On refait le match - Le débrief - Pascal Praud - 21/05/2013

Les joueurs de l'équipe de France titulaires lors du match contre l'Albanie
Crédit : AFP/B.GuayCrédit : Philippe Sanfourche
Crédit : Philippe Sanfourche
Crédit : Yann Bouchery
La défense, élément clé
Laurent Blanc le sait, l'équipe de France ne sera réellement reconstruite que quand elle aura retrouvé une solidité défensive qui faisait auparavant sa force. Or au vu de la prestation de l'arrière-garde tricolore à Tirana, le chantier n'a pas vraiment avancé et on assiste au contraire à un éternel recommencement.
Certes, les deux titulaires de l'axe que le sélectionneur a intronisés à son arrivée (Adil Rami et Philippe Mexès) étaient absents et il a dû composer avec les moyens du bord (Younès Kaboul-Eric Abidal). Mais les craintes légitimes sur la complémentarité et la compétitivité des deux appelés au plus haut niveau international se sont une nouvelle fois vérifiées.
Kaboul, qui ne fêtait que sa 4ème sélection et sa première dans un match officiel, a sans surprise connu l'enfer, se faisant malmener par deux modestes attaquants albanais.
Pour Abidal, référence mondiale côté gauche, l'axe n'a jamais été un terrain de jeu idéal et la France l'a, à plusieurs reprises, payé très cher surtout lors des deux fiascos monumentaux de l'Euro-2008 (penalty concédé et exclusion contre l'Italie) et du Mondial-2010 (penalty provoqué face au Mexique).
Heureusement pour les Bleus, le menu proposé d'ici la fin de la phase qualificative (déplacement en Roumanie, mardi, réceptions de l'Albanie, le 7 octobre, et de la Bosnie, le 11 octobre) n'a rien d'indigeste. Rami a en outre purgé sa suspension et Mexès pourrait être définitivement remis de sa grave blessure au genou. Mais c'est surtout l'absence de relève expérimentée qui pose problème, Mamadou Sakho ou Laurent Koscielny étant encore bien tendres pour être des alternatives crédibles.
Ribéry et Nasri en quête de rachat
Le Mancunien et le Bavarois jouaient gros à Tirana mais pas sûr que Laurent Blanc ait eu enfin les réponses à ses doutes après ce qu'il a vu vendredi.
En regrettant les critiques publiques du sélectionneur à son égard, Samir Nasri ne s'est pas facilité la tâche et s'est sans doute mis une pression infernale. Il avait pourtant l'occasion de mettre fin à la polémique. Au lieu de quoi, il a relancé un débat qui commence à agacer le séléctionneur. Ce dernier a d'ailleurs refusé d'évoquer le cas Nasri à l'issue du match.
Joueur majeur en Premier League anglaise, recruté par l'ambitieux et le richissime Manchester City, l'ancien Gunner ne parvient pas à se libérer en équipe de France depuis plusieurs mois alors que Blanc lui a donné les clés du jeu.
Là encore, en l'absence de Yoann Gourcuff et en attendant que Marvin Martin prenne plus d'envergure et de bouteille, Nasri n'a pas lieu de s'inquiéter, ce qui rend encore plus inexplicable ses difficultés à guider le jeu français.
"La paix des ménages"
Tout n'est en revanche pas à jeter dans la prestation de Franck Ribéry mais on attend largement plus d'un titulaire au Bayern Munich. Pour s'offrir la paix sociale ou "la paix des ménages", dixit Florent Malouda, Blanc a accédé à ses désirs en le positionnant à gauche. Pour l'instant en pure perte.
En quête éperdue de leaders techniques et de joueurs de classe mondiale, Blanc continue pour le moment d'accorder sa confiance aux deux joueurs. Mais une fois la qualification acquise, ce crédit et ce traitement de faveur non-payés en retour auront forcément leurs limites et il pourrait être amené à trancher dans le vif quand viendra l'heure de préparer la phase finale de l'Euro-2012.
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