10/04/2013 - 09h48
Il suffit de mentionner le décès de Margaret Thatcher dans un "working men's club", ces cercles fréquentés par les anciens mineurs du nord de l'Angleterre, pour réveiller les passions et souvent les invectives.
Cela fait 28 ans que la "Dame de fer" a écrasé la grande grève des mineurs, un des plus importants conflits sociaux qu'ait connus la Grande-Bretagne.
Mais à Armthorpe, dans le Yorkshire, comme dans beaucoup d'autres villages, la rancoeur est tenace.
"Bon débarras", s'exclame un ancien mineur au fond de la salle sombre du club local, où des hommes,visage buriné et mains tatouées, sont assis autour d'une bière.
Le portrait de l'ex-Premier ministre, décédée lundi à 87 ans, s'étale à la Une d'un journal qui traîne sur une table.
"On s'en servira comme papier toilette", lance un autre buveur, déclenchant une tempête de rires.
Des dizaines de milliers de mineurs avaient participé en 1984-1985 à cette grève, un des évènements marquants des années Thatcher.
La violence des affrontements entre les grévistes et la police, qui avaient dégénéré en véritables batailles rangées, avaient stupéfié l'opinion.
La locataire de Downing Street, qui voulait fermer des dizaines de puits déficitaires, s'est retrouvée engagée dans un véritable bras de fer avec Arthur Scargill, président à vie du syndicat des mineurs NUM rebaptisé "King Arthur" par ses troupes.
Ce conflit a également coûté la vie à plusieurs personnes, dont un chauffeur de taxi, assassiné au Pays de Galles pour avoir transporté un mineur non-gréviste jusqu'à un puits.
Les grévistes, "ennemis de l'intérieur" selon Margaret Thatcher, s'étaient retrouvés dans une situation désespérée après une année sans travail.
Et ils ont fini par perdre la partie: Margaret Thatcher les a acculés à la défaite en réussissant à approvisionner le pays en charbon.
Certains mineurs ont repris le chemin de la mine en pleurs.
Dans ses mémoires, l'inflexible "Dame de fer" écrira: les mineurs "avaient voulu défier les lois du pays et s'opposer aux lois de l'économie. Ils ont échoué".
Cette défaite, véritable coup de massue pour le très puissant NUM, a quasiment mis fin à l'extraction souterraine du charbon au Royaume-Uni: en 1984, la Grande-Bretagne avait 170 mines en activité, qui employaient 200.000 ouvriers. Il n'en reste aujourd'hui qu'une poignée, où travaillent environ 2.000 personnes.
Armthorpe a été une des victimes de cette hécatombe industrielle.
La grande roue du puits, installée le long de la route principale, est un des rares rappels de son passé minier.
Les anciens mineurs gardent un souvenir amer du moment où la police anti-émeutes a encerclé leur village et des affrontements qui ont suivi.
"Thatcher a détruit cet endroit", explique George Fletcher, 63 ans, ancien contremaître de la mine. "Mon père était mineur, mon grand-père aussi. Mais Thatcher n'aimait pas les ouvriers. Elle a transformé la vie de beaucoup de gens en enfer".
Derrière lui, un jeune homme arrache une photo de la "Dame de fer" d'un journal et la serre rageusement dans ses poings serrés.
Les mineurs sont fiers que le village soit resté si soudé pendant le conflit, développant une entraide à l'opposé de la vision individualiste de la Grande-Bretagne défendue par "Mrs T".
Le boulanger, se souviennent-ils avec gratitude, s'est notamment ruiné en servant les mineurs à crédit.
Mais aujourd'hui, l'humeur est sombre. Les ex-mineurs disent qu'il n'y a plus de travail depuis la fermeture de la mine en 1996.
"Les jeunes, ils n'ont rien à faire", explique George Kennedy, 55 ans, qui a travaillé dans la mine pendant 20 ans avant de perdre son emploi et qui souffre de problèmes respiratoires.
La fermeture des puits a "détruit le village", renchérit le gérant du club, Geoff Smith.
"C'est elle qui est responsable de tous les problèmes qu'on a eus depuis, la drogue, les bagarres", assure-t-il.
Il s'attend d'ailleurs à ce que les mineurs organisent une fête le jour des funérailles de Margaret Thatcher, mercredi prochain.
"S'ils en font une, je trinquerai avec eux", promet-il.
"Et si son corps est incinéré et qu'il n'y pas de charbon pour la crémation", "désolé, mais ce sera sa faute", ajoute-t-il avec un gloussement.
