Didier Prod'homme parle de PIVOINA

Thierry Dusuatoir et William Servat place du Capitole à Toulouse avec le bouclier de Brennus
Crédit : AFP/R.GabaldaCrédit : Patrick Isson
Un budget et un effectif qui permet de voir venir
Mais malgré la Coupe du monde, neuf journées disputées sans une dizaine d'internationaux, et une hécatombe de blessures qui a frappé le poste de talonneur, Toulouse a réussi à conserver son titre, ce qu'aucun club n'avait fait depuis Biarritz en 2005 et 2006.
"C'est une saison exceptionnelle parce que ce titre a été acquis dans une énorme difficulté", souligne l'entraîneur des trois-quarts Jean-Baptiste Elissalde, qui a même pris brièvement une licence de joueur pour compenser l'absence de Jean-Marc Doussain, appelé en urgence avec le XV de France durant la Coupe du monde: "Cette saison a été difficile de bout en bout, depuis le 10 août l'année dernière, et on a toujours réussi à s'en sortir".
N'en déplaise au manager Guy Novès, le Stade Toulousain, son premier budget du Top 14 (33,18 millions d'euros) et son effectif inégalé en Europe alliant les meilleurs internationaux (Servat, Albacete, Maestri, Dusautoir, Picamoles, Fritz, Clerc...), quelques-uns des meilleurs Espoirs français (Tolofua, Galan...) et quelques pépites de l'hémisphère Sud (Steenkamp, McAlister, Matanavou,...) est clairement le club le mieux armé pour affronter les cadences infernales du rugby français.
Les Toulousains ont été premiers du Championnat sans discontinuer depuis le 5 novembre et les premiers qualifiés pour la phase finale. Ils ont bouclé la phase régulière avec la deuxième meilleure attaque (derrière Clermont) et la troisième meilleure défense (derrière Clermont et Toulon) malgré un passage à vide au printemps.
"On a plutôt bien géré les 'doublons' en début de saison, mais l'absence de nos internationaux, le fait de devoir les remettre en place mentalement, nous a coûté cher, notamment en Coupe d'Europe", selon Elissalde.
L'élimination en H-Cup salvatrice ?
Le 7 avril, l'armada toulousaine a été fantômatique en quart de finale chez les Ecossais d'Edimbourg (19-14). Les internationaux qui avaient enchaîné pratiquement sans coupure la saison précédente de Top 14, la Coupe du monde puis à nouveau la saison domestique et le Tournoi des six nations ont marqué le pas.
On a connu une période difficile après l'élimination, mais on a la chance d'avoir un groupe incroyable qui, même s'il a tout gagné, sait se remettre en question", explique Patricio Albacete.
Cette élimination aura été salutaire. Elle a allégé le calendrier et permis aux Toulousains de se recentrer sur l'essentiel, ce qui, à défaut de jeu léché, a fait leur force en phase finale, où ils n'ont pas inscrit un essai mais fait preuve d'un redoutable réalisme adossé à une solide conquête et une défense hermétique.
Bru s'en va, Servat arrive
Cette saison aura d'abord forgé l'esprit d'un groupe profondément remanié à l'intersaison avec les départs de Heymans, Skrela, Michalak ou Kelleher, et les arrivées de Burgess, McAlister, Steenkamp et Beauxis. Avec un effectif relativement stable (arrivées des jeunes Kakovin et Fickou et de Yoann Huget), reste désormais à bâtir plus solidement son jeu.
Ce sera le défi du nouvel encadrement, sans le réputé Yannick Bru, entraîneur des avants, qui rejoint le XV de France à plein temps et est remplacé par William Servat, novice dans ce rôle. 
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