Sabrina Delannoy a remporté la deuxième course, toujours avec Dominique Locqueneux
Superstar dès 16 ans
L'élu est arrivé. Sans se presser. Neuf longues années après son arrivée fracassante en NBA, LeBron James, starisé dès son adolescence, est en passe de remporter le titre NBA. Et de rejoindre les plus grands, comme Larry Bird ou encore, bien sur, Michael Jordan.
En 2003, LeBron James, jeune lycéen de 18 ans, est sélectionné en première position de la draft par les Cavaliers de Cleveland. Une belle histoire pour le natif d'Akron, dans l'Ohio, à quelques dizaines kilomètres de... Cleveland.
Et une très bonne nouvelle pour la Ligue, toujours à la recherche d'une nouvelle icône. Et LeBron n'est pas un icone, c'est, dès ses débuts, une superstar. Dès ses 15 ans, il faisait la une des magazines sportifs américains. La raison ? Un physique hors-normes et une palette technique de haut-niveau pour un joueur de son gabarit (2m03 et déjà plus de 100kg à 18 ans pour 2m03 et 120kg aujourd'hui).
James le maudit
"The Choosen One" (l'élu) débarque donc en NBA avec une pression monstre sur les épaules. Et le numéro 23 dans son dos, en hommage à Michael Jordan, ajoute encore plus de piment à son arrivée dans la grande ligue. Mais LeBron n'est pas un joueur comme les autres. Au sein de l'une des pires franchises de la Ligue, James va éclairer le monde de son immense talent.
Nommé meilleur débutant de l'année, LeBron sort des stats monstrueuses et manque, de très peu, de qualifier les Cavs pour les play-offs. Avec 2 000 points à 20 ans et 183 jours, il efface un certain Kobe Bryant des tablettes en terme de précocité. Bref, super costaud. La saison suivante, LeBron augmente encore ses stats mais échoue une nouvelle fois à emmener les siens en phases finales.
Mais LeBron est un extraterrestre et lors de la saison 2005-2006, outre une feuille de stats stratosphérique (31 points, 7 rebonds et 6.6 passes), il amène les siens en play-offs. Sa série, perdue contre Détroit, pose la première pierre de sa légende. Battu par les futurs champions NBA, James offre un récital et fait trembler, à lui tout seul, l'énorme défense des Pistons (30,8 points, 8,1 rebonds et 5,8 passes décisives). Et notamment lors d'un match 5 de légende (48 points, voir vidéo ci-dessous).
La saison 2007 confirme le talent du bonhomme, qui emmène les siens en finale. Mais la marche, face aux Spurs du trio Duncan-Parker-Ginobili, est trop haute et LeBron, bien trop seul dans son équipe, boit la tasse et connait un retentissant sweep (balayage) 4-0. Les premières critiques sur ses petites prestations lors des fins de rencontres voient le jour. Bon pendant trois quarts-temps mais pas assez tueur dans le "money-time".
Les trois saisons suivantes seront quasiment identiques. Brillant en saison régulière, les Cavaliers s’effondrent en play-offs. Ou se heurtent à des adversaires en état de grâce, comme en 2008 avec un défaite face à Boston et son trio magique (Garnett-Allen-Pierce). James ne démérite pas mais son équipe est trop faible pour accompagner son talent.
Son comportement dérange
C'est lors des play-offs 2009 que l'image de LeBron va s'écorner. Sorti par le Magic d'Orlando, James, malgré ses stats de mammouth (38,5 points, 7,7 passes et 8,3 rebonds lors de la série face à Orlando), rate encore le coche et commence à agacer. Son attitude après la défaite, quand il ne salue pas ses vainqueurs, ne passe pas. Son égo surdimensionné agace ses coéquipiers mais aussi les fans. Ses déclarations, "je veux devenir le premier sportif milliardaire", ne font plus sourire. En gros, tant que t'as pas une bague, t'es gentil et tu te tais.
En 2009-2010, les Cavs terminent meilleur bilan de la Ligue et LeBron est toujours aussi fort. En saison régulière...Car encore une fois, Cleveland va chuter en demi-finale de conférence est face à Boston. Et cette fois, LeBron, qui reçoit pendant la série son deuxième trophée de MVP consécutif, ne brille pas. Pire, il semble même balancer ses fins de parties avec l'impression d'avoir la tête ailleurs. Une attitude qui ne lui sera jamais pardonné par les fans de Cleveland.
"The Decision" qui change tout
Le 8 juillet 2010, dans une ridicule interview sur la chaine ESPN, James annonce qu'il a décidé de quitter sa franchise de toujours pour rejoindre la Floride et le Heat de Miami. Sa décision, "The Decision", fait l'effet d'une bombe. Les critiques fusent.
LeBron rejoint le Heat pour faire équipe avec deux autres superstars, Wade et Bosh. Solution de facilité pour les uns, énorme défi pour les autres. Son choix ne laisse personne indifférent. Et LeBron ne fait rien pour faire cesser les critiques, déclarant, avec arrogance, qu'il ne vient pas pour gagner "1, 2, 3 ni 6 titres" NBA. Engros, il vient pour en gagner au moins 7. Ridicule.
Les "Tres Amigos" (trois amis) deviennent alors la cible de toutes les critiques, toutes les moqueries. Tout le monde veut voir perdre le Heat de Miami. James, qui a abandonné son numéro 23 pour prendre le numéro 6, reste sourd et prend, d'entrée, les commandes du jeu de la franchise floridienne. Et ça marche, avec un Miami en finale NBA.
Oui mais. LeBron va encore craquer en finale, face à Dallas, champion NBA en 6 matchs. En disparaissant littéralement dans le money-time alors que la star des Mavs, Dirk Nowitzki, étincelle. Nouvelle humiliation pour le King.
2012, la rédemption
Mais LeBron n'est pas arrivé aussi haut par hasard et repart au boulot. De nouveau sacré MVP, l'enfant d'Akron prend une nouvelle dimension, devenant le véritable patron de Miami et laissant à Wade et à Bosh les rôles de lieutenants. Meilleur marqueur, passeur, rebondeur et intercepteur de l'équipe en saison régulière, James est juste injouable.
Avec une nouveauté : LeBron a désormais envie de briller au moment où ça compte. La blessure de Chris Bosh l'oblige a sortir des matchs d'anthologie face à Boston en finale de conférence.
Face au Thunder de Kevin Durant, son exact opposé (longiligne, discret, humble), James a envie de prouver au monde entier qu'il est, et de loin, le meilleur joueur de la planète basket. Ses 4 premiers matchs vont s’avérer énormes. Menant 3-1 dans la série, Miami et LeBron sont en train de gagner leur par.
Le MVP de la saison régulière, victime de crampes lors du succès du break face au Thunder, porte pour l'instant les siens (29 points, 10 rebonds et 6 passes décisives de moyenne en finale). Même si il est incertain pour le match de ce soir, LeBron, si le Heat est sacré, méritera amplement son titre de MVP des finals.
"C'est l'heure de Miami", a lâché Charles Barkley après la victoire de Miami lors du Game 4. C'est surtout l'heure de LeBron, un élu enfin à l'assemblée des plus grands.
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