10/04/2013 - 09h47
La production industrielle française a redémarré en février, en hausse de 0,7% par rapport à son niveau de janvier, tirée par une augmentation de la production manufacturière (+0,8%), a annoncé mercredi l'Institut national de la statistique et des études économiques.
En janvier, la production industrielle avait reculé de 0,8%, a précisé l'Insee dans un communiqué. Sur les trois mois entre décembre et février, la production industrielle du pays est en léger retrait de 0,1%.
La seule production manufacturière, qui n'inclut pas la production d'énergie, avait reculé de 1,3% en janvier et elle reste en légère baisse au cours des trois derniers mois (-0,3%).
Côté augmentation en février, les matériels de transports sont en hausse de 3,6% en février, de même que l'automobile (+2%). La production augmente plus franchement dans le raffinage (+17%), "à la suite du redémarrage d'une raffinerie après une période de plusieurs mois de maintenance", détaille l'Insee.
La production est également en hausse dans la métallurgie et les produits métalliques (+1,9%), dans le caoutchouc, plastique et minéraux non métalliques (+0,9%), dans le bois, papier et imprimerie (+0,3%).
Elle est en revanche en diminution dans les autres industries manufacturières, comme la réparation et l'installation (-0,6%), dans le textile, habillement, cuir et chaussure (-3,2%), ainsi que dans la chimie (-0,5%).
La production baisse "nettement" en février dans les produits informatiques, électroniques et optiques (-3,9%) par contrecoup de la très forte hausse de janvier (+7,5%) mais augmente légèrement dans les équipements électriques (+1,9%) et dans les machines et équipements (+0,4%).
Une baisse de la production sur les trois derniers mois a été observée "nettement" par l'Insee dans les équipements électriques, électroniques, informatiques, et les machines (-1,3%), ainsi que dans les matériels de transport (-1,3%).
Sur la même période, la production est quasi stable dans les autres produits industriels (-0,1%) et dans les industries agricoles et alimentaires (+0,1%). Elle augmente en revanche "nettement" dans le raffinage (+3,6%).
"La production manufacturière des trois derniers mois est en repli par rapport aux trois mêmes mois d'il y a un an (-3,4%)", précise l'Insee.
En comparaison avec la période décembre 2011-février 2012, la production décroît fortement dans les autres produits industriels (-3,2%) et plus encore dans les matériels de transport (-9,5%). Elle diminue dans une moindre mesure dans les équipements électriques, électroniques, informatiques, machines (-0,9%) et dans les industries agricoles et alimentaires (-0,8%). Elle est en forte baisse dans le raffinage (-6,3%).
10/04/2013 - 09h36
Le quotidien Le Monde a annoncé mercredi qu'il rejetait "toute demande, qu'elle soit judiciaire ou gouvernementale, de transmission de données" des documents OffshoreLeaks, comme l'avait demandé le ministre du Budget Bernard Cazeneuve.
"Protection des sources, protection de la mission d'information, sobre et rigoureuse, qui est la nôtre: pour ces deux raisons, Le Monde rejette fermement - comme l'ont fait les autres médias travaillant sur "OffshoreLeaks" - toute demande, qu'elle soit judiciaire ou gouvernementale, de transmission de données", écrit le journal dans son édition en ligne.
Mardi, le ministre du Budget avait demandé à la presse de transmettre à la justice les "fichiers" concernant les comptes installés dans des paradis fiscaux révélés par un consortium de journalisme d'investigation dans le monde.
Ce consortium indépendant de journalisme d'investigation basé à Washington a eu accès à une fuite majeure en provenance de deux sociétés offrant des services "offshore": l'une basée à Singapour, l'autre dans les Iles vierges britanniques. Ces données ont fait apparaître la cartographie et le fonctionnement de milliers de sociétés basées dans des paradis fiscaux.
Depuis, une quarantaine de médias dans le monde travaillant avec l'ICIJ ont mis à jour des cas de placements de fonds légaux ou illégaux dans des paradis fiscaux de personnalités, hommes d'affaires, ou simples notables du Mexique à la Mongolie en passant par le Canada, la France ou la Grande Bretagne.
En France, le quotidien Le Monde a fait état de 130 Français concernés, dont un proche du président François Hollande, Jean-Jacques Augier.
Cet homme d'affaires a admis être actionnaire de sociétés offshore aux îles Caïmans, tout en niant en avoir tiré un "avantage fiscal". M. Augier fut le trésorier de M. Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012.
Toujours selon Le Monde, les banques françaises BNP Paribas et Crédit agricole ont aidé à la création de sociétés offshore dans les années 1990 et 2000, via des filiales basées notamment en Asie. Ces deux établissements ont répondu exercer leurs activités dans le "strict respect" de la loi.
