
La ministre des Sports Valérie Fourneyron et le président de la République François Hollande, le 30 juillet 2012 aux JO de Londres
Crédit : AFP / Toshifumi KitamuraCrédit : Philippe Corbé
Philippe Corbé : vous êtes en direct de Londres, du Club France. Vous avez vibré hier soir, je pense, comme nous tous devant ces basketteuses françaises qualifiées pour la finale des Jeux Olympiques face aux Américaines. C'est incroyable ce qu'elles ont fait, non ?
Valérie Fourneyron : oui, c'est incroyable et c'est à l'image des collectifs français qui ont été au rendez-vous de ces Jeux.
Elles sont formidables ces basketteuses.
Elles sont formidables, ces basketteuses, oui. Vraiment, on a envie déjà de les féliciter, comme tous les collectifs français qui ont été au rendez-vous de ces Jeux, même s'il y a une petite déception sur l'équipe de football féminine. Là, ces basketteuses sont fabuleuses. Elles étaient encouragées aussi par les masculins, qui étaient là derrière elles. Et on a envie de vivre vite cette finale contre les États-Unis.
Petite déception par contre pour Christophe Lemaître qui n'est, entre guillemets, que 6ème du 200 mètres. En même temps, c'était attendu. Il n'était pas parmi les meilleurs mondiaux.
Oui, arriver en finale du 200 mètres olympique c'est déjà une performance exceptionnelle pour Christophe Lemaître, qui est encore jeune.
Alors, une finale du 200 mètres avec trois Jamaïcains sur le podium. Et certains, ce matin, se posent des questions sur cette équipe jamaïcaine. Par exemple, Carl Lewis, qui est quand même une référence, souligne ce matin que la Jamaïque n'a pas de contrôles anti-dopage aléatoires, qu'ils peuvent rester des mois sans être testés et du coup, jette une sorte de voile sur cet exploit de Bolt et des deux autres Jamaïcains en finale du 200 mètres.
Les Jamaïcains ont toujours été extrêmement forts en sprint. Dans toutes les compétitions internationales, il y a l'occasion, toutes les compétitions internationales et dans les semaines et les mois qui précèdent, des contrôles anti-dopage qui sont effectués, donc ne jetons, je dois dire, cette performance, qui est exceptionnelle, avec des interrogations qui, il me semble, n'ont pas lieu d'être aujourd'hui.
Donc, si on fait le compte, grâce au taekwondo, ça nous fait 29 médailles. On est vendredi matin. Il reste encore trois journées de compétitions jusqu'à dimanche soir. On aura du mal à atteindre les 41 médailles de Pékin, non ?
En tout cas, ce que je remarque, c'est que ce matin on est déjà 7ème nation mondiale, alors qu'on était, à Pékin, 10ème nation, qu'on a une médaille d'or supplémentaire. Démarrer une première semaine absolument exceptionnelle avec la natation, le judo, le canoë-kayak, c'est un petit peu... Je dois dire, les épreuves étaient moins favorables à la France depuis, et puis, il reste trois jours avec de grandes chances de médailles, qu'il s'agisse du BMX, du VTT, du pentathlon, de l'athlétisme. Encore Lavillénie, Mesnil, Lamarche, Diniz, donc encore de grandes chances de médailles. Le canoë en K2, F1. Vraiment, il y a trois jours. Il faut respecter ces athlètes qui sont encore en course jusqu'au bout.
Mais on a des catégories, des compétitions qui, d'habitude, donnent beaucoup de médailles à la France, comme l'escrime, l'équitation, le cyclisme qui, aujourd'hui, n'ont pas de médaille ou en tout cas des résultats de cyclisme sur piste un peu décevants. Est-ce que vous allez en tirer des conséquences pour les prochaines olympiades et pour les prochains championnats du monde ?
Bien sûr, c'est toujours important de faire le bilan après les olympiades. Ce sont des années de préparation. Faire le bilan d'ailleurs à la fois pour les disciplines qui sont au rendez-vous. Pour préparer la suite, il faut toujours anticiper en sport et puis pour les disciplines qui ne le sont pas, c'est vrai qu'une déception forte pour l'escrime, où on a toujours été un pays extrêmement brillant. Déjà l'épée hommes et femmes ne s'était pas qualifiée. Il est nécessaire de le faire avec tous les acteurs. De ne pas, dans la période de grande déception dans laquelle vivent les tireurs, se renvoyer les responsabilités mais tout simplement d'être au rendez-vous à la fois de la réflexion sur le projet individuel des tireurs, l'organisation administrative de la Fédération, son encadrement, les moyens que met le service public du sport pour pouvoir poser un peu les raisons de cette déception. Et puis, déception aussi à la boxe parce que nos boxeurs étaient au rendez-vous et une organisation arbitrale qui, aujourd'hui, a été entièrement rénovée depuis les Jeux de Pékin et qui, à l'évidence, ne donne pas encore toute satisfaction.
