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Roselyne Bachelot : "Les pathologies de type respiratoire seront prioritaires pour le vaccin de la grippe A" (vidéo)

Créé le 31/07/2009 à 10h30 - Mis à jour le 31/07/2009 à 13h03

Roselyne Bachelot sur RTL le 30/12/08

Roselyne Bachelot sur RTL le 30/12/08 / La rédaction de RTL

Roselyne Bachelot, ministre de la Santé était l'invitée de RTL, vendredi matin. Elle répondait aux questions de Marc Tronchot, notamment à propos du premier décès en France lié à l'épidémie de grippe A. Les "personnes qui souffrent de pathologies de type respiratoire" seront prioritaires pour se voir administrer le vaccin contre la grippe A/H1N1, lorsqu'il sera prêt, a expliqué Roselyne Bachelot. "On sait que les personnes atteintes de polypathologies respiratoires mais aussi de maladies chroniques offrent un terrain profitable au virus et donc les cas peuvent être graves" a-t-elle poursuivit. Un premier cas mortel impliquant le virus H1 NI nous prouve que la grippe gagne à l'évidence du terrain. Mais la peur du danger, n'est elle pas parfois plus grande que le danger lui-même. Roseline Bachelot, ministre de la santé est dans ce studio.

Bonjour Madame Bachelot.. Ce premier cas mortel apporte une première preuve de ce que la maladie aggrave la situation d'un organisme déjà affaibli et peut conduire à la mort, même si elle n'en n'est pas la cause principale. Qu'en tirez vous comme conséquence concrète  dès aujourd'hui ?
J'en tire comme conséquence, que la politique de vigilance doit rester plus que jamais d'actualité. Parce que qu'est ce que nous savons d'ores et déjà sur ce virus et sur cette pandémie grippale, qui s'étend maintenant dans le monde entier, plus particulièrement dans notre pays, où nous avons enregistré plus d'un millier de cas, c'est que c'est un virus qui semble, pas begnin, mais peu virulent, mais qui est très contaminant, et qu'il touche principalement des êtres jeunes alors que la grippe saisonnière s'attaque plus volontiers aux personnes de plus de 60 ans, et que la grippe effectivement constitue , cette grippe A H1N1, constitue un facteur aggravant pour des organismes fragiles. Sa doit donc nous amener à la vigilance, à une bonne prise en charge des cas traités. C'est la raison pour laquelle nous avons étendu le dispositif à la médecine de ville. Bon rappelez les mesures barrière, nous aurons peut être l'occasion d'en reparler. Et puis nous préparer à une stratégie vaccinale globale.

Donc la priorité ce sont des sujets dont l'organisme est affaibli pour cause de maladie, par exemple, ou naturellement plus faible.
Voilà, on sait que les personnes de poly-pathologies respiratoires, mais aussi de maladie chroniques, offrent un terrain évidemment plus profitables au virus, et les cas peuvent être graves. Et je pense à cette jeune fille, et bien sûr à sa famille. Nos pensées vont vers elle et vers eux, et cela, doit effectivement nous conduire à une attitude des responsabilité. Responsabilités des pouvoirs publics et de l'ensemble de l'administration. C'est ce que fait d'ailleurs, mon collègue Brice Hortefeux à la tête de la cellule interministérielle de crise contre la pandémie grippale pour nous préparer à l'extension de cette pandémie, mais effectivement, nous préparer nous, administration sanitaire, moi Ministre de la Santé, à une prise en charge des personnes touchées et cette stratégie de vaccinations.

Mais pour être précis, ce sont les personnes qui souffrent de pathologies pulmonaires, qui doivent être le plus attentifs. Sa va de l'asthmatique lourd jusqu'au cancéreux ?
Les épidémiologiques, les infectiologues sont en train évidemment d'observer avec beaucoup d'attention la façon dont la pandémie se développe bien sûr dans notre pays, où dans l'hémisphère nord, mais plus particulièrement dans l'hémisphère sud, où on est en hiver , période habituellement plus propice la propagation des virus de la grippe, pour voir précisément quels sont les organismes, les typologies des publics qui sont plus particulièrement touchés par la grippe. On voit effectivement que ce sont les personnes qui présentes des pathologies de type respiratoire qui sont plus particulièrement touchées, qui sont plus particulièrement touchées. C'est compréhensible d'ailleurs  et cela nous conduira effectivement à adapter notre stratégie vaccinale, si par exemple, nous avions des vaccins assez tôt, mais en faible quantité au mois de septembre, ou fin août. Et bien nous vaccinerions évidemment ces personnes en toute priorité.

Vous les aurez fin août ces vaccins ?
Non, non. La promesse, l'engagement des laboratoires est donc une livraison qui s'étalera entre début octobre et fin décembre. Mais évidemment, vous le pensez bien, nous poussons les feux pour que des livraisons nous soient faites le plus tôt possible.