Selon l'ICIJ, qui tient un décompte des réactions suscitées par ses révélations, plusieurs gouvernements, notamment en Allemagne et au Canada, ont demandé à la presse de fournir à la justice les fichiers afin d'enquêter sur d'éventuelles fraudes fiscales.
10/04/2013 - 09h34
Le Premier ministre du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, a confirmé mercredi que son pays était prêt à assouplir le secret bancaire, en acceptant l'échange automatique d'informations à partir du 1er janvier 2015.
"Nous pouvons sans danger introduire l'échange automatique à partir du 1er janvier 2015", a déclaré M. Juncker devant le Parlement luxembourgeois. "Nous pouvons introduire l'échange automatique d'informations parce que notre place financière est prête à le faire", a-t-il ajouté.
Dimanche, le ministre luxembourgeois des Finances, Luc Frieden, avait indiqué que son pays était prêt à assouplir le secret bancaire. "La tendance internationale va vers un échange automatique d'informations bancaires. Nous n'y sommes plus strictement opposés", avait déclaré M. Frieden au Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.
Pour M. Juncker, "la place financière (du Luxembourg) ne dépend pas de manière existentielle du secret bancaire, les lumières ne vont pas s'éteindre". "Notre place financière ne vit pas de l'argent noir ni de la fraude fiscale", a-t-il assuré.
Une directive sur la "coopération administrative" prévoit des règles sur l'échange automatique d'informations à partir de 2015. Approuvée par tous les Etats membres, dont le Luxembourg, elle s'applique à cinq catégories de revenus et de capital: revenus professionnels, jetons de présence, produits d'assurance-vie, pensions, propriété et revenus de biens immobiliers.
10/04/2013 - 09h08
Les exécutions capitales ont enregistré une hausse "alarmante" en 2012 en Irak et repris dans plusieurs pays, notamment en Asie, sans remettre en cause la tendance générale à l'abolition dans le monde, selon Amnesty International.
Au moins 682 exécutions ont été signalées l'an dernier dans 21 pays, soit deux de plus qu'en 2011, d'après le rapport annuel de l'organisation de défense des droits de l'Homme publié mercredi.
Le nombre des condamnations à mort prononcées (1.722 confirmées dans 58 pays) a en revanche baissé par rapport à 2011 (1.923 dans 63 pays).
Ces chiffres n'incluent toutefois pas les "milliers d'exécutions" qui auraient eu lieu en Chine, d'après Amnesty. Les statistiques sont secrètes dans ce pays "qui exécute à lui seul plus de personnes que tout le reste du monde".
L'ONG a aussi eu vent d'exécutions non confirmées en Iran, qui "augmenteraient les chiffres officiels (314) de presque trois quarts".
Après la Chine, l'Iran se classe au deuxième rang des cinq pays où la peine de mort est la plus appliquée, devant l'Irak, l'Arabie saoudite et les Etats-Unis.
La lutte en faveur de son abolition a en outre enregistré un revers important avec la reprise des exécutions en Inde, au Japon, au Pakistan et en Gambie, après des moratoires.
L'Inde, où la peine capitale n'avait plus été appliquée depuis 2004, a ainsi pendu en novembre le survivant du commando responsable des attentats islamistes de Bombay en 2008 (166 morts, plus de 300 blessés).
Après 20 mois d'arrêt, le Japon a lui aussi procédé à sept exécutions.
Amnesty s'alarme par ailleurs de l'augmentation "extrêmement préoccupante" des exécutions en Irak, ou 129 personnes ont été mises à mort l'an dernier, soit presque le double qu'en 2011 (68) et le chiffre le plus élevé depuis 2005.
Selon Amnesty, ces exécutions sont souvent réalisées en série, jusqu'à 34 en une seule journée. On sait que 81 nouvelles condamnations à la peine capitale ont aussi été prononcées, mais "leur nombre réel atteint probablement plusieurs centaines".
Beaucoup sont infligées pour "activités terroristes" et à l'issue d'aveux "obtenus sous la torture" ou de "mauvais traitements".
Jusqu'ici en 2013, l'Irak a exécuté 29 personnes, selon un décompte de l'AFP. Le ministre irakien de la Justice, Hassan Al-Chammari a affirmé en mars que Bagdad comptait continuer à appliquer la peine de mort, malgré les appels internationaux en faveur d'un moratoire.
