Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 26/05/2011 à 08h53

Un radar pédagogique au bord d'une route / AFP
Ca brouille sur toute la ligne avec l'histoire des radars. Les députés UMP, en guerre contre la suppression des panneaux signalant les radars fixes, avaient cru comprendre mardi, lors d'une réunion avec les ministres compétents, que le démontage de ces fameux panneaux serait suspendu et que ceux qui seraient retirés seraient remplacés par des radars pédagogiques. Ce mercredi, à l'Assemblée - dans une ambiance de fond de car scolaire - Claude Guéant a répété que les panneaux signalant les radars fixes, qui ne remplissent plus selon lui leur rôle de prévention, seraient bien retirés. Quant aux radars pédagogiques, ils ne serviront pas à les remplacer mais seront installés de manière aléatoire. Bref, un vrai tango avec un levier de vitesse.

Le député des Bouches-du-Rhône Richard Mallié, instigateur d'une lettre de protestation adressée lundi au Premier ministre par quelque 80 députés du parti majoritaire, avait salué dans la foulée une "avancée phénoménale". Dans le même temps, François Fillon et Nicolas Sarkozy faisaient savoir tous deux que le gouvernement n'avait aucunement l'intention de reculer dans sa mission de faire baisser le nombre de morts sur les routes. Le soir même, Claude Guéant leur emboîtait le pas dans le journal de France 2 et mercredi, François Baroin tentait une clarification à l'issue du conseil des ministres. "Certains parlementaires ont, certainement de bonne foi, compris qu'on remplacerait les panneaux avertisseurs par des radars pédagogiques, il n'en est absolument rien", a dit le porte-parole du gouvernement. "Il y aurait quelque chose de curieux, honnêtement, à supprimer un panneau pour le remplacer par un radar pédagogique plus cher et retrouver le radar répressif quelques centaines de mètres plus loin", a ajouté le ministre du Budget.
"Le gouvernement nous prend pour des cons"
Pas de recul, donc, et des députés UMP qui n'y comprennent plus rien, à l'image de Yannick Favennec. "Il y en a marre des incohérences du gouvernement", a pesté ce dernier dans un message posté sur Twitter. "Ca va finir par un printemps des députés si le gouvernement continue à nous prendre pour des cons", a-t-il ajouté en allusion au "printemps arabe" qui a emporté les dirigeants tunisien et égyptien.
Un peu plus tard, toujours à l'Assemblée et dans une ambiance quelque peu chahutée, Claude Guéant a répété que les panneaux signalant les radars fixes, qui ne remplissent plus selon lui leur rôle de prévention, seraient bien retirés. Quant aux radars pédagogiques, ils ne serviront pas à les remplacer mais seront installés de manière aléatoire, a-t-il ajouté. "Il y a une complète identité de vues entre le gouvernement et la majorité sur les questions de sécurité routière", a assuré le ministre de l'Intérieur devant un auditoire dissipé et visiblement peu convaincu. Christian Jacob a bien tenté de faire croire que l'harmonie régnait de nouveau, grâce à cette mise au point, entre le gouvernement et les députés. "La position de Claude Guéant et du gouvernement est très claire, sans ambigüité et vient d'être rappelée devant la représentation nationale", a-t-il dit.
4.000 morts chaque année
Les accidents de la route tuent environ 4.000 personnes chaque année en France et les chiffres d'avril ont été catastrophiques avec 355 morts, soit près de 20% d'augmentation par rapport au même mois l'an dernier. Le gouvernement a jugé qu'il était urgent de réagir mais a touché une corde sensible en voulant cesser de signaler la présence des radars, donnant ainsi l'impression aux députés de la majorité et à leurs électeurs que son souci était davantage une lucrative verbalisation que la prévention. L'affaire des radars, qui menace de virer à la crise politique et a fait dire à certains que François Fillon avait perdu la confiance des députés UMP, est loin d'être terminée.
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