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CYCLISME

Dopage - Affaire Ciprelli : le mari de Jeannie Longo avoue des achats d'EPO pour "usage personnel"

Créé le 10/02/2012 à 08h00

Jeannie Longo le 23 juin 2011

Jeannie Longo le 23 juin 2011 / AFP/D.Charlet

Patrice Ciprelli reconnait certains achats d'EPO, mais pour son "usage personnel". Le parquet de Grenoble indiquait jeudi soir que le mari de Jeannie Longo avait avoué quelques commandes devant les gendarmes. Sa garde à vue est prolongée jusqu'à vendredi matin, il devrait ensuite être présenté à un juge, qui décidera d'une éventuelle inculpation. Les enquêteurs cherchent à savoir s'il a effectivement acquis des produits dopants et pourquoi. Selon le procureur de la République de Grenoble, il y a "suffisamment de charges pour une mise en examen". Ciprelli a reconnu avoué avoir acheté de l'EPO pour son "usage personnel"

Patrice Ciprelli a reconnu avoir acheté de l'EPO en 2010 et 2011, "mais pour son usage personnel", a annoncé son avocat Me Pierre Albert.

"Patrice reconnaît qu'il a acheté de l'EPO pour son usage personnel car il a fait l'objet d'accidents de vélo répétés ces dernières années" et que l'EPO est "un reconstituant personnel", a précisé Me Albert, dont le client doit être présenté vendredi matin à un juge d'instruction.

Le mari de Jeannie Longo devrait être présenté vendredi à un juge d'instruction, qui décidera d'une éventuelle mise en examen.

"Suffisamment de charges pour une mise en examen"


M. Ciprelli et son ami Michel Lucatelli, directeur de l'équipe de France de ski-cross, ont été placés en garde à vue mercredi par les gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) et de la section de recherches de la gendarmerie de Grenoble.

Le juge d'instruction devrait décider d'ici vendredi matin d'une éventuelle mise en examen de M. Ciprelli, en garde à vue à la gendarmerie de Grenoble depuis mercredi à 06H10. "Je considère pour ma part qu'il y a suffisamment de charges pour une mise en examen", a indiqué le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, au cours d'une conférence de presse.

Le parquet de Grenoble avait ouvert une enquête visant M. Ciprelli le 14 septembre dernier, au lendemain de la publication d'un article du journal L'Equipe faisant état d'achats par l'entraîneur de Mme Longo d'EPO chinoise en avril 2007.

"Ces faits sont prescrits car ils sont antérieurs de plus de trois ans au démarrage de l'enquête", a rappelé M. Coquillat. Mais les gendarmes saisis de l'affaire (...) ont découvert un certain nombre d'achats de substances postérieurs à cette date et donc de faits non prescrits", a-t-il ajouté.

Il s'agit d'achats effectués en 2010 et 2011 par carte bancaire à des sociétés basées à l'étranger spécialisées dans la vente de médicaments sur internet. 

Deux achats d'EPO non prescrits, "cartes bancaires piratés"

En traçant ces transactions, les gendarmes ont découvert "deux achats d'EPO non prescrits en mai et juin 2011 pour des montants de moins de 500 euros à chaque fois", a précisé M. Coquillat.

Les livraisons étaient faites à l'adresse de Michel Lucatelli, ami de Patrice Ciprelli et directeur de l'équipe de France de ski cross, également placé en garde à vue depuis mercredi matin. M. Lucatelli va être remis en liberté car "je n'ai pas trouvé dans ce dossier d'éléments permettant de penser qu'il s'est rendu complice d'un quelconque délit", a indiqué M. Coquillat. "Il dit qu'il ignorait le contenu des colis", a-t-il précisé.

Quant à M. Ciprelli, "il nie les faits en bloc" et dit que "ses cartes bancaires ont été piratées", de même que ses adresses internet, selon le procureur.

"Aucun élément dans le dossier ne permet d'affirmer que cet EPO aurait été utilisé par l'épouse de M. Ciprelli"

Les deux amis ont été confrontés mais restent sur leurs positions, M. Ciprelli ne niant cependant pas que des colis aient pu être réceptionnés par Michel Lucatelli à sa demande. "Mais pour lui, il s'agit de colis de compléments alimentaires ou d'autre chose", a dit M. Coquillat.

Les avocats de Patrice Ciprelli, Me Pierre Albert et Me Bruno Ravaz, n'étaient pas joignables jeudi après-midi. Interrogé sur Jeannie Longo elle-même, M. Coquillat a répondu qu'aux yeux de la justice, la sportive était "l'épouse de M. Ciprelli, point".

"Ce qui est réprimé par nos lois, c'est la fourniture de produits dopants", a-t-il expliqué. "Pour un sportif, le fait de se doper n'est pas un délit, ce sont des sanctions sportives qui s'appliquent dans ce cas-là", a-t-il fait valoir. En outre, "aucun élément dans le dossier ne permet d'affirmer que cet EPO aurait été utilisé par l'épouse de M. Ciprelli", a-t-il dit.

Le procureur n'a cependant pas voulu préciser si le compte utilisé pour les achats d'EPO était un compte commun aux époux Ciprelli-Longo. 

(Avec AFP)

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