
Valérie Kosciuzko-Morizet
Crédit : RTL.frCrédit : Jean-Michel Aphatie
Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Nathalie Kosciusko-Morizet.
Nathalie Kosciusko-Morizet : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.
Vous dirigez justement la ville de Longjumeau dans l'Essonne, dans la banlieue parisienne depuis quatre ans. Vous avez constaté, vous constatez, vous voyez la montée d'un islamisme radical.
On voit, on sait qu'il y a des processus de radicalisation, notamment chez certains jeunes.
Dans votre ville, dans l'environnement de votre ville ?
Ou bien sûr, on sait aussi que la police et les renseignements qui sont assez actifs sur le sujet. On le sait et parfois, on est assez... démunis. Il arrive que les parents se sentent démunis, que les parents nous fassent part à nous, élus, de leur désarroi face à des jeunes dont ils ont le sentiment qu'ils leur échappent et qu'ils partent vers quelque chose qu'eux mêmes ne comprennent pas du tout. Parfois, les parents ne sont pas pratiquants, ça peut être de jeunes convertis. Parfois, les parents sont pratiquant d'un islamisme tout à fait traditionnel, et ne comprennent pas le processus de radicalisation de leur propre jeunesse, oui ça existe.
L'islamisme radical, la tuerie d'Echirolles qui montrent la montée de la violence. 10 ans de discours volontariste sur la sécurité, de multiplications de lois, montrent qu'on ne contrarie pas comme ça les tendances facilement.
Moi, je ne vous dirais pas que c'est facile. Je veux dire justement, comme Maire de banlieue je sais que c'est difficile. Mais sur un sujet pareil, la règle que doit s'imposer la classe politique, c'est d'abord l'unité.
J'allais dire l'humilité aussi.
Oui, l'humilité aussi, mais aussi l'unité.
Ca vous a manqué.
Ce que je réponds en la matière, ce que les socialistes ont fait au moment de Toulouse et de l'affaire Merah, par exemple, d'aller chercher la polémique. Vous vous souvenez à l'époque on disait, "mais que fait le ministre de l'intérieur sur place, est-ce que les services ont bien travaillé" etc.. Non, je crois que ce que la gauche n'a pas su faire à ce moment là, la droite doit se l'imposer aujourd'hui. Nous avons le devoir de l'unité, et la mise en oeuvre de tous les moyens judiciaires, techniques, utiles pour pouvoir casser ces processus de radicalisation qui existent dans la jeunesse. Une démocratie ne peut pas vivre avec en son sein des cellules actives ou dormantes. On parlait de deux personnes qui seraient susceptibles de passer à l'acte, c'est aujourd'hui une priorité.
Et vous ne referiez pas le karcher non plus sans doute ?
Mais je ne vois pas le rapport.
Vous ne voyez pas le rapport.
Ce que disait Nicolas Sarkozy à l'époque sur la sécurité, on doit d'ailleurs pouvoir le dire à propos de l'islamisme. Qu'est ce qu'il disait sur ce sujet : c'est que les premières victimes de l'insécurité, ce sont les habitants de nos banlieues. Mais moi je dis aujourd'hui, les victimes de la montée d'un islamisme radical, c'est bien sûr la République, la démocratie qui est en risque, mais c'est aussi les habitants des quartiers. Je le dis, il y a des parents qui sont démunis, face à la dérive de certains de leurs enfants, de leur jeunesse.
Que pensez-vous Nathalie dans ce contexte de la parabole du pain au chocolat de Jean-François Copé, les musulmans qui ôtent de la bouche des Français, ce pain au chocolat ? Ca vous suggère quels commentaires ? Ca vous fait rire, ou quoi ?
Non, c'est la façon dont vous le disiez : "qui ôte de la bouche", à la parabole du boulanger. Il faut faire la part des choses entre : est-ce que ça existe, et comment on doit en parler, et surtout comment on doit y répondre. Oui, ça existe, des attitudes de provocations, de pressions, y compris à l'occasion du Ramadan....
Et comment doit-on en parler alors ?
Bien sûr que ça existe, mais c'est évidement extrêmement minoritaire. Donc ça ne doit pas être présenté comme si un cas particulier devenait une généralité. C'est comme le fameux racisme anti-blanc, une actualité chasse l'autre.
Jean-François Copé toujours..
Bien sûr le racisme n'est pas l'apanage des Européens, et tout les racismes sont également odieux, et tous les racismes doivent être combattus de la même manière. Mais il ne faut pas que tous ça deviennent des leurres. On est dans une situation dans laquelle ont fait face à une crise économique absolument considérable qui nous met dans un risque important de montée du chômage, avec un gouvernement qui réagit non pas en baissant les dépense, et en relançant l'investissement et la compétitivité, mais en augmentant les imposte. Mais si vous ne voulez pas parler d'économie, car je vois que ça vous agace, qu'on est dans une situation de risques qui pèsent sur la société, je parlais du terrorisme, de ce chiffre dont on nous dit qu'il y a deux cents personnes qui éventuellement sont prêtes à passer à l'acte. Donc, il ne faut pas que les petites phrases deviennent des leurres.
