Sabrina Delannoy a remporté la deuxième course, toujours avec Dominique Locqueneux
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Crédit : Le Service des Sports
Crédit : Nicolas Georgereau
Crédit : Nicolas Georgereau
Sagan, c'est fort
A Metz, Sagan s'est imposé à un premier peloton réduit à une soixantaine de coureurs. Parmi eux, Fabian Cancellara (RadioShack) qui a revêtu le 28e maillot jaune de sa carrière, sans doute le dernier dans le Tour 2012 puisque le Suisse s'attend à laisser son bien samedi dans la première arrivée en altitude, à La Planche des Belles Filles.
Dans un sprint privé du champion du monde, le Britannique Mark Cavendish, lui aussi retardé, Sagan a devancé nettement l'Allemand Andre Greipel, le vainqueur des deux étapes précédentes qui est tombé à deux reprises pendant l'étape. L'Australien Matt Goss a pris la troisième place sur la ligne, devant le Néerlandais Kenny Van Hummel et l'Argentin Juan Jose Haedo.
Les trois chutes qui se sont produites durant cette étape de 207,5 kilomètres ont causé beaucoup de dégâts. La principale, survenue en fin de parcours, sur une longue ligne droite en pleine campagne, a provoqué le chaos dans le peloton. Si quatre coureurs (Danielson, Vigano, Astarloza, Poels) ont été contraints à l'abandon, deux formations ont perdu gros dans l'accident.
Des candidats au Top 10 ont perdu gros
L'image de coureurs couchés au sol au milieu des vélos éparpillés ou d'autres essayant de reprendre leur souffle sur les bas-côtés, restera longtemps dans la mémoire du Tour.
Il y avait là Fränk Schleck, hagard et cherchant son vélo. Il y avait Robert Gesink, le cuissard arraché, Pierre Rolland, se plaignant de l'épaule ou Jean-Christophe Péraud, déjà abimé dans une précédente chute.
Bien plus sérieusement touché, Ryder Hesjedal, le vainqueur du Giro, a perdu plus de 13 minutes et toutes ses illusions. Ainsi que son équipier Tom Danielson. Quant à Johan Van Summeren, le vainqueur de Paris-Roubaix 2011 et autre membre de l'équipe Garmin-Sharp, il a fini en larmes. Wouter Poels, l'espoir hollandais, qui avait abandonné dans la neuvième étape du Tour en 2011, a aussi fini dans le dur.
Le désastre s'est prolongé sur la route, par la panique de coureurs tentant de revenir sur le peloton qui ne s'était pas relevé. Pour Schleck, Rolland, Péraud, Thibaut Pinot, Michele Scarponi, Alejandro Valverde, Juan Cobo ou Jelle Vanendert, la note s'élève à un peu plus deux minutes perdues. Pour Gesink à plus de trois.
"J'ai mal partout, à l'épaule, à la jambe, à la hanche, a dit Fränk Schleck à l'arrivée. La chute a été terrible. Si je n'ai rien de cassé, j'ai beaucoup de chance !" Son équipier Fabian Cancellara, maillot jaune, s'est lui aussi dit heureux d'avoir échappé au pire. "Je suis passé à deux millimètres de la chute, j'étais à côté de Vigano, qui lui a été contraint à l'abandon", a-t-il dit. "Il a fallu que je respire profondément pour reprendre mes esprits. C'est le cyclisme, on ne peut rien faire. Je ne crois pas que ce soit la faute du vélo, de la route, c'est juste la course !"
Sagan, "un génie du vélo" pour Cancellara
Avec l'Italien Davide Malacarne, le Belge Romain Zingle et le Néerlandais Karsten Kroon, Zabriskie est parti à l'avant 5 kilomètres après le départ d'Epernay. L'avantage du quatuor a plafonné à moins de 7 minutes avant la mi-course.
