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Les Russes vont-ils oui ou non acheter le "Mistral" ?

Créé le 26/07/2010 à 06h27 - Mis à jour le 26/07/2010 à 07h20

Jean-Louis Gombeaud

Jean-Louis Gombeaud / La rédaction de RTL

Le "Mistral" a-t-il été vendu par la France à la Russie ? Vendredi, devant 300 ouvriers de St-Nazaire, Nicolas Sarkozy annonçait la construction et le vente à la Russie de 2 navires de guerre " Mistral". Mais le lendemain , samedi, Moscou mettait un bémol. Ce porte-hélicoptères ne sera acheté que tout équipé - transfert de technologie. Or Paris refuse. Alors, qui va céder ? Les Russes ou les Français ? La chronique de Jean-Louis Gombeaud.
En tout cas, si les Français disent "banco", dans 4 ou 5 ans, les Russes sortiront leur Mistral gagnant. Il faut se mettre à leur place : des carcasses de bateaux, ils savent en fabriquer. Leur problème, c'est l'aménagement pour transporter des hélicoptères et des tanks. Ils disent alors : "D'accord pour acheter le tout 1,5 milliard d'euros, mais à condition que vous mettiez dans le paquet les moyens de pouvoir, un jour, fabriquer la même chose". Or, on pense qu'il leur faudra, pour cela, 4 ans.

Car 4 ans ont suffi aux Chinois pour fabriquer un TGV, après que les Allemands leur en ont vendu un avec transfert de technologie. Maintenant, les TGV chinois sont devenus nos concurrents, en Californie et en Arabie Saoudite. L'histoire du Mistral est encore plus compliquée, parce qu'il s'agit de matériel militaire. Les Américains exercent une pression extraordinaire sur l'Elysée. Mais Moscou répond : "Expliquez-nous pourquoi ce que vous avez accepté avec l'avion militaire, Rafale, à destination du Brésil, vous nous le refuseriez. On n'est plus soviétique, on est russe".

Maintenant, comme Nicolas Sarkozy a annoncé, vendredi, en public, devant les premiers intéressés - les ouvriers de Saint-Nazaire - que l'affaire serait signée, alors que, depuis le début, les Russes ont donné leurs conditions, on imagine mal un recul du président. Vendredi, au chantier-naval, il a brûlé ses vaisseaux.

Peut-on vendre sans transfert de technologie, aujourd'hui ?

Non. Car si, depuis toujours, le client est roi, aujourd'hui, il est le dieu. On manque tous de clients, donc, il faut passer par leurs conditions : le transfert de technologie. Face à cela, il est impératif de garder notre avance, sinon, à force de transférer, on va passer le relais et se faire distancer. Le malheur, c'est que tout le monde s'y met et entraîne les autres. Par exemple : Airbus, a transféré une partie de la technologie de l'A-330 aux Chinois, sinon Boeing l'aurait fait. C'est comme cela que l'on crée de futurs concurrents. Bref, aux concurrents d'aujourd'hui, vous coupez l'herbe sous le pied et ainsi vous donnez de quoi vous brouter la laine sur le dos à celui de demain.

*** L'autre Info

Concerne les contrôles fiscaux qui, selon le quotidien "Les Echos", ont rapporté près de 15 milliards d'euros, en 2009, à l'État. Un peu moins qu'en 2008 et 2007. Mais si on ajoute les sommes récupérées par la cellule de régularisation des évadés fiscaux - un milliard d'euros - les sommes sont comparables. Mais l'année 2009 a eu surtout ceci de particulier, selon "Les Echos" qui citent le rapport de Bercy, c'est que les demandes gracieuses formulées par des contribuables qui ne peuvent pas payer à cause de la crise, sont en nette augmentation. Près de 10% : 970.000 contribuables disent qu'ils ne peuvent pas payer à cause de la crise.














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