VIDEO - Sur RTL, Christiane Taubira évoque "un combat permanent" contre le grand banditisme en Corse

Christiane Taubira invitée de RTL le 17 octobre 2012

Christiane Taubira invitée de RTL le 17 octobre 2012

Crédit : RTL.fr

VIDEO - La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, était l'invitée de Jean-Michel Aphatie mercredi matin pour livrer sa première réaction après l'assassinat, la veille, de l'avocat Antoine Sollacaro, conseil historique d'Yvan Colonna. Christiane Taubira a affirmé que le gouvernement n'avait "pas de sentiment d'impuissance" en Corse, mais que l'île était marquée par "une prévalence du crime et la porosité entre le grand banditisme et des actes de terrorisme".

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Christiane Taubira, Garde des Sceaux : "Nous n'avons pas le sentiment d'impuissance face à la situation en Corse"

Crédit : Jean-Michel Aphatie

Christiane Taubira dénonce la "porosité entre grand banditisme et terrorisme"

Crédit : RTL

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Christiane Taubira.

Christiane Taubira :
Bonjour, Monsieur Aphatie.


15 personnes ont été assassinées en Corse depuis le début de l'année ; et l'assassinat, mardi, de Maître Solaccaro, a provoqué une onde de choc dans l'île et au-delà. Le gouvernement est-il impuissant face à cette violence en Corse ?


C'est une nouvelle onde de choc parce qu'il y a eu en Corse des assassinats, donc mardi d'un avocat bâtonnier, de fonctionnaires, de préfet ; donc, à chaque fois, c'est une onde de choc. On a toujours l'impression d'être arrivé au bout, c'est-à-dire d'avoir atteint le pire et malheureusement, il y a toujours une suite.

Alors, le gouvernement évidemment est très attentif à tout ce qui concerne le grand banditisme, la criminalité organisée et vendredi dernier, le 12 octobre, les Procureurs Généraux des Cours d'Appel de Paris, d'Aix et de Bastia ont tenu une réunion parce que, de façon permanente, vous savez  que j'ai adressé une circulaire  de Politique pénale territoriale dans le ressort d'Aix pour Marseille, il y a donc cette mobilisation permanente. Nous nous sommes engagés, le ministre de l'Intérieur et moi-même à nous rendre très prochainement en Corse.

Nous avons déjà eu des séances de travail avec des élus corses. Il y a des statistiques qui sont extrêmement révélatrices puisque la Corse en taux d'homicides, a des affaires quatre fois supérieure proportionnellement parlant, à la juridiction de Marseille. Donc, ça prouve quand même une prévalence du crime et ce que je disais tout à l'heure, la porosité entre le Grand Banditisme et des actes terroristes.

Mais ce crime, celui de Maître Salaccaro n'est pas un crime comme les autres parce que certains crimes, c'était aussi le cas de celui dont a été victime le Préfet Erignac, alertent les consciences et bouleversent les opinions publiques. Et c'est peut-être là, imagine-t-on, qu'un gouvernement, la puissance publique, peut faire quelque chose, peut profiter de l'onde de choc que j'évoquais tout à l'heure pour réagir. Et on ne sait pas ce que vous pouvez faire. Le savez-vous vous même ?

Oui, bien entendu. La Puissance Publique non seulement peut mais doit réagir ...

Comment ?

... et c'est bien pour ça que j'évoquais cette réunion qui s'est tenue, vendredi. Vendredi, il y a quatre jours.

Ca suffira ?


Non. Ca ne suffit pas mais ça, vous savez, que la plupart des affaires qui ont lieu en Corse et particulièrement des homicides, sont délocalisées et sont confiées soit à la GIRS de Paris, soit à la GIRS de Marseille. Et ça a été le cas d'ailleurs puisque la juridiction a choisi de se dessaisir au profit de la GIRS de Marseille. Donc voilà, il y a cette mobilisation, c'est-à-dire que ça n'est pas en faisant des tapages, ce n'est pas en faisant des déclarations tous les jours mais bien en agissant de façon permanente tellement permanente que je vous rappelle que cette réunion, elle s'est tenue quatre jours avant le meurtre.

Donc, ce n'est pas parce que nous avions anticipé le meurtre mais c'est parce que de façon quotidienne, permanente, les juridictions sont mobilisées, les parquets sont mobilisés, la police judiciaire est mobilisée, que nous étudions les situations de façon à anticiper mais que évidemment, en Corse, il y a cette situation particulière qui est liée à la délinquance et à la criminalité.    

