On refait le match - Le débrief - Pascal Praud - 21/05/2013
Sur le plan sportif ?
"Notre seconde période contre l’Angleterre (1-1) a été bonne, et on a bien maîtrisé le match et l’orage contre l’Ukraine (2-0). C’était un très bon résultat. Ce qui nous a fait du mal, c’est le match contre la Suède (0-2). Même si on était presque qualifiés, on aurait dû jouer d’une autre façon. On a donné l’impression d’un relâchement, ce qui, contre une bonne équipe et à ce niveau, ne pardonne pas. Cette défaite a coupé notre élan dans la compétition, mais aussi notre série sans défaite. En tant que gardien, je l’aimais bien, cette série, elle voulait dire quelque chose. Contre la Suède, d’ailleurs, ce n’est pas tant le résultat que la manière qui nous a fait mal. On avait le talent pour conquérir la première place du groupe, et on ne l’a pas fait..."
De la tension après le match contre l'Ukraine et une taupe
"Le plus important, dans une compétition comme un Euro, c’est de calmer le jeu pour que ça ne dérape pas. On a eu une discussion dans laquelle on s’est dit les choses, et on est repartis. Enfin, en théorie, cela suffit pour que cela reparte vraiment, mais la manière dont toute cette scène a été révélée et interprétée a malheureusement touché le groupe. Un truc comme ça doit rester dans le vestiaire. C’est aux joueurs de faire la part des choses et de faire en sorte que cela ne soit pas su immédiatement à l’extérieur. Parce qu’après tout va très vite, et ça ne rend service à personne, ni à l’équipe ni aux joueurs concernés. C’est notre vie de groupe, notre vie de vestiaire, ça ne regarde personne ! (Agacé.) C’est là que tout cela me dérange vraiment. Parce que ce n’est pas la première fois que ça arrive [...] On sait qu’on a un groupe jeune et fragile. Après, la question est de savoir si ces fuites sont volontaires ou pas. On se demande, parfois. Celui qui balance ce genre de choses sait que cela va avoir un impact négatif sur l’équipe"
Concernant les insultes de Samir Nasri
"Après son but contre l’Angleterre, il a exprimé certaines choses. Cela lui appartient. Cela lui a peut-être joué des tours, d’ailleurs, parce qu’il s’est mis une pression supplémentaire, et son devoir de performance est devenu plus élevé. Le problème, c’est qu’il a été dans le viseur, et que cela a touché indirectement l’équipe. Ce n’est pas à moi de dire si c’était bien ou pas, mais il a tout pour réussir, il n’a pas besoin de ça dans sa compétition. Après l’Espagne, c’était un problème entre lui et un journaliste, qui lui a dit “casse-toi”. Je ne cautionne pas les propos de Samir en réponse, il s’en est excusé depuis, d’ailleurs. Mais je trouve inadmissible qu’on résume le comportement de l’équipe de France à cet incident. (…) Résumer le comportement de vingt-trois joueurs à deux incidents, c’est profondément injuste."
Concernant ses échanges avec Jérémy Ménez pendant le match face à l'Espagne
"Soyons honnêtes, c’est moi qui lance les hostilités. Sur le terrain, il n’y a pas de sentiment à avoir, on n’a pas le temps de dire “s’il te plaît, excuse-moi”. Alors on se lance des flèches, mais ça n’empêche pas de se serrer la main et de se respecter à la fin. Je ne veux pas du rôle du gentil dans cette affaire. Je ne sais plus ce que je lui ai dit, mais je l’ai pourri, et c’était normal. Je ne sais pas non plus ce qu’il m’a dit, mais cela se passe comme ça dans n’importe quelle équipe. Après, on pourrait en discuter en prenant le thé (sourires), mais pas là, pas dans le feu de l’action », explique-t-il, non sans raison. Imaginer une sanction à l’encontre de Ménez pour cette histoire paraît farfelu aux yeux du gardien français. « Oui, vraiment. Parce que dans ce cas-là, il faudra moi aussi me sanctionner. Il faut arrêter avec les gentils, les polis, ceux qui ont une bonne tête…"
Laurent Blanc doit-il rester ?
Le bilan de ces deux dernières années est vraiment positif. Dans le football, tout le monde a besoin de temps et de stabilité. Il faut de la continuité. Aujourd'hui, tout le monde adhère à la philosophie et au discours du sélectionneur. Le choix de la suite appartient au président et au sélectionneur, pas à nous. Mais on est favorable à la continuité."
EURO 2012 : LE DOSSIER SPECIAL DE LA REDACTION 
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