On refait le match - Le débrief - Pascal Praud - 21/05/2013
Un style souvent critiqué, mais qui a très bien fonctionné
Critiquée par certains pour sa forme de jeu, jugée tout à coup "ennuyeuse", la Roja a répondu de la plus belle des manières lors de la finale. En prouvant que son style fondé sur la possession de balle était loin d'être un enchaînement de passes stériles, l'Espagne a une fois de plus prouvé toute l'efficacité de son "tiki-taka". Le troisième titre en quatre ans pour Casillas et les siens est donc aussi et avant tout la consécration d'un style, assumé et revendiqué. "Nous n'avons jamais dévié de notre ligne. Des critiques, il peut y en avoir, mais au final, nous savions exactement ce que nous faisions", a ainsi expliqué Piqué à l'issue de la finale. Le logiciel de la Roja, emprunté au Barça, est donc toujours opérationnel.
Une défense magnifique
Outre son style offensif, la Roja s'est également signalée sur cet Euro par son arrière-garde quasiment infranchissable. Aligné devant un Casillas une fois de plus impeccable, le bloc de quatre Arbeloa-Piqué-Ramos-Alba aura été impressionnant: un seul but encaissé durant tout le tournoi. La performance en charnière centrale du Madrilène Ramos est à souligner tout particulièrement : le recentrage de cet ancien latéral droit, initié cette saison au Real Madrid puis poursuivi par Del Bosque en sélection est une magnifique idée. Impérial dans les airs, sûr à la relance, Ramos a donné à la défense espagnole une stabilité supplémentaire. Mention spéciale également au jeune Alba qui, à 23 ans remporte là son premier trophée et qui a crevé l'écran. Récompense pour lui : une signature au Barça.
Xavi le métronome
Sa longue saison avec le Barça l'avait laissé un peu fatigué pour les premiers matches de l'Euro. Moins incisif que d'habitude, le cerveau de la Roja peinait à avoir le même rayonnement sur le jeu espagnol que lors de ses titres précédents. Mais sa finale spectaculaire a rééquilibré tout son Euro. Face aux Italiens, on aura retrouvé le Xavi omniprésent, passeur décisif et moteur de toute l'équipe. "A titre personnel, j'ai été bien, enfin déterminant. J'ai enfin sorti cette passe en profondeur (vers Alba sur le 2e but de l'Espagne) que je n'avais pas réussie lors des matches précédents", a confié Xavi à la fin du match. Confirmant par la même occasion à quel point son influence est déterminante pour le rendement de la Roja : quand Xavi répond présent, l'équipe d'Espagne, déjà propulsée par Iniesta, devient irrésistible.
Vont-ils s'arrêter un jour ?
Entrés dans l'histoire avec ce triplé inédit, les Espagnols entendent bien ne pas s'arrêter en si bon chemin. Un nouveau titre lors du Mondial 2014 au Brésil les consacrerait sans doute comme meilleure équipe de tous les temps mais s'ils sont très proche d'avoir ce statut. Même si un laps de temps de deux ans en football est un monde, le pari paraît tout à fait possible. Del Bosque, renforcé par son deuxième titre après celui du Mondial 2010, peut en effet compter sur un bel alliage entre expérience et avenir. Ses principaux lieutenants, Xavi et Iniesta, ont d'ores et déjà annoncé leur volonté de pousser jusqu'au Brésil. La relève semble également assurée, avec la révélation Alba ou de jeunes promesses comme le meneur de jeu Isco, déjà pré-sélectionné pour cet Euro. La première étape de ce défi passera par les qualifications pour 2014, qui verront notamment une réédition d'Espagne-France dès octobre.
EURO 2012 : LE DOSSIER SPECIAL DE LA REDACTION 
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