Vous savez qu'en Corse, je viens de vous parler de la proportion de crimes homicides ou tentatives d'homicide, il y a aussi un taux élevé de détention d'armes. Il y a donc un certain nombre d'éléments qui nécessitent une attention particulière du gouvernement ; et le gouvernement ne faiblit pas d'une parte, et d'autre part, ne laisse pas retomber son attention et sa vigilance. Il faut simplement bien se rendre compte que nous héritons d'une situation extrêmement difficile. Sur ces difficultés, nous n'allons pas faire de procès à nos prédécesseurs parce que la situation est extrêmement lourde ...

Non parce que la situation en Corse est ancienne. Oui.

... et ce que nous affrontons aujourd'hui, comme vous le dites, bouleverse les consciences et appelle une action majeure ; et vous la verrez très bientôt pour ce qui doit être montré. Mais il y a beaucoup de travail qui est effectué sans tapage.


On a le sentiment qu'en Corse les criminels ne sont pas retrouvés, que les crimes demeurent impunis.

Pensez-vous que cette fois, la Justice aidée de la Police, retrouvera les criminels  ?

Non, je ne pense pas que vous puissiez généraliser ainsi, ne serait-ce que pour cette année 2012, il y a eu trois procès assez retentissants. Non, les enquêtes aboutissent et sont parfois extrêmement difficiles, incontestablement parce qu'il y a des imbrications ; c'est ces fameuses porosités. Il y a vraiment des imbrications. Il y a des affaires qui ont une allure politique et qui se révèlent des affaires crapuleuses de Grand Banditisme, il y a des affaires qui ressemblent à du banditisme et qui sont liées au  terrorisme ; voilà ... Donc, certaines affaires aboutissent ...

Vous n'avez pas le sentiment de l'impuissance au ministère où vous êtes par rapport à la situation corse ?

Non, je n'ai pas ce sentiment là.

D'abord, je ne crois pas d'ailleurs que le gouvernement précédent avait un sentiment d'impuissance. Je crois que les forces de Police et les forces de Justice ont toujours été mobilisées, et puis pas seulement ... les élus de ce territoire sont mobilisés. D'autres forces aussi, sociales, politiques, civiles. Donc, non, nous n'avons pas ce sentiment d'impuissance mais par contre, nous avons une forte lucidité sur les imbrications, les réseaux, la difficulté, les croisements aussi d'antagonismes, de divergences, de contentieux, de vieux restes d'affrontements. Donc voilà ; et puis, ce mélange des genres également.

Pour l'instant, aucune piste n'est privilégiée par l'enquête, Christiane Taubira ?

Si c'était le cas, je ne le dirais pas ici à la radio ; pardonnez-moi.

D'accord.

Donc, nous avons évoqué longuement le meurtre de Me Solaccaro, hier en Corse. Deux autres débats vous concernent, vous Christiane Taubira, et sont présents dans la société française. Le premier concerne le cannabis. Vincent Peillon, le ministre de l'Education, a évoqué non pas une dépénalisation mais un débat éventuellement sur une dépénalisation.Tout débat est interdit à propos du cannabis ; en France, Christiane Taubira, il ne faut pas en parler ?

D'abord, je n'ai pas compris pourquoi ça me concernait en particulier.
Néanmoins, néanmoins ...

Non, mais parce que ce type de loi, peut-être c'est vous qui la porteriez éventuellement ?

c'est vrai que la France c'est un pays ...

La pénalisation ou la dépénalisation ?

C'est un pays s'il y avait lieu : oui, pas forcément. D'abord, il y a la liste des substances stupéfiantes qui se trouvent dans le Code de la Santé. Donc, ce n'est pas moi qui aurais à porter cela, éventuellement.

Tout débat est interdit ?

C'est vrai que la pénalisation, enfin les sanctions, aussi bien pour l'usage que pour les trafics, relèvent du Code Pénal. Non, ce qui est étonnant, c'est que dans ce pays où on débat de tout  -et c'est une des caractéristiques en fait du caractère collectif du peuple français-

Hum, hum ...

c'est son goût pour le débat, pour la polémique même ; et dans ce pays, chaque fois que quelqu'un dit : il faut débattre, voilà. C'est juste un jeu de l'UMP, et encore essentiellement des dirigeants de l'UMP. Ce que je vais vous dire.

On a compris que le Premier ministre n'avait pas non plus apprécié la sortie de son ministre de l'Education !

