
L'ancien joueur de tennis et chanteur Yannick Noah
Crédit : AFP / Archives, Pierre AndrieuCrédit : Eric Frosio
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Sur les premiers mois du mandat de François Hollande
"C'est difficile d'être enthousiaste quand on est en période de crise, quand tout le monde doit se serrer la ceinture. Les gens se sont dit que ça allait être dur pour les autres, mais c'est pour tout le monde. Les gens qui ont l'habitude d'avoir des privilèges, qui ont l'habitude d'avoir tout ce qu'ils veulent tout le temps, vont aussi devoir se serrer la ceinture. Donc ils gueulent. En période de récession, il faut faire des sacrifices, donc ça n'est pas populaire, mais ça n'est pas la fin du monde. C'est pas un gouvernement qui va changer ça d'un coup, il faut payer cette dette."
Sur les chances de réélection de Barack Obama
"J'ai une confiance totale en cette personne. Mais le système américain est ainsi fait que lorsque tu es président tu ne peux quasiment rien faire. Il a essayé de gérer la crise, comme tous les chefs d'Etat de cette génération. Un combat perdu d'avance. Il a tout de même réussi à donner la sécurité sociale à des millions de gens. Aux Etats-Unis, quand tu es pauvre et malade tu peux crever. S'il ne passe pas, on aura Mitt Romney président des USA, et les gens verront bien comment ça se passera."
Sur l'affaire des paris suspects
"C'est hard ce qui leur arrive. Le danger du pari sportif existe depuis sa création. Je ne pense pas qu'il se passe un jour sans qu'il y ait une arnaque dans les paris sportifs. Quand tu vois que certains sites sont sponsors d'équipe... Les paris sportifs sont encore plus dangereux que le dopage. Là on balance des carrières, des êtres, sous forme de sacrifice pour la bonne conscience des gens. Je suis à 1.000% avec eux. Ce qu'on leur fait c'est dégueulasse. Va-t-on faire un débat de fond sur les paris sportifs ? S'ils sont suspendus, ça ne changera rien du tout."
Sur le N.1 français, Jo-Wilfried Tsonga
"Aujourd'hui le joueur qui a le pouvoir de faire rêver les amateurs de tennis, les jeunes, c'est Jo. Il n'y en a pas d'autres. C'est le seul, c'est notre porte drapeau, c'est le meilleur et il est le meilleur (joueur français) depuis longtemps. Il frappe à la porte des 4-5 mondiaux, il est juste là, à la porte. Et à ce niveau, ça se joue à des détails de préparation, de tactique et de technique. Je ne pourrais pas tout énumérer exactement, mais ce sont des subtilités. Il peut être cette personne. Les autres sont un peu derrières".
Sur une potentielle future collaboration entre lui et Tsonga
"De mon expérience de joueur et de capitaine de l'équipe de France, la chose la plus importante c'est lorsque le joueur décroche son téléphone et appelle son entraîneur. C'est la chose la plus importante. Ce n'est pas à l’entraîneur de faire les appels, ce n'est pas à l'entraîneur d'envoyer des signes. Moi j'ai eu deux coaches dans ma vie et j'avais envie de travailler avec eux. Et c'était une confiance sans faille, c'était une confiance totale. Quand Patrice (Hagelauer) me disait fait ça, j'y allais à fond et quand, en fin de carrière, j'ai travaillé avec Dennis Ralston, j'ai travaillé sur des ajustements et j'avais une confiance totale. Si Jo a une confiance totale en quelqu'un, il faut qu'il décroche son téléphone et qu'il l'appelle. Il y a des gars qui sont à même de lui apporter ce quelque chose et ce n'est pas forcément des choses qu'il attend lui-même, ce sont peut-être des choses qu'il va découvrir. Je pense qu'il y a une dizaine de coaches qui peuvent lui apporter quelque chose, mais pas forcément ce qu'il attend. J'ai lu qu'il disait 'oui je voudrais d'un coach qui m'apporte telle ou telle chose'. Mais ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Tu appelles un gars et le gars te dit voilà, maintenant on va prendre cette direction et tu me suis. Et là ce pourrait être intéressant pour lui. Est-ce que je suis cette personne ? Je ne sais pas, je n'en sais rien. Ce n'est pas d'actualité mais il y a pleins de gens qui peuvent lui apporter quelque chose, des subtilités. Jo est 5 ou 6ème mondial, on ne va pas lui changer son jeu. Ce sont de petites choses.
Avec Jo on a plein de choses en commun, c'est assez étonnant. Un parcours en commun, on est à peu près au même niveau, moi j'ai été entre la 7ème et la 4ème, 3ème place dans mes meilleurs classements, donc c'est le même niveau et leader de l'équipe donc il y a plein de choses qu'on a en commun. Jo, il m'appelle quand il veut, je réponds a toutes ses questions. Je ne serai jamais son coach, je ne serai jamais coach, mais je peux passer du temps avec lui, il peut venir bouffer à la maison. Je ne sais pas ce qu'est un coach. Non je n'irais pas porter ses raquettes chez le cordeur, mais on peut parler quand il veut et il le sait. Je pense qu'il a une période où il cherche. Il a fait une bonne saison comme ça (sans coach) et là il s'aperçoit qu'il a besoin de quelqu'un. Il y a six mois, il n'avait pas cette envie-là. Donc c'est bien, j'ai toujours pensé qu'à un moment, on a besoin d'un coach, c'est évident. Mais il faut en être persuadé et là il en est persuadé. Si j'avais un conseil à lui passer, c'est oui, prends un coach mais fais confiance au coach".
