Pascal Garreau présente REACH DE VANDEL

Le défenseur français Patrick Battiston accompagné par son capitaine Michel Platini est évacué du terrain le 8 juillet 1982 à Séville après avoir été percuté par le gardien allemand Harald Schumacher en demi-finale du Mondial 82
Crédit : AFP/Archives, StaffCrédit : Jean-Louis Tourre
Michel Hidalgo en souffre encore
Séville, 8 juillet 1982, stade Sanchez Pizjuan. Trente ans après, le
traumatisme reste vivace chez la plupart des acteurs et des spectateurs
de ce match au scénario digne d'une tragédie grecque, qui a dépassé le
cadre du sport. "Séville, pour moi c'est une nuit noire", se remémore Michel Hidalgo,
79 ans aujourd'hui, qui fut le sélectionneur de l'équipe de France de
1976 à 1984. "Je souffre encore en rameutant ces images dans mon esprit", a avoué
Hidalgo, qui fut aux premières loges de ce France-RFA considéré par
beaucoup comme le "match du siècle" (victoire allemande 5-4 t.a.b.; 3-3
a.p.).
"L'attentat" de Schumacher sur Battiston
A la mi-temps, les deux équipes sont à égalité, 1-1. A peine rentré, à la 57ème minute, Patrick Battiston subit un choc violent de la part d'Harald Schumacher. Le Français, inanimé sur le terrain, y laisse deux dents. Le gardien de l'Allemagne de l'Ouest n'écope même pas d'un carton jaune, pas même un coup franc sifflé pour les tricolores. A côté, Schumacher ne s'inquiète pas de la santé de Battiston. Il jongle avec le ballon du match. "Je regrette évidemment ce qui est arrivé à Battiston, je ne
souhaitais pas le blesser, mais je ferais la même sortie si l'action
devait se reproduire", déclarait encore récemment Schumacher, conscient
d'avoir ravivé, dans certains foyers, une tenace rancoeur française
envers l'Allemagne, 37 ans après la Seconde guerre mondiale. Au point d'être "traité de nazi" et de recevoir "des menaces de mort".
Les dirigeants français et allemand de l'époque, François Mitterrand et
Helmut Kohl, avaient même dû faire une déclaration commune pour apaiser
les esprits.
"Je n'ai hélas pas vu la violente collision car je suivais le ballon",
continue à assurer pour sa part Charles Corver, l'arbitre néerlandais.
"Mon arbitre-assistant m'a dit qu'à son avis ce n'était pas
intentionnel".
Les joueurs français, galvanisés par cet "attentat", déploient toutes leurs forces sur le terrain. Michel Platini, qui avait égalisé sur
penalty (26e) après l'ouverture du score de Pierre Littbarski (17ème),
faillit même laisser éclater sa colère après ce choc. L'image du
capitaine des Bleus retenant son pied de s'abattre sur Schumacher au sol
plus tard dans le match illustre à elle seule la frustration et le
désarroi français. Dans la fin du temps réglementaire, Manuel Amoros envoie une énorme frappe sur la barre. Trop tard, les Bleus prennent la direction des prolongations.
La France prend le large en prolongation (3-1)
Un but de volée de Marius Trésor (92ème), puis de la joie extatique d'Alain Giresse et son but inscrit d'une belle frappe tendue porte le score à 3-1 (98ème). La France avait alors un pied et quatre orteils en finale. C'était sans compter sur la réduction du score pour l'Allemagne de l'Ouest de Karl Heinz Rummenigge (102ème) et l'égalisation de Klaus Fischer d'un retourné acrobatique (108ème). Destin tragique pour des Bleus héroïques, celui des tirs au but.
Cruelle séance de tirs au but
Les Bleus commencent bien avec des réussites de Giresse, d'Amoros et de Rocheteau. Kaltz et Breitner ont inscrit aussi leurs tirs au but. Mais Stilieke envoie une frappe à gauche du but. Etorri jaillit et arrête parfaitement le ballon. L'Allemand pleure... La France a l'avantage, 3-2. Schumacher, déjà amplement détesté après la sortie de Battiston, refroidit les supporters français. Il arrête la tentative de Six pendant que Littbarski envoie le ballon dans les filets. Ca passe ensuite pour Rummenigge et Platini avant que Bossis ne voit son tir arrêté par le gardien allemand, surnommé "Toni". Le Français s'accroupit pour une image qui est restée dans toutes les mémoires. Hrubesch a la victoire au bout du pied et crucifie Etorri, qui n'a quasiment pas bougé sur sa ligne.
Les Bleus n'iront pas en finale. Hidalgo est hanté par une image : "Je n'ai jamais vu des
vestiaires comme ça après le match. (...) C'était presque la maternelle
avec des pleurs. Il y a deux joueurs, je n'ai jamais dit leur nom, qu'on
a été obligé de mettre tout habillés sous la douche, ils n'arrivaient
pas à se déshabiller."
Pas mieux pour Marius Trésor qui confiait malgré un but inscrit "cela restera toujours le pire de moment de ma carrière". Fin de l'histoire mais aussi début d'une autre bien plus réjouissante, la victoire de l'Euro 84 en France.
Le résumé de ce match fou :
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