On refait le match - Le débrief - Pascal Praud - 21/05/2013
Iker Casillas (Espagne):Les Espagnols, en remportant la finale de l'Euro face à l'Italie, ont acté leur place au sommet du Panthéon du football mondial. Et Iker Casillas est entrée dans la légende. En remportant en finale son duel à distance avec le légendaire Buffon, l'Espagnol peut légitimement revendiquer le titre officieux de "meilleur gardien du monde". Un chiffre résume l'importance du portier dans les succès à répétition de la Roja: depuis l'élimination en 8e de finale du Mondial-2006, Casillas a enchaîné 10 rencontres à élimination directe d'affilée sans encaisser le moindre but.
Glenn Johnson (Angleterre): L'arrière droit anglais s'est arrêté en quart de finale mais il n'a quasiment commis aucune erreur sur son côté, sécurisant une défense anglaise faite de bric et de broc. On aurait pu citer l'ESpagnol Arbeloa mais le joueur du Real a trop de qualité autour de lui.
Sergio Ramos (Espagne): Titulaire dans l'axe aux côtés de Piqué en raison du forfait de Puyol, le joueur du Real Madrid s'est montré intraitable tout au long du tournoi. Il n'a pas toujours fait dans la poésie ni la finesse, sauf lors de la séance de tirs au but en demi-finale contre le Portugal où il a crucifié Rui Patricio d'une Panenka déjà légendaire. Largement de quoi se consoler après son péno raté face au Bayern Munich en demi-finale de la C1 avec le Real Madrid. Et oublier les moqueries qui avaient suivi.
Pepe (Portugal): Le Portugais n'est pas forcément un modèle d'esthétisme mais sa densité physique et son efficacité en font l'un des meilleurs défenseurs du monde. Souvent décrié pour son jeu rugueux et à la limite de la brutalité, il a su canaliser sa fougue puisqu'il n'a commis que deux fautes durant l'Euro.
Jordi Alba (Espagne): L'arrière gauche de la Roja est incontestablement LA révélation de cet Euro. Technique, rapide et surtout très bon défenseur, le joueur de Valence, âgé seulement de 23 ans, a crevé l'écran et s'est même payé le luxe d'inscrire un but en finale. Pas étonnant que le Barça, son club formateur, ait déboursé 14 millions d'euros pour le faire revenir. Il a fini tellement frais qu'il pourrait même enchainer sur le Tour de France...
Andrea Pirlo (Italie): A 33 ans, l'"Architecte" s'est offert une novelle jeunesse et a éclaboussé l'épreuve de toute sa classe. Dans la foulée de sa remarquable saison à la Juventus, couronnée par un titre de champion, Pirlo a été le brillant chef d'orchestre d'une Italie devenue joueuse et ne sera pas loin du Ballon d'Or en fin d'année. Après avoir brandi la Coupe du monde en 2006, l'ancien Milanais n'a toutefois pas réussi à ajouter une nouvelle ligne à son immense palmarès.
Andrès Inesta (Espagne) : Aucun but, une seule passe décisive: le bilan chiffré de l'attaquant de 28 ans n'est pas vraiment ronflant. Mais les onze experts du comité technique n'ont pas hésité à le désigner "Meilleur joueur du tournoi". Lui le principal initiateur des offensives espagnoles, l'accélérateur d'un jeu parfois stéréotypé (d'où son surnom "Accélérateur de particules"), et un fin dribbleur doublé d'un passeur précieux. Ailier ou milieu gauche comme au Barça, "Don Andres" déçoit rarement.
Xavi (Espagne): Le métronome du Barça n'a pas eu la même influence que par le passé sur le jeu de son équipe. Mais les grands joueurs savent se surpasser dans les grandes occasions et Xavi a été fidèle au rendez-vous de la finale, distillant deux merveilles de passes décisives. L'Espagne ne serait pas l'Espagne sans Xavi.
Cristiano Ronaldo (Portugal): La star portugaise a pour une fois évolué à son vrai niveau lors d'une phase finale. Avec 3 buts sur les six inscrits par son équipe et des gestes de génie, CR7 a porté sa sélection à bout de bras mais n'a pas soigné sa sortie, ratant toutes ses occasions en demi-finale contre l'Espagne dont une balle de match à la 89e minute. Rédhibitoire pour un 2e Ballon d'Or?
David Silva (Espagne): Avec 3 passes décisives et un but en finale, le joueur de Manchester City a été l'un des maillons forts de l'Espagne. Après un Mondial-2010 en demi-teinte, cette saison est bien celle de la revanche pour le Citizen, également sacré champion d'Angleterre.
Mario Balotelli (ITA): Le buteur de City a marqué les esprits avec un doublé spectaculaire face à l'Allemagne qui a propulsé l'Italie en finale. Le fantasque et immature attaquant ne s'est pas laissé distraire par les critiques après des débuts en dents de scie et a sorti un match immense au meilleur moment. La marche était en revanche trop haute en finale et le jeune attaquant (21 ans) n'a pas existé face à la charnière Piqué-Ramos.
Les mentions spéciales :
A toute l'équipe espagnole, franchement impressionnante de maitrise. Cesc Fabregas, pas tout le temps titulaire, a montré que même dans une position de "faux 9", il avait un talent hors du commun.
Une pensée pour l'Allemagne, où un Sami Khedira n'aura pas grand chose à se reprocher. Pas le cas de tous ses coéquipiers.
Parmi les révélations, deux mentions particulières pour Mario Mandzukic, l'attaquant croate, et pour l'arrière droit tchèque Theodor Gebre Selassie, qui n'a cédé que face à Cristiano Ronaldo.
Et pour les Français, bah, nada...
EURO 2012 : LE DOSSIER SPECIAL DE LA REDACTION 
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