VIDEO - Laurence Parisot : "Le gouvernement n'agit pas assez vite face à la dégradation de l'économie"

Laurence Parisot était l'invitée de RTL le 19 octobre 2012

Laurence Parisot était l'invitée de RTL le 19 octobre 2012

Crédit : RTL.fr

VIDEO - La présidente du Medef répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie vendredi matin. Le gouvernement n'agit pas assez vite face à la dégradation de l'économie, mais le dialogue n'a jamais cessé, a déclaré Laurence Parisot, réfutant toute idée de rupture après la fronde entrepreneuriale contre le Budget 2013.

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Laurence Parisot, présidente du Medef : "Si le gouvernement n'adopte pas très vite une stratégie économique pro-entreprise, la situation, notamment sur le front de l'emploi va se dégrader de manière encore plus terrifiante"

Crédit : Jean-Michel Aphatie

Laurence Parisot, présidente du Medef : "Le dialogue avec le gouvernement n'a jamais cessé"

Crédit : RTL

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Laurence Parisot.

Laurence Parisot :
Bonjour, Jean Michel Aphatie.

Il faut éviter les excès de langage, il ne faut pas faire de procès systématique contre le gouvernement". C'est Pierre Moscovici qui parlait ainsi, jeudi, dans Les Echos ; et ça s'adressait à vous Laurence Parisot. Peut-on parler aujourd'hui d'un divorce entre les patrons et le gouvernement ?

Pas du tout.

Ah, pas du tout !

Pas du tout.

Ah bon !

Ce n'est pas le sujet.

Ah !

Et vous parlez ...

Ca, ca va bien ?

Ca ne va pas bien non plus.

Ah ! D'accord.


Soyons clair. Mais un divorce sous-entendrait qu'il n'y a pas de dialogue. Il y a du dialogue, il n'a jamais cessé, il continue. Et nous avons des désaccords parce que ...

Importants.

Significatifs ...

D'accord.


... sur l'orientation économique de notre pays.
Notre pays est dans une situation très préoccupante. Si le gouvernement n'adopte pas très vite une stratégie économique pro-entreprise, la situation notamment sur le front de l'Emploi, va se dégrader de manière encore plus terrifiante que ce que nous connaissons aujourd'hui. Et je ne veux plus qu'on puisse dire de la France que c'est le seul pays qui, au Monde, a un taux de dépenses publiques aussi élevées, que c'est le seul pays qui écrase à ce point ses entreprises par des charges sociales et fiscales qui n'ont aucun équivalent en terme de niveau, en Europe et même dans le Monde Occidental, je ne veux plus qu'on ait l'air d'une exception sur le plan économique et social comme nous le sommes aujourd'hui.

"Je ne veux plus", dites-vous ; c'est bien la preuve que nous ne sommes pas loin du divorce, tout de même.
"Je ne veux plus" ?

Eh bien, je veux aussi convaincre.

Oui. Oui.

Je veux aussi convaincre et c'est pour ça que ...

Visiblement, vous avez du mal !


Je pense qu'il y a eu une évolution ces derniers mois. Le gouvernement parle de compétitivité, ce n'était pas le cas juste après la victoire de François Hollande à l'élection Présidentielle. Mais il y a une urgence, et ce qui manque aujourd'hui c'est le sens de la vitesse. Le Monde d'aujourd'hui est extraordinairement rapide et nous ne prenons pas les décisions suffisamment rapidement.

Vous dites dans une interview au Figaro ; vous l'avez dit cette semaine, ce début de semaine : "L'ignorance économique dans laquelle les Français ont été maintenus depuis des années est scandaleuse". Et ceci, je vous cite, Laurence Parisot explique "ce grand bordel intellectuel". Mais vous-même, avez-vous expliqué l'économie ; n'avez-vous pas été trop complaisante, par exemple, avec Nicolas Sarkozy ? Vous avez dit : "Il a fait un boulot extraordinaire. On ne mesure pas tout ce qui a été fait ces dernières années". Et puis, voyez ! Le bilan que vous faites aujourd'hui ne date pas du 6 mai, Laurence Parisot ?