Valérie Fourneyron, nous le disions, la France a commencé très fort, très vite dans les premiers jours. Et on se demande du coup si le Président de la République n'a pas parlé trop vite le lundi, il y a dix jours lorsqu'il était à Londres. Il s'était gentiment moqué du compteur britannique qui était resté un peu terne par rapport au nôtre. Et aujourd'hui, quand on voit les Britanniques, ils sont 3ème dans le classement des médailles. Ils ont plus d'une vingtaine de médailles d'or. Est-ce qu'il n'a pas parlé un peu trop vite ?
Le Président de la République a une ambition pour le sport français et sur ce registre, on est au rendez-vous. Et c'est vrai que le Britanniques aujourd'hui, après un démarrage...
Assez calme...
... assez calme, sont largement devant nous. Quand on accueille les Jeux, c'est bien sûr un avantage. On a vu tout ce public au vélodrome derrière ses cyclistes. Et puis, il y a eu des choix, des choix faits ces quatre dernières années. Peut-être des choix d'ailleurs assez de court terme mais extrêmement efficaces, de concentrer tous leurs moyens sur un certain nombre de disciplines et sur ces disciplines, à l'évidence, ils sont au rendez-vous avec aussi beaucoup d'innovations.
Par exemple, le cyclisme sur piste, où ils ont quasiment tout raflé en or et du coup, ils n'ont pas beaucoup aimé les critiques françaises sur le matériel. Même le Premier Ministre David Cameron s'est exprimé pour donner finalement une leçon de fair-play à la France.
La mobilisation justement des entreprises, de l'innovation ici à l'occasion de ces Jeux pour le cyclisme est, il me semble, un élément important à regarder avec intérêt car j'ai toujours des regrets de voir que les entreprises sont à côté du monde du sport, parfois pour les soutenir, ça elles sont très importantes mais pas pleinement impliquées dans la performance sportive. Et là, on a de bons exemples d'une mobilisation autour de l'innovation du matériel de cycliste, qui a payé à l'évidence.
Donc, on repartira de Londres avec une leçon de fair-play. Le sport, c'est aussi, Valérie Fourneyron, la Ligue 1, qui commence ce week-end. Et vous savez, beaucoup de Français sont choqués par les rivières d'argent déversées par le PSG cet été. 139 millions dépensés pour les transferts. C'est 50 millions de plus que le deuxième club, Chelsea. Est-ce que c'est sain cette ambiance dans le sport français au moment où débute la Ligue 1 ?
On vient des Jeux Olympiques dont 90% des athlètes qui sont aux Jeux ont de très petits revenus. C'est vraiment, on a l'impression d'être dans un secteur qui est, c'est vrai, moi je l'ai exprimé, c'est déraisonnable en termes de moyens financiers surtout dans la période actuelle.
Surtout, c'est choquant pour les Français qui ont du mal à payer leurs factures et, peut-être, aimeraient bien payer un abonnement pour aller voir le match au PSG.
Oui, c'est vrai, ces sommes sont choquantes pour ceux qui ont peu et ils sont nombreux dans la période. Et c'est aussi choquant parce que, sur le plan européen, le football est malade. Bien sûr, le PSG va bien avec les moyens qu'il a aujourd'hui. Mais à côté du PSG, il y a beaucoup de difficultés dans le football européen. Dans plus de 20 clubs en Espagne, les joueurs n'étaient pas payés à la fin de la saison. On a aussi des joueurs qui ne sont pas payés en Italie. On a la nécessité, sur le plan européen, d'avoir une vraie régulation financière du football car il est malade en réalité, le football aujourd'hui.
On en reparlera évidemment du football sur RTL tout le week-end avec le début de la Ligue 1 et on reparlera des Jeux Olympiques à Londres en direct, tout à l'heure à 8H30 dans "On refait les Jeux". Merci beaucoup, Valérie Fourneyron. Vous avez passé une bonne quinzaine olympique, vous avez aimé les Français ?
J'ai beaucoup aimé les Français mais je crois que dans tout le pays, en métropole et dans les DOM-TOM, on a beaucoup aimé les Français.
Formidable. Merci beaucoup, Madame Fourneyron. Donc, vous êtes la Ministre des Sports. Vous étiez en direct de Londres.
Publicité
Publicité
10/04/2013 - 09h48
10/04/2013 - 09h47
10/04/2013 - 09h36
10/04/2013 - 09h34
Publicité
Publicité
Afin d’assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr et pour tous les blogs.