Deuxième catégorie, dont il faut s'occuper prioritairement : ceux qui sont en contact avec les virus, qui peuvent l'l'être, autrement dit le corps médical. Comment fait on ?
Effectivement, le deuxième public prioritaire, et on le comprend, c'est le corps médical. D'abord pour éviter qu'un médecin ou un personnel soignant contaminé, ne contamine précisément ces personnes hospitalisées qui peuvent être en situation de fragilité, et deuxièmement pour que les médecins et les infirmières et les pharmaciens, et l'ensemble des personnels soignants ainsi vacciner, puissent porter des soins à leurs compatriotes.

Quelques questions rapides ... Est ce qu'il faut rétablir les circuits, ou les services spécialement dédiés aux malades contagieux ?
Mais il n'ont jamais été, pour la grippe, jamais été supprimés.Bien entendu, j'ai même étendu le dispositif qui avait à peu près une centaine de service spécialisé dédié à la prise en charge de la grippe. J'ai étendu ce disposiif à 450 hôpitaux, qui ont des services dédiés, qui permettent de prendre des malades grippés en charge. Ce que je fais c'est que j'ai recentré depuis le 23 juillet le dispositif sur les médecins de ville, qui jugent de la sévérité du cas, qui gardent évidemment chez eux, les malades atteints de façon begnine, et dirigent vers l'l'hôpital les cas les plus graves, étant entendu que tous les enfants de moins d'un an sont pris en charge à l'l'hôpital.

Madame Bachelot beaucoup de gens prennent leurs vacances à compter d'aujourd'hui y compris des médecins. Dans l'hypothèse où le virus gagnerait plus vite du terrain, est ce que vous envisagez possible la réquisition de médecins.
C'est une possibilité qui est à la main des Préfets, qui existe d'ailleurs dans le cadre de l'organisation de la permanence des soins de pouvoir réquisitionner des médecins, autant que de besoins. Je dois dire que n'en nous sommes pas là du tout pour l'instant, puisque nous avons une file active de malades de quelques dizaines de cas par jour. Donc, il n'est absolument pas utile de réquisitionner des médecins dans l'état de la pandémie dans notre pays.

A partir de quels indicateurs envisagerez vous de passer au niveau 6 d'alerte.
Ce que veut dire le niveau 6 d'alerte, c'est une extension de la pandémie à évidemment plusieurs, une file active de plusieurs centaines de cas, nous n'en sommes effectivement pas là. C'est une chose, je l'ai dit, qui pourrait s'envisager en septembre, mais uniquement sur des critères objectif d'extension de la pandémie.

Est-ce que le Tamiflu à titre préventif a prouvé son efficacité ?
Je veux répéter à celles et à ceux qui nous entendent et qui pourraient peut être avoir une boite de Tamiflu dans leur pharmacie, qu'ils ne doivent pas utiliser ce Tamiflu. Ce Tamiflu est réservé 1) aux malades qui montrent un syndrome grippal important, sévère, et uniquement sur prescription médicale.. 2) Peut être utilisé et doit être utilisé en prophylaxie, par exemple les personnels soignants de l'l'hôpital Foch à Suresnes, où il a été démontré un cas de grippe chez un personnel soignant, les personnels soignants qui ont été en contact avec les malades infectés ont reçu ce traitement prophylactique.

Est ce qu'on est toujours dans les temps, madame le Ministre, où est ce qu'il faut accélérer les choses aujourd'hui dans ce combat contre une épidémie à venir ?
La stratégie du gouvernement français été une stratégie d'anticipation, et je dois dire que nous sommes dans les temps.

Votre degré de préoccupation sur une échelle de 1 à 10...
Je ne mettrais pas un degré de préoccupation, je mettrais un degré de vigilance.. et mon degré de vigilance est de 10 sur 10...

Vous avez des crédits illimités pour combattre cette pandémie ? 
J'ai les crédits nécessaires pour faire ce que j'ai à faire, c'est à dire des opérations d'informations, de communication, les opérations de mise sous tension du système hospitalier, et du système sanitaire ambulatoire, et bien entendu pour acheter les vaccins puisque les commandes, sont d'ores et déjà passées.

Ça vous agace parfois, de voir la communauté médicale, débattre du pour ou contre, parler de "grippette", ici, critique, la politique du vaccin pour d'autres.
Ce que je note, c'est que les médecins qui sont à nos côtés, car n'imagine traiter cette affaire sans le personnel soignant, et sans les médecins, les infectiologues, les virologues, les plus réputés sont à mes cotés pour gérer cette crise, et ils estiment qu'il faut prendre cette crise au sérieux, être très vigilant, comme nous le sommes...

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