Ecole primaire : approuvez-vous le retour de la semaine de 4,5 jours ?
Sondage ouvert le 12/10/2012
* sondage à valeur non scientifique Tous les sondages RTL
Vincent Peillon sur RTL le 12 octobre 2012
Crédit : RTL.frCrédit : Jean-Michel Aphatie
Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Vincent Peillon.
Vincent Peillon : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.
Dès la rentrée prochaine, le Président de la république l'a dit, la semaine d'école dans le Primaire s'étalera sur quatre jours et demi. Imposerez-vous partout le mercredi matin pour l'école des enfants ou bien si les collectivités locales le demandent, le samedi sera possible dans certaines villes ?
Ecoutez, je reçois les collectivités locales, la semaine prochaine, pour discuter avec elles des façons de faire. A priori, la préférence et nous devons prendre nos responsabilités : l'Etat, c'est le mercredi matin. Mais si les collectivités locales le demandent : nous verrons à aménager une possibilité pour le samedi, mais il faudra aussi définir les conditions de cette possibilité.
Ce sont un peu à la carte ?
Je ne crois pas.
La règle : ce sera le mercredi matin ?
Ce sera d'abord le mercredi matin, c'est notre responsabilité. Il faut qu'il y ait une unité sur le territoire mais il peut y avoir des dérogations, d'autant plus que pour l'école, on aura peut-être l'occasion d'en parler tout à l'heure, je crois quand même important d'abord de mieux impliquer les collectivités locales qui représentent un quart de la dépense d'éducation en France, de les associer, pas seulement leur demander, vous êtes le carnet de chèques, mais les associer à la définition des politiques éducatives, en particulier pour tout ce qui est d'ordre professionnel : les lycées professionnels, les cartes de formation et de laisser d'une certaine façon de la place aux iniatives locales, c'est le cas, vous le savez, avec les projets éducatifs locaux, c'est le cas avec les contrats d'objectifs. Je souhaite que les contrats d'objectifs qui, aujourd'hui, sont signés entre les établissements scolaires et l'Etat, soient signés maintenant entre les établissements scolaires, l'Etat et les collectivités locales.
Le temps scolaire est une des grandes questions, visiblement de la réforme. Ca n'est évidemment pas la seule.
Allez-vous introduire des zones de départs différenciés pour les vacances d'été comme cela existe pour les vacances d'hiver ou les vacances de Pâques ?
Non. Pour l'instant, notre objectif, vous savez, c'est de lutter, de résorber ces 20% d'élèves français ça fait 150.000, c'est les décrocheurs à l'arrivée, ça fait les 20% qui ne vont pas bien en 6ème de résorber cet échec scolaire. C'est d'abord des drames individuels terribles, c'est des destins brisés et c'est en même temps quelque chose qui coûte très cher à la cohésion sociale et à la compétitivité de la France dont on parle beaucoup aujourd'hui.
Réduire l'échec scolaire ?
Oui. La réussite de tous.
Ca, tous les ministres l'ont dit.
C'est possible ; mais là, tout le monde est d'accord, pour la première fois, sur ce qu'il faut faire et pour la première fois, on a un Président de la république qui dit : c'est la priorité du pays. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Des choses simples ? J'entends des commentaires qui ne vont pas au fond des sujets. D'abord, il faut donner de l'école aux enfants. En France, on n'en donne pas assez. C'est ça l'affaire des quatre jours et demi. Vous savez que nos élèves de Primaire ont 144 jours de classe par an. Dans tous les autres pays d'Europe, c'est 180. 190. 200. Notre génération, nous avions 200.
C'est la clef ça pour réduire l'échec ?
Non, c'est d'abord une première chose. Si vous pensez qu'on va apprendre alors qu'on ne vous donne pas le temps d'apprendre ou le temps d'enseigner, et donc ça c'est notre responsabilité d'adulte.
Deuxièmement, il faut mettre des moyens dans le Primaire. Les Français qui nous écoutent, ne sont pas du courant du fait que la France est le pays qui met le moins d'argent de tous les pays de l'OCDE dans l'Education Primaire. On en met plus dans le Collège, plus dans le Lycée, moins dans le Primaire. Et donc, il faut corriger ça en donnant davantage de moyens.
Troisièmement, on est le pays où on ne forme plus les enseignants qui doivent apprendre à nos enfants à lire, écrire, compter. Et donc, il faut remettre en place cette formation. Tout ça, c'est du bon sens. Des ministres de Droite me soutiennent. Les Français doivent se rassembler autour
Des ministres de Droite vous soutiennent. C'est-à-dire ?
Oui, bien entendu. Vous avez entendu Luc Ferry par exemple, dire ...
Ah oui, d'accord.
...C'est ce qu'on voulait faire. Xavier Darcos pourrait vous dire la même chose.
Il ne l'a pas dit ; mais il pourrait le dire.
Oui, mais ...Sur ce ...C'est comme sur la morale laïque, est-ce qu'on veut encore se diviser sur le dos de nos enfants ? Est-ce qu'on pense que nos égoïsmes individuels : la dette financière, la dette éducative, ça peut continuer pour la France ?
Autour des enfants, autour de l'école, c'est-à-dire de la France de demain, on peut se rassembler sur des idées simples : c'est celles qu'on propose : former les professeurs, mettre le paquet sur le Primaire et donner un peu d'école à nos enfants, en tout cas, au moins autant que dans les autres pays ou ce qu'on a eu nous-mêmes.