Le final, mouvementé, a donné lieu à une intense course-poursuite pour reprendre l'échappée. L'allure dictée par les équipes des sprinteurs (de Goss principalement) a interdit aux victimes de la chute de rentrer dans le peloton malgré les efforts de Frank Schleck et des équipiers de l'Espagnol Alejandro Valverde.
Ce groupe d'une trentaine de coureurs (avec Rolland, Péraud et Pinot) a lâché 2 min 09 sec sur la tête du peloton réglé par Sagan, "un génie du vélo" selon Cancellara. "Je ne m'attendais pas à gagner trois étapes", a commenté le champion de Slovaquie vainqueur pour la troisième fois de la semaine, soit une moyenne d'un succès tous les deux jours depuis dimanche dernier.
Auteur de débuts tonitruants (trois victoires en six jours !), le champion de Slovaquie a dominé la première semaine de course. Le plus fort -et de loin- dans les arrivées en côte, il s'est adjugé un sprint sur le plat, à Metz, devant le vainqueur des deux étapes précédentes, l'Allemand Andre Greipel, peut-être amoindri cette fois par des chutes en cours d'étape.
"Flashé" à 55 km/h dans ce sprint, Sagan a marqué des points précieux dans le classement pour le maillot vert. Mais son suivant, l'Australien Matt Goss (3e à Metz), reste dans la course, avec 31 points de retard. Dans le camp "aussie", on souligne que Sagan peut connaître une mauvaise passe pour sa première participation.
Freire abandonne et pourrait rater les JO
Blessé, le sprinteur espagnol Oscar Freire, triple champion du monde de cyclisme, a abandonné et est incertain pour les Jeux olympiques, a-t-on appris auprès de son équipe Katusha. L'Espagnol s'est cassé une côte et souffre d'une perforation d'un poumon après avoir été victime d'une chute au 37e kilomètre.
Freire, 36 ans, va rester hospitalisé trois à quatre jours et sa participation aux JO de Londres est incertaine. L'épreuve sur route aura lieu le 28 juillet, deuxième jour des Jeux qui s'achèvent le 12 août.
Oscar Freire a été sacré champion du monde en 1999, 2001 et 2004. Il a en outre remporté le maillot vert du Tour de France en 2008 et plusieurs classiques dans sa carrière.
Première grosse explication samedi dans les Vosges
Samedi, la 7e étape (199 km) arrive au site inédit de La Planche des Belles Filles pour la première arrivée en altitude de cette édition. La montée finale, longue de 5,9 kilomètres (à 8,5 %) et classée en première catégorie, mène à l'altitude de 1035 mètres avec une rampe finale très raide (à 14 %).
Cette petite station de ski doit son nom à la fuite collective et désespérée de la population féminine de la vallée qui voulait échapper à un massacre pendant la Guerre de Trente Ans, entre 1618 et 1648, et s'était précipitée dans les eaux d'un étang. La légende rapporte que depuis ce temps, l'étang et la planche qui le surplombe portent le nom de "Belles Filles".
Les réactions :
Peter Sagan (SVK/Liquigas), vainqueur de l'étape: "J'étais en bonne position dans le sprint, j'ai pu la garder. Goss était dans ma roue, j'ai pris celle de Greipel, c'est celle qu'il fallait prendre. Je me suis surpris, je ne croyais pas pouvoir gagner aujourd'hui. Je suis tombé hier (jeudi) mais sans mal. J'ai eu de la chance, j'ai pu rester debout presque jusqu'à la fin, je n'allais pas trop vite. Combien d'étapes je vais gagner ? Je ne sais pas. Trois, peut-être plus... (sourire) Je ne m'attendais pas à gagner trois étapes, j'en suis très content. Demain (samedi), je vais chercher à récupérer un peu et puis, dimanche, prendre une échappée pour marquer des points au sprint intermédiaire pour le maillot vert. Mes victoires apportent de la tranquillité à l'équipe. Mais notre leader pour le classement général, c'est Nibali."
