de paix, aujourd'hui gelé, entre l'Etat hébreu et les Palestiniens.

Lors de la première étape de sa tournée marathon qui doit l'emmener dès dimanche soir au Proche-Orient, M. Kerry a également a averti l'Iran que le temps pressait dans les négociations avec les grandes puissances sur son programme nucléaire controversé.

Quinze jours après le brusque réchauffement opéré à l'initiative de Barack Obama, le chef de la diplomatie américaine a souhaité un retour à la normal le plus rapide possible entre Ankara et Tel Aviv, deux des principaux alliés de Washington dans la région.

"Ce n'est pas aux Etats-Unis d'en poser les conditions ou les termes (mais) nous voulons que cette relation, qui est importante pour la stabilité du Moyen-Orient et même cruciale pour le processus de paix lui-même, revienne à la normale", a-t-il déclaré devant la presse à l'issue d'un entretien avec son homologue turc Ahmet Davutoglu.

Sous la pression des Etats-Unis, le Premier ministre Benyamin Netanyahu a présenté le 22 mars dernier les excuses de son pays pour la mort de neuf ressortissants turcs par l'armée israélienne lors de l'assaut en 2010 d'un navire humanitaire en route pour Gaza.

Ce geste a relancé les relations entre les deux pays, gelées de fait depuis cet incident. Des discussions sur le versement de dommages et intérêts aux familles des victimes turques doivent débuter la semaine prochaine.

M. Kerry a notamment insisté dimanche sur la nécessité pour Israël de tenir ses promesses en matière de "compensations" et souhaité le retour rapide d'ambassadeurs dans les deux pays. "J'ai confiance en la bonne volonté des deux parties", a-t-il dit.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui a reçu M. Kerry après son entretien avec M. Davutoglu, avait accepté les excuses d'Israël "au nom du peuple turc". Mais il a prévenu que la qualité de la relation entre les deux pays dépendrait largement de l'attitude de l'Etat hébreu.

"Il est important à partir de maintenant de faire des progrès", a déclaré dimanche le ministre turc des Affaires étrangères, "nous avons passé le stade des excuses et nous discutons désormais des compensations".

Un rôle "clé"

Devant la presse, M. Kerry a souligné l'importance de ce rapprochement pour le processus de paix au Proche-Orient.

"La Turquie peut de nombreuses façons jouer un rôle-clé, apporter une importante contribution au processus de paix (...) un pays aussi dynamique et énergique que la Turquie peut avoir un impact profond sur le processus de paix", a-t-il dit.

Sitôt son entretien avec M. Erdogan terminé, John Kerry doit mettre le cap sur Israël et la Cisjordanie, où il doit s'entretenir avec le président palestinien Mahmoud Abbas puis, lundi, avec le chef du gouvernement israélien.

Washington a averti par avance qu'il n'apportait aucun plan de paix dans ses bagages. M. Kerry souhaite avant tout "écouter" les deux parties et "voir ce qu'il est possible" de faire pour relancer les négociations.

Evoquant la crise syrienne, M. Kerry a indiqué avoir insisté auprès de la Turquie pour qu'elle maintienne ses frontières ouvertes aux réfugiés syriens, après des heurts survenus fin mars dans un camp. Selon certaines informations, des réfugiés syriens avaient alors été renvoyés dans leur pays, ce que la Turquie a formellement démenti.

La Turquie accueille près de 200.000 Syriens qui ont fui les combats entre l'armée fidèle au président Bachar al-Assad et les rebelles, entrés dans leur troisième année.

Sur le dossier nucléaire iranien, le secrétaire d'Etat américain a profité de son étape stambouliote pour mettre en garde les iraniens contre toute volonté de gagner du temps dans les négociations engagées avec les grandes puissances.

"Ce n'est pas un processus sans fin (...) nous ne pouvons pas parler juste pour le plaisir parler", a déclaré M. Kerry, "nous allons donc répéter à l'Iran que nous souhaitons trouver une solution diplomatique mais que ce choix est entre les mains des Iraniens".

Au terme de deux jours de discussions à Almaty (Kazakhstan), les pays du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine + Allemagne) ne sont pas parvenus samedi à rapprocher leurs points de vue. Les puissances occidentales et Israël soupçonnent l'Iran de chercher à fabriquer l'arme atomique, ce qu'il dément.

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