Pascal Garreau présente REACH DE VANDEL

Le Français Tony Parker le 13 juillet 2012 à Liévin (Pas-de-Calais) contre le Bélarus, en match amical de préparation aux JO
Crédit : AFP, Denis Charlet D'accord, les Bleus ont tenu le choc. Ok, les coéquipiers de Tony Parker ont cru pouvoir revenir dans la partie. Mais au final, la France a encore perdu face à l'Espagne (70-75) dimanche à Bercy. Si les progrès sont réels, la route vers Londres, sinueuse depuis l'entame de la prépration, et une médaille, semble encore, très, très longue.
L'Espagne n'était pas au complet
Giflés à Madrid (65-81)quelques joueurs auparavant, les Bleus ont bien réagi. Dans la foulée du succès face à la Biélorussie et après une triste défaite face à la Belgique, les coéquipiers de Parker, qui a joué son plus grand total de minutes cet été (31 minutes), ont montré de belles choses. Oui mais...
Si les Bleus ont encore du (presque) faire sans Nicolas Batum, option offensive numéro 2 derrière TP, l'Espagne n'a pas non plus présenté sa meilleur équipe à Bercy dimanche. Avec un Marc Gasol non utilisé et le génial Juan Carlos Navarro en phase de reprise (6 petites minutes de jeu pour... 6 points), l'Espagne n'était clairement pas à 100%.
La raquette, le gros chantier des Bleus
Ultra-dominée dans la raquette, notamment au rebond (46 prises à 26!!!), la France a subi de plein fouet l'impact du duo Pau Gasol - Ibaka (38 points et 20 rebonds à eux deux). Le manque de taille, mais aussi de talent, est flagrant et les Bleus peuvent encore plus regretter le forfait de Joakim Noah. Le capitaine Boris Diaw, reconverti intérieur en NBA, a pris du poids et peut défendre sur plus grand et plus lourd. Babac a aussi la capacité de créer du jeu. Reste à mettre des pions
Si Ronny Turiaf est un joueur de devoir, son arsenal offensif est limité et sa forte propension à faire des fautes freine son efficacité sur le parquet. Ali Traoré, qui va revenir de blessure, peut aporter des points mais pas des rebonds ni beaucoup de défense. Florent Piétrus, limité par la taille (2m01), compense lui par une intensité de tous les instants. Défensivement, ça peut passer même si il a été hier un peu soft face à Gasol et l'athlétique Ibaka.
Kevin Séraphin, lui, rassure l'ensemble. Après une fin de saison tonitruante avec Washington, le massif intérieur guyanais (120kg) a les atouts physiques pour se frotter aux meilleurs intérieurs de la planète. Mieux, son jeu offensif est de plus en plus sympathique. Face à l'Espagne, poste bas, il a régalé, inscrivant 12 points (5sur7) en seulement 17 minutes de présence sur le parquet.
S'améliorer au rebond donc mais aussi travailler le jeu en pick-and-roll, indispensable pour libérer des espaces pour les arrières, dont Tony Parker, et aussi s'assurer quelques paniers faciles sous le cercle. Bref, c'est pas gagné.
Soulager Parker au scoring
Face à l'Espagne, TP a livré une prestation en demi-teinte. Bien pris par la défense espagnole, pas aidé par l'absence de pick-and-roll de ses intérieurs, le meneur et patron des Bleus a connu une journée sans au shoot (5 sur 15), avec notamment un vilan 0 sur 5 à longue distance, ce qui, il est vrai, n'est pas sa spécialité. A Londres, TP sera, n'en doutons pas, au niveau mais sera surveillé de très près par les défenses adverses.
Il faut donc que ses partenaires se mettent à scorer. Nicols Batum, une fois on contrat signé en NBA, sera l'option offensive numéro 2. A priori, c'est du costaud. Par contre, derrière, on s'inquiète un peu. Nando De Colo, qui peut évoluer postes 1 et 2, reste toujours aussi irrégulier au shoot (2 sur 10 face à l'Espagne) même si sa capacité à se créer son proche shoot peut s’avérer utilise.
Le gaucher Fabien Causeur, un "De Colo bis", est lui aussi capable d'apporter des points mais son inexpérience et son physique fluet peuvent lui jouer des tours aux JO. Derrière Parker, le meneur-arrière Bokola amènera sa défense. Et uniquement ça puisque offensivement, aussi bien dans la gestion du ballon que dans la conclusion, on est très loin du top niveau européen et mondial.
La solution, outre Batum, doit venir de l'ailier Mickaël Gelabale. Face à l'Espagne, avant son expulsion après un pugilat avec Fernandez, le longiligne et bondissant Gelabale, un temps au Real Madrid puis en NBA, a la carrure pour assurer au scoring. De loin comme en pénétration, son talent est bien supérieur à celui d'un De Colo ou d'un Causeur. Reste à savoir si son implication en défense, éreintante au niveau physique, ne jouera pas sur son impact offensif.
La tactique, on s'y colle quand ?
C'est le petit coup de gueule de la journée. Face à l'Espagne, à 35 secondes de la fin, un système a été mise n place pour.. Ronny Turiaf. Oui, oui, Ronny Turiaf. Difficile à comprendre mais tellement symptomatique du manque de culture tactique du basket français qui, avec des qualités physiques bien supérieures aux autres nations européennes, n'arrive pourtant pas à dominer tactiquement ses adversaires.
On défend fort, on court vite, on saute haute. Mais pour ouvrir des espaces dans la raquette et libérer ses shooteurs dans les coins, il faut poser des bons blocks, réaliser des picks-and-roll efficaces, faire circuler la balle rapidement. Bref, jouer au basket. Vincent Collet, qui admet s'appuyer sur une bonne partie des systèmes des Spurs de Parker, va devoir mieux impliquer ses joueurs et trouver des parades tactiques.
Face à l'Espagne, mais aussi face à l'Argentine ou la Lituanie, ça ne pardonnera pas. Même en sautant plus haut...
TOUTE L'ACTUALITE DES JO AVEC LE DOSSIER SPECIAL DE RTL.FR :
Publicité
Publicité
Publicité
Publicité
Afin d’assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr et pour tous les blogs.