Ce n'est pas l'agacement, ce sont les secondes qui passent. Les leurres c'est Jean-François Coppé qui les utilise.
Mais les leurres, ils viennent potentiellement de tout le monde.
Non, racisme anti-blanc, et pain au chocolat, c'est Jean-François Copé.
Les leurres, ils viennent potentiellement de tout le monde. Il y a des phrases comme ça qui à mon avis, n'éclaircissent pas le débat.
Le racisme anti-blanc, et pain au chocolat, ce sont des leurres ?
Jean-Michel Aphatie, quand la gauche nous envoie le droit de vote des émigrés alors que c'est manifestement absolument pas l'urgence ni l'actualité, moi je dis que c'est un leurre. Ca détourne l'attention des Français, et d'ailleurs quand ils nous envoient les impôts sur les riches, soit-disant, pour cacher le fait que tous les Français vont payer plus d'impôts, oui, c'est un leurre aussi. Et la responsabilité de la classe politique dans cette situation de grande crise, que ce soit la crise économique ou la crise de société, je parlais des risques terroristes, c'est pas de se laisser détourner par des leurres. Et j'aimerai que ma famille politique ne se laisse pas détourner par des leurres. J'ai suffisamment dit que ce débat à deux, pour la présidence de l'UMP était un risque, le risque de montée en puissance sur des petites phrases...
Pour qui vous allez voter ?
Je ne suis pas sûr de m'engager.
Vous n'allez pas vous engager, mais vous allez voter pour quelqu'un ?
Je ne vais donner des préférences comme ça ?
Mais vous allez voter pour quelqu'un , vous allez choisir l'un des deux, ou même pas ?
Écoutez, j'irai voter. Ce n'est pas mon actualité comme je vous l'ai dit.
Vous allez voter blanc ? Vous allez voter blanc ? ,
Ce n'est pas tellement mon habitude de voter blanc...Je choisirai sans doute au bout du compte.
Je peux vous soumettre quelques lignes que vous avez écrit dans le Figaro hier à propos de François Hollande et Jean-Marc Ayrault ? "Ces bourgeois de la politique, bedaine effacée, sourire patelin, qui se révèlent arrogants, menteurs, tricheurs. Ils ont l'esprit de clan, ils veulent mettre l'Etat en coupe réglée et se servir, cela ne peut pas durer, faut-il attendre cinq ans ?" Vous ne voulez pas attendre cinq ans, qu'est ce que vous voulez faire ? Un coup d'Etat ?
Je suis choquée de ce qu'ils font, je suis choquée de leur attitude ...
Un coup d'Etat ?
Je suis choquée j'ajoute en plus que je suis choquée de leurs réactions, on ne peut même pas les critiquer maintenant
Si, si vous pouvez les critiquer !
Attendez, moi j'ai écrit un article dans le Figaro
Vous dites que vous n'allez pas attendre cinq ans, qu'est ce que vous allez faire ?
... pour dire ce que je pense de leur politique, et alors on a eu droit à des réactions, des communiqués de presse de responsables de gauche, "mais comment, on nous insulte"..
"Ils veulent se servir", qu'est ce que vous voulez dire ?
Mais vous n'avez pas vu la multiplication des nominations ?
Laquelle vous a choqué par exemple ?
Depuis le début du quinquennat ?
Laquelle vous a choquée ?
Écoutez, si on avait fait la même chose en 2007 qui aurait été de virer, car il n'y a pas d'autres noms, autant de directeurs d'administration centrales, en cherchant à nommer les siens de cette manière là. Qu'est-ce qu'on n'aurait pas entendu !
Ils veulent se servir, c'est pas plus explicite que ça, ils veulent se servir, c'est tout ?
Ben écoutez, vous ne trouvez pas ça suffisant ?
Mettre de l'argent dans les poches ?
Non, ce n'est pas ce que je dis Jean-Michel Apathie, mais vous ne trouvez pas ça suffisant ? Je prends un autre exemple : moi je fais partie de ceux qui ont été choqués qu'on n'aille pas au bout du débat sur la question de la banque Lazare. Pourquoi un mandat a une banque privée pour créer un banque publique ? Même Arnault Montebourg ministre de ce gouvernement le conteste, et dit "je ne comprends pas pourquoi on donne un mandat à une banque privée, qui est par ailleurs un banquier ami - on le sait" du ministre des finances, pour créer une banque publique". Vous trouvez ça bien ? On n'a pas le droit de le dénoncer, on n'a pas le droit de le dire ?
Si, si vous avez le droit, la preuve vous le faites ici.
Non attendez, c'est quoi cette sur-réaction. Moi leur sur-réaction me choque, la démocratie c'est qu'on puisse dire ce qu'on pense et qu'on puisse dire quand on n'est pas d'accord. Je ne suis pas d'accord avec ce qu'ils font, je ne suis pas d'accord avec le fait qu'ils ne réduisent aucune dépense, ils ne font aucune économie, ils nous font exploser les impôts, ils ne nous préparent pas pour rebondir en sortie de crise et au contraire, alors je le dis Oui !
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10/04/2013 - 09h48
10/04/2013 - 09h47
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