Plus de moyens dans le Primaire, ça veut dire que vous espérez avoir des moyens supplémentaires que vous donnera le Premier ministre ou que vous prendrez sur le Secondaire pour les affecter dans le Primaire ?
Non, les moyens, on les a puisque vous savez ...
Vous voulez plus de moyens dans le Primaire.
Oui, plus de moyens que ce qui a été fait toutes les dernières années. On les a. Le budget a été voté pour ...
Ah oui, j'ai compris.
et la loi de programmation et d'orientation qui sera votée, c'est aussi la façon de dire à l'ensemble de la nation, le budget de l'Education Nationale est sanctuarisé pour les années qui viennent. Nous avons les moyens de travailler ; à nous de bien le faire. Et là, j'appelle tout le monde à la mobilisation. J'entends le scepticisme français. Je vois les moqueries ; mais tout ça c'est sur le dos de nos enfants.
Le président de la République a donné pour la première fois dans la continuité de cinq ans, avec le Premier ministre, les moyens de redresser l'école française. Alors, faisons-le !
Vous l'avez dit d'un mot : donc, les vacances d'été, rien ne changera ?
Pour l'instant, je crois que les vacances d'été telles qu'elles sont avec les débats que vous avez évoqués sur le zonage, nous ne sommes pas en capacité de les changer ; mais je vais vous dire la chose suivante : je pense que -et ça supposerait d'ailleurs d'attaquer des marronniers, des choses dont on sait qu'elles divisent encore les Français comme le baccalauréat. Mais je pense qu'au programme ...
Ah, je voulais vous en parler !
Mais je pense qu'au programme du travail que nous avons à accomplir dans les années qui viennent, cette question ne devra pas être tabou. Le problème c'est que pour réformer l'Education Nationale, il faut de la méthode. La méthode, c'est le chemin. On fait déjà énormément. On ne fait pas demain. On a commencé dès le mois de juin ; et je pourrais faire la liste de tout ce qu'on a fait ; mais il ne faut pas vouloir tout faire en six mois, ça n'aurait pas de sens, et donc il faut progresser, cheminer avec méthode.
Vous avez besoin de temps ? Vous espérez rester tout le quinquennat, ministre de l'Education ?
Que ce soit moi ou un autre, il faut du temps.
Ah non, ça change parce que dès qu'il y a un nouveau ministre, il veut faire une réforme alors que ...
Non, non, non ... Cette réforme a été préparée collectivement. Elle est la priorité du gouvernement. Elle est portée, vous l'avez vue, par le Président de la république lui-même qui a fait lui-même les annonces. C'était la première fois qu'un Président de la république allait autant dans le détail, y compris pédagogique sur les devoirs, sur la notation.
Non, c'est tout le pays qui doit porter cette réforme dans la durée parce qu'il faut quand même dire une chose, la première chose est l'école et vraiment, le symbole de ça, la première chose que nous devons faire, c'est renouer avec le temps long, la vraie action publique c'est une action qui prend du temps. Ce que nous faisons quand nous disons : nous allons accueillir les enfants de moins de 3 ans, c'est pour des enfants qui vont vivre au XXIIème siècle ; et tout mon travail, c'est d'essayer d'anticiper ce que peut-être la vie d'un citoyen demain. D'où d'ailleurs, ce très grand plan, cette grande ambition numérique que nous portons.
Rien sur le lycée ? Le BAC ? Le contrôle continu ? Vous y réfléchissez ?
Oui, tout le monde y réfléchit.
Vous aussi ?
Oui, parce que là aussi, c'est la reconquête du juin ...
On va y revenir ?
C'est la reconquête du mois de juin.
On va y revenir ?
C'est la reconquête du mois de juin. Beaucoup de ministres l'ont voulue. Et on voit bien qu'on tombe sur un tabou, c'est l'organisation des examens. La réalité c'est que d'ailleurs, à bas bruit, le BAC a déjà évolué. Les parents d'élèves ou les élèves qui nous écoutent savent qu'il y a beaucoup d'épreuves anticipées maintenant en 1ère, ce n'était pas le cas il y a quelques années.
Mais si nous voulons que les élèves travaillent plus ... Travailler plus, ça veut surtout dire : travailler mieux ; parce qu'en France, on a peu de jours mais on les bourre. On a des journées de travail qui sont épouvantables pour les élèves. Donc, il faut à la fois desserrer et donc mettre plus de journées dans l'année : faire du sport, pratiquer la culture, être capable de travailler collectivement et en même temps, donc avoir des journées plus aérées, meilleures pour l'épanouissement de soi.
Beaucoup d'articles sur le manque d'autorité du Premier ministre. Qu'est-ce que vous en pensez, vous, Vincent Peillon ?
Je pense que Jean Marc Ayrault a une tâche très particulière qui est non seulement de redresser le pays mais d'avoir le courage de faire un certain nombre de réformes ...
Mais il a autorité ?
Bien entendu parce que l'autorité, elle sera celle de l'action. Je me souviens de ce sondage qui était très élevé au début de certaines ...
au mois de mai, juin.
Non, non, non mais même de précédents gouvernements. Ce qu'il faut, c'est agir. Et sa tâche, sa tâche principale c'est d'agir. Il est guidé par l'intérêt des Français.
Ecole primaire : approuvez-vous le retour de la semaine de 4,5 jours ?
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