VIDEO - Sur RTL, Moscovici réaffirme son opposition à une hausse de la CSG

Pierre Moscovici était l'invité de RTL mardi 23 octobre 2012

Pierre Moscovici était l'invité de RTL mardi 23 octobre 2012

Crédit : RTL.fr

Le ministre de l'Economie, des Finances et du Commerce extérieur, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi matin. Pierre Moscovici s'est déclaré favorable à un "allégement des charges" des entreprises pour améliorer la compétitivité de l'économie française, mais "pas favorable" à une augmentation de la CSG pour compenser cette baisse.

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Pierre Moscovici, ministre de l'Économie et des Finances : "Une ponction brutale sur le pouvoir d'achat ne serait bonne ni pour les ménages, ni pour les entreprises"

Crédit : Jean-Michel Aphatie

Pierre Moscovici, ministre de l'Économie et des Finances : "La baisse des charges n'est pas un tabou"

Crédit : RTL

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Pierre Moscovici.

Pierre Moscovici :
Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Votre collègue du travail, Michel Sapin, a indiqué, dimanche, que "les chiffres du chômage  -je le cite- "seraient mauvais encore plusieurs mois". Ceci représente-t-il un péril pour la Croissance française telle que vous l'avez envisagée, l'année prochaine ?

C'est plutôt une conséquence de la décroissance de l'économie française dont nous avons hérité et puis, des chiffres qui, j'espère, vont se redresser, mais se redresser un peu doucement.   

Ce que Michel Sapin voulait dire, c'est que ce qu'on sait c'est que quand on décide un Plan Social, mais ça arrive dans beaucoup d'entreprises, c'est un peu d'ailleurs des choses qui ont été différées après l'élection présidentielle qui étaient dans les tuyaux avant, eh bien il faut un certain temps pour que cela se traduise sur le marché de l'emploi.

Mais ça va peser sur la Croissance, on imagine !

Le rendez-vous qu'a fixé François Hollande, vous vous en souvenez, c'était sur TF1, ça a été de dire qu'il espérait que d'ici un an, la courbe du chômage allait s'inverser ; et pour ça, il y a au fond deux remèdes.

- Il y a d'abord les Politiques très volontaristes que nous mettons en oeuvre. Je pense aux emplois d'avenir, je pense aux contrats de génération qui va être une Première en Europe.

- Il y a aussi la Politique macro-économique, dynamique que nous voulons mettre en oeuvre, qui a pour objectif la Croissance parce que je veux le rappeler : tout ce que nous faisons quand nous redressons les comptes, c'est pour la Croissance. Si et quand nous ferons une politique pour la compétitivité, c'est pour la Croissance.

Sans croissance  -il faut que ce soit une Croissance durable, une Croissance respectueuse de l'Environnement, une Croissance Ecologiste-   mais en même temps, sans croissance,  il n'y aura pas de reprise de l'emploi en France.

Et donc, nous voulons avancer sur les deux terrains. C'est ce que nous faisons. C'est une politique qui se déploie dans un contexte où, c'est vrai, l'économie française a été affaiblie, on est obligé de le constater.

Elle a des ressorts formidables. C'est une économie forte, c'est une économie qui est respectée, c'est une économie qui a des capacités incroyables d'innovation, d'embauche, d'exportation mais c'est une économie qui aujourd'hui, est en difficulté et les indicateurs, on peut les rappeler : c'est la dette publique : 1.700 milliards d'euros de dettes publiques, 600 milliards de plus en cinq ans ; c'est le déficit du Commerce Extérieur : 70 milliards d'euros quand nos amis allemands ont 160 milliards d'euros d'excédents.

Ce sont les déficits qui étaient là jusqu'au moment où nous avons combattu et c'est à tout ça qu'on s'attèle avec cet objectif d'ici 1 an, l'inversion de la courbe du chômage et puis, le retour d'une Croissance plus forte et d'ici à deux ans, une distribution plus importante.

Pour contrarier cette courbe du chômage, il faut créer des emplois. Il faut que les entreprises créent des emplois. Baisserez-vous rapidement les charges des entreprises, Pierre Moscovici ?


Ecoutez, d'abord ce que je veux dire c'est que sur les entreprises, il faut un peu calmer le jeu. J'ai noté ici ou là des visions catastrophistes. La France n'est pas une économie dans une situation catastrophique ... 
 
Laurence Parisot, patronne du MEDEF, qui est très pessimiste !


Quand il y a des problèmes, nous les traitons. Moi j'ai eu l'occasion de dialoguer avec ce qu'on a appelé "les pigeons", mais pas seulement eux, les grandes entreprises, le MEDEF lui-même avec lequel le lien n'est pas rompu. Il faut les traiter ; et par exemple sur les plus values de cessions mobilières, nous avons fait ce qu'il convenait de faire.

