
Xavier Bertrand sur RTL
Crédit : RTLCrédit : Jean-Michel Aphatie
Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Xavier Bertrand.
Xavier Bertrand : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.
Vous avez été réélu, dimanche, d'un cheveu, député de l'Aisne.
Etes-vous désormais, Xavier Bertrand, candidat à la présidence du groupe UMP à l'Assemblée Nationale ?
Oui. Oui, je suis candidat à la présidence du groupe UMP à l'Assemblée Nationale. Il y a aujourd'hui une nouvelle donne politique et je pense qu'il faut qu'il y ait aussi un changement pour ce groupe UMP. La Majorité, l'Opposition, ce n'est pas la même chose. Il va falloir que nous soyons une opposition combative, résolue, qui sache aussi prendre en compte l'intérêt général ; l'esprit de responsabilité ça compte ; et puis, il faudra aussi donner toute sa place, toute leur place à chacun des députés, qu'ils soient expérimentés ou qu'ils soient nouveaux. C'est un challenge qui me passionne ; c'est un nouveau défi ; j'ai à la fois l'expérience de ministre, de député aussi ...
C'est important d'avoir une expérience de ministre. Je vous pose la question parce que pour les auditeurs qui nous écoutent, Christian Jacob, qui est le président de groupe sortant, souhaite poursuivre son action ...
Il a été ministre aussi.
Et alors, il a été ministre, pas dans la législature de Nicolas Sarkozy ; il l'a été avant avec Jacques Chirac ; et donc lui est candidat à poursuivre son action. Et ce que vous venez de dire, c'est au fond une différence que vous tracez avec ce que peut apporter Christian Jacob.
Qu'il y ait des ambitions dans une formation politique au sein d'un groupe, c'est légitime.
C'est totalement légitime. Et d'ailleurs, il faut que l'on dépassionne d'une certaine façon les choses. Il ne faut pas qu'il y ait de complexe de la démocratie interne au sein de l'UMP. La seule chose, il faut que ça se passe bien.
Il faut qu'il y ait un code de bonne conduite, pas seulement sur le papier, dans la réalité parce que celui qui sera élu, devra être aussi un rassembleur et surtout avec les difficultés que nous rencontrons aujourd'hui, avec la réalité de notre échec aux élections, aux deux élections : Présidentielle et Législatives, il faut bien veiller à ce qu'est notre bien le plus précieux : l'unité de notre famille politique. Dépassionnons la démocratie interne, dépassionnons les débats, veillons au respect de la démocratie interne.
Vous réclamez un code de bonne conduite dans cette élection du président du groupe UMP à l'assemblée nationale parce que vous redoutez que la bonne conduite ne soit pas présente ?
Non, pas du tout mais comme je sais qu'à chaque fois on dit, il y a des concurrences, il y a des compétitions, il y a des ambitions, comment ça va se passer, ça peut et ça doit bien se passer. Cette unité est essentielle.
Vous êtes ce matin, vous l'annoncez au micro de RTL, Xavier Bertrand, candidat à la présidence du groupe de l'UMP à l'assemblée nationale. Etes-vous soutenu dans cette démarche par François Fillon ?
J'en ai parlé avec lui comme j'en ai parlé avec de nombreuses personnalités, que ce soit Alain Juppé, Bernard Accoyer, Michèle Alliot Marie. J'en ai parlé aussi avec Pierre Mehaignerie, avec Jean Léonetti. J'ai informé de ma décision à la fois Christian Jacob, Jean François Copé, Hervé Gaymard qui est aussi candidat parce que je trouve normal que les choses se fassent de cette façon. Mais je tiens aussi à le dire. Cette élection, mercredi, à la présidence du groupe UMP, ça n'est pas la première manche, ça n'est pas la première étape de l'élection à la présidence de l'UMP. Celui qui vous parle aujourd'hui est un homme politique qui est libre, qui a ses amitiés, bien évidemment mais qui doit bien veiller à ce que les députés qui ont été élus, ne se sentent pas, ne se sentent pas déjà dans la logique de la présidence de l'UMP. C'est une élection indépendante que celle qui aura lieu pour la présidence du groupe UMP. Elle doit le rester et moi, je dois y veiller.
Christian Jacob est ami avec Jean François Copé. Donc, lui est soutenu par Jean François Copé.
Dans un effort de transparence, vous dites, Xavier Bertrand, que vous avez informé François Fillon.
François Fillon vous a-t-il dit : je te soutiens ?
Posez-lui la question. Posez-lui la question dans la journée. Je ne suis pas le porte-parole de François Fillon. J'étais son ministre. Posez-lui la question.
Soutiendrez-vous en retour la candidature de François Fillon à la présidence de l'UMP ?
Je viens de vous dire, les élections ...
Oui, c'est ce qui m'a semblé entendre. Mais je tentais quand même la question.
Donc, vous connaissez la réponse. Les élections sont totalement indépendantes.
Personne ne vous croit ! Mais vous le dites ...
Peut-être mais c'est pour ça que je dois aussi y veiller parce que ça veut dire respecter la position de chacun, ça veut dire respecter la sensibilité de chacun. Ca veut dire aussi respecter les personnalités de chacun ; et celui qui sera élu président du groupe UMP -en tout cas, c'est ma conviction- devra y veiller en permanence parce que je suis intimement convaincu que notre rôle, ne l'oublions pas, il ne s'agit pas seulement d'une élection interne.
