"La marque du Mailhot" : "Pourquoi pas un poste de Judas au faubourg des arrivistes !"
Créé le 01/06/2011 à 20h20

Les fruits et légumes espagnols sont dans le collimateur des consommateurs européens / AFP
Inquiets, en colère, les producteurs espagnols ont affirmé mardi que "presque toute l'Europe" a arrêté d'acheter leurs fruits et légumes en raison de la suspicion de présence d'une bactérie sur leurs concombres, dont l'Espagne est le premier producteur européen.
"C'est comme s'il y avait une consigne dans toute l'Europe de ne pas acheter des produits espagnols", s'est lamenté lors d'une conférence de presse Jorge Brotons, président de la Fédération espagnole des producteurs-exportateurs de fruits et légumes (Fepex). "Maintenant il y a des supermarchés allemands qui ont mis le panneau "Ici on ne vend pas de produits espagnols", a cité en exemple le directeur de la Fepex, José Maria Pozancos.
Cinq jours après l'apparition des premiers cas de la bactérie E.coli, responsable de diarrhées sanglantes, le bilan est désormais de 16 morts en Suède et en Allemagne, pays dont les autorités ont incriminé des concombres d'importation espagnole.
En Espagne, premier producteur européen de concombres, l'épidémie est économique. Interrogé sur les pays ayant cessé d'acheter des fruits et légumes à l'Espagne, Jorge Brotons a répondu : "presque toute l'Europe. Il y a un effet domino à tous les légumes et les fruits. On a créé une psychose". Les produits les plus touchés sont "en grande mesure les légumes, mais dans un deuxième temps les fruits aussi sont affectés", a-t-il assuré. José Maria Pozancos a cité "le poivron, la laitue, la tomate" comme les cultures les plus touchées après les concombres et s'est inquiété pour "les fruits à noyau, dont la saison commence". Selon l'office européen des statistiques Eurostat, l'Espagne est aussi le premier producteur européen d'oranges et deuxième producteur européen de fruits et légumes en général.
En 2010 selon la Fepex, le pays a exporté 9,5 millions de tonnes de fruits et légumes, dont 450.000 tonnes de concombres. Le secteur représente 300.000 emplois. Cette crise "peut causer la ruine du secteur", s'est inquiété M. Brotons, précisant que 25% des concombres espagnols exportés le sont vers l'Allemagne et qu'"il n'y a pas de marchés alternatifs". "Les commandes chutent de jour en jour", a-t-il ajouté, et "nous évaluons les pertes à environ 200 millions d'euros par semaine" car "chaque semaine nous jetons des centaines de tonnes de produits". Pour M. Pozancos, l'excédent non commercialisé représente "150.000 tonnes par semaine".
L'heure est désormais à la colère : "les autorités allemandes ont agi de manière totalement incorrecte", a-t-il dit, alors que "le problème ne vient pas de nous, il se trouve là où a été détecté la bactérie, en Allemagne". "Nous demandons une compensation pour ces pertes", une compensation "au prix du marché" et non au tarif prévu en cas de crise, 3 centimes par kilo. Les producteurs souhaitent aussi qu'en cas de retrait de leurs produits du marché, contre indemnisation, la production concernée ne soit pas entièrement détruite mais puisse être donnée gratuitement, à des organisations caritatives par exemple. "C'est un problème allemand qui doit être résolu par les autorités allemandes", a renchéri M. Pozancos et "la rectification (qui sera) apportée par l'Allemagne doit impliquer un rétablissement de l'image des produits espagnols". De même, "notre gouvernement doit défendre notre position" et "une intervention du président du gouvernement (José Luis Rodriguez Zapatero) doit être à l'ordre du jour", a jugé M. Brotons.
(Avec AFP)
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