Souvenez-vous ... Souvenez-vous du bordel intellectuel  (pardon pour cette expression)  au moment de Primes contre Dividendes. J'ai l'impression que la Majorité d'aujourd'hui n'avait pas l'ouïe aussi fine quand je me suis opposée à l'équipe précédente sur ce sujet. Ou bien encore quand je me suis opposée sur le principe d'un partage des profits en trois tiers. Ce qui n'a aucun sens économique. Ou bien encore dans l'équipe, encore avant, quand je me suis opposée au CPE. A chaque fois qu'il y a quelque chose qui est nuisible à l'économie, qui est néfaste au tissu économique et social, je dis : non. Je l'ai dit dans les Majorités précédentes. Je le dis aujourd'hui.

Vous l'avez dit hier, vous le dites aujourd'hui.

Oui.

Jérôme Cahuzac dit que vous êtes dépassée par votre Base ; et que votre discours, aujourd'hui, s'explique par cette raison-là. Vous êtes dépassée, Laurence Parisot !

Le cri d'alarme  que je pousse aujourd'hui c'est le cri d'alarme que je relaie qui vient du terrain, qui vient de chaque chef d'entreprise que je rencontre, qui vient de chaque président de fédérations professionnelles avec lequel je discute. Tout le monde  a  remarqué, par exemple, que le mois de septembre, ce mois de septembre, a été dans les entreprises françaises comme un mois d'août ; c'est-à-dire que le téléphone n'a pas sonné, c'est-à-dire que le carnet de commandes ne s'est pas rempli.

Vous n'exagérez pas ?


Non. Je n'exagère pas.Si vous voulez des chiffres pour illustrer malheureusement ce que je suis en train d'expliquer.

C'est une exception française ou c'est partout comme ça, en Europe ?

Il y a une crise économique mondiale. Il y a une crise particulièrement aigue en Europe (on le sait très bien) notamment dans les pays du Sud de l'Europe ; mais ce qui se passe en France est un décrochage extrêmement violent. Permettez-mois de vous donner le chiffre que je voulais vous dire.

Il y a au tribunal de commerce de Paris, là aujourd'hui, une augmentation des procédures  -ces procédures qui sont mises en place quand les entreprises sont en détresse-  une augmentation des procédures de 45% par rapport à l'année dernière, tribunal de commerce de Paris.

Donc, il y a urgence ?

Il y a urgence. Il y a urgence pour créer ce choc de compétitivité que nous réclamons ; il y a urgence pour aboutir à une négociation avec les organisations syndicales dans laquelle j'espère qu'on pourra trouver le bon compromis entre la sécurité que demandent les salariés et la flexibilité dont nous avons besoin ; il y a une urgence pour une politique économique en France PRO-entreprise.

Partagez-vous le jugement de Karl Lagerfeld ? Il fait dans la presse espagnole, ce matin :
"François Hollande est un imbécile. Il déteste les Riches, c'est désastreux. Il veut les punir et évidemment, ils s'en vont. Personne n'investit." Il a raison, Karl Lagerfeld ?


Karl Lagarfeld a du talent mais c'est aussi un provocateur qui peut être grossier. Je ne pense pas me mettre dans cette catégorie-là. Il n'est pas question de jeter ainsi des anathèmes. Pour moi, le sujet ...

On ne traite pas le Président de la République d'  "imbécile" ?

Parce que d'abord, le Président de la république, François Hollande, n'est certainement pas un "imbécile" ; c'est un homme avec qui on peut discuter, on peut parler, on peut expliquer. Simplement, nous, nous lui demandons d'agir avec audace et rapidité.

Rejoignez-vous Arnaud Montebourg dans son combat pour le "made in France" , il pose aujourd'hui à la Une du magazine du Parisien en marinière? La photo fait sensation ce matin.


Oui, la photo est très sexy, si je puis dire.

C'est un bon ministre, Arnaud Montebourg ? Il vous aide ?


Ecoutez, je dirai, j'ai une entreprise qui s'appelle l'Ifop avec un "F" à Ifop ; ça veut dire qu'il y a le mot "France" dedans. Je suis présidente du mouvement des entreprises de France, le Medef. Ca veut dire à quel point la Franc est chère à mon cœur et les entreprises françaises, je ne souhaite qu'une chose : c'est leur développement.

Et Arnaud Montebourg défend bien la France ?

Plus on sera nombreux à soutenir les entreprises françaises, le mieux ce sera.

Arnaud Montebourg défend bien les entreprises françaises ?


Parfois, il le fait d'une manière assez énergique ; parfois avec un goût pour l'intervention qui n'est pas toujours bien placé. Je lui ai dit, il le sait.