Fabian Cancellara (SUI/RadioShack), maillot jaune: "Je suis passé à 2 millimètres de la chute. J'avais Vigano à côté de moi, j'ai vu comment il tombait. J'ai eu la chance d'y échapper. Après, c'était le bazar. On s'est rendu compte ensuite que Frank (Schleck) n'était pas là. On avait Kloden qui est notre leader de rechange. L'écart était trop grand sur l'arrière. Ce n'était pas comme dans l'étape de Spa (en 2010) quand le peloton avait attendu. Les chutes ? C'est désolant mais c'est notre sport, c'est comme ça. Sagan ? C'est un génie du vélo ! Il va encore gagner une ou deux étapes avant la fin."
Jérôme Coppel (FRA/Saur-Sojasun), 55e de l'étape: "Toute cette journée a encore été terriblement nerveuse. Nous avons roulé tout le temps à un bon tempo. Et sur la fin, nous étions tous un peu usés. La grosse gamelle dans la descente a fait des dégâts incroyables. Il faut de la réussite sur un Tour de France, notamment dans la première semaine, et là on peut dire que nous avons été chanceux. A quelques minutes près, nous étions du mauvais côté de la route, là où c'est tombé. C'est curieux: je n'étais pas bien pendant toute l'étape... Je ne pensais pas que j'allais faire paradoxalement une +bonne opération+."
Frank Schleck (LUX/RadioShack), 82e de l'étape: "J'ai mal à la hanche, au coude, à l'épaule touchée au Giro. J'ai aussi mal aux côtes quand je respire. Le retard ? C'est comme ça... Je me sentais encore bien, même si j'ai beaucoup couru cette année, je l'ai montré au Tour de Suisse. J'étais confiant pour les prochains jours. Maintenant, il faut voir les dégâts et changer la tactique peut-être. On a eu des hauts et des bas, on a vécu une semaine superbe avec Fabian (Cancellara). Je n'ai rien de grave, je me considère comme chanceux."
Pierre Rolland (FRA/Europcar), 85e de l'étape: "Pour faire le général, il faut être devant, il faut +frotter+, parfois ça ne passe pas. Je vais voir s'il faut me poser des points au coude. C'est un coup dur pour moi et l'équipe. Toute la journée c'était nerveux et à un moment donné, des coureurs se sont accrochés et puis ça fait un tas immense. Ca fait penser un peu à la chute de Châteauroux l'année dernière. Ca fait partie du jeu de la première semaine. J'espère que ça ira."
Cadel Evans (AUS/BMC), 14e de l'étape: "On est resté devant pour éviter les chutes et les gars ont encore fait un travail fantastique. Quelques prétendants au classement général ont perdu du temps avec les chutes, le vent... On disait que le Tour commencerait demain (samedi), mais peut-être qu'il a commencé aujourd'hui (vendredi). Je me sens assez frais, ça n'a pas été la première semaine la plus dure que nous ayons pu connaître. Les jambes des coureurs commencent à s'affaiblir et demain (samedi) sera le premier véritable test pour savoir qui est vraiment venu ici pour la victoire au général."
Robert Gesink (NED/Rabobank), 110e de l'étape: "C'est incroyable ! J'en ai ras-le-bol... En début d'étape, Greipel a glissé sous la pluie et m'a emmené dans sa chute. La deuxième fois, il n'y avait sans doute rien. Ca s'est produit dans une ligne droite, la chaussée était sèche. Plusieurs coureurs se sont accrochés et nous sommes tous tombés. Que dire ? C'est bête d'avoir perdu autant de temps."
Dave Brailsford, manager de l'équipe Sky: "En l'espace d'une seconde, tout a basculé. Cinq minutes avant, Brad (Wiggins) était remonté en tête avec Christian (Knees) et c'est la meilleure chose qu'il ait faite depuis le début. La première partie de la course est désormais finie et il est intact, ce qui était l'objectif principal, et il n'a pas perdu de temps. Quand on voit Schleck, Scarponi, Gesink et Hesjedal, tous pris dans la chute, on peut dire que c'est une bonne journée."
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