Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 07/02/2012 à 17h06

Un vol d'Air France / AFP / Eric Piermont
Au deuxième jour de grève contre le projet d'instaurer en France un service garanti dans les transports aériens, Air France revoit ses prévisions de vols à la baisse. La compagnie française, la plus touchée par ce conflit, annule ce mardi la moitié de ses vols longs-courriers et 30% de ses vols courts et moyens-courriers. La grève, organisée par les syndicats français de pilotes de ligne et de la majorité des organisations de stewards, hôtesses et personnels au sol, doit durer jusqu'à jeudi inclus. Lundi sur RTL, le ministre des Transports Thierry Mariani a déclaré que le gouvernement irait "jusqu'au bout" dans sa volonté d'encadrer le droit de grève dans les transports aériens.
La grève affecte particulièrement Air France
Lundi, la compagnie a été contrainte d'annuler près de 20% de ses vols à la dernière minute. Le SNPL, principal syndicat de pilotes, a affirmé que le mouvement social a été "bien suivi", avec plus de 50% des pilotes en grève. Air France a pu exploiter plus de 85% de son programme de vol long-courrier. Sur son réseau moyen-courrier, la compagnie a réalisé son programme à plus de 75%, selon un communiqué.
Le site Internet d'Air France
Une atteinte au droit de grève ?
Les syndicats se mobilisent en effet contre un projet de loi voté fin janvier en première lecture par les députés.
Le texte du député UMP, Eric Diard, impose notamment aux grévistes, sous peine de sanction, de se déclarer individuellement 48 heures à l'avance. Chaque gréviste devra aussi dire sa volonté de reprendre le travail 24 heures à l'avance. Le texte impose aux compagnies de communiquer des prévisions de trafic 24 heures en amont.
L'objectif est d'instaurer, à l'instar de ce qui est mis en œuvre à la SNCF et à la RATP, un "service garanti" qui est en fait un service optimisé en fonction des moyens humains disponibles.
Pour les syndicats, ce texte vise "à limiter le droit de grève" dans un secteur privé et sans monopole. Ils dénoncent, selon les mots du principal syndicat d'hôtesses et de stewards Unac, "l'absence de concertation préalable pourtant prévue par le Code du travail".
La quasi-totalité des syndicats de l'aérien - pilotes, hôtesses et stewards, personnels au sol, prestataires - ont appelé à cesser le travail de lundi à jeudi soir. Le texte, voté fin janvier par les députés, doit passer au Sénat le 15 février.
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