Les cartons d'Eugène Saccomano du 24 Mai 2012
Créé le 05/02/2012 à 15h09

Alexis Pinturault / AFP
Alexis Pinturault, 20 ans et grand espoir du ski alpin français, a signé son troisième podium en Coupe du Monde en prenant la deuxième place du super-combiné (Slalom + descente) de Chamonix, remporté par l'Autrichien Romed Baumann. C'est la troisième fois, en trois podiums donc, que Pinturault monte sur la deuxième marche. Un autre Français, Adrien Théaux, s'est classé au pied du podium, 4e
L'Autrichien Romed Baumann a remporté dimanche le super-combiné de Chamonix, sa 2e victoire en Coupe du monde de ski alpin, devançant en 2 min 56 sec 10/100e le jeune Français Alexis Pinturault et le Suisse Beat Feuz, de 1 sec 10/100e et 1 sec 19/100e.
Dominateur en descente, Baumann avait un avantage de 3 sec 27/100e sur Pinturault, 27e de l'épreuve de vitesse. Baumann, âgé de 26 ans, a réussi un bon week-end au pied du Mont-Blanc, puisqu'il s'était classé également 2e de la seconde descente samedi. Le Tyrolien avait auparavant remporté une seule épreuve de Coupe du monde, déjà en super-combiné, il y a trois ans à Sestriere (Italie).
Pintulrault veut "jouer le gros globe" dans 2 ou 3 saisons
Le prodige Pinturault (20 ans) de Courchevel a réalisé de loin le meilleur chrono de la manche tracée cette fois de manière trop directe par Ante Kostelic pour son fils Ivica, seulement 7e au bout du compte. "Il s'est fait endormir par le rythme", a remarqué Gilles Brenier, responsable de l'équipe de France.
Pinturault, à son 3e podium sur le circuit majeur, chaque fois à la 2e place, est plutôt du genre éveillé. "Je recherche la polyvalence et ce podium en super-combiné est une bonne chose. C'est sympa, surtout en France. Maintenant si je veux gagner, il va falloir que j'aille 'chercher' un peu plus en descente. Je dois travailler la glisse", a-t-il remarqué.
Parmi les meilleurs en slalom géant, avec des podiums à Kranjka Gora et à Sölden, performant en slalom et capable de +coups+ en super-G, Pinturault possède une large palette. Il estime pouvoir "jouer" le gros globe de cristal dans deux ou trois saisons.
Pinturault, un avenir doré
Double champion du monde junior de géant en 2009 et 2011 et
surtout vainqueur de la Coupe d'Europe l'an passé - une première pour un
Français - Alexis Pinturault explose littéralement depuis
quelques semaines dans la cour des grands.
La raison de cette précocité ? Peut-être ses origines. "Il est à
moitié norvégien et à moitié français, c'est peut-être cela le secret",
estime David Chastan, son entraîneur.
"C'est une exception dans la maturité, dans sa manière de skier
et d'approcher les courses. Il arrive ainsi à tout mettre en place
rapidement", ajoute ce dernier.
De mère norvégienne (Hege) et de papa français (Claude) hôtelier à
Courchevel, Alexis Pinturault est couvé par le ski français depuis
longtemps. De ses parents, aujourd'hui divorcés, il retient l'essentiel.
"Soit tu fais du sport pour transpirer, pour ta santé personnelle, soit
tu t'engages pour la compétition et tu le fais à fond", lui a intimé son
père, sa mère lui transmettant ses valeurs nordiques, comme la
persévérance et l'acharnement.
Alexis Pinturault est un peu une exception dans un ski tricolore
habitué chez les hommes à attendre des années pour confirmer, à l'image
des sacres olympiques de Franck Piccard à 24 ans en 1988, de Jean-Luc
Crétier en 1998 à 32 ans et des victoires en Coupe du Monde pour Luc
Alphand à partir de 30 ans. "Je ne sais pas si je suis une exception, mais on dit que les
Norvégiens sont souvent précoces. C'est peut-être lié à cela", dit-il en
souriant.
Le milieu du ski, en tout cas, est sous le charme. "Il a un
toucher de neige extraordinaire et une manière de piloter les skis très
fine", juge Michel Vion, le président de la Fédération française de ski. "Il est inébranlable au niveau de son mental. On a l'impression que rien ne peut le perturber", dit encore Michel Vion.
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