Baisserez-vous les charges des entreprises ?


Mais je ne sais pas ce que ça veut dire "baisser les charges d'entreprises" ?

Ca veut dire alléger le coût du travail, le coût final, la production ?

C'est une autre façon d'entrer dans le sujet mais je voulais quand même dire une chose : c'est que dans le projet de loi de finances qui a été voté pour sa première partie, hier soir, les Petites et Moyennes Entreprises sont non seulement préservées mais elles sont défendues et elles trouvent même dans un contexte où nous avons fait 30 milliards d'euros d'efforts, une mesure supplémentaire qui est fondamentale pour la Compétitivité c'est la prise en compte des dépenses d'innovation de ces Petites et Moyennes Entreprises par le crédit d'impôt Recherche qui est une formidable mesure que nous avons conservé et donc étendu.

Et puis, les Petites et Moyennes Entreprises, elles trouvent aussi des sources de financement. La semaine dernière, j'annonçais le lancement de la Banque Publique d'Investissement ; ce sera la banque des PME. Alors sur la compétitivité puisque c'est la question qui a été posée ...

C'est la question posée, voilà.

... et par vous, et tout à l'heure par Alain Duhamel.

Et il me semble que vous n'y répondez pas facilement ?

Non. J'y réponds.
 C'est un sujet qui est un chantier global, que le gouvernement et le Président ont voulu  empoigner d'emblée. Jean Marc Ayrault avait parlé à la tribune de l’Assemblée Nationale  ; on lui fait le reproche de l'avoir ignoré ; non !  Ni François Hollande, ni Jean Marc Ayrault n'ont ignoré la crise de compétitivité ; et nous voulons une politique forte pour la compétitivité.

Est-ce que ça passe par une baisse des charges ?


Ca passe par deux choses. Ca passe d'abord par la compétitivité hors coût, c'est-à-dire par tous les facteurs qui font que cette économie française est trop rigide, a un coût de service trop important, n'a pas de dépenses de Recherche et d'Innovation suffisantes, a un système de formation et de création des compétences qui peut être amélioré.

Mais ça, c'est un peu pour le Long Terme.

C'est du Long Terme mais ...

Mais tout de suite ?

Et il y a la question du coût du Travail. Et c'est là-dessus que nous attendons le rapport Gallois. Moi ce que je pense, et que cette question  n'est pas une question tabou. François Hollande l'a dit d'ailleurs. Il faut faire en sorte que le financement de la production sociale ne pèse pas entièrement sur le facteur Travail.

Le Travail.

Mais il y a plusieurs arbitrages fiscaux qui sont à rendre.
 Ma position c'est qu'il faudra, en effet, qu'il y ait une partie d'allègements, de charges avec des proportions à déterminer et des financements en face à trouver.

Donc, il faut baisser les charges ; ça, vous le dites, Pierre Moscovici, ce matin ...

Je dis : ce n'est pas un problème tabou mais qu'en même temps ...

Non, ce n'est pas : il faut baisser ?


... mais qu'en même temps, il faut agir sur les deux tableaux et que la compétitivité hors coût c'est un sujet fondamental parce que c'est là où les structures de l'économie française changent et changeront.

Donc ça, c'est pour le Long Terme, le hors coût mais il y a immédiatement à baisser les charges ...

Ce n'est pas du Long Terme.

Vous le dites.


Ce n'est pas du Long terme.

Oui, vous le dites.


Si les charges baissent, les entreprises,

comment  ... la CSG va augmenter ?

Alors, moi je ne suis pas favorable à ça. Je n'y suis pas favorable parce que je pense que ce dont nous avons besoin, c'est pas d'un choc fiscal brutal ...

Mais si ça baisse d'un côté, il faut bien trouver des recettes de l'autre ?


Nous trouverons des recettes si cette décision est prise. Je voudrais rappeler deux choses.

La CSG n'augmentera pas ?


Attendez !

Vous ne souhaitez pas que la CSG augmente ?

Moi, je suis ministre de l'Economie et des Finances et je vous dis ici que nous venons de demander aux Français pour passer de 5% à 3% de déficit un effort considérable : 30 milliards d'euros dont 20 milliards d'euros de fiscalité : 10 milliards pour les Ménages ; 10 milliards pour les entreprises et je dis que si nous faisions une ponction brutale sur le Pouvoir d'Achat, ce ne serait bon ni pour les Ménages parce que ce serait injuste, ni pour les entreprises qui n'auraient plus de marchés.