Sur le nouveau PSG
"J'ai l'impression que depuis 15 ans on est punis. Pas le PSG, le foot français. Notre système est ainsi fait que dès qu'on a un joueur qui est à peu près bon, il se barre. Le foot c'est un jeu, c'est bien de faire du sport à l'école, mais quand tu vas au stade, tu veux t'éclater, tu vas voir un spectacle et nous on n'a pas le droit à ça. Tous nos joueurs, nos meilleurs joueurs, car on a eu une génération fantastique, ils jouaient en Espagne, en Angleterre, en Italie. Donc on n'avait pas la possibilité d'amener nos gosses le dimanche, voir ces joueurs en vrai. On était obligé de prendre le câble pour voir nos joueurs jouer à l'étranger. Là avec le PSG, on a cette possibilité incroyable et je le vis intensément car j'ai deux garçons qui aiment le foot. A l'époque j'avais la possibilité d'amener mon grand garçon voir les Roche, Lama, Weah, Valdo, Ginola et on s'éclatait à aller au stade. Je me rappelle de l'excitation du papa qui amène son fils et on y allait parce qu'on allait voir un beau spectacle. Et d'un coup, durant 10-15 ans, plus rien. Moi je ne suis pas le supporter qui va gueuler dans les stades, mais je vais voir du beau jeu. Et la, à nouveau, on a ce sentiment.
Je suis allé trois fois avec mon petit de huit ans qui les posters d'Ibrahimovc dans sa chambre, qui revibre, qui a le maillot, qui veut joueur au foot, qui va s'entraîner à Meudon avec ses copain et ça c'est un peu grâce à ça. On peut à nouveau rêver. Je le sens dans le stade que les gens sont joyeux, il n'y a plus cette espèce de tension, la baston, il y a de nouveau le sourire et ça c'est ce que nous ont amené les nouveaux propriétaires. Ça n'a pas de prix, c'est fantastique et puis ce n'est que le début. J'imagine les soirées de Coupe d'Europe. Mais ça aurait été une autre équipe c'était pareil. J'étais fan de l'OM quand ils flambaient. J'étais à la finale de Coupe d'Europe quand ils ont battu Milan. J'étais avec Joakim (Noah) aussi qui était môme et qui avait sept ans. Nous Français, on a le droit de s'éclater avec nos clubs. Moi je trouve assez dégueulasse que l'on n'est pas eu la chance de voir Zizou tous les dimanches au stade.
Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui n'ont pas compris comment le sport professionnel marchait. On est en 2012 et il y a encore beaucoup de gens en France qui ne réalisent pas que c'est un sport pro, c'est du business. Et quand on paye un joueur cher, c'est parce qu'il ramène beaucoup d'argent. Aujourd'hui, on vit à une époque où ce sont les droits TV qui gèrent tout. Et si demain il y a un joueur fantastique et qu'au moment où il rentre sur le terrain toutes les télés s'éteignent, il ne vaut pas cher. Mais si tout d'un coup, les gens s'abonnent parce qu'il y a ce joueur ou ces joueurs qui sont là, quand les stades sont pleins, ça génère beaucoup d'argent. Ce n'est pas juste de l'argent qui serait volé au contribuable, les gens sont complètement bloqués la dessus. Ce n'est pas ça. Quand on fait venir un joueur de la qualité d'Ibrahimovic, ce sont des milliers, des millions de gens qui d'un coup s'intéressent au jeu, qui allument la TV, qui regardent le match. Je parle en France mais aussi à l'extérieur, qui s'intéressent au PSG. Et moi au premier degré, c'est mon gamin qui tapisse sa chambre du jour au lendemain de posters du PSG. Ça ça n'a pas de prix. Quand le mardi soir, mon fils se couche et que je le vois endormi et qu'il a déjà préparé sa tenue au pied de son lit pour demain. Il se met à rêver et c'est ça, pouvoir faire rêver les mômes. On oublie ça. C'est important la force du rêve pour les enfants et là, c'est ce qu'on est en train de faire et ça pour moi, ça n'a pas de prix."
Sur le Brésil qui accueillera la prochaine Coupe du Monde et les Jeux Olympiques
"J'aime beaucoup me retrouver ici de temps en temps, c'est un pays si chaleureux. On a l'impression d'être un peu loin des problèmes même si il y en a et certainement plus gaves que les nôtres. Mais il y a une joie de vivre, une joie de survivre qu'on n'a pas encore. La Coupe du Monde (2014) au Brésil, ce sera dans le pays du foot, pour ma génération le Brésil est le pays du foot. Il y a du foot partout, les gens vivent le foot. Vivre la Coupe du Monde ici doit être extraordinaire, donc ça je ne veux pas rater. Et puis les Jeux Olympiques (2016), c'est un rassemblement universel. Ça va être l'occasion pour des millions de personnes de découvrir le Brésil, qu'ils ne connaissent pas et qui est un pays merveilleux. Grâce au sport, c'est un peu l'excuse pour se rencontrer."
Sur sa grosse frayeur lors de son vol vers le Brésil
"Il y a un réacteur qui a explosé au décollage. Au bout de deux minutes, ça a tangué. On a fait demi-tour et on s'est reposé. C'était assez impressionnant. Tu es toujours inquiet. L'avion est un endroit stressant, même si je voyage beaucoup. Mais tu es impuissant même si les probabilités sont moindres qu'en bagnole ou à vélo. Il y a un moment de flottement quand l'avion ne remonte plus. Je me suis dit "qu'est-ce que j'ai dit à mes gosses avant de partir". A tous, le texto se terminait par 'je t'aime'. Tu flippes un peu. Nous nous sommes aperçus de la gravité de la situation quand nous avons vus les pompiers et les ambulances qui nous attendaient. C'était très calme dans l'avion, il n'y avait pas un bruit. Mais sur le coup, tu gamberges."
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