On refait le match - Le débrief - Pascal Praud - 21/05/2013

Carlo Ancelotti, l'entraîneur du PSG
Crédit : AFP/F.GuillotCrédit : Philippe Sanfourche
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Crédit : Jean-Louis Pacull
Les explications de Carlo Ancelotti passent mal
Malgré les colossaux moyens injectés par les Qataris depuis maintenant plus d'un an, malgré un staff pléthorique, Carlo Ancelotti n'arrive toujours pas à faire jouer ensemble toutes les nouvelles têtes de l'effectif parisien. Le collectif ? Quasiment inexistant tant certains semblent n'en faire qu'à leur tête sur le terrain, à l'image d'un Javier Pastore en perdition, incapable de réaliser deux passes de suite. Le constat est réel. Le PSG et la cohésion collective, ça fait deux.Pourtant, à son arrivée, tout le monde s'accordait pour faire de Carlo Ancelotti le technicien idoine pour faire grandir le projet parisien. Qualifiés abusivement de "galactiques" après une frénésie d'achats spectaculaires, les Parisiens forment pour le moment une équipe ordinaire.
Dimanche, après le nul face à Bordeaux, Ancelotti a justifiié le départ poussif des siens par l'arrivée de nouveaux éléments (Ibrahimovic, Silva, Verratti) et le retour de blessure tardif de certains, comme Thiago Motta, dont la prestation face aux Girondins dimanche au Parc des Prince fut proche du néant. Un argument difficile à soutenir, seuls deux des titulaires contre Bordeaux ne faisant pas partie de l'effectif parisien la saison dernière (Ibrahimovic, Rabiot). Si la défense, qui n'a pas encaissé de buts depuis deux rencontres, progresse, c'est surtout l'animation offensive qui pêche par manque de vitesse et de percussion. Le fameux arbre de Noël que Carlo Ancelotti semblait maîtriser à merveille au Milan et à Chelsea, n'a rien apporté, pour l'instant, au jeu parisien.
Thiago Motta, le symbole
Et surtout, Carlo Ancelotti semble multiplier les mauvais choix. Par exemple, Maxwell, sur le coté gauche de la défense, n'apporte strictement rien offensivement et peine en défense face à l'intensité physique de la Ligue 1. Armand et Tiéné, rodés aux joutes hexagonales et moins portés sur l'offensive, ne seraient-ils pas plus adaptés à une formation où les joueurs offensifs rechignent souvent à défendre ? Même Sakho pourrait glisser sur la gauche, comme Thuram en son temps, pour laisser l'axe aux deux Brésiliens (Silva et Alex).
Au milieu, Don Carlo tâtonne. Si les blessures de Thiago Motto et Momo Sissoko, deux joueurs cadres de la saison passée, n'ont pas aidé l'entraineur italien, ses décisions, et ses changements perpétuels, interpellent. Pourquoi titulariser Thiago Motta, qui n'a pas joué une seule minute depuis sa déchirure à la cuisse en finale de l'Euro 2012, pour un match face à une formation aussi physique que Bordeaux ? La prestation pathétique du milieu italien, entre carences physiques et passes mal assurées, pose problème. Avait-il un match de ce niveau dans les jambes ? Son expérience suffit-elle à compenser ses limites du moment ? Clairement non. Pourtant, Ancelotti n'a pas hésité à le lancer. Les blessures de Sissoko, Bodmer et Chantôme ne lui ont pas facilité la tâche mais un Verratti, impressionnant face à Ajaccio lors de son entrée en jeu, aurai été plus à même de faire souffrir le bloc girondin, laissant à Matuidi le rôle de sentinelle devant la défense.
Le jeune Rabiot, 17 ans, titulaire pour sa première en L1 ? Vraiment ? Si "Tahiti Bob" n'a pas démérité, il a aussi souffert. Et, comme Motta et Matuidi, Rabiot est gaucher. Trois gauchers au milieu de terrain, une bizarrerie de plus. Encore une fois, Verratti, tancé à l'entrainement par son coach dans le semaine pour ne pas libérer le ballon assez rapidement, aurait été plus à même de déséquilibrer la défense girondine avec une qualité de passe vers l'avant bien supérieur au trio aligné au coup d'envoi. Mais Ancelotti voulait semble t-il sanctionner son jeune compatriote pour ses prestations à l'entrainement.
Des attaquants perdus, un Gameiro sous-utilisé
Et devant ? Là, c'est Tchernobyl. Avec Zlatan Ibrahimovic en point de fixation, Pastore et Nene ont semblé perdu. Et aucun des deux n'est un attaquant. Le problème, c'est que le Suédois aime remiser, mais aussi lancer des coéquipiers dans la profondeur, de la tête ou sur une passe ciselée. En l'absence de Lavezzi, et avec Hoarau et surtout Gameiro sur le banc, Ibra est très esseulé et ne peut pas tout faire tout seul. Face à Bordeaux, Ancelotti n'a pas tenté de passer à deux devant, alors qu'un Gameiro, qui souhaite rester pour s'imposer, a du feu dans les jambes depuis le début de saison, à l'image de ses convaincantes entrées face à Lorient et Ajaccio.
L'alchimie du trio d'attaque s'est évaporée et la concurrence féroce pèse sur certains joueurs. Remplaçant dimanche, Ménez a ainsi voulu jouer les héros après son entrée en s'enfermant dans des dribbles inutiles. L'Argentin Lavezzi, sans doute la seule recrue à s'adapter difficilement, a très vite disparu de la circulation après un mauvais tacle à Ajaccio (2 matches de suspension). Son compatriote Pastore est toujours aussi énigmatique et donne encore l'impression de ne pas être concerné par les évènements sur le terrain. Nene, le meilleur Parisien la saison passée (21 buts, 11 passes décisives), a beau s'être fait une raison après avoir vainement réclamé une prolongation ou un départ, il n'est plus aussi saignant que par le passé. Un Nene loin d'avoir été mis dans les meilleurs conditions par sa direction et aussi par son coach, qui semblent avoir du mal à admettre l'importance du Brésilien dans les prestations parisiennes.
Quelles solutions?
Le terme de crise serait exagéré après seulement trois rencontres disputées mais un sursaut rapide devient urgent pour ne pas transformer le sacre annoncé en un flop monumental. Le calendrier n'offre d'ailleurs aucun répit au PSG, qui se déplacera dimanche à Lille avant d'accueillir Toulouse à quelques jours des retrouvailles tant attendues avec la Ligue des champions.
Paris va bénéficier d'ici-là de l'incorporation progressive de Thiago Silva, débarqué avec l'étiquette de "meilleur défenseur du monde", et espère voir un Thiago Motta dans un autre état physique que celui, assez pathétique, affiché contre Bordeaux. Pour le reste, l'effectif quatre étoiles du PSG offre différentes options à Ancelotti. A lui de ne pas s'enfermer dans ses choix. Et prouver que son CV n'était pas mensonger.
L1 - 3ème journée : résultats, programme et classement
Vendredi :
Evian/Thonon - Lyon : 1 - 1
Samedi :
Nice - Lille : 2 - 2
Reims - Sochaux : 1 - 0
Rennes - Bastia : 3 - 2
Valenciennes - Ajaccio : 3 - 0
Nancy - Toulouse : 0 - 1
Troyes - Lorient : 2 - 2
Dimanche :
Saint-Etienne - Brest : 4 - 0
Montpellier - Marseille :0 - 1
Paris SG - Bordeaux : 0 - 0 
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