Globalement, le recours à la peine de mort est toujours une "source de préoccupation importante" pour l'ONG au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où 99% des exécutions sont le fait de l'Iran, de l'Arabie saoudite, de l'Irak et du Yémen. A cause de la guerre civile, l'ONG ne dispose d'aucune statistique sur la Syrie.
En Afrique sub-saharienne, condamnations et exécutions ont aussi notablement augmenté en 2012 du fait de leur hausse au Soudan et en Gambie, qui a mis un terme à presque trente ans de moratoire.
En Europe et en Asie centrale, le Belarus reste le seul pays à appliquer la peine de mort (3 exécutions), à l'instar des Etats-Unis sur le continent américain (43).
La peine capitale est prononcée y compris pour des délits financiers ou liés à la drogue, sans violence, pour apostasie, blasphème, sodomie ou adultère, des "actes qui ne devaient pas être considérées comme des crimes", souligne l'ONG. Quand elle n'est pas utilisée pour réduire l'opposition au silence.
En Iran, quatre personnes ont ainsi été exécutées "pour inimitié à l'égard de Dieu et corruption sur Terre". En Corée du Nord, les tribunaux condamnent à la peine de mort pour des délits qui n'en sont pas passibles dans la législation nationale.
A la connaissance d'Amnesty, ces deux pays pratiquent en outre les exécutions publiques, comme la Somalie et l'Arabie saoudite.
Les résultats de 2012 ne remettent toutefois pas en cause la tendance générale à l'abolition sur la décennie, souligne Amnesty.
Des exécutions ont été confirmées dans 21 pays l'an dernier, soit 28 de moins qu'en 2003. 58 pays ont prononcé des condamnations à mort contre 63 en 2011 et 97 pays ont aboli la peine capitale contre 80 il y a dix ans.
10/04/2013 - 08h37
Un Noir américain a été exécuté mardi soir au Texas pour un meurtre qu'il nie avoir commis il y a 23 ans. Un couple de Français qu'il appelait "mom and dad" l'ont accompagné jusqu'au bout.
Rickey Lewis, 50 ans dont 19 dans le couloir de la mort du Texas, a été déclaré mort par injection létale à 18h32 locales (23h32 GMT), selon les autorités pénitentiaires de cet Etat du sud.
Un couple de septuagénaires montpelliérains, Danièle et René Sirven, militants contre la peine de mort, s'était déplacé à la prison de Huntsville pour l'exécution. "On lui avait promis d'être là jusqu'au bout", a déclaré à l'AFP Danièle Sirven.
Le couple échangeait depuis dix ans des courriers et des dessins avec le condamné, auquel ils avaient rendu visite à plusieurs reprises.
Dans ses dernières paroles "vibrantes", le condamné les a encore appelés "momma and daddy", comme il le faisait à l'occasion de leurs visites. "Il s'était accroché à ce lien quasi-parental spirituel qui nous reliait, une manière de s'approcher du grand passage", a ajouté le père et grand-père 15 fois.
A travers "une sorte de code" établi entre eux avant l'exécution, le couple lui a fait des "signes pour lui dire de monter dans les hauteurs", peu avant l'injection du produit mortel, a confié Mme Sirven, membre de l'Association Lutte pour la justice-Languedoc-Roussillon. "Il est parti dans la grandeur", a-t-elle relaté, "bouleversée".
"Je ne suis pas un meurtrier", a proclamé le condamné, couché les bras en croix et solidement sanglé avec des lanières. "Laissez sortir la vérité pour que je ne sois pas mort en vain", a-t-il dit, selon les autorités de la prison.
Rickey Lewis avait été condamné à mort en 1994 pour le meurtre quatre ans plus tôt de George Newman, 45 ans, lors d'un cambriolage à Tyler, suivi du viol de la compagne de la victime.
Il a admis le viol, dans sa dernière déclaration. "Ms Connie Hilton, si je ne vous avais pas violée, vous n'auriez pas survécu", a-t-il dit, précisant qu'il y avait "encore deux personnes en vie".
Dans leur blog, le couple Sirven a dénoncé les "incohérences, les injustices et les zones d'ombre de la procédure". D'après l'angle de tir de la balistique, "le meurtrier devait mesurer au moins 1,78 m". Or, "Rickey-Lynn mesure seulement 1,60 m", y écrivent-ils.
"Il était sur les lieux mais il ne peut pas avoir tiré", a complété René Sirven, par téléphone. "Rickey était d'une famille très connue des services de police à Tyler, une famille très marginale", "un enfant des rues, complètement analphabète", a-t-il dit, ajoutant que le condamné lui avait encore confié le matin de son exécution qu'il "suivait les autres comme un petit chien". "Il n'y a jamais eu d'enquête approfondie".
