On refait le match - Le débrief - Pascal Praud - 21/05/2013
Crédit : Yann Bouchery
Wiggins, Froome et Millar pour faire gagner le Cav'
"Il a été là pour moi en juillet, c'est son tour maintenant et nous sommes tous là pour lui", annonce le Londonien Bradley Wiggins, vainqueur dimanche dernier du Tour de France et décidé à renvoyer l'ascenseur au plus grand sprinteur de son époque. S'il veut lever les bras dans la ligne droite du "Mall" avec Buckingham en arrière-plan, Cavendish sait qu'il a besoin des autres. "Je ne suis que le dernier maillon", insiste-t-il humblement. Mais un maillon qui pourrait (qui devrait ?) se transmuter en or.
"Mark est le plan A et le reste de l'alphabet", confirme Dave Brailsford, le manager de Sky, qui dirigera la sélection britannique de la sélection britannique tant "Cav", réduit à une portion congrue (trois étapes tout de même !) lors du Tour, bénéficie du soutien complet de ses coéquipiers. A eux seuls, les coureurs retenus (Cavendish, Wiggins, Froome, Millar), auxquels s'ajoute le champion national Ian Stannard, ont gagné sept étapes du Tour et pris les deux premières places du classement final.
Leurs concurrents savent que l'offensive est nécessaire samedi (à partir de 11h00, heures françaises) dans une course de 249 kilomètres qui va chercher le circuit tracé dans les collines de Box Hill, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Londres, pour neuf tours avant de revenir dans la capitale.
"Sur un parcours comme ça, tout est vraiment possible", estime Tom Boonen, le Belge triomphateur des classiques d'avril d'autant que les équipes nationales sont limitées à un maximum de cinq coureurs par pays.
Sagan et Greipel peuvent-ils surprendre Cavendish ?
L'Australie (Goss, Gerrans), l'Allemagne (Greipel, Degenkolb), la Belgique (Boonen, Gilbert, Van Avermaet), l'Italie (Modolo, Nibali, Paolini), l'Espagne (Ventoso, L. L. Sanchez, Valverde) ont bâti des sélections mêlant sprinteurs et attaquants. Pour faire face à toutes les options d'une course qui peut très bien sourire à des individualités telles que Peter Sagan, le seul représentant slovaque, maillot vert du Tour de France, ou le Norvégien Edvald Boasson Hagen, coéquipier habituel de Cavendish chez Sky. En l'absence du tenant du titre, l'Espagnol Samuel Sanchez, quelques puncheurs peuvent contrarier les plans des finisseurs, comme le Belge Philippe Gilbert ou Vincenzo Nibali, à la tête d'une forte équipe italienne
Tous les enjeux de cette épreuve seront là : l'équipe locale, à l'image du Team Sky sur le Tour de France, est la mieux armée pour imposer un scénario que toutes ses concurrentes vont tenter de contrarier. Avec un quota maximal de cinq coureurs par nation, le contrôle de la course est malaisé, une évidence que ressentiront encore plus durement les Français.
Les Tricolores ont surtout fait parler d'eux avec la sélection rocambolesque du pistard Mickael Bourgain, appelé sur route pour pouvoir disputer le keirin sur piste : les responsables de la fédération ont ainsi démontré à quel point ils croyaient aux chances de leur équipe
Pourtant, le champion du monde espoirs Arnaud Demare, épaulé par Tony Gallopin et Sylvain Chavanel, a des atouts à faire valoir s'il se présente aux avant-postes dans le final. Mais il pourrait alors avoir à en découdre avec les clients habituels dans ce genre de situation. Et tous les clients sont présents.
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