Non, mais c'est un jeu ... Oui, mais c'est un jeu ... eh bien oui, compte tenu du tollé que ça soulève ; compte tenu du tollé que ça soulève.

Qu'est-ce qu'il a dit Vincent Peillon ?

Ce que je vais vous dire par contre,

Oui.

c'est que ces dirigeants de l'UMP qui étaient au Pouvoir quand même jusqu'au 16 mai, en 2007 dans la loi de prévention de la délinquance, ils ont introduit une mesure alternative qui consiste à un stage de sensibilisation. En 2008, juste après, ils ont produit une circulaire d'application qui incite à privilégier le stade de sensibilisation et en février 2012, ils ont sorti une nouvelle circulaire pour dire qu'il faut regarder la situation, notamment des Mineurs et privilégier l'éducation et les mesures sanitaires.  Donc, il y a ces pratiques-là parce que l'UMP était confrontée à des choses que Vincent Peillon pose en interrogation ; et l'UMP fait un numéro de .... bon, je ne sais pas de quoi  effaroucher, mais c'est ... Voilà, donc c'est profondément sournois et c'est vrai que ça rend difficile les débats.

Nous débattrons une autre fois du cannabis, et puis, le mariage Gay on en reparlera aussi puisque vous présenterez un projet de loi, le 31 octobre, sur le mariage des Homosexuels.

C'est déjà terminé ?

Oui, c'est déjà terminé.

Vous avez trop parlé Monsieur Aphatie !

Ah, j'ai trop parlé ? Très bien !

Mais sur les Vierges qui sont effarouchées, Madame Taubira, généralement.

Je n'osais pas.

Eh bien, c'est fait !


                    -:-
   
   
   


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44commentaires
Signaler un abus top marcomic le 17/10/2012 à 17h21 Avec elle les bandits ont encore de beaux jours.
Comme Valls peut-il la supporter !
Signaler un abus top nanardgif le 17/10/2012 à 17h20 Tout mou-mou Aphatie devant Mme Taubira , laquelle ne peut s'empêcher de critiquer l'UMP , plutôt que de faire correctement son métier de Garde des Sceaux !
Signaler un abus top vraimentbas le 17/10/2012 à 17h02 Ce qui est plutôt lamentable, c'est que nos politiques de tout bord (gauche et droite confondues) nous disent bientôt depuis 15 ans que la situation corse est grave mais non désespérée, et que l'on y verra plus clair après "quelques mesurettes" prises ici et la dans la plus grande confusion le plus souvent. Alors arrêtons ce cinéma, et adoptons des grandes mesures : demandons l'intervention des GI's américains ... pour ne pas tomber à nouveau dans le ridicule dans quelques mois !!!
Signaler un abus top tenfaispasonlesaura le 17/10/2012 à 15h51 C'est sûrement pas la ministre des libertés pour les délinquants, tueurs et assassins de tous poils que les choses vont s'améliorer pour les citoyens normaux Corses. La mafia qui tient les élus Corse à sa merci ainsi que l'ensemble des fonctionnaires et policiers de l'île continuera à faire la loi sur son territoire.D'ailleurs nous sur le continent, nous devrions envisager de passer à ce type d'actions!!!
Signaler un abus top osteoporose le 17/10/2012 à 15h47 comme laxisme on ne fait pas mieux li n'y a qu'en france que peu tolérer une ministre aussi nul au frais des contribuables
Signaler un abus top country78 le 17/10/2012 à 14h29 que les bandits Corses s'installent a Marseille !!!!!!
Signaler un abus top CharlyOscar le 17/10/2012 à 14h12 Rassurez vous , aujourd'hui c'est un Avocat qui a ete LIQUIDE, mais bientôt ce sera un juge, et sans doute pour les même RAISONS.......!!!!!!
Signaler un abus top -SOE- le 17/10/2012 à 13h54 Je me bas contre AXA et ses fameuses assurances vie qui permettent au dernier vivant de faire ce qu'il veut, à l'encontre du premier DCD - un scandale purement français.
Signaler un abus top loveless12 le 17/10/2012 à 13h22 elle joue contre la France. Elle est dangereuse.
Signaler un abus top sardounette59 le 17/10/2012 à 12h54 Cette ministre ! préconise une politique laxiste, trop bienveillante envers les délinquants , tout le contraire de ce qu'attendent les français ! De la sévérité, de la poigne et de l'incarcération si nécessaire s'il vous plaît MADAME !!
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