Rickey Lewis avait argué d'une défense déficiente mais la peine de mort avait été confirmée en 1997. Son exécution, initialement programmée en 2003, avait été retardée au fur et à mesure des appels.
Son nouvel avocat, recruté par le couple français, avait ensuite plaidé le retard mental jusque devant la Cour suprême qui a interdit l'exécution des condamnés souffrant de troubles mentaux. Mais la plus haute juridiction du pays a rejeté son ultime appel le 1er avril.
Danièle Sirven a parlé de cette exécution comme d'un "homicide légal", d'une "machine bien huilée, "l'étrangeté et la douleur absolue".
Sur un des dessins qu'il avait donné au couple, Rickey Lewis avait représenté la justice texane avec une balance qui "pèse bien le pétrole et l'argent, mais exécute les faibles, les Noirs, les Hispaniques et les Indiens."
Il s'agit du deuxième homme exécuté au Texas en 2013, le sixième de l'année aux Etats-Unis, selon le Centre d'information sur la peine capitale (DPIC). C'est le 494e détenu mis à mort, depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, dans cet Etat responsable du tiers des exécutions du pays. Onze autres exécutions sont programmées cette année au Texas, dont quatre en avril.
Au moins 682 exécutions ont été signalées l'an dernier dans 21 pays, soit deux de plus qu'en 2011, d'après le rapport annuel d'Amnesty International publié mercredi.
10/04/2013 - 08h33
Les opérations de sauvetage ont pris fin mercredi dans une zone rurale du sud de l'Iran durement touchée par un séisme ayant fait près de 40 morts, mais les autorités ont affirmé que la seule centrale nucléaire du pays n'avait pas été endommagée.
Vingt survivants bloqués sous les gravats ont été secourus alors que près de 800 maisons ont été détruites mardi par le séisme de magnitude 6,1, dont l'épicentre était situé dans la localité de Kaki, à 89 km au sud-est de la ville de Bandar Bouchehr qui abrite la centrale, a précisé l’agence Fars.
La puissante secousse, qui a également touché la localité de Khormoj, à 35 km au nord de Kaki (12.000 habitants), a été ressentie dans plusieurs pays du Golfe, selon des témoins.
"Selon les dernières informations, au moins 37 personnes ont été tuées et 850 blessées", a déclaré le chef du Service des désastres naturels, Mohammad Taghi Talebian, cité par l’agence Fars.
"Les opérations de sauvetage ont pris fin car plus personne ne se trouve sous les décombres", a annoncé le chef du Croissant-rouge iranien, Mahmoud Mozafar.
Les forces de sécurité et des équipes de secours ont été déployées dans le secteur touché, où plus de 2.000 tentes ont été montées pour abriter les survivants dont les foyers ont été endommagés, a-t-il ajouté. Des couvertures et de la nourriture ont également été distribuées.
L'électricité et les communications téléphoniques sont coupées depuis le séisme.
Près d'une quinzaine de répliques ont été enregistrées mardi après-midi.
Les autorités s'attellent désormais au nettoyage de la zone et la télévision montrait mercredi matin des bulldozers déblayant les gravats.
La centrale nucléaire de Bouchehr n'a pas été touchée, ont confirmé le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Fereydoon Abbasi Davani et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
M. Davani a expliqué aux médias que la centrale était arrêtée pour des "travaux de maintenance" lorsque le séisme a frappé, assurant que le site avait été "conçu pour résister à un séisme supérieur à une magnitude 8".
La centrale, construite par la Russie qui fournit son combustible, a connu de nombreux déboires et arrêts techniques depuis son entrée en production à l'automne 2011. Moscou avait repris en 1995 sa construction, commencée par les Allemands avant la révolution islamique de 1979.
L’AIEA a dit avoir été informée par Téhéran qu'il n'y avait "pas eu de dégât sur la centrale de Bouchehr ou de fuite radioactive depuis le site". L'agence onusienne, chargée de surveiller les activités nucléaires de l'Iran, a ajouté qu'elle ne demanderait pas d'informations supplémentaires de Téhéran.
La centrale de Bouchehr est présentée comme l'emblème de l'accession de l'Iran à l'âge nucléaire.
Le programme nucléaire iranien est au coeur, depuis plusieurs années, d'un conflit entre l'Iran et les Occidentaux qui soupçonnent Téhéran, malgré ses démentis répétés, de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert d'activités civiles.