Pour en finir, Laurence Parisot, on a beaucoup parlé des problèmes des chefs d'entreprise, de la difficulté, selon vous, du gouvernement à les comprendre. Quand vous voyez un chef d'entreprise aussi emblématique que Bernard Arnault qui depuis 2008 prépare sa succession pour la faire en Belgique et pas en France. Vous trouvez ça acceptable ? Vous trouvez ça inacceptable ?

Et moi, je ne sais pas de quoi vous parlez. Je ne connais pas ...

Je peux vous donner des articles de presse, si vous voulez. J'aurais dû vous les donner avant, tiens !


Ecoutez, les articles de presse, ce ne sont pas forcément la vérité de la situation ...

Fondation créée en 2008 pour préparer la transmission du patrimoine en Belgique.

Et donc, je ne connais pas exactement le fondement de la démarche de Bernard Arnault ... je sais simplement ...

Et si c'était ça ?


Non, écoutez je sais simplement : c'est qu'heureusement que nous avons eu Bernard Arnault pour faire ce groupe LVMH qui est un des plus gros groupes, un des plus importants groupes français, premièrement. Et deuxièmement, la vraie question que nous devons tous nous poser : c'est comment faire en sorte pour que les investisseurs, qu'ils soient étrangers ou Français aient aujourd'hui envie d'investir en France et non pas ailleurs.

Et transmettre en France aussi, ce serait pas mal !

Eh oui, transmettre en France aussi.

Laurence Parisot qui a tiré la sonnette d'alarme, ce matin, était l'invitée de RTL. Bonne journée.

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7commentaires
Signaler un abus top DANA le 20/10/2012 à 08h58 Non, on ne deteste pas les patrons,mais vs trouvez le coût du travail chère(somme versée à l'état) vs trouvez le smic trops haut,mais les hauts salaires que ls patrons s'octroient ça c'est normal,les primes de départ,les retraites énormes des patrons,+ les avantages c'est le loto ts les mois pour cette catégorie.Le travail ds patrons justifient un salaire important,mais là c'est de la démesure. Sans compter les conseils administrations gracement payer,c'est un clan il vote l'un pour l'autre
Signaler un abus top biscuit81 le 19/10/2012 à 11h57 Mais quand cesserez-vous de censurer dès qu'on met en cause la probité des journalistes? vous considérez-vous comme intouchables et tout puissant?
Non il n'est pas normal que Mme Parisot et les journalistes s'amusent des besoins de se faire valoir de Montebourg pendant que nos jeunes sont au chômage et la dérision n(est pas de mise quand l'on voit le gouvernement et ses députés à l'action
Signaler un abus top opapaul le 19/10/2012 à 11h35 En France on déteste les patrons, car on ne montre que ceux qui profitent excessivement. On fait donc tout pour les abattre en cachant tous ces entrepreneurs (les vrais, pas ceux des parachutes)qui sont à plus de 90% à trimer dur sans en profiter outre mesure, qui subissent eux aussi le burn out, sont pris pour des vaches à lait. Quand aurons-nous des négos dans chaque firme, sans idéologie parisianiste, avec des pouvoirs accrus à la base pour ramer dans le même sens?
Dieu seul le sait?
Signaler un abus top WHATSNEW le 19/10/2012 à 09h54 Mme PARISOT, rien ni personne ne vous empêche de rencontrer les syndicats pour au moins discuter des points que le MEDEF souhaite aborder pour améliorer la compétitivité des entreprises françaises. Vous attendez quoi ? que F.H vous le demande ? ou qu'une commission gouvernementale le fasse à votre place ? Un peu de sérieux Madame et bougez-vous un peu.
Signaler un abus top opinion44 le 19/10/2012 à 09h26 Autant que je sache, elle a voté pour le mou... elle est donc socialiste.

Nicolas Sarkozy Président !
Signaler un abus top crmr78 le 19/10/2012 à 09h22 bien sur elle n'ose pas dire que ce gouvernement est nul et se ménage une porte de sortie.
Signaler un abus top librereaction le 19/10/2012 à 09h16 ll ne faut plus raconter des histoires aux Français, la reprise de la croissance est rapidement possible d'être mise en oeuvre si l'on écoute ceux qui savent et non ceux qui vous expliquent comment conserver votre position sociale . Mme PARISOT peut Rassurer le MEDEF la Banque publique d'investissement travaillera à l'identique d'OSEO pour les PME, (heureusement d'ailleurs) alors qu'elle ne lui manque plus qu'une compétence pour devenir une banque démocratique de croissance .
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