L'image du handball français est-elle écornée par l'affaire des paris suspects ?
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Crédit : Nicolas Georgereau
Crédit : AFP TV
"Il y a matière à se poser des questions très légitimes"
Le procureur a justifié ces décisions par l' existence "de très fortes suspicions de non-respect de l'éthique sportive", révélées par "l'ensemble des investigations des enquêteurs". "Des liens très étroits ont été tissés entre les joueurs et leurs parieurs. Pour ceux qui doutaient d'un pacte, il y a matière à se poser des questions très légitimes", a-t-il souligné. "Peut-on jouer normalement un match quand on a engagé personnellement des sommes aussi importantes et quand on sait qu'on a parié la défaite de son club ?", s'est-il interrogé.
Du côté des joueurs, la défense reste la même depuis lundi matin. Ces derniers, dont la star Nikola Karabatic, reconnaissent avoir parié lors de ce match, en violation de l'éthique sportive, mais démentent avoir truqué la rencontre, ont martelé lundi leurs avocats. "Nikola Karabatic est mis en cause pour avoir retiré 1.500 euros et parce que sa compagne a parié pour son compte et retiré des gains", a effectivement précisé le magistrat, évoquant une situation similaire pour Luka Karabatic, son frère.
En garde à vue, les sportifs gardaient jusqu'à maintenant le silence, réservant leurs explications au juge d'instruction de Montpellier Thomas Meindl dans cette affaire de soupçons de match truqué le 12 mai à Cesson-Sévigné sur fond de paris sportifs. Mais la compagne de Luka Karabatic (frère de Nikola), l'animatrice de télé Jeny Priez, interpellée dimanche à la mi-journée, a admis pendant sa garde à vue "avoir parié" pour son compagnon, à sa demande et "avec l'argent de celui-ci", a annoncé son avocat, Me Antoine Camus.
Le procureur Robin a tenu à souligner par ailleurs qu'"aucun élément de suspicion ne pèse à l'encontre de Patrice Canayer", l'entraîneur de Montpellier qui a été entendu par l'équipe de Cesson, à la mi-temps du match incriminé le 12 mai, "passer un savon à son équipe dans les vestiaires".
Risques de sanctions pénales ?
A l'issue de leur audition dans les locaux du service central des
courses et jeux, dans une annexe du ministère de l'Intérieur, à
Nanterre, les personnes incriminées peuvent donc
être relâchées sans poursuite ou présentés au juge pour une possible
mise en examen. Pour ceux qui seront déférés, le parquet va requérir un placement sous contrôle judiciaire avec paiement d'une caution égale aux montants touchés.
Toutes ces personnes sont entendues dans le cadre d'une commission rogatoire d'un juge d'instruction de Montpellier pour corruption active et passive, escroquerie et recel d'escroquerie aux dépens de la Française des Jeux (FDJ).
En cas de simple délit sportif, les joueurs risqueraient six matches de suspension et 15.000 euros d'amende. Le président de Montpellier, Rémy Lévy, a menacé de sanctions pouvant aller jusqu'au licenciement. Mais en cas de match truqué, le délit pénal de "fraude et corruption sportive" est passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende. Le délit d'escroquerie est lui puni de cinq ans d'emprisonnement et 375.000 euros d'amende.
Les paris litigieux portaient sur le résultat à la mi-temps du match du 12 mai. Quelque 80.000 euros de paris avaient été pris en quelques heures, avec des gains estimés à près de 200.000 euros. D'ordinaire, pour un match de handball tous paris confondus, un maximum de 5.000 euros sont misés.

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