L'Iran est sous le coup de six condamnations de l'ONU et de sévères sanctions internationales contre son programme nucléaire, en particulier ses activités d'enrichissement.
Située sur plusieurs failles sismiques importantes, la République islamique d'Iran a connu de nombreux tremblements de terre dévastateurs.
Le plus meurtrier ces dernières années a tué, en décembre 2003, 31.000 personnes à Bam (sud), soit un quart de la population de la ville. En août 2012, deux puissantes secousses avaient fait 306 morts près de la ville de Tabriz (nord-ouest).
10/04/2013 - 08h31
La Corée du Sud et son allié américain ont relevé mercredi leur niveau d'alerte face à la "menace vitale" de la Corée du Nord qui serait sur le point d'effectuer un ou plusieurs tirs d'essai de missiles, à l'approche de l'anniversaire de la naissance du fondateur du pays, le 15 avril.
Le commandement intégré des forces américaines et sud-coréennes a relevé de 3 à 2 leur niveau d'alerte, signalant une "menace vitale", a indiqué sous couvert de l'anonymat à l'agence sud-coréenne Yonhap un responsable militaire.
A seulement un cran du niveau actuel, le niveau 1 est synonyme de guerre. Cette échelle concerne les dispositifs de surveillance et de renseignement militaires et non une mise en alerte opérationnelle des armées.
Un tir de missile peut se produire "à n'importe quel moment à partir de maintenant", a déclaré le ministre sud-coréen des Affaires étrangères Yun Byung-Se devant le Parlement, mettant en garde Pyongyang contre les nouvelles sanctions de l'ONU qu'un tel acte entraînerait.
Ignorant les mises en garde de son voisin et allié chinois, le régime nord-coréen a déployé la semaine dernière sur sa côte orientale deux missiles Musudan, d'une portée théorique de 4.000 kilomètres, soit la capacité d'atteindre la Corée du Sud, le Japon ou l'île américaine de Guam, selon Séoul.
Le renseignement militaire sud-coréen affirme que le Nord est désormais prêt à effectuer un tir qui pourrait survenir autour du 15 avril, jour de la naissance du fondateur de la République démocratique populaire de Corée, Kim Il-Sung, décédé en 1994.
Il pourrait également coïncider avec la visite à Séoul vendredi du secrétaire d'Etat américain John Kerry et du secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen.
Le Japon s'est également déclaré mercredi "en état d'alerte" pour intercepter tout missile menaçant l'archipel. La veille, des missiles Patriot avaient été déployés dans le centre de Tokyo et autour de la capitale. Des batteries d'intercepteurs devaient aussi être mises en place sur l'île méridionale d'Okinawa.
Le quotidien officiel du régime, le Rodong Sinmun, a accusé Tokyo "d'aventurisme militaire". "L'armée populaire de Corée est parfaitement capable de pulvériser les bases militaires américaines, non seulement au Japon mais ailleurs dans la région Asie-Pacifique", a-t-il prévenu.
En déplacement à Rome, le secrétaire général de l'ONU, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, a lancé un appel à l'apaisement, en jugeant le niveau des tensions "très dangereux".
Plusieurs missiles
Furieux du nouveau train de sanctions adopté par le Conseil de sécurité des Nations unies après l'essai nucléaire de février et des manoeuvres militaires en cours entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, Pyongyang a multiplié ces dernières semaines les déclarations belliqueuses.
La Corée du Sud et ses alliés occidentaux s'interrogent sur les véritables intentions du jeune dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, âgé de moins de trente ans, qui a succédé à son père Kim Jong-Il à la mort de ce dernier en décembre 2011.
Selon une source gouvernementale citée par Yonhap, Pyongyang pourrait tirer plusieurs projectiles, des mouvements de véhicules lanceurs transportant des Scud (d'une portée de quelques centaines de kilomètres) et des Rodong (d'une portée d'un peu plus de 1.000 kilomètres) ayant en effet été détectés.
"Il existe des indications croissantes de préparations de tirs de plusieurs missiles", ajoute cette source.
Visiblement agacée par la réaction d'une partie de la communauté internationale qui a taxé ses menaces de pure gesticulation, la Corée du Nord a surenchéri mardi en agitant à nouveau le spectre d'une guerre "thermonucléaire" et en conseillant aux étrangers en Corée du Sud de partir.
Elle avait déjà averti les pays étrangers possédant une mission diplomatique à Pyongyang qu'elle ne serait plus en mesure de garantir leur sécurité à compter du 10 avril.
