On refait le match - Le débrief - Pascal Praud - 21/05/2013

L'Américain Lance Armstrong pendant le Tour de France cycliste 2010, le 21 juillet 2010 à Pau
Crédit : AFP/Archives, Nathalie MagniezUn courrier de 18 pages
"L'USADA n'a donné aucune preuve pour étayer ses allégations fallacieuses", écrit l'avocat de l'Américain, Robert Luskin, dans un courrier de 18 pages que le quotidien Washington Post a publié vendredi.
Le coureur et cinq anciens collaborateurs, dont son ancien directeur sportif belge Johan Bruyneel et son préparateur italien Michele Ferrari, avaient été avisés par écrit de "la première étape d'une procédure légale qui en compte plusieurs pour violations présumées des règles antidopage en sport".
Le dossier doit être maintenant examiné par un comité d'experts indépendants ("anti-doping review board") de quatre membres, qui ne procédera pas à des auditions et décidera s'il y a assez d'éléments pour continuer la procédure. C'est à ce comité d'experts qu'Armstrong demande l'abandon des charges.
Les avocats de l'ancien cycliste reprochent notamment à l'USADA de ne pas leur avoir transmis les preuves. "Permettre à l'USADA de poursuivre la procédure sans partager ses preuves est en contradiction non seulement avec le protocole mais aussi avec notre conception commune de la justice", indique Luskin dans la lettre.
"Punir M. Armstrong à tout prix"
Il dénonce aussi le fait que l'USADA emploie des "méthodes illicites" dans "son zèle de punir M. Armstrong à tout prix" et recommande au comité d'experts de "vérifier si les officiels de l'USADA ont enfreint la loi fédérale (américaine) et le code mondial antidopage lors de sa collecte de preuves".
A ce stade de la procédure, l'USADA a dit qu'elle ne communiquerait pas ses preuves pour éviter des possible pressions sur les témoins. L'USADA dit en effet disposer de témoignages d'anciens coéquipiers attestant qu'"Armstrong avait eu recours au dopage à l'EPO, aux transfusions sanguines, à la testostérone, et à la cortisone d'une période allant d'avant 1998 jusqu'à 2005, et qu'il avait auparavant utilisé de l'EPO, de la testostérone et de l'hormone de croissance en 1996". Floyd Landis et Tyler Hamilton ont accusé publiquement de dopage leur ancien leader chez US Postal à l'occasion de leurs aveux d'anciens dopés.
Jamais contrôlé positif, il a toujours démenti
L'Agence avance aussi que le Laboratoire antidopage de Lausanne avait suspecté la présence d'EPO dans un échantillon urinaire d'Armstrong lors du Tour de Suisse 2001. Un contrôle qui aurait été étouffé, comme ont déjà publiquement indiqué Landis et Hamilton, respectivement en 2010 et 2011.
L'USADA s'appuie également sur les échantillons sanguins de l'Américain collectés en 2009 et 2010, l'année de son bref retour après quatre ans de retraite, "parfaitement compatibles avec des manipulations sanguines incluant l'usage d'EPO et/ou de transfusions sanguines".
Malgré les nombreuses accusations qui ont émaillé sa carrière, le Texan n'a jamais été contrôlé positif et a toujours nié s'être dopé. En attendant l'issue de la procédure de l'USADA, Armstrong, retraité des pelotons, est suspendu à titre provisoire du circuit des triathlons Ironman et ne pourra pas prendre part à celui de Nice (France) dimanche. 
(avec AFP)
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