C'est de porter aussi la voix de ces millions de Français ; et là, où nous sommes à l'assemblée nationale, comme je l'ai dit tout à l'heure, être combatifs dans l'hémicycle, dans les médias pour expliquer et aussi pour protéger au maximum la France et les Français. C'est bien de cela dont il s'agit. Notre pays, on l'entendait avec la chronique tout à l'heure d'Alain Duhamel concernant la Grèce. Notre pays, j'en suis sûr, va traverser des moments très difficiles. Il ne sera pas le seul. Il ne sera pas le seul.
Cette crise est toujours là ; et je suis persuadé que les choix qui s'annoncent du gouvernement, j'entendais Monsieur Valls à votre micro, hier, les choix du gouvernement : plus de dépenses et donc plus d'impôts vont faire du mal. Il faudra savoir nous y opposer ; mais attention, il ne faudra pas que ce soit la critique pour la critique. Il faudra aussi pouvoir dire si quelque chose va dans le sens de l'intérêt général, savoir le reconnaître et savoir le dire. On a une autre forme d'opposition à mettre en œuvre.
Et vous allez essayer, Xavier Bertrand, de l'inventer.
Le fond, évidemment, sera très important dans la reconstruction de l'UMP comme dans l'action que vous voudrez mener dans l'Opposition, mais il y a aussi l'image, les personnalités qui comptent. Jean François Copé s'exprime dans l'EXPRESS qui sort mercredi ; et il dit ceci : l'image que renvoie la télévision est souvent réductrice. Elle ne permet pas de montrer chacun dans sa profondeur, sa sensibilité, la réalité de sa psychologie, son humanité. Je ne suis pas quelqu'un d'agressif, conclut-il. Vous le ressentez comme ça, Jean François Copé, comme il veut se décrire lui-même ?
Dans ce qu'il dit, à l'instant, oui je veux bien le croire. Je veux bien le croire ; mais vous savez, vous me parlez de Jean François Copé, vous cherchez à savoir s'il y a des différences entre mon analyse et celle qu'ils livrent. Une chose est certaine : nous avons aujourd'hui un long travail de reconstruction, de reconstruction sur nos idées, de positionnement clairement sur nos valeurs. J'ai été réélu, dimanche dernier, pourquoi ? Parce que je suis resté moi-même. J'ai mis en avant les valeurs que j'ai défendues en étant ministre de Nicolas Sarkozy : le travail, le mérite, l'effort, l'esprit de justice. Et une chose est certaine, c'est qu'au final, pour gagner à nouveau, il faudra qu'on soit tous ensemble. Vous parlez de François Fillon, de Jean François Copé. Il faudra ensemble, c'est une évidence ; pardon ! c'est même une obligation.
Ce qui est intéressant dans ce que vous décrivez les uns et les autres : pas d'agressivité, cote de bonne conduite. On a l'impression que vous êtes à la recherche d'une psychologie qui vous éloigne de ce qu'a été la personnalité de Nicolas Sarkozy.
Ah pas du tout.
Toujours assez agressif, toujours avec son dynamisme bousculant beaucoup de choses.
Ne le caricaturez pas ! Ne le caricaturez pas !
C'est aussi son volontarisme qui nous a permis d'éviter le pire au moment de la crise. Moi je suis fier d'avoir été son ministre et je note aussi une chose. Prenez l'élection présidentielle, l'élection législative. Nous avons fait avec Nicolas Sarkozy un meilleur score aux élections présidentielles que nous ne l'avons réalisé aux élections législatives. Il ne faut pas l'oublier, il ne faut pas avoir la mémoire courte.
Je lis ceci aussi dans un hebdomadaire, cette semaine. C'est vous qui parlez. Vous dites que vous avez un atout. La ressemblance souvent soulignée par votre entourage avec François Hollande. "On me dit que mon profil ressemble à celui de Hollande, un Provincial un peu rond, raillé par les siens dont l'ascension dément toutes les prédictions".
C'est dans quel hebdomadaire cela ?
Marianne.
Eh bien écoutez, je n'avais pas tout vu, je n'avais pas tout lu. Ca veut donc dire quoi ? Qu'il ne faut pas maigrir trop vite ? C'est bien cela ...
Non, ça veut dire que ...
Alors, je ferais attention à ça.
Ca veut dire que 2017, vous y pensez ?
Si vous me permettez, avant tout, avant tout, il y a mercredi. Et cette élection de la présidence du groupe, je n'ai pas eu le temps de l'expliquer mais je vois aussi des changements, des changements dans la gouvernance du parti et juste un point. Juste un point. Le président du groupe est élu normalement pour cinq années. Je vais proposer, moi, parce que je pense qu'il faut davantage de transparence et de démocratie de remettre mon mandat à mi-parcours pour vérifier si j'ai toujours la confiance des parlementaires. Voilà aussi un changement que je veux mettre en œuvre.
Xavier Bertrand, candidat à la présidence du groupe UMP, était l'invité de RTL ce matin. Bonne journée.
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