Mercredi, le plus important poste-frontière chinois avec la Corée du Nord, à Dandong (nord-est), était fermé pour les groupes de touristes, a indiqué à l'AFP un responsable des douanes de cette ville, qui a ajouté que la frontière restait ouverte pour les affaires.
"Les agences de voyage ne sont pas autorisées à aller là-bas, car le gouvernement nord-coréen demande aux étrangers de quitter (ce pays). Pour autant que je sache, les hommes d'affaires peuvent entrer et sortir de Corée du Nord librement", a déclaré ce responsable qui n'a pas voulu donner son nom.
Pyongyang avait retiré mardi les 53.000 employés nord-coréens travaillant sur le site industriel intercoréen de Kaesong, situé sur son sol, dont l'accès était déjà interdit depuis le 3 avril aux travailleurs sud-coréens.
10/04/2013 - 07h43
Le Sénat a fait un grand pas en avant vers l'adoption du mariage homosexuel avec le vote dans la nuit de mardi à mercredi du premier article du projet de loi qui ouvre le mariage aux personnes de même sexe, malgré la combativité de la droite sénatoriale et les manifestations de rue.
Les opposants à cette réforme sont déterminés à faire entendre leur voix. Frigide Barjot, porte-parole de La Manif pour tous, a appelé mercredi à une nouvelle manifestation nationale le 26 mai, après celles des 13 janvier et 24 mars.
Dans la nuit, l'article premier a été voté assez largement, avec 10 voix de plus que la majorité requise (abstentions comprises) alors que la gauche sénatoriale n'a que six voix de majorité sur la droite. Cinq UMP et une UDI-UC ont voté pour, 2 UMP et 4 UDI-UC se sont abstenus et un UMP (Roger Karoutchi) n'a pas pris part au vote. A gauche, au RDSE (à majorité PRG), un sénateur a voté contre et 4 n'ont pas pris part au vote dont Jean-Pierre Chevènement.
La surprise vient du groupe PS qui a fait carton plein, le président du Sénat, Jean-Pierre Bel, qui a présidé la plupart des séances, ayant exceptionnellement voté. Les sénateurs d'outre-mer PS ou apparentés PS dont on prédisait l'abstention pour certains, ont voté pour. Les écologistes et les communistes ont tous voté pour.
Cela est de bon augure pour l'adoption définitive du texte, même si certains qui ont fait défection à droite ont d'ores et déjà annoncé qu'étant opposés au volet filiation et à l'adoption plénière pour les couples homo ils voteraient contre l'ensemble du texte, à l'image de Muguette Dini (UDI-UC).
Ce vote est intervenu après plus de 10 heures de discussion de l'article, la droite sénatoriale multipliant les prises de parole, souvent répétitives et parfois virulentes, pour fustiger le texte. UMP et UDI-UC ont aussi joué la montre pour retarder le vote, par exemple en demandant la vérification du quorum des votants.
"Le mariage unit un homme et une femme en vue de la procréation. Deux hommes ou deux femmes ne pourront jamais avoir d'enfants!", a soutenu Charles Revet (UMP).
"Jamais je ne me permettrai de juger l'homosexualité: tout être humain a droit au bonheur. Mais l'enfant y a droit aussi. Il a droit de vivre dans le cadre d'une famille traditionnelle", s'est exclamée Marie-Thérèse Bruguière (UMP).
Jean-Claude Lenoir (UMP) a protesté contre "la transformation en profondeur de la filiation qui passe d'une vraisemblance biologique a une illusion juridique". Catherine Morin-Desailly (UDI-UC) a estimé que le texte "prépare des évolutions plus profondes" en ouvrant "la voie à la PMA (procréation médicalement assistée) et à la GPA (gestation pour autrui)".
Après le vote, la droite a poursuivi son harcèlement sur la suite des articles, Gérard Longuet et Philippe Bas ne cessant d'intervenir longuement. L'ancien ministre de la Défense a même demandé la suppression d'un couplet de la Marseillaise car "hétérosexuel et qui défend l'altérité".
La gauche sénatoriale a limité au maximum ses interventions pour ne pas rallonger les débats. "Ne tombez pas dans la provocation" a intimé à ses troupes le patron des sénateurs PS, François Rebsamen.
"Personne n'a le droit de considérer qu'une catégorie de la population, du fait de son orientation sexuelle, serait supposée a priori avoir une mauvaise parentalité", a protesté Marie-Christine Blandin (EELV).
"Je n'ai cessé d'entendre, sur les bancs de droite, que la gauche voulait casser la famille, martyriser les enfants, remettre en cause la civilisation. Comment voulez-vous que le dialogue se noue quand vous adoptez de telles postures politiques? " a lancé Alain Bertrand (RDSE).