Et donc, il faudrait peut-être trouver d'autres sources de financement. Cela peut exister mais encore une fois, respectons ce que sont nos délais, notre calendrier. Le 5 novembre, Monsieur Gallois ...

remet son rapport.

... permettez-moi, qui est un grand industriel, remet son rapport. Ce sera une contribution importante. Je ne peux pas laisser dire qu'il a été enterré.

Ensuite, le 6 novembre, le gouvernement tiendra un séminaire sur la compétitivité. Il a commencé à travailler hier sur la compétitivité hors coût et il poursuivra à la fin de la semaine sur la compétitivité coût et nous prendrons nos responsabilités.

Et pour moi, la compétitivité c'est un problème global qui doit inclure et le hors coût et la compétitivité prix et coût et les services et l'industrie et les secteurs exposés et les secteurs abrités mais qui doit le faire en mobilisant toute la société, en rassemblant toute la société autour de l'objectif d'une croissance plus forte, d'une économie plus forte car au fond, il y a trois dimensions qui vont ensemble :
Réduire les déficits.Construire l'Europe et Réformer les structures de notre économie. C'est ça, la tâche considérable qui nous a été donnée.

Voilà. Tout ça va ensemble. Il y a des questions qui ne seront posées. On y reviendra un autre jour, notamment la Banque de PSA. Vous allez l'aider la Banque de PSA ?

On est en train d'étudier cela. Oui, je pense qu'il le faudra mais avec des contreparties : sociales, stratégiques, industrielles, de gouvernance. Nous sommes en train de discuter ça mais moi je pense qu'il faut permettre à PSA de reconquérir sa place et de se redévelopper.

Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, qui a indiqué que notre CSG n'augmenterait pas. Donc c'est déjà un engagement !


Et que probablement, on baisserait ou il y aurait une partie de baisse des charges sur les entreprises.

Oui, oui, ce  n'est pas un tabou !

C'est ce que j'ai entendu.

Les décisions sont à prendre ensuite ; c'est le gouvernement qui décider.

Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, qui s'est exprimé sur RTL ce matin. Merci beaucoup.




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24commentaires
Signaler un abus top opinion44 le 24/10/2012 à 09h54 Jean-Michel Aphatie, vous etes meilleur dans votre blog.
Vos interviews se resument a des monologues.
Signaler un abus top capricornius le 23/10/2012 à 23h41 Deviendrait il plus intelligent qu'il n'y parait après 6 mois de "galères" ? Ont ils vraiment peu de choper des morpions pour devoir passer par la case inéluctable d'une hausse de la TVA qui est le moindre mal et pourrait être le moindre bien ?
Signaler un abus top biscuit81 le 23/10/2012 à 14h41 M Apathie se comporte de M Moscovici comme un petit enfant qui attend la sucette il est en adoration peut -être même en extase
Signaler un abus top tuquoque le 23/10/2012 à 14h35 Il peut y être opposé, qd on voit tt ce qui ns tombe dessus. Hier, la presse parlait d'une majoration de l'électricité de 1,17 % à plus de 5 % pour le transport de l'énergie hausse qui tiendra compte de la surface du logement et du nbre d'occupants...
Français, réfugiez vous ts dans des studios. Et pendant ce tmps, on pourra réquisitionner vos logements devenus vacants...
Signaler un abus top biscuit81 le 23/10/2012 à 14h19 Tu parles Charles les poires c'est nous ça va tomber de partout
Signaler un abus top Bulles02 le 23/10/2012 à 14h16 JMA vous n'étiez pas aussi condescendant hier avec M Le Pen. pourquoi vous ne posez pas les questions qui fachent ?
Pourquoi vous ne coupez pas la parole à PM ?
Signaler un abus top winchboat17 le 23/10/2012 à 13h32 La confiance des Français est en berne vis à vis de ce gouvernement, car trop de mensonges et de contradictions. Qui veut-il encore convaincre ? Lui-même n'y croit plus.
Signaler un abus top enzoe le 23/10/2012 à 13h00 la CSG ? j'y suis défavorable mais c'est le gouvernement qui décide...

ha! ha! ha!
Signaler un abus top saalni le 23/10/2012 à 12h37 un discour d'énarque ! on ne sait pas se qu'il a dit ! tout et son contraire ............
Signaler un abus top WHATSNEW le 23/10/2012 à 12h18 "Moscovici réaffirme son opposition à une hausse de la CSG"

Il ne sait même pas comment ce gouvernement doit faire pour financer les baisses de charges des entreprises. Manque vraiment d'imagination et de connaissances économiques ce type.
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