L'article 1 a été voté "conforme" c'est-à-dire sans modification par rapport au texte adopté en première lecture par l'Assemblée nationale. Ce vote est donc définitif sauf en cas de rejet de l'ensemble du texte par le Sénat. L'article ne sera pas soumis à une deuxième lecture à l'Assemblée nationale ni en CMP (commission mixte paritaire).
10/04/2013 - 07h01
Des premiers films d'animation aux robes de "Peau d'âne", des éclatantes "Demoiselles de Rochefort" au radical "Model shop", la Cinémathèque française rend hommage, à partir de mercredi, au réalisateur Jacques Demy, décédé en 1990, lors d'une grande exposition-rétrospective.
Intitulée "Le monde en-chanté de Jacques Demy", allusion à ses films chantés indissociables de la musique de Michel Legrand, cette exposition propose de redécouvrir les 18 films du cinéaste et invite le public à entrer dans "sa galaxie artistique", explique à l'AFP Matthieu Orléan, commissaire de l'exposition.
Et dès que l'on franchit la porte de cet univers, déployé sur 700 m2 en six parties chronologiques, résonnent les mouettes des villes portuaires, Nantes notamment, sa ville natale, et les mélodies des soeurs jumelles des "Demoiselles" ou celles de "Peau d'âne" interprétée par Catherine Deneuve, sa muse inspiratrice.
L'exposition révèle nombre de peintures, photos et dessins inédits du cinéaste aux côtés de clichés inédits de sa compagne Agnès Varda et d'oeuvres réalisées par ses plus proches collaborateurs, dont celles de Michel Legrand, " son frère de cinéma".
On y découvre un monde hybride, mêlant merveilleux et réalisme, joie et mélancolie, fait de chassés-croisés amoureux et chorégraphiques, un monde chromatique, intégrant l'expression artistique de son époque et des artistes qui l'ont influencé comme Jean Cocteau. En témoigne notamment la galerie d'art Lancien qui apparaît dans "Les demoiselles de Rochefort", reconstituée pour l'exposition.
Fausse légèreté
"Ce monde n'est pas aussi acidulé qu'il y paraît, il donne un sens à l'esthétique, traite de la passion, de l'amour, de la guerre avec une fausse légèreté, qui est une forme de pudeur car c'était quelqu'un de très pudique", dit à l'AFP Rosalie Varda, fille d'Agnès Varda et fille adoptive de Jacques Demy.
La scénographie met en scène l'itinéraire artistique d'un cinéaste happé par la Nouvelle Vague, audacieux rêveur solitaire, "amoureux" des actrices mais révélé par une femme photographe et artiste, Agnès Varda, réalisatrice, qu'il rencontra en 1958 à Tours et épousa. Leurs enfants, Rosalie Varda et Mathieu Demy, qui travaillent aux côtés d'Agnès Varda à la restauration et la transmission de l'oeuvre de Demy, ont largement contribué à la réalisation de l'exposition.
Après Nantes, sa ville natale, où Jacques Demy conçut ses premiers films d'animation, le visiteur pénètre ainsi dans la mélodie noire et blanche de "Lola" avec Anouk Aimée (1960) et "La baie des anges" (1962) avec Jeanne Moreau, dont une version restaurée sera projetée exceptionnellement lors de l'inauguration.
Il arrive ensuite de plain-pied dans les décors des films chantés, "son acmé", dit M. Orléan : "Les demoiselles de Rochefort", West Side Story à la française avec Catherine Deneuve, sa soeur, Françoise Dorléac, Gene Kelly et George Chakiris, et "Les parapluies de Cherbourg", opéra populaire sur les désillusions de l'amour, pour lequel il obtint la palme d'or à Cannes en 1964.
Après la "période américaine", riche en rencontres, un vaste espace est consacré au conte: "Peau d'âne", vrai succès populaire, "Le joueur de flûte", "Lady Oscar". On peut y admirer la vraie peau d'âne du film, la baguette magique et les robes "couleur de lune et de soleil".
Le parcours s'achève sur une période plus sombre, autour de films où la mort rôde ("Une chambre en ville", "Parking", "Trois places pour le 26") et sur la cinémathèque personnelle du réalisateur et ses héritiers.
Il se prolonge avec une application téléchargeable de l'exposition et dans un catalogue co-édité par la Cinémathèque française, Ciné-Tamaris et Skira-Flammarion.
("Le monde en-chanté de Jacques Demy", Cinémathèque française, 52 rue de Bercy, du 10 avril au 4 août).
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